16/06/2013

"Le natalisme contre la nature" par Gérard Charollois (CVN)

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Toute société souffre de tabous.

Lorsque nous combattons la chasse, la corrida, certaines infrastructures lucratives pour les oligarques, nous exprimons, trop confortablement pour une avant-garde digne de ce nom, l’opinion de la majorité de nos contemporains.

Nous ne faisons pas preuve d’audace conceptuelle et notre parole n’est censurée qu’en raison d’une confiscation de l’Etat et des médias par des féodalités malfaisantes.

En revanche, nous devenons iconoclastes, choquants, violeurs de tabous en affirmant, contre la propagande nataliste, que la croissance démographique est un mal pour la nature et à terme pour l’humain.

Plus les hommes seront nombreux, plus il faudra urbaniser, artificialiser, plus croîtront les besoins en énergie et moins les autres formes de vies conserveront une place sur la terre.

Quant aux hommes, la qualité de la vie s’altérera, lorsque l’Europe ne sera plus qu’une vaste mégapole sillonnée d’axes de transports, transformant ce que la mode appelle « l’environnement » en un permanent enfer urbain.

La biodiversité aura disparu et ce d’autant que trop d’humains se révèlent intolérants à toute autre forme de vie.

Observez l’attitude irrationnelle et haineuse de trop de gens envers les deux ou trois espèces parvenant à survivre dans les villes hostiles à la nature.

Nos contemporains aiment les jardins bien rangés, les parcs aseptisés, la belle nature à la télévision ou sur les photos de vacances.

Mais ils ont peur des maladies véhiculées par les pigeons (pur fantasme), des redoutables sangliers (phobie grotesque de l’animal sauvage), et de tous ces êtres de la forêt (menaces imaginaires).

Malgré quelques velléités de bien faire, malgré les colloques scientifiques et les déclarations pontifiantes des dirigeants de la planète, l’homme se comporte encore en ennemi de la terre.

La France se glorifie stupidement de son taux de natalité supérieur à celui de tous ses voisins.

La propagande officielle s’en réjouit sur le thème : « pour payer les retraites de demain ».

En fait, cela pourrait bien être : pour surcharger les statistiques de pôle emploi.

Juste avant la dernière guerre mondiale, ce pays s’engagea dans une politique d’accroissement de population avec pour objectif avoué d’augmenter le nombre des poitrines Françaises à opposer aux canons allemands.

Cette considération fut à l’origine des allocations familiales et du quotient familial.

Alors que le premier enfant d’une famille est celui qui génère le plus de dépenses, l’Etat ne lui apporte aucune aide.

En revanche il incite ouvertement au troisième enfant par une majoration des prestations et en offrant une part entière de quotient fiscal.

Les premiers enfants n’ouvrent droit qu’à une demi-part.

Le temps des canons révolu reste une culture anthropocentrique poussant à multiplier sans fin l’espèce, jusqu’à un terme que les tenants de cette idéologie seraient bien en peine de définir.

Que veulent-ils ?

Une France de cent millions d’habitants, de deux cents millions ?!...

Pour eux, croître est une finalité qui se suffit à elle-même.

Les incitations financières ne représentent sans doute pas la cause déterminante de ce taux de natalité trop élevé.

Le problème est culturel.

La prise de conscience écologique tarde à éclairer les esprits ici davantage que dans les autres pays européens.

Quelle place laisserons-nous aux ours, aux loups, aux oiseaux, aux amphibiens ?

Voilà une question qui n’effleure même pas l’esprit étriqué des natalistes poursuivant leur course folle au toujours plus, leur logique de cellule cancéreuse de la terre.

Le gouvernement « centriste » n’a pas osé remettre en cause la politique contre-nature en substituant une aide à la personne à un financement de la prolifération.

La réforme fiscale annoncée est bien une réforme, dans l’acception perverse que les « libéraux » ont su donner à ce mot depuis trente ans.

Ces publicitaires du Marché corrompent tout, y compris les mots.

Autrefois, une réforme annonçait plus de droits, plus de protection sociale, un progrès de la justice et de la liberté.

Un Réformateur, homme de progrès, voulait élever la condition humaine.

Désormais, quand vous entendrez le mot réforme, tremblez car cela signifie pour vous une régression.

Donc, le plafonnement du quotient familial n’est qu’une mesurette financière visant à ponctionner des citoyens, nullement oligarques, en se gardant bien de toucher aux incitations au troisième enfant.

Il fallait instaurer une dégressivité des allocations familiales et leur suppression pour un couple percevant plus de dix mille euros par mois.

J’entends nos détracteurs me reprocher d’être un misanthrope voulant sacrifier l’humain au reste du vivant.

Actuellement, c’est l’humain qui sacrifie le vivant.

Un biocentriste, en condamnant l’anthropocentrisme, fait œuvre de philanthrope.

Car nous voulons des humains heureux, prospères, hédonistes mais réconciliés avec les autres espèces et sachant partager la planète avec elles.

Pour sauver la nature et donc pour sauver l’humain, deux conditions cumulatives doivent être réalisées :

D’une part, l’homme doit aimer le vivant et cesser de l’anéantir.

D’autre part, la population humaine ne doit plus croître au point d’occuper tout l’espace et de dégrader son propre cadre de vie.

En modifiant la composition physico-chimique de l’atmosphère, en colonisant la surface de la planète, en exploitant les ressources au point de les épuiser, en générant des pollutions immenses, l’homme crée une ère nouvelle que les scientifiques appellent « anthropocène ».

Cette situation inédite exige une mutation de responsabilité incompatible avec les vieilles billevesées du « croître et multiplier ».

Disons :

Oui, à l’amélioration

Constante de la vie, aux vrais progrès, ceux qui font reculer la souffrance, l’angoisse, la mort.

Non, à la croissance sans autre but que le quantitatif et le profit !

Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE
MOUVEMENT D’ECOLOGIE ETHIQUE ET RADICALE
POUR LE RESPECT DES ËTRES VIVANTS ET DES EQUILIBRES NATURELS.
www.ecologie-radicale.or

14/06/2013

PETITION / Encore plus de 92000 signatures nécessaires pour abolir la zoophilie dans tous les Etats américains

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Diffusez et partagez en masse SVP.

Merci au nom des victimes.

13/06/2013

Suède : interdiction totale de la zoophilie pour protéger les animaux

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C'est le ministre suédois aux Affaires rurales Eskil Erlandsson qui a annoncé la volonté de la Suède d'interdire totalement la zoophilie. GEORGES GOBET

La Suède compte interdire totalement la zoophilie, qui n'était jusqu'alors prohibée que lorsqu'elle portait physiquement atteinte aux animaux, a annoncé jeudi le ministère des Affaires rurales.

"Le gouvernement durcit maintenant les règles entourant la zoophilie afin qu'il n'existe aucun doute autour du fait qu'il est interdit d'accabler les animaux", a expliqué le ministre des Affaires rurales Eskil Erlandsson dans un communiqué.

Jusqu'à présent, la zoophilie était illégale seulement si les souffrances de l'animal pouvaient être démontrées.

A partir du 1er janvier 2014, tout acte sexuel avec une bête devrait être puni d'une amende et/ou d'une peine de prison de deux ans maximum, même si l'animal ne porte pas de trace de blessures.

"Il est très positif que la législation soit modifiée", a dit à l'AFP le porte-parole de la Fédération des Vétérinaires de Suède, Johan Beck-Friis.

"Il est important que la société affirme qu'une telle manière d'utiliser les animaux n'est pas acceptable."

L'interdiction de la zoophilie permettra de renforcer la protection animale pour une mise en conformité avec une directive européenne.

L'Allemagne l'a interdite en décembre, emboîtant le pas à ses voisins européens tels que la France, la Suisse et le Royaume-Uni.

Le projet de loi devrait prochainement être adopté au Parlement, où il ne devrait pas rencontrer d'obstacles, le sujet faisant l'objet d'un consensus entre les blocs.

En 2006, dernière année pour laquelle des chiffres sont disponibles, une centaine de cas, impliquant des blessures sur les animaux, ont été portés à la connaissance des autorités.

Belga

http://www.rtbf.be/info/societe/detail_suede-interdiction-totale-de-la-zoophilie-pour-proteger-les-animaux?id=8017432

07/06/2013

Décès de Clément Méric, jeune militant végan, féministe et antihomophobe de 18 ans

Originaire de Brest, Clément Méric, militant d’extrême gauche est mort au lendemain d’une bagarre violente avec des skins en plein Paris.

Portrait.

Mauvaise rencontre

Une rencontre dans une vente privée de vêtements, des provocations, puis des coups.

Et Clément Méric, 18 ans, qui gît sur le trottoir dans son sang.

Avant de devenir, la victime collatérale d’un climat politique nauséabond, Clément Méric, était un étudiant de Sciences Po et un militant anti-fasciste très actif.

Il sortait d’une leucémie

Ses camarades de Sciences Po décrivent un jeune homme blond, petit, frêle avec un visage poupin.

« Clément se relevait d’une leucémie, ce n’était pas un monstre de guerre », ont même précisé des membres d’Action antifasciste Paris Banlieue, groupe auquel appartenait selon eux Clément Méric.

Ce dernier « faisait du terrain, du renseignement, de l’agit-prop ».

Fils de deux professeurs de droit de la faculté de Brest, le jeune homme, qui avait obtenu son Bac scientifique avec mention très bien l’an passé, était installé depuis septembre à Paris et habitait, d’après le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, dans le IXe arrondissement de la capitale.

Un bon élève

« Très bon élève », c’était « un gamin un petit peu rebelle » mais « tout à fait respectueux des règles », d’après son ancien proviseur Jean-Jacques Hillion du lycée de l’Harteloire, dans le centre de Brest, interrogé par l’AFP.

Alors qu’il était en classe de seconde, il a été l’un des chefs de file du mouvement contre la réforme du lycée lancée par la droite en 2010, a ajouté ce dernier.

En entrant à Sciences Po, Clément Méric avait rejoint les rangs du syndicat Solidaires, mais n’était adhérent d’aucun parti, d’après plusieurs sources.

« Il avait des engagements très divers » antifasciste, anticapitaliste, antihomophobie avec Act-Up au cours des derniers mois, a précisé Claire Cosquer, militante Solidaires Sc-Po.

Dans les Manifs pour tous

Il avait notamment participé ces derniers mois à plusieurs actions pour dénoncer la recrudescence de propos homophobes.

Le 17 avril, en marge d’une manifestation de la Manif pour tous, il faisait parti d’un petit groupe d’étudiants brandissant une banderole :

Selon une source policière, il était connu des services spécialisés comme appartenant à un groupe de militants d’extrême gauche qui recherchaient la confrontation avec des militants d’extrême droite, notamment la vingtaine de skins constituant le noyau dur des JNR (Jeunesses nationalistes révolutionnaires, groupuscule radical), avec qui ils « jouaient à cache-cache et se cherchent depuis quelque temps ».

Végétalien

Outre ses engagements syndicaux et antifascistes, Clément Méric était, d’après ses proches, un amateur de musique, végétalien et anti-spéciste (qui s’oppose à l’exploitation et à la consommation des animaux par les êtres humains).

Supporter du Red Star

Il était également un fervent supporter de l’équipe de foot du Red Star à Saint-Ouen et un habitué des tribunes du Stade Bauer : le collectif Red Star Bauer, qui rassemble des indépendants très actifs, lui a d’ailleurs rendu hommage jeudi.

Qu’est-ce que l’AFA ?

Créé en 2008, ce groupe autonome se veut un « réseau transpartisan à gauche de la gauche, et bien en face des plus à droite ».

Un dénommé « K. », membre fondateur de l’organisation, explique que « l’AFA se fixe comme objectifs de connaître, analyser et combattre les organisations et modes de pensée pouvant être qualifiés + d’extrême droite + ».

« Nous ne sommes pas une organisation ni un parti politique, les rencontres se font donc dans la rue, les manifs, les actions… », conclut K.

Et c’est dans la rue que Clément Méric a été frappé à mort.

Pour certains, c’est le mouvement contre le mariage pour tous qui a favorisé l’éclosion de ces mouvements d’extrême droite et « libéré des pulsions violentes qui ont directement conduit à cette agression. »

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Clement-Meric-mi...

05/06/2013

Vegan.fr au vegfest 2013

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Vegan.fr sera présent lors du vegfest 2013 ce samedi 8 Juin à partir de 13h.

N’hésitez pas à venir nous retrouver, surtout si vous comptez mettre en place un groupe local et que vous avez besoin de tracts !

http://vegan.fr/2013/06/03/vegan-fr-au-vegfest-2013/

02/06/2013

Apostasie

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L'humanité m'appauvrit. 

L'humanité me fait honte.

L'humanité me fatigue et m'ennuie.

Son surnombre m'achève, et son nom est légion.

Mon humanité m'est un fardeau que je dépose à l'orée du bois ultime où, sauvage à nouveau, je m'enfuis.

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01/06/2013

La citation du jour : Jacques Derrida

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"La religion du vivant, n'est-ce pas là une tautologie ?

Impératif absolu, loi sainte, loi du salut : sauver le vivant comme l'intact, l'indemne, le sauf, qui a droit au respect absolu, à la retenue, à la pudeur [...]

C'est toujours le sacrifice du vivant, encore et plus que jamais à l'échelle de l'élevage et de l'abattage de masse, de l'industrie de la pêche ou de la chasse, de l'expérimentation animale.

Soit dit au passage, certains écologistes et certains végétariens seraient les seuls "religieux" de ce temps à respecter l'une des deux sources pures de la religion [le respect du vivant] et à porter en effet la responsabilité de ce qui pourrait bien être l'avenir d'une religion."

Jacques Derrida, Foi et savoir

29/05/2013

Repentance et corrida : l'horreur d'une barbarie festive

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Après avoir voué toute sa vie à la corrida et avoir tué plus de 500 taureaux au cours de sa carrière, Chiquilín, alias Rafael Jiménez González, torero de Cordoue, est en plein repentir et parle de l'amour dont peuvent témoigner les animaux.

« Désormais, je ne puis supporter d’assister à une mise à mort, les animaux ressentent la douleur et souffrent comme nous, les taureaux nous regardent comme avec un air de gentillesse.

Maintenant j’ai pitié d’eux et je ne serai plus capable de tuer un taureau.

Il m’en a coûté de porter mes dernières estocades quand j’ai compris la bonté de l’animal.

Une fois, un taureau qui me tenait au sol, me regarda puis m’épargna.

J’ai vu des taureaux pleurer.

C’est une chienne que j’ai depuis huit ans et qui m’a incité à un nouveau regard vis-à-vis des animaux.

Avant, j’allais à la chasse très souvent, mais maintenant je suis incapable de tuer une mouche.

L’autre jour, un grillon m’a empêché de dormir une partie de la nuit, jusqu’à ce que je me lève et le découvre dans un pot de fleurs.

Je l’ai observé et je l’ai sorti.

Il s’est passé quelque chose de très curieux dans mon rapport avec tous les animaux. »

(D’après un article dans le journal espagnol ABC du 28 octobre 2007)

http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1504_repent...

28/05/2013

Stevan Harnad : « J’ai honte d’avoir été végétarien pendant 50 ans »

J’ai entendu parler de Stevan Harnad pour la première fois l’hiver dernier alors qu’il signait un plaidoyer pour le végétalisme dans la revue Québec Humaniste.

Le chercheur, qui est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en sciences cognitives à l’UQAM, y faisait une démonstration troublante : plusieurs personnes cultivent une forme de psychopathie en exploitant les animaux pour leur propre plaisir.

On sait en effet que les psychopathes ne sont pas troublés par la souffrance des autres êtres vivants.

Pour atteindre leurs buts, ils n’hésitent pas à faire souffrir les autres.

Puisque manger de la viande n’est pas nécessaire (Harnad, végétarien depuis cinquante ans et devenu végétalien il y a quelques années, en est la preuve vivante), il concluait simplement son article en affirmant son refus de faire souffrir des animaux pour son plaisir gustatif.

Il n’est pas carnivore parce qu’il n’est pas psychopathe.

L’article m’avait marquée par la simplicité et la puissance de son argumentation.

« Si vous mangez de la viande, ce n’est certes pas parce que la viande est nécessaire pour votre survie, ni pour votre santé : c’est pour atteindre un but qui est à votre goût, peu importe la misère gratuite induite à d’autres êtres vivants, souffrants. »

Il suffit souvent d’avoir réfléchi sérieusement aux conditions d’élevage ou d’avoir vu des images d’abattoirs pour être touché par cette souffrance.

Par la suite, des pirouettes intellectuelles complexes deviennent nécessaires au maintien du statu quo, pour continuer de manger son steak « comme avant ».

Je me suis moi-même longtemps protégée en disant ne pas vouloir savoir.

Mais lorsqu’on sait, la seule façon de chasser la culpabilité, c’est de modifier ses habitudes alimentaires.

À moins d’être un émule du Patrick Bateman de Bret Easton Ellis.

Il y a quelques semaines, Stevan Harnad et moi étions tous les deux invités au colloque Animaux : conscience, empathie et justice dans le cadre du congrès de l’ACFAS.

Je faisais la conférence d’ouverture; il clôturait la session.

Je lui témoignais mon admiration pour l’intérêt qu’il portait à la cause animale et j’ai été médusée par sa réponse :

« Tout ce que j’ai fait dans le passé n’a pas d’importance.

Ce qui compte maintenant, c’est de mettre fin à l’exploitation animale. »  

Pourtant, la carrière de Stevan Harnad est enviable : maîtrise en psychologie de McGill, doctorat en philosophie de Princeton, fondateur de la prestigieuse revue Behavioral and Brain Sciences, il est aussi l’un des phares du mouvement pour le libre accès (open access) en édition scientifique.

J’ai voulu comprendre comment un des plus grands chercheurs du Québec en est venu à s’intéresser à la question animale.

« Tout ce que j’ai dit était de l’hypocrisie »

Dès le départ, il s’excuse.

Il est devenu végétarien à l’âge de 17 ans mais a honte d’avouer que ce n’est que depuis trois ans qu’il est végétalien :

« J’étais végétarien mais j’avais mis de côté la vraie question qui était la question de base : est-ce vraiment nécessaire de faire ces choses cruelles aux animaux?

Pendant cinquante ans, je me suis permis de croire que je n’avais pas à convaincre les gens.

J’ai même honte d’avoir répondu “vive la liberté” à des gens qui me demandaient si ça me gênait qu’ils mangent de la viande.

Tout ce que j’ai dit était de l’hypocrisie.

Je le vois clairement maintenant et je veux compenser pour ça. »

C’est une conférence du juriste David Wolfson qu’il a entendue alors qu’il commençait à cohabiter avec les chats de sa mère décédée qui l’a convaincu de modifier son rapport aux animaux.

Il reconnaît s’être trompé pendant des années.

Sur les relations qu’on peut développer avec les animaux comme sur les stratégies à adopter pour convaincre nos semblables d’arrêter de les exploiter.

La question du nombre d’animaux tués revient d’ailleurs constamment dans le discours du professeur Harnad.

Ses présentations contiennent toutes le kill counter, où le nombre d’animaux tués défile sous nos yeux.

Il ne manque pas non plus de rappeler que la croissance de la population humaine est exponentielle, que la quantité absolue de mal que l’on inflige aux autres humains, comme aux autres animaux, augmente sans cesse.

La quantité de souffrance sur Terre est supérieure à ce qu’elle a jamais été.

« On fabrique pour plaire à nos goûts des quantités faramineuses d’êtres souffrants. Beaucoup plus que jamais. Ce taux de croissance excède le taux de croissance de nos réformes. »

D’où l’importance de la question et l’urgence d’agir.

Alors que plusieurs chercheurs de sa génération préparent leur retraite, Stevan Harnad s’est engagé pour la cause animale avec la même fougue que ceux à qui il enseigne.

Mais comment fait-on le lien entre toute une carrière de recherche en sciences cognitives et la question animale?

D’abord, Harnad refuse de théoriser sur les questions animales.

Il préfère la voie de l’activisme.

Mais ses travaux lui donnent des pistes pour mieux comprendre les humains qu’il essaie de convaincre.

« Je m’intéresse à la conscience, mais mes recherches portent surtout sur les origines du langage.

Je cherche à savoir à quoi servait le langage, quel est son avantage évolutif.

Comment se fait-il que les gens ne tiennent pas compte des horreurs nécessaires pour remplir leurs assiettes?

C’est qu’on croit que les animaux qu’on mange ne ressentent rien.  

Je me demande d’où vient cette croyance.

D’un côté, c’est lié à la conscience.

D’un autre côté, c’est lié au langage.

Si ces animaux-là parlaient, on n’en serait pas là. »

Et maintenant ?

Stevan Harnad est optimiste.

La majorité de l’humanité n’est pas psychopathe.

C’est plutôt l’ignorance et le déni qui expliquent nos comportements carnivores.

Il est donc possible de convaincre les gens de modifier leurs habitudes en leur montrant les horreurs qui se cachent derrière nos choix alimentaires et en leur rappelant que l’exploitation des animaux n’est pas nécessaire.

L’ampleur de la tâche ne lui fait pas peur : celui qui est né à Budapest l’année où on mettait fin à la 2e Guerre Mondiale et qui a étudié la psychologie humaine pendant toute sa carrière est bien placé pour savoir que le monde peut changer.  

On a envie de le croire et de le suivre.

27/05/2013

Séparation d'une vache et de son veau - Le prix du lait (vidéo de L214)

Féminisme et véganisme éthique : indissolublement liés

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S'attaquer aux racines du patriarcat

(Traduction de l'article de Maya Shlayen, "Striking at the roots of patriarchy")

Le 6 décembre marque l’anniversaire du massacre de l’Ecole Polytechnique à Montréal.

Ce jour-là en 1989, un tireur solitaire – Marc Lépine – est entré dans l’école et a spécifiquement tiré sur des femmes.

Après avoir tué 14 femmes et blessé 14 autres personnes, il se suicida.

Sa lettre de suicide blâmait les « féministes » d’avoir ruiné sa vie.

En tant que Canadiens, le pays commémorant cette tragédie, nous sommes invités à réfléchir sur la manière dont la violence contre les femmes continue d’imprégner notre culture et se répercute négativement sur nous tous.

Selon Statistics Canada, la femme moyenne ne gagne encore seulement que 71%  par rapport à un homme moyen, et cet écart n’a pas considérablement changé ces dix dernières années.

La grande majorité des victimes de violences conjugales – 8 sur 10 – sont des femmes, et 1 femme sur 4 en Amérique du Nord peut s’attendre à être agressée sexuellement au cours de sa vie.

Bien que les hommes qui commettent des agressions sexuelles soient minoritaires, leurs actes se produisent dans le contexte plus grand d’une culture qui marchande sans relâche le corps féminin à chaque occasion.

Des concours de bikini aux clubs de strip-tease en passant par l’utilisation de mannequins pour « vendre » des biens de consommation, le message est clair : le corps féminin existe pour le plaisir sexuel des hommes.

Des êtres humains réfléchissant, respirant, ressentant, sont réduits, dans notre culture de consommation, à une fin pour les moyens de quelqu’un d’autre.

Cette hypersexualisation de nos corps crée une énorme quantité de pression sur nous pour paraître et agir de manière sexy à tout moment, parce qu’on nous dit (implicitement et explicitement) que notre mesure principale de valeur réside dans notre capacité à satisfaire les hommes.

L’idée que certains corps existent pour le plaisir des autres est, bien évidemment, de l’obscénité.

Et pourtant chacun de nous – homme ou femme, féministe ou pas – rejoint cette même idée, non seulement à travers la pornification constante du corps féminin, mais également à travers quelque chose d’autre : notre consommation d’animaux et de ‘produits’ animaux. 

En vertu de leur sentience, tous les animaux – humains ou pas – se soucient de leur vie, et souhaitent éviter la souffrance et la mort.

Malgré le fait de n’avoir aucun besoin nutritionnel à consommer des ‘produits’ animaux, et pour le seul intérêt de notre plaisir gastronomique, nous condamnons 665 millions d’animaux de ‘ferme’ (sans compter les poissons) à une vie misérable et hideuse, à une mort prématurée, chaque année seulement dans ce pays.

Comme nous prenons le temps en ce jour pour remettre en question l’obscénité des hommes présumant propriété des corps des femmes, combien d’entre nous remettront en question la même obscénité et notion (se renforçant mutuellement) que les corps des nonhumains existent pour le plaisir des humains ?

Lorsqu’un sens de propriété sur le corps de quelqu’un d’autre se présume dès le départ, cela se traduit en un équilibre de pouvoir qui favorise invariablement le groupe dominant aux dépens des désavantagés.

Nous avons tous entendu parler de cas où des hommes sont sortis d’une rencontre sexuelle avec le sentiment que tout était ok et consenti, alors que leur partenaire féminine restait avec un sentiment d’abus.

Une conclusion possible à tirer ici est qu’au moins quelques hommes ont un sentiment de droit lorsqu’il s’agit de sexe, acquis tout au long d’une vie d’endoctrinement qui assimile la masculinité avec l’agression et la puissance – cette dernière étant définie, dans notre culture patriarcale, comme la capacité à la violence et à la soumission.

Et c’est exactement pourquoi il est absurde de déclarer, comme certains le font, que les femmes peuvent se responsabiliser en participant à leur propre marchandisation.

Bien sûr, les femmes au club de strip-tease ‘choisissent’ de travailler là.

Mais ce ‘choix’ fut fait dans le contexte d’une culture dans laquelle les femmes n’ont pas les ressources économiques que les hommes ont, dans laquelle on leur a appris, dès leur plus jeune âge, que c’est leur travail de faire plaisir aux hommes ; et dans laquelle on a appris, dès leur plus jeune âge, aux hommes, qui paient pour les regarder se dégrader elles-mêmes, qu’ils ont droit à un privilège sexuel sur les femmes.

L’exploitation approuvée par la victime reste de l’exploitation.

La même chose s’applique à notre relation avec les nonhumains.

L’exploitation « humaine » - qui est un terme mal approprié, car toute utilisation animale implique de la violence indicible – est un leurre qui ignore la dimension structurelle de l’exploitation en question.

C'est-à-dire, les nonhumains ‘domestiqués’ sont des horreurs de la nature génétiquement manipulées qui existent dans un état permanent de vulnérabilité.

Mis au monde pour leur utilisation par leurs propriétaires humains, des individus nonhumains – qui ne sont rien de moins que des biens aux yeux de la loi – sont continuellement tourmentés et abusés pendant la durée de leur courte et misérable vie, jusqu’au moment de leur abattage.

Ce dernier instant – moment où nous leur volons leur vie – se traduit en une brutalité qu’aucun mot ne pourrait condamner assez fortement.

L’idée que la violence hideuse infligée aux êtres vulnérables puisse être réconciliée avec quelque chose qui puisse être décrit de manière cohérente comme « humain » est de la pure fantaisie.

A côté du ‘choix’ des femmes à l’auto-marchandisation dans une société patriarcale, ou le ‘choix’ des travailleurs dans une société capitaliste à peiner dans un environnement de travail abusif, l’esclavagisme « humain » des nonhumains semble être la dernière d’une série d’illusions morales servant à rassurer un groupe oppresseur par rapport à la légitimité supposée de leur oppression sur les autres.

La connexion entre la patriarcat et l’exploitation des nonhumains devient surtout évidente si nous nous penchons sur l’utilisation des animaux femelles.

Les poules, qui pondraient seulement quelques œufs par an dans la nature, ont été génétiquement manipulées par les humains afin de pondre des centaines d’œufs par an.

Puisque la ponte épuise les nutriments de leurs corps, leur utilité pour les humains dépend de la mesure à laquelle leur système de reproduction féminin peut être exploité, et leur corps blessé.

Et une fois que leur productivité chute à une fraction de leur vie naturelle, elles sont abattues. 

De même, les vaches ‘laitières’ sont exploitées pour leur capacité à produire du lait.

Puisque les vaches, comme tous les mammifères, doivent donner naissance avant de pouvoir produire du lait, elles sont maîtrisées, tous les ans, sur un « support à viol », où elles seront artificiellement inséminées.

Lorsque leur bébé vient au monde, il ou elle sera enlevé, et le lait maternel qui était destiné au bébé est à la place volé par les humains.

La douleur atroce que cause cette séparation autant pour la mère que pour le veau, et l’agonie de la traite agressive qui suit, sont bien au-delà de ce que de simples mots pourraient rendre.

De manière intéressante, ce lait – destiné à aider le veau à gagner des centaines de livres en l’espace de quelques mois – a un fort contenu en graisses saturées et en hormones, qui est lié à une oestrogénicité accrue et à la croissance de tumeur liée au cancer du sein chez les femmes.

Nous exploitons les seins des bovines pour obtenir un « produit » qui nuit aux seins des humaines.

Si vous êtes féministe, et que vous n’êtes pas vegan – pourquoi ne l’êtes-vous pas ?

Si vous êtes contre l’exploitation des vulnérables, et que vous n’êtes pas vegan – pourquoi ne l’êtes-vous pas ?

Si la justice et la non-violence vous importent, et que vous n’êtes pas vegan – pourquoi ne l’êtes-vous pas ?

Condamner la violence gratuite contre un groupe désemparé est facile à faire quand c’est quelqu’un d’autre qui le fait.

Mais si nous voulons un jour régler le chaos qu’est notre monde, il incombe à chacun d’entre nous de réévaluer et de rejeter en fin de compte le paradigme ‘force fait loi’ de la violence et de la domination que nous avons fini par accepter comme étant « l’ordre naturel des choses ».

Toutes les formes d’injustice sont liées et se renforcent mutuellement.

Aussi longtemps que nous tolérerons l’oppression de n’importe quelle sorte, nous tolérerons nécessairement – et renforceront – l’oppression de toute sorte.

Ce 6 décembre, dites « non » à la violence contre les femmes en rejetant la notion que certains corps existent pour le plaisir des autres.

Dites « non » au patriarcat en rejetant la violence patriarcale à sa racine. 

Féministe ?

Devenez vegan.

Maya Shlayen

http://kwaice.blogspot.fr/2012/01/traduction-sattaquer-au...

24/05/2013

En Allemagne, le véganisme en forte hausse

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Le journal Le Monde en ligne traite du véganisme en Allemagne.

L’article commence bien : gros plan sur Veganz, une récente chaîne allemande de supermarchés végans, qui « ne connaît pas la crise », « où se pressaient des centaines de personnes le jour de l’ouverture »  ; avec une description de « son rayon « viandes, saucisses et poissons », entièrement à base de produits végétaux » parmi lesquels « des schnitzels (une escalope panée) à base de protéine de blé, qui ressemblent à s’y méprendre à de la viande ».

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Les fameux simili-schnitzels

Quelques chiffres :

  • On dénombre en Allemagne près de sept millions de végétariens.
  • Le pays compte environ 700 000 végans. Un végan pour dix végétariens, en somme.
  • Le nombre de végans allemands augmente de 20 à 30 % par an.

Hélas, trois fois hélas, même dans un article expliquant que les gens se dirigent vers le végétalisme, le journaliste ne peut y croire.

Et l’article de gloser sur les additifs présents dans les simili-carnés, les traces d’OGM potentielles…

Avant de conclure sur cette perle :

« Le salut pour les gourmets végans viendra peut-être de la viande in vitro, fabriquée à partir de cellules d’animaux, sur laquelle travaillent des scientifiques dans le monde entier. »

(Je serais ravie et satisfaite, pour que cesse la souffrance animale, que l’humanité se mette à se nourrir de viande cultivée in vitro. Mais je n’y toucherais pas personnellement. Au-delà du fait que je me sens bien en ne consommant aucune chair, les bénéfices santé d’un régime végé ne sont plus à démontrer depuis des décennies.)

Je suis toujours sidérée de voir à quel point les articles qui traitent de végétarisme ou végétalisme ont toujours une conclusion de parti pris où l’auteur, pris d’une panique soudaine à l’idée de se passer de viande, cesse de décrire et se met subitement à freiner des quatre fers en invoquant toutes les raisons qui lui traversent l’esprit.

Lili Gondawa

http://www.vegactu.com/actualite/en-allemagne-le-veganism...

23/05/2013

Les humains, prédateurs suprêmes, cancer de la Terre

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Les humains sont le cancer de la Terre.

Le quotidien Le Monde* a un vocabulaire plus feutré : « L'homme est une espèce prédatrice sous-estimée ».

C’est en effet l'espèce qui a le plus d'influence sur le fonctionnement des milieux naturels.

A première vue, la découverte n'en est pas une.

Les biologistes s'intéressent à la fois au sommet de la chaîne alimentaire (les grands prédateurs) et à la base de la pyramide, la quantité de végétaux disponibles.

L'ensemble forme ce qu'on appelle « l'équilibre prédateur-proie ».

Le modèle Lotka-Volterra montre une évolution cyclique.

Mais l’homme influence aussi bien le mécanisme descendant que ascendant.

Dans une région au sud de l'Alberta, qui présente une densité de population à peu près équivalente à celle des campagnes françaises, des chercheurs canadiens ont remarqué une double influence humaine.

D'une part, la production de fourrage liée à l'agriculture et à l'élevage augmente les ressources alimentaires des herbivores.

D'autre part, en journée, la simple présence de l'homme écarte les prédateurs.

Résultat : Le nombre d'herbivores augmente et les espèces sauvages sont stressées.

En France, Florent Mouillot, a établi que les paramètres humains sont dix fois plus influents que ceux liés au climat pour expliquer le déclenchement des incendies.

Ce n’est pas seulement  les fumeurs ou les pyromanes qui sont malveillants, mais la densité humaine, trop importante, joue un rôle prépondérant.

Au nombre d’hommes s’ajoute des moyens techniques démesurés de détérioration des chaînes alimentaires, fusils de chasse ou filets de pêche, artificialisation des sols, gaz à effet de serre d’origine anthropique, etc.

Le résultat, c’est que tous les cycles vitaux sont détériorés.

Oui, l’espèce humaine est une espèce prédatrice redoutable, oui l’homme est l’animal dominant, oui l’image de l’homme comme cancer de la Terre est une bonne métaphore.

Mais seulement une métaphore !

* LE MONDE | 20.05.2013, L'homme, une espèce prédatrice sous-estimée

http://biosphere.blog.lemonde.fr/2013/05/22/les-humains-predateurs-supremes-cancer-de-la-terre/#comment-5215

9 commentaires à Les humains, prédateurs suprêmes, cancer de la Terre

  1. Paul Ehrlich, la Bombe « P »(1971)
    « Lorsque des cellules vivantes prolifèrent sans contrôle, il y a cancer ; l’explosion démographique c’est la multiplication sans contrôle des êtres humains. Si nous ne soignons que les symptômes du cancer, le malade peut en être soulagé quelques temps : mais tôt ou tard il mourra, souvent après d’atroces souffrances. Tel sera le destin d’un monde atteint d’explosion démographique si les symptômes seuls sont traités. Nous devons reconvertir nos efforts et tenter l’ablation du cancer Cette opération demandera de nombreuses décisions qui sembleront brutales et sans pitié. La douleur pourra être intense. Mais la maladie a fait de tels progrès que seule la chirurgie la plus énergique pourra désormais sauver le malade. »

  2. L’état de la planète, rapport de l’Institut Worldwatch (1999)
    « Exactement comme un cancer qui étend ses métastases et finit par détruire les systèmes vitaux sur lesquels il repose, une économie en expansion continue détruit de plus en plus rapidement l’hôte qui le nourrit, l’écosystème terrestre. La croissance pour la croissance, c’est l’idéologie de la cellule cancéreuse. »

  3. Yves Paccalet dans son livre L’humanité disparaîtra, bon débarras ! (2006)

  4. « L’homme est un organisme vivant. Comme tous ses homologues, il se reproduit et il consomme. Il a besoin de respirer, de manger… Ce faisant, parce qu’il engloutit beaucoup plus d’énergie et de biens matériels que les espèces sauvages, et parce qu’il prolifère, il détruit à grande vitesse la seule maison dont il dispose : la Terre. (L’humanité disparaîtra, bon débarras ! éditions Arthaud p.19 » « Lorsque, dans un végétal ou un animal, une population cellulaire augmente de façon aberrante, elle déstabilise l’édifice. Elle accapare l’oxygène, l’eau et la nourriture. Les cellules conquérantes ont besoin de celles qui les entourent pour vivre, mais elles les asphyxient, les assoiffent et les affament, tous en les intoxiquant avec leurs déchets. A terme, les envahisseuses ruinent l’édifice dont elles sont une pièce. Elles se suicident. Pour le médecin, une population excessive de cellules prend le nom de « tumeur ». Si le processus de multiplication s’emballe, la tumeur devient maligne : on a affaire à un cancer. Une seule bête colonise en masse la planète entière : l’homme bien sûr ! Nous ne sommes ni le fleuron, ni l’orgueil, ni l’âme pensante de la planète : nous en incarnons la tumeur maligne. L’homme est le cancer de la Terre. Le cancer est une métaphore. Il en existe bien d’autres… p.49 à 5

  5. Al Gore, dans son livre Urgence planète Terre, 2007 : « Nous les humains, exercerions une action pathogène, comme si nous étions une sorte de virus qui irriterait la planète, lui donnerait la fièvre, et menacerait ses fonctions vitales. Les écologistes radicaux assigneraient à notre espèce le rôle d’un cancer généralisé, dont nos villes seraient les métastases et qui, pour nourrir sa propre expansion, priverait le globe des ressources qui lui sont nécessaires pour rester en bonne santé. Le problème de cette métaphore, c’est qu’elle n’indique qu’un seul traitement possible : l’élimination des hommes de la surface de la Terre. 

  6. Dire aujourd’hui que l’Homme est le cancer de la Terre ne revient pas selon moi à faire preuve d’anti-humanisme, au contraire. L’Homme est un cancer au sens où il prolifère au détriment de toutes les autres cellules et où cette prolifération menace l’ensemble de l’équilibre écologique de la planète. Ce constat me semble imparable, aussi désagréable que soit le mot cancer.
    Mais on peut définir l’humanisme autrement qu’à travers une valorisation permanente de notre espèce par elle-même. On peut le définir comme un respect envers l’ensemble du vivant et vers l’ensemble de l’avenir. En ce sens, comprendre qu’aujourd’hui notre prolifération a, dans sa nature comme dans ses conséquences, un caractère cancéreux constitue la première marche peut-être nécessaire vers un humanisme mieux conçu qui engloberait la tendresse pour le monde et qui mettrait sa préservation au premier rang des préoccupations. La guérison n’a probablement pas d’autre voie. Comme cela pourrait être le cas pour un individu, l’excès d’égo dont fait preuve notre espèce finit par poser problème.

  7. Tout le monde s’accorde sur le constat de l’homo sapiens PS (prédateur suprême). Rester là à regarder la tumeur s’agrandir, comme le font tant de reportages et de documentaires actuellement, c’est aussi participer au suicide collectif. Il y a donc urgence à mettre en oeuvre très rapidement la deuxième marche en prenant les mesures politiques qui s’imposent et en passant, par un virage à 180 degrés, d’une politique nataliste à une politique résolument anti nataliste. Les deux mesures urgentissimes à prendre sont la suppression des allocations familiales et la suppression des compléments de retraite pour avoir élevé des enfants. Il faut casser au plus vite l’ »impôt braguette » comme disent si joliment nos compatriotes des départements d’outre-mer !

    Rédigé par : Michel CLAIRE | le 23 mai 2013 à 15:29 | | Alerter |
  8. Merci pour cet article et également à Didier Barthès qui a parfaitement résumé mes propres pensées sur le sujet.

    Rédigé par : Méryl | le 23 mai 2013 à 17:05 | | Alerter |

22/05/2013

Changer ou ne plus être

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18/05/2013

Mille et une astuces pour remplacer les oeufs dans les recettes

Pour ne plus collaborer à ça :

http://arda-saintes.blogspot.fr/2012/01/le-probleme-des-oeufs.html,

devenez végans.

***

Remplacer les œufs dans les recettes est de loin la plus grande difficulté lorsque l’on passe au vert. Et c’est là sans doute l’une des principales raisons qui rebutent certaines personnes à franchir le pas.

Alors si comme eux vous ne savez pas comment faire. Si vos desserts ne ressemblent à rien, que vos cakes s’effondrent tel un château de cartes ; que vous salivez devant un tiramisu ou bien encore devant un éclair. Sachez qu’il existe plusieurs astuces pour que vos tartes, tourtes, petits gâteaux et autres desserts ressemblent à s’en méprendre à ceux que vous aviez l’habitude d’admirer et de déguster dans un salon de thé… Si ce n’est meilleur !

Il existe différentes alternatives aux œufs. Car même s’ils ont différentes fonctions à eux seuls, les alternatives elles, ne peuvent pas se combiner en une seule et même méthode.

Voici donc les différentes manières pour remplacer le jaune, le blanc ou l’œuf tout entier.

Remplacement pour un œuf :

Combinaison vinaigre de cidre et lait végétal

L’ajout du vinaigre de cidre dans du lait végétal permet au lait de cailler et de s’épaissir tout comme un œuf l’aurait fait.

Les mesures diffèrent en fonction de la recette que vous voulez réaliser. Que cela soit des simples muffins et cupcakes ou un gâteau, vous n’aurez pas besoin des mêmes quantités. Mais pour avoir un petit aperçu, sachez qu’il faut une cuillère à café de vinaigre de cidre pour 85 ml de lait végétal ou une cuillère à soupe de vinaigre de cidre pour 180 ml de lait végétal. Cette technique permet au gâteau de gonfler et de rendre son intérieur moelleux.

Combinaison vinaigre de cidre et poudre à lever

La combinaison entre ces deux ingrédients apporte de la légèreté à vos préparations.

Mélangez une cuillère à soupe de vinaigre et une cuillère à café de poudre à lever avant de l’incorporer dans votre recette.

Combinaison poudre à lever, huile et eau

Une autre alternative aux œufs est possible. Il faut pour cela mélanger deux cuillères à soupe d’eau et une cuillère à soupe d’huile, puis ajouter une cuillère à café de poudre à lever et mélanger le tout avant de l’ajouter à votre préparation.

Combinaison graines de lin et eau

Les graines de lin mélangées à de l’eau donne un aspect gélatineux, très ressemblant à celui d’un blanc d’œuf. Il suffit pour cela de mixer 5 g de graines de lin, puis de le mélanger à 15 ml d’eau.

Ce remplacement marche très bien dans les pancakes, les muffins et les cookies.

Rappelons également que les graines de lin sont très riches en oméga 3, ce qui est un avantage en plus dans un régime végétarien.

Combinaison purée de fruits et poudre à lever

Les fruits sont une excellente alternative aux œufs : banane, purée de pommes ou tout autre fruit contenant de la pectine.

Une demi banane mixée ou 60 ml de purée de pommes remplacera l’équivalent d’un œuf. La purée de pommes se trouve être la meilleure alternative pour réaliser une délicieuse mousse au chocolat !

Attention cependant, car chaque fruit apportera sa propre saveur à la préparation. Prenez donc cela en compte lorsque vous décidez de réaliser un dessert. Sachez également qu’il faut rajouter une cuillère à café de poudre à lever si vous ne voulez pas que votre dessert soit trop lourd.

L’alternative des fruits est une très bonne alternative pour apporter différentes saveurs à des muffins ou gâteaux. N’hésitez pas à combiner différents fruits entre eux !

Combinaison agar-agar et eau

L’agar-agar est un excellent substitut pour gélifier un flan sucré ou salé. Pour cela, il vous suffit de délayer 2g d’agar-agar avec un peu de lait végétal, y ajouter 600 à 800 ml de lait végétal ainsi que les autres ingrédients salés ou sucrés, porter à ébullition et laisser bouillir quatre à six minutes tout en mélangeant continuellement. Verser le tout dans un moule à tarte et laisser prendre la préparation quatre heures au réfrigérateur.

http://www.plaisirvegetal.fr/wp-content/uploads/2010/09/f%C3%A9cules.jpg

Combinaison fécule de pommes de terre, fécule de maïs, fécule de tapioca, arrow-root et lait végétal

La purée de pommes de terre ou de potimarron, le concentré de tomates ou encore les flocons d’avoine sont souvent utilisés comme substitut aux œufs. Tout comme les fécules de pommes de terre, de maïs et de tapioca, ils apportent de la tenue à vos préparations.

La fécule de pommes de terre, de maïs et de tapioca sont très souvent utilisées pour les recettes salées pour réaliser des quiches ou des tourtes. Elles permettent à la préparation de tenir.

L’arrow-root est beaucoup plus utilisé pour les versions sucrées où tout comme la fécule de pommes de terre et de maïs, elle épaissit la préparation.

Comptez 10 g de fécule pour 150 à 250 ml de lait végétal. Chaque recette étant différente, je ne vous donne ici qu’une approximation.

Combinaison farine de soja ou farine de tapioca ou crème de riz et eau

Ces farines peuvent tout à fait remplacer les fécules dans les mêmes proportions. Un oeuf équivaut à une cuillère à café de farine mélangée à trois cuillères à café d’eau.

Utilisation du tofu ferme

Le tofu ferme est un ingrédient fabuleux. Car tout comme le tofu soyeux, il prendra la saveur des ingrédients dans lequel vous le rajouterez. Vous pouvez grâce à lui réaliser de délicieuses quiches tout comme la Quiche « Mon amour »

http://www.plaisirvegetal.fr/wp-content/uploads/2010/09/tofu-soyeux-original.jpg

Utilisation du tofu soyeux

Tout comme le tofu ferme, le tofu soyeux prendra la saveur des ingrédients dans lequel vous le rajouterez. Cependant, il est beaucoup plus utilisé dans les desserts comme dans les cakes, les cookies ou encore les muffins, où il apporte du moelleux aux préparations. Contrairement au tofu ferme, le tofu soyeux est d’une consistance moelleuse et crémeuse. Vous pourrez en trouver dans tous les magasins bios sous la marque Taifun ou bien dans les épiceries asiatiques sous le nom anglophone de « Silken Tofu ». Vous pouvez le garder facilement un mois dans votre réfrigérateur.

Pour remplacer un œuf dans une préparation, il vous faudra 60 g de tofu soyeux que vous mixerez dans un blender ou un mixeur avant de le rajouter à tout autre ingrédient. La plupart du temps, il est ajouté en tout dernier dans les préparations. Si par exemple, il vous faut remplacer trois œufs, sachez que la plupart du temps, il n’est nécessaire que d’en utiliser que deux. De même que cinq œufs peuvent très bien être remplacés par trois.

Utilisation du yaourt au soja

Pour le yaourt au soja, il est préférable d’utiliser un pot dont la consistance sera bien ferme et dense. Pour cela, deux marques méritent d’être mentionnées. Il s’agit de la marque Provamel – qui est pour moi sans doute l’une des meilleures marques actuellement sur le marché – et la marque Sojasun. Vous trouverez la première en magasin bio et la deuxième dans toutes grandes surfaces.

Son utilisation permet d’ajouter du moelleux et de la consistance à vos préparations. Un œuf équivaut à 60 ml de yaourt au soja.

Utilisation de la purée de potimarron, de pommes de terre ou de concentré de tomates

La purée de potimarron et de pommes de terre sont idéales pour réaliser des pains et gâteaux moelleux et épais. Rappelons que le potimarron peut tout aussi bien se consommer en version sucrée.

Utilisation de l’Ener-G Egg Replacer

La dernière alternative est sans nul doute le très célèbre Ener-G que l’on peut commander sur Internet. Bien qu’il soit une très bonne alternative au remplacement des œufs, il n’en reste pas moins que les autres alternatives marcheront tout aussi bien sans devoir utiliser un produit en poudre tout préparé. Une cuillère à café et demie mélangée à une cuillère à soupe d’eau équivaut à un œuf. Je l’ai notamment utilisé pour les beignets de Carnaval.

Une boîte permet de remplacer une centaine d’oeufs et peut se conserver deux ans.

Sans aucune alternative

Il est également possible de réaliser des desserts sans alternative aux œufs. Tous les desserts ne requérant que l’utilisation d’un œuf ou deux tiennent tout à fait bien sans aucune alternative. Il faut simplement rajouter un peu de liquide à la préparation (une à deux cuillères à café de lait végétal ou d’eau) pour faire oublier l’absence d’œufs.

Pour les gâteaux vegan sans gluten :

Les gâteaux sans gluten utilisant des farines beaucoup plus difficiles à lever, il faut y ajouter une grosse pincée de bicarbonate de soude, une cuillère à café de poudre à lever et une cuillère à café de vinaigre de cidre ou de jus de citron. Les gâteaux sans gluten se révèlent être beaucoup plus digestes que ceux avec de la farine de blé, ne pas oublier de couper votre farine sans gluten avec de la farine de riz pour qu’elle puisse tenir.

Après avoir fait le tour des substitutions aux oeufs, voici les alternatives pour les recettes à base d’oeufs. En d’autres termes, celles qui semblent irréalisables en cuisine telles que les omelettes, les oeufs brouillés, les oeufs en neige ou encore les îles flottantes ! Toutes les recettes qu’en près de deux ans, j’ai réalisé afin de vous démontrer qu’il était possible de contourner le jaune et le blanc.

Alternatives pour les recettes à base d’œufs :

Pour faire dorer les pâtisseries, galettes et tourtes :

Il suffit pour cela de badigeonner de lait végétal votre gâteau avant cuisson, puis de le recouvrir de papier sulfurisé. Lorsque le gâteau est cuit, badigeonner de purée de fruits pour apporter au gâteau du brillant comme en boulangerie. Le meilleur exemple étant la galette des rois et la couronne briochée.

Omelette

« On ne fait pas une omelette sans casser des oeufs ! » Eh ! Bien ! Si ! Et en plus, pas besoin de casser quoique ce soit. Les omelettes sans oeufs sont possibles. Pour cela, la farine de pois chiches est l’idéal. Vous pouvez bien évidemment y rajouter tous les ingrédients qui vous tombent sous la main : légumes, tofu, légumes secs, épices… L’imagination ne manque pas ! Je vous rappelle que je vous en avais déjà présenté une avec la piperade basque.

Œufs brouillés

Les oeufs brouillés sont une spécialité britannique. Le petit déjeuner anglo-saxon ne pourrait se passer de ce privilège. Et si tout comme moi, vous appréciez son goût, le tofu ferme émietté mélangé à des épices vous apportera tout autant la même satisfaction que si vous dégustiez de réels oeufs brouillés. Vous pouvez vous inspirer de la recette que j’avais faite avec du tofu brouillé aux herbes.

Œufs en neige

Aaaahh! Les fameux blancs en neige ! Une autre technique que l’on pense insurmontable sans la présence des oeufs. Et pourtant, les chefs vegan Outre-Atlantique avaient d’ores-et-déjà trouvé une solution imparable : les noix de cajou mixées avec du lait de coco ou du lait d’amande. Une technique dont je ne pourrais jamais me lasser quant il s’agit de réaliser un tiramisu végétal ! Une technique plus qu’approuvée, qui ravit à chaque fois mes invités !

L’autre technique consiste à utiliser de l’agar-agar. Une cuillère à soupe diluée avec une cuillère à soupe d’eau équivalent à un blanc. Mélanger énergiquement laisser poser, puis mélanger de nouveau avant de l’incorporer dans votre préparation. Cependant, cette technique ne marchera pas avec un tiramisu.

Iles flottantes

Les îles flottantes sont sans doute la plus grande difficulté pour remplacer les oeufs. Mais avec un peu de persévérance, il est possible de parvenir à un résultat assez satisfaisant avec du tofu ferme émietté et de l’agar-agar. Pour la recette, je vous invite à lire ma recette sur les icebergs flottants en disparition.

Crème anglaise

Une crème anglaise semble irréalisable sans oeufs. Pourtant, un anglais du nom de Alfred Bird l’a réalisée en 1837 alors que sa femme était allergique. Ainsi est née la très célèbre Bird’s Custard Powder que  l’on peut trouver dans les épiceries britanniques ou indiennes en capitale. Pour l’utiliser, rien de plus facile ! Il suffit de mélanger deux cuillères à soupe de custard powder et une à deux cuillères à soupe de sirop d’agave jusqu’à obtention d’une pâte bien onctueuse. Porter à ébullition 500 ml de lait végétal, ajouter la pâte de Custard Powder, puis mélanger continuellement jusqu’à ce que la crème s’épaississe. Vous pouvez ainsi voir le résultat avec les icebergs flottants en disparition. Si vous ne pouvez pas vous procurer de Bird’s Custard Powder, la poudre impériale est également une bonne alternative.

Voici donc la plupart des alternatives aux oeufs. Vous n’avez donc plus aucune excuse de ne pouvoir réaliser des pâtisseries, tourtes ou quiches sans eux !

Sandrine du blog Végébon vient également de publier un article sur les raisons de consommer des oeufs. N’hésitez pas à aller le consulter !

http://www.plaisirvegetal.fr/2010/09/13/mille-et-une-astuces-pour-remplacer-les-oeufs-dans-les-recettes/

16/05/2013

Tapis rouge à Alès : Manifestation anticorrida, 11 et 12 mai 2013

14/05/2013

La mauvaise conscience

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13/05/2013

Qui torture un animal nonhumain torture un animal humain

Devant le siège du magazine allemand "Spiegel".

LE MONDE | 13.05.2013

Par Frédéric Lemaître

Les laboratoires pharmaceutiques occidentaux ont, pendant des années, testé des médicaments sur des habitants de la République démocratique allemande qui, le plus souvent, n'étaient pas au courant de ces pratiques.

Selon l'hebdomadaire Der Spiegel du 13 mai, plus de 50 000 personnes auraient servi de cobayes.

En 2010, la télévision publique MDR avait évoqué le chiffre de 2 000 personnes.

Certaines d'entre elles sont mortes en raison de leur traitement.

L'hebdomadaire a eu accès à des archives de médecins, mais aussi à celles du ministère de la santé et de l'agence du médicament de la RDA.

Il fait état de plus de 600 tests effectués en collaboration avec plus de cinquante hôpitaux à travers tout le pays, dont l'hôpital universitaire de La Charité à Berlin-Est.

Pour les laboratoires, ces essais offraient l'avantage de pouvoir être réalisés beaucoup plus discrètement à l'Est qu'à l'Ouest.

Pour l'Allemagne de l'Est, l'argent reçu (jusqu'à 800 000 marks ouest-allemands, soit 400 000 euros par test) permettait souvent d'acheter de nouveaux matériels.

Le système se serait même institutionnalisé à partir de 1983, avec la création d'un Bureau de conseil pour le médicament à Berlin-Est, qui pouvait recevoir jusqu'à 40 représentants de firmes pharmaceutiques occidentales par semaine.

Selon le Spiegel, les laboratoires Bayer, Schering, Hoechst, Boehringer, Pfizer et Sandoz se sont livrés à ces pratiques dans tous les domaines : chimiothérapie, antidépresseurs, médicaments pour le coeur.

Plusieurs décès ont été constatés, notamment lors d'essais concernant le Trental, un produit destiné à améliorer la circulation sanguine développé par Hoechst (fusionné depuis avec Sanofi) ou encore lors d'essais du Spirapril, un médicament contre la tension de Sandoz (racheté depuis par le suisse Novartis).

La plupart du temps, les patients n'étaient informés ni des risques encourus ni des effets secondaires des médicaments absorbés.

Des comptes rendus de réunions impliquant le groupe Hoechst indiquent explicitement qu'il n'était pas nécessaire d'associer les patients.

D'ailleurs, parfois, ceux-ci en auraient été bien incapables, comme ces trente bébés prématurés qui, quelques jours après leur naissance, ont reçu de l'érythropoïétine (EPO) testée par le laboratoire Boehringer (racheté par Roche) ou ces alcooliques en pleine crise de delirium tremens à qui a été administré du Nimodipine de Bayer, qui améliore la circulation sanguine cérébrale.

Aujourd'hui, les laboratoires concernés affirment que les tests ont été effectués en respectant les normes en vigueur, mais que les multiples restructurations dans les entreprises concernées rendent les recherches difficiles.

De même, l'hôpital de la Charité détruit ses archives au bout de trente ans.

La pharmacie est loin d'être le seul secteur concerné par ces pratiques peu recommandables.

En 2012, le géant du meuble Ikea a reconnu avoir eu recours au travail forcé de prisonniers politiques de l'Allemagne de l'Est.

Ceux-ci avaient raconté avoir subi des mauvais traitements lorsqu'ils ne remplissaient pas les objectifs fixés par l'administration carcérale.

On évalue à plusieurs milliers le nombre d'entreprises occidentales ayant ainsi recouru à la main-d'oeuvre forcée des pays d'Europe de l'Est.

http://abonnes.lemonde.fr/europe/article/2013/05/13/l-all...

05/05/2013

Gaucho, Cruiser, Poncho... : des insecticides retirés 10 ans trop tard (Le Monde)

Les insecticides sont mis en cause par des ONG et la Commission européenne dans l'effondrement des colonies d'abeilles.

Triomphe pour certains, amère défaite pour d'autres.

L'annonce par Bruxelles d'une probable suspension, dès le 1er décembre et pour deux ans, de trois insecticides dits néonicotinoïdes, impliqués dans le déclin des abeilles domestiques (Apis mellifera) et des pollinisateurs sauvages (papillons, bourdons, abeilles solitaires, etc.), a été saluée, lundi 29 avril, comme une victoire par le monde apicole et les organisations de défense de l'environnement.

Mais elle peut aussi, au contraire, être interprétée comme une cuisante défaite.

Tardive et pusillanime, la décision de la Commission apparaît plutôt comme le symptôme d'une formidable faillite des systèmes d'évaluation des risques.

Et, plus généralement, d'un grave défaut de vigilance des pouvoirs publics sur les questions de risques environnementaux – ce même travers qui a conduit au scandale du chlordécone (Le Monde du 17 avril) dans les Antilles françaises.

De fait, les firmes agrochimiques ne sortent nullement perdantes de leur affrontement avec les apiculteurs et les défenseurs de l'environnement.

Au contraire.

Les pesticides aujourd'hui sur la sellette auraient, à l'évidence, dû être retirés du marché voilà de nombreuses années.

Pour comprendre, il faut savoir que les molécules de la famille des néonicotinoïdes sont les insecticides les plus efficaces jamais synthétisés.

A cette foudroyante efficacité s'ajoute une autre innovation.

L'un des principaux modes d'application de ces substances consiste à en enrober les semences avant leur mise en terre.

La plante sécrète alors le toxique tout au long de sa vie.

Le traitement n'intervient donc pas ponctuellement, en fonction des attaques de ravageurs : il est permanent.

Il transforme, par défaut, des millions d'hectares de grandes cultures en champs insecticides.

Le déploiement de ces technologies – dès le milieu des années 1990 en France – a correspondu, dans le temps, à une forte accélération du déclin des abeilles et des insectes pollinisateurs, ces petites bestioles qui fournissent à l'agriculture européenne un service de pollinisation estimé par Bruxelles à environ 22 milliards d'euros par an.

Ce n'est que début 2013 que l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendu un avis scientifique très sévère sur les fameux néonicotinoïdes (imidaclopride, clothianidine et thiaméthoxame) ; c'est sur la foi de cet avis que la Commission a proposé la mise en oeuvre du moratoire sur ces produits, commercialisés sous les noms de Gaucho, Cruiser, Poncho, etc.

UN RISQUE INACCEPTABLE POUR LES ABEILLES

Un tel avis aurait pourtant pu être formulé par l'EFSA à partir du savoir scientifique disponible il y a déjà dix ans.

En 2001, le ministre de l'agriculture, Jean Glavany, avait réuni un groupe d'experts (le Comité scientifique et technique de l'étude multifactorielle des troubles des abeilles, ou CST), composé de chercheurs d'universités et d'organismes publics de recherche (CNRS, INRA, etc.).

Dans son rapport, rendu en septembre 2003, le CST avait déjà fermement conclu que l'imidaclopride (commercialisé sous le nom Gaucho) présentait un risque inacceptable pour les abeilles. Sans, bien sûr, écarter la contribution des pathogènes naturels (virus, varroa).

Surtout, écrivaient les experts, les scénarios d'exposition des abeilles à l'imidaclopride étaient "en accord avec les observations de terrain rapportées par de nombreux apiculteurs en zones de grande culture, concernant la mortalité des butineuses, leur disparition, leurs troubles comportementaux et certaines mortalités d'hiver".

Le rapport du CST, s'il a conduit à l'interdiction du Gaucho en France, a été ensuite commodément oublié.

Et ce bien qu'il eut été simple de l'étendre aux autres néonicotinoïdes.

Le moratoire proposé en 2013 par Bruxelles a donc une décennie de retard.

Tardif, ce moratoire fait aussi l'impasse sur des faits scientifiques établis par les agrochimistes eux-mêmes.

Les trois molécules visées ne seront retirées que deux ans, alors que leur persistance dans l'environnement peut excéder plusieurs années.

Elles ne seront, en outre, suspendues que pour certains usages : elles demeurent utilisées pour les céréales d'hiver au motif que celles-ci ne sont pas au contact des abeilles.

Les trois néonicotinoïdes continueront donc à s'accumuler et à se disperser dans l'environnement.

La Commission n'a donc pas complètement pris acte de l'état des connaissances accumulées sur ces nouvelles générations d'insecticides.

Mais il est vrai que certaines "expertises" ont entretenu le pouvoir politique dans une ignorance "socialement construite" sur le sujet.

L'histoire des sciences jugera probablement avec sévérité les divers rapports – comme celui rendu en 2008 par la défunte Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) – reprenant à leur compte, parfois dans des conditions d'intégrité discutables, la vulgate des agrochimistes : les troubles des abeilles étant "multifactoriels", les nouveaux produits phytosanitaires n'y joueraient aucun rôle déterminant.

Il a ainsi fallu plus d'une décennie pour se convaincre qu'organiser la présence permanente, sur des millions d'hectares, des insecticides les plus puissants jamais inventés pouvait éventuellement avoir un effet sur ces insectes que sont les abeilles.

Il reste désormais à se convaincre de cet autre truisme : ces produits ne disparaîtront pas du jour au lendemain de l'environnement.

Il faudra bien plus de deux ans avant que les effets de leur retrait ne se fassent pleinement sentir.

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2013/05/03/les-in...

04/05/2013

3 illustrations de Sue Coe

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Meat Eater

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Cruel

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Global Capitalism Says Eat Dirt

Sue Coe est une artiste végane britannique :

http://en.wikipedia.org/wiki/Sue_Coe