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  • Brigitte Bardot hors d'"Elle"

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    "Je t'aime, moi non plus": ainsi pourrait se résumer l'histoire d'amour qui liait jusqu'ici l'icône française du cinéma français et l'hebdomadaire féminin "Elle", fer de lance de la libération féminine, dans les kiosques depuis novembre 1945. Brigitte Bardot a décidé de "refermer" pour toujours le magazine, "écoeurée et quelque peu attristée de voir ce qui en a été fait".

    "Je suis d'autant plus désolée d'en arriver à une telle décision, vis-à-vis de mon devoir de mémoire envers mon amie Hélène Lazareff, créatrice du magazine avec qui j'ai grandi. C'est elle qui m'a fait faire ma première couverture en 1950", a déploré jeudi soir BB dans un entretien accordé à l'Associated Press.

    Par la suite, BB avait assuré, en tant que "mascotte" du magazine, l'un des plus grands nombres de couvertures de l'hebdomadaire féminin, média qui avait oeuvré à l'époque à l'émancipation de la femme, phénomène de société dont Brigitte Bardot était au même moment l'un des étendards en France, puis dans le monde. La couverture emblématique de BB, posant jambes croisées en collants noirs, poitrine nue, cachée de ses bras croisés, avait alors fait le tour du monde.

    "Ce qui me choque le plus, c'est que ce magazine est aujourd'hui taché de sang des peaux de dizaines de renards et de visons ou de poulains présentés comme 'tachées panthère'", poursuit Brigitte Bardot, dénonçant "un luxe cruel et totalement inutile".

    "Et c'est cette pagination publicitaire intensive en faveur de la fourrure devenue provocation qui m'écoeure", poursuit BB, alors que le magazine "vante par ailleurs une fourrure 'éthique', issue de pays appliquant une soi-disant charte du bien-être animal". "Mais de quoi parle-t-on?", tonne l'ancienne actrice, évoquant "une hypocrisie atteignant des paroxysmes", ainsi qu'elle l'a écrit dans un courrier daté de mercredi à la directrice de la rédaction de l'hebdomadaire, Valérie Toranian.

    Contactée par l'AP vendredi, Mme Toranian a fait savoir par son service de presse qu'elle "comprenait l'engagement et les combats de Mme Bardot", mais qu'"il n'y aurait pas de réaction officielle de 'Elle'" à ce courrier. Le titre du groupe Lagardère Active se décline en quelque 42 éditions dans le monde et cumule en moyenne, selon l'éditeur, 3,5 millions de lectrices en France chaque semaine.

    Ce divorce médiatique entre BB et l'hebdomadaire pourrait aussi occasionner des dommages collatéraux: la militante de la cause animale a également confié avoir opposé un "non catégorique" à une demande d'interview émanant de la rédaction du magazine, concernant cette fois un sujet en préparation sur Serge Gainsbourg, avec qui l'icône de la Nouvelle vague avait connu "plus qu'une idylle".

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/09/05/01011-20080905FILWWW00485-brigitte-bardot-est-hors-d-elle.php

  • Florence Burgat : "La barbarie invisible envers les animaux"

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    Le 21 mai 2008, des hommes armés et cagoulés issus d’une troupe d’élite de la police autrichienne, investissaient brutalement des bureaux d’associations et des domiciles privés de défenseurs des droits des animaux, saisissant le matériel (ordinateurs, documents, brochures) et arrêtant dix militants.

    Neuf d’entre eux, parmi lesquels des dirigeants de plusieurs associations, ont été maintenus en détention préventive et viennent d'être relâchés le 2 septembre.

    Que leur est-il reproché ?

    Les prévenus ne se sont pas vus imputer des délits commis individuellement ; ils sont accusés d’appartenir à une « organisation criminelle » nommée Front de libération animale (ALF).

    Le dossier constitué par l’accusation comprend la liste des délits attribués à l’ALF sur le territoire autrichien au cours des dernières années, sans qu’aucun élément ne vienne étayer l’implication des prévenus dans ces délits.

    Quels sont ces délits ?

    Il s’agit de sept attaques à la bombe puante, sept bris de vitrines, trois cas de graffitis, deux détériorations de biens (un mirador d’affût et une volière à faisans vide), deux sauvetages d’animaux (cochons et faisans) sans dégâts matériels et une lettre de menace.

    Etant donné le caractère mineur de ces délits, quand bien même des preuves auraient été réunies pour les imputer aux prévenus, il est difficile de comprendre pourquoi on ne les a pas laissés en liberté jusqu’à leur jugement.

    Cet état de fait s’explique par le recours à une loi extraordinaire : l’article 278a du code pénal autrichien.

    Cet article (prévu pour lutter contre le terrorisme, la mafia, le trafic d’êtres humains) permet de prolonger la détention préventive jusqu’à deux ans et de limiter l’accès des prévenus et des avocats au dossier les concernant.

    Signalons parmi les réactions exprimées face à cette affaire, dès le mois de juin, l’inquiétude d’Amnesty International Autriche face à l’utilisation abusive de l’article 278a, et les réserves ou la désapprobation de parlementaires sociaux démocrates et verts autrichiens.

    Si un recours en appel a donc tout récemment abouti à la libération des militants emprisonnés, l’accusation portée contre eux de former une « organisation criminelle » n’a pas été levée.

    Comment expliquer un coup de filet si brutal contre un milieu qu’on se contentait autrefois de marginaliser par le mépris, en le ridiculisant et le caricaturant à l’envi ?

    C’est que depuis une quinzaine d’années, le mouvement de la défense animale s’est structuré et professionnalisé, internationalisé aussi, s’emparant de la question de l’exploitation des animaux (boucherie, chasse, pêche, expérimentation, corrida, cirques et zoos, fourrure) pour en mettre la réalité au grand jour, réfléchir aux fondements théoriques de cette exploitation et en interroger la légitimité.

    Cette réalité révèle que nous sommes assis sur une couche de barbarie invisible, rationalisée, propre, dont ne nous sont livrés que les produits finis — fétichisme somme toute véniel de nantis, rien de plus, rien de grave.

    Ne sommes-nous pas forts d’un humanisme bien pensant qui nous prémunit du pire ?

    Notre tranquillité de consommateur, notre sentiment de ne participer à rien d’indigne pouvaient cependant s’en trouver ébranlés.

    L’élevage et l’abattage industriels, en particulier, étaient montrés, certaines productions, comme le foie gras, décrites dans la factualité de leur processus.

    Il y a, certes, un grand pas à franchir entre la mauvaise conscience naissante et le passage à l’acte de s’abstenir d’acheter désormais tel ou tel produit.

    De là à porter atteinte aux filières industrielles de la viande, la route semblait interminable.

    Pourtant, le mouvement autrichien a atteint le seuil où il nuit sensiblement aux intérêts liés aux productions animales : la moitié des exploitations de poules pondeuses ont fermé à la suite de l’interdiction des cages.

    Parmi les mesures les plus spectaculaires récemment obtenues dans ce pays, citons en 2005 : l’interdiction des spectacles de cirques avec des animaux sauvages (et interdiction de la simple détention de tels animaux par les cirques, même s’ils ne sont pas utilisés dans les représentations), l’interdiction des élevages d’animaux pour leur fourrure, l’interdiction des élevages en batterie de poules pondeuses.

    En 2006, l’interdiction de l’expérimentation sur les grands singes et en 2008, l’interdiction de l’élevage de lapins en cages.

    Avant même l’entrée en vigueur de cette dernière mesure (2012), les associations ont obtenu de grandes chaînes de distribution (Merkur, Adeg, Spar) qu’elles cessent de commercialiser des lapins élevés en batterie.

    À la revendication d’une protection des animaux au cours des utilisations dont ils sont l’objet (méthode d’abattage plus indolore, interdiction des pièges à mâchoires, agrandissement des cages…) afin de leur éviter les « souffrances inutiles » et sans que soit remis en cause de principe de leur utilisation, fit suite une réflexion morale et politique sur les « droits des animaux », ruinant ainsi leur statut de moyens au service des fins de l’homme.

    Cette affaire est préoccupante à bien des égards : des militants n’ayant en rien porté atteinte à des personnes et menant campagne pour défendre des intérêts qui ne sont pas les leurs sont jetés en prison ; c’est la liberté de pensée et d’expression qui se trouve menacée.

    L’immense masse muette des animaux qui sont enfermés, engraissés, gavés, mutilés, « vivisectionnés », piégés, égorgés voit ses avocats privés de parole et de liberté.

    Qui a intérêt à criminaliser la protection animale ?

    Florence Burgat, philosophe, directeur de recherche à l'INRA.

    Dernier ouvrage paru : Liberté et inquiétude de la vie animale, Paris, Kimé, 2006

    http://philosophie.blogs.liberation.fr/noudelmann/2008/09/la-barbarie-inv.html

  • Californie : que faire de la Proposition 2 ? (Gary Francione)

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    Chères collègues et chers collègues :

    On me demande très souvent si je pense que les défenseurs des animaux de la Californie devraient voter pour la Proposition 2, puisqu’elle est déjà soumise au vote.

    Tout bien considéré, je pense que les défenseurs des animaux devraient voter contre la Proposition 2 (ou, au moins, s’abstenir de voter à son sujet). Je fonde mon opinion sur trois raisons :

    • premièrement, la Proposition 2 ne fera rien pour réduire la souffrance animale à court terme. La Proposition 2, si elle prend un jour effet, ne le fera pas avant 2015.

      La Proposition 2 prévoit de nombreuses exceptions et conditions, et même si elle devait un jour prendre effet - et être même appliquée -, cela n’entraînerait aucune réduction significative de la souffrance animale.

    • deuxièmement, la Proposition 2, si elle finit par passer, ne fera que rendre le public plus confortable à propos de l’exploitation animale et causera l’augmentation de l’exploitation.

      Les animaux continueront d'être torturés ; la seule différence sera que la torture portera le saut d’approbation de la Humane Society of the United State, de la Farm Sanctuary et d’autres corporations de protection des animaux, qui font la promotion de la Proposition 2.

      On dit qu’approximativement 100 organisations fermières appuient la Proposition 2. Pourquoi est-ce le cas ?

      La réponse est simple. Ces producteurs croient que la Proposition 2 les aidera à être plus « performants ». Et ce sera le cas.

    • troisièmement, il est important que les défenseurs des animaux envoient un message clair à la Humane Society of the United States, à la Farm Sanctuary et à d’autres groupes quant à l’importance de cesser de faire la promotion de mesures telles que la Proposition 2.

      Si la HSUS est réellement préoccupée par la souffrance animale, alors elle devrait peut-être utiliser une partie de ses $223 millions en biens et $124 millions en revenus à l’éducation au véganisme.

      Le véganisme réduit la demande de produits animaux et aide à changer les mentalités en nous éloignant de l’impression qu’il est moralement acceptable d’utiliser des animaux, du moment que nous le faisons « humainement ».

      Cela n’entraînera rien d’autre que la perpétuation et même l’augmentation de l’utilisation d’animaux. Il est temps que les défenseurs des animaux disent simplement « non » à cela.

    Il est temps d’exiger davantage des organisations qui prétendent représenter les idéaux des défenseurs des animaux que des campagnes faciles qui font les grands titres et remplissent leurs coffres, mais qui ne font rien pour offrir une protection significative aux intérêts des animaux et rien du tout pour ébranler le statut de propriété des animaux.

    L’éducation créative et pacifique au véganisme est la meilleure façon de diminuer la souffrance et la mort d’animaux à court terme et à long terme.

    Augmenter le véganisme est la seule manière d’atteindre l’abolition de l’exploitation animale.

    Des efforts comme la Proposition 2, qui rendent la consommation d’animaux plus acceptable, ne feront que renforcer le spécisme et l’idée qu’il est moralement acceptable de consommer des nonhumains, tant et aussi longtemps que nous le faisons de manière « humaine ».

    La décision de voter en faveur de la Proposition 2 ou non ne requiert pas des défenseurs des animaux qu’ils choisissent entre plus ou moins d’animaux qui souffrent.

    Elle représente plutôt un choix entre continuer à faire la promotion du mouvement pour la « viande heureuse », qui dirige les choses dans la mauvaise direction, ou se concentrer sur ce qui représente une véritable défense des animaux et qui pourrait entraîner un réel changement.

    Les défenseurs des animaux ne devraient pas voter pour la Proposition 2.

    Gary L. Francione
    © 2008 Gary L. Francione

    http://www.abolitionistapproach.com/fr/2008/09/02/que-faire-de-la-proposition-2/