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Féminisme

  • “Hugh Hefner n’a pas normalisé le sexe, il a normalisé la misogynie” (par Meghan Murphy)

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    Hef ne devrait pas laisser le souvenir d’un combattant libertaire. Mais bien celui d’un escroc de proportions épiques.

     

    par MEGHAN MURPHY, sur FeministCurrent.com, le 28 septembre 2017

     

    Hefner

     

    Le véritable monarque de la culture porno est mort mercredi dernier et, alors que des milliers de personnes ont crié « Enfin ! » et « Bon débarras! », beaucoup d’autres se sont lancées dans de sombres panégyriques, en parlant d’Hugh Hefner comme d’un « révolutionnaire » et d’un visionnaire.

     

    Et à certains égards, il l’était.

     

    Le vieux ‘Hef envisageait un monde où le porno était totalement banalisé – plutôt que quelque chose de honteux que des hommes utilisaient seuls chez eux ou dans des cabines privées de sex shop, hantées par le sperme d’antan, mais quelque chose qui n’était qu’un élément normal de la société. Il rêvait en effet de la culture pornographique ; et il l’a effectivement instaurée.

     

    Hefner avait une opinion plus élevée de lui-même que peut-être n’importe qui d’autre. Pour m’être imposé le pénible visionnement de sa série filmique de 2017, American Playboy: The Hugh Hefner Story, un hommage à Hef de Hef, il m’est devenu évident que cet homme a très délibérément conçu le récit que l’Amérique en viendrait à tenir à son sujet : celui d’un croisé, un rebelle, un simple homme humble qui voulait mener le bon combat contre la répression sexuelle et libérer la population américaine des croisés moraux pour qui le sexe était une mauvaise chose. Hefner a constamment fait valoir que son objectif, avec la revue Playboy, était de convaincre les États-Unis que le sexe était « normal » et d’« amener le sexe au grand public ». Mais non seulement n’y a-t-il pas réussi, mais il n’a même pas essayé.

     

    En regardant la série American Playboy, en écoutant les histoires racontées par Hef sur lui-même, je me suis rendue compte que Hefner était en grande partie responsable du mensonge selon lequel la chosification sexuelle équivaut au sexe. Il ne s’intéressait aucunement à une normalisation de la sexualité réelle, mais voulait plutôt normaliser le regard masculin et la perception masculine des femmes comme de jolis objets à regarder. Playboy n’a jamais été à propos du « sexe », mais bien à propos de fantasmes masculins.

     

    Le numéro inaugural de la revue Playboy, en 1953, contenait des photos de Marilyn Monroe nue, photos dont Hefner avait acheté les droits sans prendre la peine de demander à Monroe l’autorisation de les utiliser. Peu importe. Pour Hef le révolutionnaire, le « sexe » était une chose qui arrivait aux femmes, pour divertir les hommes. De fait, le « sexe » résultant des photos nues publiées par Playboy était unilatéral. Après avoir utilisé Monroe pour vendre des dizaines de milliers d’exemplaires de la revue, Hef a décidé qu’il voulait mettre en vedette des femmes du genre « jolie voisine » ; il s’est donc mis à les détourner de leurs emplois de bureau pour faire d’elles la « Playmate du mois ». Encore une fois, il s’est lui-même félicité de cette approche révolutionnaire de la chosification, qualifiant ces femmes d’éminemment accessibles (et certainement moins coûteuses que des modèles professionnelles). Elles n’avaient pas l’aspect intimidant des modèles et des célébrités sur lesquelles les hommes étaient habitués à fantasmer – c’étaient des femmes que tout homme pouvait s’approprier.

     

    Cette notion, lancée par Hefner, que de chosifier des femmes « ordinaires » constituait un progrès – comme si diversifier les types de femmes face auxquelles les hommes pouvaient se branler était le plus généreux cadeau que nous puissions offrir à la population féminine – a été entièrement adoptée par les progressistes d’aujourd’hui.

     

    Shauna, sur Twitter : « Fait amusant : Hugh Hefner était un allié précoce du mouvement LGBT, présentant un modèle trans dans Playboy en 1991. » http://www.cosmopolitan.com/entertainment/news/a42434/caroline-tula-cossey/ …

    « J’ai l’impression d’avoir été en avance de beaucoup trop d’années. » (Caroline « Tussa » Cossey)

     

    Il a été loué en tant que pionnier pour avoir fait de Jennifer Jackson, une femme noire, sa Playmate du mois en 1965 et pour avoir mis Darine Stern sur la couverture de Playboy en 1971, en faisant d'elle la première Noire à bénéficier de l’honneur d’une couverture solo. Il a été porté aux nues comme un « défenseur des droits des trans » pour avoir mis le modèle transsexuel Caroline « Tula » Cossey dans son magazine en 1991. Si quelqu’un se souciait d’y porter quelque attention, il serait clair que la chosification sexuelle n’est pas un vecteur de droits, de respect ou d’égalité. Mais l’Amérique néolibérale préfère un récit plus simpliste.

     

    Hefner s’est longtemps vanté d’avoir été un pionnier féministe, et il n’est pas le seul. Les critiques de l’homme sont constamment tempérées par des rappels au fait qu'il a soutenu les droits reproductifs – mais quel libéral masculin ne l’a pas fait ? La capacité de baiser sans l’inquiétude de devenir enceinte libère sans aucun doute les femmes, mais elle libère également les hommes. En effet, il est remarquable que, même si les hommes libéraux se rallient au seul droit spécifique à la femme qui les absout de leur propre responsabilité sexuelle (les femmes demeurent, après tout, responsables de prendre cette pilule ou d’obtenir cet avortement), ils refusent de prendre position contre la déshumanisation des femmes dans la pornographie ou la violence inhérente à leur prostitution.

     

    Le rôle que s’est attribué Hef dans le fait d’avoir cimenté le statut des femmes comme objets sexuels a été repris avec enthousiasme par ses successeurs. Bien que le magazine ait annoncé qu’ils ne publieraient plus de nus en 2015, ils ont rapidement compris que les bénéfices de l’empire Playboy dépendaient (encore) du corps des femmes et, en février, le fils de Hefner et chef créatif de la société, Cooper Hefner, a annoncé que l’élimination de la nudité avait été une erreur.

     

    Il a dit : "La nudité n’a jamais été le problème car la nudité n’est pas un problème. Aujourd’hui, nous reprenons notre identité et revendiquons qui nous sommes."

     

    Cooper Hefner

     

    Le vocabulaire utilisé pour commercialiser Playboy et l’héritage de Hef comme féministe – en lutte contre tous les pouvoirs – ne peut être décrit que comme dégoûtant. Nous parlons d’un empire plusieurs fois millionnaire. Au-delà du fait que transformer des femmes en objets décoratifs destinés à accueillir les projections masculines de fantasmes unidimensionnels garantissait indéniablement le maintien des femmes dans la subordination, Playboy s’est livré à plusieurs autres pratiques contraires à l’éthique. Dès les années 1960, Gloria Steinem a rendu compte de la manière déshumanisante et exploitante dont les Playboy Bunnies étaient traitées, et Monroe n’a pas été la seule femme dont les images ont été publiées sans leur consentement.

     

    Malgré toutes ses prétentions d’avoir été « féministe avant qu’il ait existé une chose comme le féminisme », Hef détestait celles qu’il appelait les « women’s libbers ». Dans une dévastatrice chronique nécrologique, Julie Bindel cite, après Susan Braudy, « une note de service secrète que des secrétaires de Playboy avaient coulée à des féministes ». Hefner y écrivait : « Ces poules [les féministes] sont nos ennemies naturelles. Il est temps d’engager la bataille contre elles… Ce que je veux, c’est un article dévastateur qui réduise en miettes le militantisme féministe. Les féministes se sont toujours opposées au type de société romantique garçon/fille que Playboy veut promouvoir. » (Cité dans L’envers de la nuit : les femmes contre la pornographie, Montréal, Remue-ménage, 1983, p. 299.)

     

    couv Envers de la nuit

     

    Hefner a traité les femmes comme des jouets, et les femmes qui vivaient dans son palais ont témoigné de la façon dont elles étaient contrôlées par lui et à quel point les rapports sexuels qu’elles étaient forcées d’avoir avec lui leur était désagréables. La « révolution sexuelle » de Hefner n’était rien d’autre que de la misogynie ordinaire. En effet, un harem est loin d’être révolutionnaire, et traiter des femmes comme des enfants emprisonnés est le contraire exact d’une libération. Après que l’ex-Playboy Bunny Holly Madison a refusé son offre d’un Quaalude lors de leur première soirée de clubbing, Hef lui a dit : « Habituellement, je n’approuve pas l’usage de drogues, mais vous savez, dans les années 1970, on appelait ces pilules des ‘ouvre-cuisses’. » S’il est le pionnier d’une évolution, Hefner est plutôt celui de la culture du viol, comme en témoignent les dessins « humoristiques » omniprésents dans le magazine Playboy.

     

    Hoechst raspe

    Un dessin de Bill Hoest publié dans Playboy.

     

    Le premier des playboys ne sera pas oublié, c’est certain. Son héritage, cependant, n’est pas celui d’un croisé pour les droits des femmes, mais plutôt celui d’un menteur habile. Hefner a consacré sa vie à répandre le mensonge selon lequel la pornographie équivaut à la sexualité et les femmes doivent choisir la chosification pour être libérées. En d’autres termes, il a convaincu l’Amérique que la liberté des femmes se situait dans les bénéfices des hommes (et dans leurs lits).

     

    C’est l’arnaque la plus grotesque du XXe siècle, et Hef peut être certain que nous ne l’oublierons pas.

     

    Version originale : http://www.feministcurrent.com/2017/09/28/hugh-hefner-didnt-normalize-sex-normalized-patriarchy/ + commentaires

     

    Traduit par TRADFEM, avec l’accord de l’autrice.

     

    Meghan Murphy est une écrivaine de Vancouver, C.-B. Son site Web est Feminist Current, www.feministcurrent.com et plusieurs de ses articles sont traduits sur le site de TRADFEM.

     

    https://tradfem.wordpress.com/2017/10/02/meghan-murphy-hugh-hefner-na-pas-normalise-le-sexe-il-a-normalise-la-misogynie/

  • "Trafics de femmes - Enquête sur l'esclavage sexuel dans le monde", un livre de Lydia Cacho / Extraits

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    Journaliste, écrivaine et féministe mexicaine, Lydia Cacho est l'auteure de plusieurs ouvrages retentissants. Elle est reconnue pour ses activités militantes en faveur des droits des femmes, et est considérée comme l'une des journalistes les plus engagées et les plus courageuses de la scène internationale. Couronnée par Amnesty International en 2007, elle dirige à Cancun un centre de soutien pour les femmes victimes de violence et collabore avec le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (Unifem). En 2011, elle a reçu le prix Olaf Palme.

     

    Chaque année 1,4 million de personnes, en grande majorité des femmes et des petites filles, sont achetées et revendues, comme une matière première, au point que le commerce sexuel est devenu, avec la vente d'armes et le trafic de drogue, le plus rentable du monde.

     

    Dans cette enquête, d'une ampleur sans précédent, menée durant six ans sur trois continents, la parole est donnée à tous les acteurs : les victimes et les trafiquants, les intermédiaires et les clients, les proxénètes et les mafieux…

     

    Cet ouvrage unique qui constitue un tour du monde de la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle nous mène au Japon, au Cambodge, en Birmanie, au Vietnam, mais aussi en Argentine, au Mexique, ainsi qu’en Turquie et au Moyen-Orient… L’auteur y décrit comment les armées de tous pays se procurent des prostituées auprès des mafias, comment les Européens s’offrent des femmes ou des fillettes avec l’accord des autorités des pays les plus pauvres, comment les trafiquants recrutent leurs victimes et les maintiennent sous domination. Dans un système libéral où tout est à vendre, mafieux, hommes politiques, militaires, entrepreneurs, industriels, leaders religieux, banquiers, policiers, juges, hommes de la rue… forment une chaîne du crime trop bien organisée.

     

    Un livre-choc, une enquête minutieuse, de nombreuses révélations, des témoignages bouleversants et des actions concrètes pour entrer en lutte contre la prostitution forcée. (Présentation de l'éditeur.)

     

    *

     

    Une plongée dans un enfer méconnu, et pour cause : le patriarcat a tout intérêt à ce que l'exploitation des femmes et des enfants reste la plus invisible possible de sorte qu'elle puisse se perpétuer. La prostitution et la pornographie, au-delà de l'argent qu'elles génèrent, permettent aux hommes de maintenir leur pouvoir symbolique sur les femmes.

     

    Il appartient aux femmes et aux hommes de bonne volonté d'ouvrir les yeux sur cette réalité dramatique et omniprésente, et de dire non à l'esclavage sexuel.

     

    Le livre de Lydia Cacho démontre avec brio la loi suivante : la légalisation et la régulation de la prostitution favorisent la traite des femmes et des petites filles partout où elles ont cours. C'est pourquoi l'abolitionnisme est la seule position éthiquement défendable.

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    EXTRAITS :

     

    "Ce phénomène criminel [la traite sexuelle des femmes et des petites filles], dont l'existence sous sa forme actuelle remonte au XXe siècle, s'est tant et si bien développé et sophistiqué à l'échelle mondiale que le nombre de victimes dépassera bientôt celui des esclaves vendus entre le XVIe et le XIXe siècle dans le cadre de la traite négrière." (p. 14)

     

    "Le sexe fait partie intégrante de toutes les organisations criminelles, qu'il s'agisse des yakuzas japonais, des triades chinoises, des mafias italiennes, russes ou albanaises ou encore des cartels de la drogue qui sévissent en Amérique latine. Le plaisir charnel est essentiel à leur pouvoir économique et politique. Les femmes et les petites filles sont achetées, vendues et offertes, ou séquestrées, louées, prêtées, violées, torturées et tuées. Dans ces milieux machistes, elles ne sont pas considérées comme des personnes, mais comme des objets voués au plaisir. Les femmes qui travaillent dans ces réseaux criminels véhiculent elles aussi ces valeurs de mépris et de misogynie." (p. 14-15)

     

    "... il est toujours dangereux d'être une femme dans une société patriarcale." (p. 17)

     

    "Les rapports de Save the Children [...] affirment que de nombreux pédophiles sont attirés par les endroits où la prostitution des adultes est légale. Ils s'y installent et forment ainsi une clientèle fidèle qui favorise le développement de l'exploitation sexuelle infantile." (p. 37)

     

    "L'esclavage a besoin de la prostitution légale pour rendre plus difficile la distinction entre les deux activités. [...] C'est pourquoi tant de personnes ont intérêt à promouvoir la réglementation de la prostitution." (p. 49)

     

    "Cette nuit-là, je suis morte. [...] Pendant vingt-quatre heures, quarante hommes m'ont violée de toutes les façons possibles. L'un d'eux, qui faisait une fixation sur les petites filles, m'a caressée comme si j'étais un bébé, m'a mise dans le jacuzzi et m'a lavée délicatement, en chantant doucement comme un psychopathe. Il était chauve, musclé et avait le tatouage caractéristique des yakuzas qui lui recouvrait le corps. C'était traumatisant. […] Les choses que j'ai subies dans cette suite les trois jours qui ont suivi sont innommables, inconcevables pour la plupart des êtres humains. Ils avaient tous leur propre perversion. Certains m'ont introduit des objets, provoquant de graves hémorragies. Aujourd'hui encore, les cicatrices qu'ils ont laissées sur mes organes génitaux m'empêchent de devenir mère." (Une victime de la traite sexuelle au Japon) (p. 85-6)

     

    "Pour empêcher les petites filles de se rebeller trop facilement, les trafiquants emploient les techniques classiques des ravisseurs : ils tentent de créer un climat de discorde et de rivalité entre les victimes, qui vivent dans un espace commun, et ils utilisent un système de récompenses et de punitions injuste. Les fillettes qui se soumettent et adoptent un caractère hypersexualisé, séducteur et obéissant deviennent les favorites. Du fait de leur jeune âge, les petites filles soumises à ce conditionnement émotionnel l'intègrent entièrement à leur personnalité. Entre elles, aucun jugement moral n'est porté sur leurs expériences : de leur vie entière, elles n'ont connu que la condition d'esclave." (p. 93-4)

     

    "Appeler la prostitution 'travail sexuel' est dangereux." (p. 100)

     

    "Faire le tour du monde et traverser les frontières aériennes, terrestres et maritimes m'a permis de comprendre les véritables implications de la corruption et ses conséquences en faveur de la criminalité organisée et de la traite des personnes. Pour résumer, la Birmanie est un camp d'extermination de femmes. Lorsque le pays parviendra à se libérer de la junte militaire et à se tourner vers la démocratie et que les médias révéleront ce qui s'est réellement passé, le reste du monde sera révolté. En effet, les horreurs commises dans cet État sont semblables aux crimes nazis et si elles n'en ont pas l'ampleur, elles n'en sont pas moins tragiques et impardonnables. Ce pays est devenu un véritable paradis pour la criminalité organisée spécialisée dans le trafic de drogue et l'esclavage des êtres humains." (p. 144-5)

     

    "C'est simple : sans demande, il n'y aurait pas de prostitution. La prostitution n'a rien à voir avec la sexualité féminine. Il s'agit d'une création masculine. Si les hommes, à travers le monde, ne recherchaient pas de relations sexuelles payantes, il ne serait pas nécessaire de traquer, de rabaisser et de soumettre des millions de femmes et de petites filles et de leur imposer cette existence déshumanisante."

     

    "Pour comprendre le fonctionnement de l'esclavage humain, il faut accepter le fait que les mafias sont des entreprises, que la prostitution est une activité économique et que les femmes et les enfants en sont les marchandises." (p. 200-1)

     

    "Les groupes de traite du monde entier, qui fonctionnent avec des réseaux de protection liés entre eux, ont fait évoluer leurs techniques. Ils ont en effet compris qu'il était nécessaire de se moderniser pour suivre la tendance. C'est ainsi que dans divers pays, trafiquants et proxénètes ont commencé à reprendre à leur compte le discours de certains académiciens et 'féministes', selon lequel le travail sexuel représente en réalité la libéralisation réelle de la sexualité féminine dans l'économie capitaliste. Il n'était donc plus nécessaire de droguer, de frapper ou de terroriser les victimes, mais simplement de consolider une culture machiste tout en la déguisant pour qu'elle ait l'air évoluée et élégante. [...] Les mafias s'enrichissent et s'amusent même de cette polémique entre intellectuels et activistes. L'argumentation philosophique sur la signification de la liberté et du libre arbitre fait désormais partie du discours des réseaux de trafiquants, ainsi qu'ils me l'ont eux-mêmes expliqué. Le contre-argument des abolitionnistes repose justement sur le fondement philosophique du concept de liberté et sur la réelle capacité des femmes à prendre des décisions dans un contexte culturel de soumission et d'inégalités profondes." (pp. 204, 205)

     

    "Tandis que les réseaux criminels évoluent rapidement et furtivement, les institutions internationales qui luttent contre le crime organisé, semblables à de vieux éléphants, peinent à suivre le mouvement. En effet, il existe une grande différence structurelle qui avantage les réseaux de trafiquants par rapport aux institutions internationales qui luttent contre la délinquance organisée : l'absence de bureaucratie et de principes." (p. 207)

     

    "Tant que la corruption au niveau local ne sera pas éliminée pays par pays, les accords internationaux contre la traite ne dépasseront jamais le stade des bonnes intentions." (p. 208)

     

    "Au cours de mes nombreuses années d'enquête, je me suis souvent demandé quelle était la raison de l'augmentation du nombre de jeunes femmes et de petites filles dans le commerce sexuel à l'échelle mondiale. [...] Victor Malarek et [...] Oscar Montiel Torres, qui donnent la parole aux fournisseurs et aux consommateurs de l'exploitation sexuelle, soulignent tous deux un élément important qu'il ne faut pas sous-estimer : nous vivons un contrecoup de la libération féminine qui a provoqué la colère de millions d'hommes, dont les principes traditionnels de virilité n'avaient jamais été remis en cause." (p. 277)

     

    "[Il y a une] confusion [...] entre traite et prostitution. En effet, les gens ne peuvent pas (ou ne veulent pas) distinguer le lien qui unit les deux phénomènes. Les acteurs de l'industrie sexuelle sont les grands gagnants de cet amalgame et de cette inaction sociale : tant que l'opinion publique s'obstinera à considérer la prostitution comme une simple affaire de philosophie libérale, sans prendre correctement en compte le phénomène de la traite, les trafiquants continueront à gagner des millions de dollars par an." (p. 283)

     

    "... l'industrie du sexe se modernise, se mondialise et adopte de nouvelles méthodes de communication politiquement correctes. Ainsi, les mafias essaieront toujours de nous faire croire que nous sommes libres d'exploiter et de consommer d'autres personnes, et que les femmes choisissent elles aussi librement de jouer les esclaves pour leurs clients. Tout le monde adhère à ce discours : d'une part, la gauche et les féministes postmodernes, et d'autre part, la droite qui, à l'abri derrière un crucifix ou sous une soutane, se délecte d'une prostitution plus raffinée." (p. 293)

     

    "Les mafias sont sans doute plus solides et mondialisées que les principes démocratiques." (p. 294)

     

    "Les réseaux de trafiquants ont plus de pouvoir que jamais : en effet, le nombre de criminels arrêtés et condamnés pour ce chef d'accusation est le plus bas parmi toutes les infractions existantes. À la frontière entre la Malaisie et Singapour, beaucoup de petites filles sont achetées pour être revendues et torturées. Les témoignages des membres de l'AFESIP [Agir pour les Femmes En SItuation Précaire] sont affreux et laissent supposer que des films mêlant pornographie et tortures, comparables à des snuff movies légèrement édulcorés, seraient réalisés." (p. 298)

     

    "La production pornographique réalisée avec des esclaves est un phénomène fait pour durer : tant qu'elle sera considérée comme une forme de liberté d'expression, personne ne pourra lui fixer de limites, hormis les consommateurs et la société." (p. 300)

     

    "Dans les allées de l'AEE [Adult Entertainment Expo, qui a lieu chaque année dans le Nevada] se côtoient les amateurs, qui considèrent l'industrie du sexe comme une forme d'éducation et de libération érotique, et les trafiquants nationaux et internationaux, qui utilisent cette liberté créatrice pour vivre d'un esclavage destructeur. Tous ceux qui osent poser des questions sur ces mafias et sur leurs liens avec l'industrie sexuelle conventionnelle se heurteront à une vague d'attaques de la part de ceux qui estiment qu'il ne s'agit que d'un mythe, tout comme les snuff movies à caractère pornographique produits avec des victimes de Ciudad Juarez, de Tijuana ou de Thaïlande." (p. 301)

     

    Lydia Cacho, Trafics de femmes. Enquête sur l'esclavage sexuel dans le monde, Nouveau Monde, 2012.

  • Marlène Schiappa ou le visage du sexisme du gouvernement Macron

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    A LIRE : https://revolutionfeministe.wordpress.com/2017/05/25/marlene-schiappa-secretaire-detat-a-legalite-femmes-hommes-un-cadeau-pour-les-femmes/#_ftn8

  • "Edouard Philippe à Matignon : des associations féministes inquiètes" (Libération)

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    Les associations Osez le Féminisme et les effronté-e-s ont exprimé lundi soir leurs inquiétudes après la nomination d’Edouard Philippe à Matignon, la première estimant que l’égalité entre les femmes et les hommes ne semble "pas une priorité" pour lui.

    L’ex-député UMP de Seine-Maritime s’était abstenu sur la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels en 2013, ainsi que sur la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, a souligné Osez le féminisme dans un communiqué.

    Comme le montrent les analyses des scrutins publics publiés par l’Assemblée nationale, M. Philippe a par ailleurs voté contre la proposition de loi renforçant la lutte contre la prostitution.

    "Ou bien M. Philippe n’a jamais trouvé le bouton +pour+ sur la table de vote, ou bien l’égalité femmes-hommes n’est pas une priorité politique pour lui. Curieusement, nous penchons pour la deuxième option", a ironisé Osez le féminisme.

    Dans une tribune commune avec Nathalie Kosciusko-Morizet, M. Philippe avait expliqué en 2013 sa décision de s’abstenir sur le mariage pour tous, par son opposition à la possibilité d’adoption plénière par les couples homosexuels.

    Les deux députés avaient dit craindre que cela n’ouvre la voie à une extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes, à laquelle ils étaient "résolument" opposés.

    "La PMA pour toutes les femmes, promesse de campagne de M. Macron après l’avoir été de M. Hollande, passera-t-elle malgré l’opposition résolue du nouveau chef du gouvernement ?", se demandent les effronté-e-s dans un communiqué.

    Dans son programme, Emmanuel Macron s’est dit favorable à l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, mais il souhaite attendre l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), "afin d’assurer dans la société un vrai débat, pacifié et argumenté".

    Les deux associations ont par ailleurs regretté que le nouveau président n’ait pas choisi de nommer une femme Premier ministre, comme il l’avait évoqué pendant la campagne.

    Le 8 mars, lors de la journée internationale des droits des femmes, Emmanuel Macron avait dit que c’était «plutôt (son) souhait» de nommer une femme à Matignon, soulignant que le choix dépendrait aussi du "contexte" dans lequel il serait élu.

    AFP

    http://www.liberation.fr/societe/2017/05/15/edouard-philippe-a-matignon-des-associations-feministes-inquietes_1569716

  • Irlande : les clients prostituteurs enfin pénalisés !

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    Le 14 février 2017, la République d’Irlande a voté une loi qui pénalise les acheteurs d’actes sexuels et décriminalise les personnes vendant de tels actes.

     

    Cette nouvelle loi contribuera à faire cesser la demande en responsabilisant les acheteurs d’actes sexuels ; elle garantira aux personnes prostituées et aux survivant·es de la prostitution l’accès à des services d’aide et de soutien.

     

    Zéromacho félicite Frances Fitzgerald, ministre irlandaise de la Justice, ainsi que les militants abolitionnistes membres de la coalition "Éteignez la lumière rouge".

     

    Après la Suède (en 1997), la Norvège, l’Islande, le Canada, l’Irlande du Nord et la France (en 2016), la République d’Irlande a choisi le modèle dit suédois, qui s’est révélé être le plus apte à combattre l’industrie multi-milliardaire du commerce du sexe et de la traite.

     

    Zéromacho encourage l’Irlande à persévérer dans cette voie qui tend à libérer le corps des femmes de la mainmise des hommes. L’étape suivante pourrait être la libéralisation de l’avortement. 

     

    Communique Zéromacho

    https://zeromacho.wordpress.com/about/

  • 21 janvier 2017 : à Washington, à Paris et ailleurs : marcher pour les droits des femmes

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    Le 21 janvier 2017, au lendemain de la prestation de serment de Donald Trump, des féministes et des défenseurs des droits humains marcheront pour les droits des femmes à Washington et dans d'autres villes du monde.

    Alors que le nouveau président des États-Unis s'apprête à appliquer l'idéologie violemment sexiste, lesbophobe, homophobe, xénophobe et raciste qu'il a défendue durant toute sa campagne, manifestons-nous ! 

    Trump envisage de nommer à la Cour suprême William Pryor, un juge qui considère que « l'avortement est la pire abomination de l'histoire du droit ».

    Son vice-président, Mike Pence, soutient des thèses créationnistes.

    Son principal conseiller, Steve Bannon, publie sur son site des messages racistes et misogynes haineux.

    En Europe aussi, des mouvements réactionnaires mettent en cause les droits des femmes, en particulier l'avortement, qui est la pierre de touche de la liberté des femmes.

    Le 21 janvier, nous marcherons pour témoigner notre solidarité avec la Women's March on Washington, car défendre les droits des femmes aux États-Unis, c'est les défendre partout dans le monde.

    Nous marcherons contre les incitations à la haine, les attitudes discriminatoires, les messages et actions réactionnaires.

    À Paris, rendez-vous : samedi 21 janvier à 14h au Champ de Mars, devant le Mur pour la paix. (métro : École militaire)

    Arrivée prévue pour 15h30 au Trocadero, sur le parvis des Droits humains.

    Pour plus d'information : https://www.womensmarch.com/sisters

    Communiqué de la Marche mondiale des femmes.

    Pour organiser une marche dans votre pays avec d'autres femmes, vous pouvez enregistrer votre événement sur https://www.womensmarch.com/sisters

    Si vous ne pouvez pas organiser une marche, vous pouvez prendre une photo de vous avec le hashtag #womensmarch ou #globalwomen4justice,  et l'envoyer à helena@ggjalliance.org et info@marchemondiale.org ou via Skype : helenaswong

    Adelphiquement*,

    Florence Montreynaud

    *« Adelphiquement » dérive d'« adelphite », notion groupant fraternité et sororité et qui pourrait remplacer la « fraternité » (sous-entendu « virile ») de la devise républicaine.
    En français, « soeur » et « frère » proviennent de deux mots différents. « Adelphite » est formé sur la racine grecque adelph- qui a donné les mots grecs signifiant « soeur » et « frère ».

    Site : http://encorefeministes.free.fr/
    Zeromacho est un réseau international d’hommes contre le système prostitueur. Signalez-le à des hommes de votre connaissance en leur proposant de signer un manifeste sur le site http://www.zeromacho.eu/

  • Burka, burkini, tchador, etc. : NON, l'esclavage des femmes n'est pas un droit des femmes

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    Qui écoute/lit les femmes telles que Chahdortt Djavann, Taslima Nasreen, Ayaan Hirsi Ali et tant d'autres ? Des résistantes qui se sont battues et continuent de se battre contre l'islam(isme) dont elles ont été victimes dans leur chair.

     

    Pas grand-monde hélas.

     

    Nos sociétés ne sont pas assez féministes et sont donc coupables de l'emprise islamique/-iste dont elles sont victimes.

     

    NON, le voile n'est pas qu'un bout de tissu !
    NON, l'esclavage des femmes n'est pas un droit des femmes !
    NON, le corps des femmes n'a pas à être couvert, ni d'ailleurs dénudé !

     

    Bigoterie/pornographie = les deux faces d'une même médaille misogyne et sexiste.

     

    Ayaan Hirsi Ali : https://www.youtube.com/watch?v=wJkFQohIKNI

    Chahdortt Djavann : https://www.youtube.com/watch?v=aTrp60zd2EQ

    Taslima Nasreen : https://www.youtube.com/watch?v=fvC8kscL_6w

  • Chahdortt Djavann :"Le système islamique contrôle tout, même la vie intime et sexuelle !"


    Chahdortt Djavann :"le système islamique... par Europe1fr

    L'essayiste et romancière iranienne Chahdortt Djavann, sort un nouveau livre, Les Putes voilées n’iront jamais au paradis, dans lequel elle explique comment "le système islamique contrôle tout".

     

    Le voile est "insupportable". De grandes marques se sont lancées dans la mode islamiste, ce qui n’a pas manqué de provoquer un vif débat et de remettre le voile au centre des discussions. Un voile tout simplement "insupportable" pour Chahdortt Djavann, romancière et essayiste iranienne invitée de Caroline Roux mercredi matin. "Lorsqu’on voile une gamine, on lui inculque d’emblée que si une parcelle de sa peau et de ses cheveux dépassent de ce tissu, toute tentative de viol relève de sa responsabilité. Et nous le savons que cela se passe dans certains pays", a souhaité rappelé celle qui a fui l'Iran pour trouver refuge en France. 

     

    "Le voile ce n'est pas seulement un bout de tissu". Alors quand cette semaine, Manuel Valls a dit que le voile était un asservissement de la femme et la revendication d’un signe politique, Chahdortt Djavann ne peut que s'en réjouir. "Le voile ce n’est pas seulement un bout de tissu, c’est le drapeau de l’Oumma (la communauté musulmane, ndlr)", a-t-elle estimé. "Et si un jour, on autorise le voile dans les universités, ce sera le préalable à la création d’un parti musulman". Chahdortt Djavann avait 13 ans en Iran quand elle s’est battue pour ne pas porter le voile. Elle a été emprisonnée pour cela. Alors quand elle croise aujourd'hui des femmes qui portent le voile et qui affirment que c’est leur choix, cela lui est "insoutenable". 

     

    Le livre de Chahdortt Djavann, Les putes voilées n’iront jamais au paradis, raconte l’assassinat de prostituées en Iran. Un livre qui "est un mélange de réalité et de fiction. C’est l’histoire de deux gamines magnifiquement belles qui vont être séparées à l’âge de 12 ans pour devenir prostituées mais ça, elles ne le savent pas. Je mets le lecteur face à des prostituées qui vont parler de façon scandaleuse et politiquement incorrect", raconte-t-elle.

     

    "Je voudrais que ce livre fasse bander le cerveau de tous". Et dans son livre, les hommes apparaissent comme des être frustrés. Une frustration que Chahdortt Djavann explique aisément. "Je voudrais que ce livre fasse bander le cerveau de tous, femmes et hommes", a-t-elle lancé. Dans ce livre, je décris le désir des femmes. C’est très cru. C’est un livre politique et très érotique où les femmes racontent le sexe tarifé. Cela parle du désir des frustrés sexuels que sont les islamistes. L’idéologie islamique est basée sur un despotisme érotisé. Car le désir c’est quoi ? C’est faire du corps de l’autre son sanctuaire. Or les islamistes haïssent leur féminité".

     

    "Le système islamique contrôle tout !". Avec son livre, Chahdortt Djavann dénonce également l'obligation de porter le voile en Arabie Saoudite et en Iran. Une situation qui la met dans une colère folle. "En Arabie Saoudite et en Iran, ils voilent toutes les femmes mais putain, les femmes sont la moitié de la population ! En voilant la moitié de la population, ils transforment les femmes en objet tabou et en objet interdit. Et en faisant cela, ils contrôlent la libido de tous les hommes. Ainsi le système islamique contrôle tout, même les vies intimes et la vie sexuelle", s'est-elle emporté. Alors pour elle, la récente ouverture de l'Iran sur l'Occident n'est vraiment pas un bon signal. "Ouvrez les yeux ! Daech a servi à qui ? A l’Iran ! En 2004 déjà je l’écrivais, si l’Iran revient sur la scène internationale, dans dix ans, l’Europe sera islamisé !", a-t-elle prévenu. 

     

    http://www.europe1.fr/international/chahdortt-djavann-le-systeme-islamique-controle-tout-meme-la-vie-intime-et-sexuelle-2712772

  • Comté de Nottinghamshire (Angleterre) : la misogynie devient un "crime de haine"

     

    Bravo au comté de Nottinghamshire, qui reconnaît la misogynie comme "crime de haine" punissable par la loi.

     

    Souhaitons que cette louable et vitale initiative fasse boule de neige en Europe.

     

    Extrait :

    "Si une femme est victime de harcèlement sexuel dans la rue, elle peut maintenant le signaler à la police comme crime de haine, au moins dans le comté de Nottinghamshire (centre de l'Angleterre).

    La police enquête sur les rapports de harcèlement de rue, d'avances sexuelles non désirées, de violence verbale, de sifflements et de prise de photos sans le consentement des femmes.

    Le comté a décidé de définir la misogynie comme crime de haine après les encouragements du Centre de Nottingham pour les Femmes.

     

    Sont considérés comme crimes de haine tous les « événements contre les femmes motivés par l'attitude d'un homme envers une femme simplement parce qu'elle est une femme."

    Lire la suite : http://www.care2.com/causes/misogyny-is-now-a-hate-crime-in-this-english-county.html#ixzz4EgqV4Enp

  • RAPEX

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    Le viol est devenu endémique en Afrique du Sud, de sorte qu'une médecin nommée Sonette Ehlers a développé un produit qui a immédiatement retenu l'attention dans son pays.
     
    Ehlers n'avait jamais oublié une victime de viol qui lui disait tristement : "Si seulement j'avais des dents là-dedans."
     
    Quelque temps après, un homme est venu à l'hôpital où Ehlers travaille, souffrant de douleurs atroces parce que son pénis était coincé dans la fermeture-éclair de son pantalon.
     
    Ehlers a fusionné ces images et a inventé un produit qu'elle a appelé RAPEX.
     
    Il ressemble à un tube, avec des barbes à l'intérieur. La femme l'insère comme un tampon, avec un applicateur, et tout homme qui tente de la violer s'empale sur les barbes et doit aller aux urgences d'un hôpital pour pouvoir le retirer.
     
    Quand des voix chagrines se sont élevées en disant qu'il s'agissait d'une punition médiévale, Ehlers a répondu laconiquement : "Un dispositif médiéval pour un acte médiéval."
  • 6 avril 2016 : l'esclavage des femmes marque enfin le pas en France

    Afficher l'image d'origine

     

    COMMUNIQUÉ ZÉROMACHO :

     

    La loi contre le système prostitutionnel a été définitivement votée le 6 avril 2016 par l’Assemblée nationale française [texte ici LIEN À ajouter]. Zéromacho, qui la demandait depuis sa fondation en 2011, s’en félicite.

     

    Pendant la longue période du débat public — le premier vote à l’Assemblée a eu lieu le 4 décembre 2013 —, les médias ont surtout mis l’accent sur l’article pénalisant les clients-prostitueurs : en effet, tout achat d’un acte sexuel est désormais passible d’une amende de 1 500 €. Parmi les autres dispositions : le délit de racolage est abrogé, les mesures de protection et d’accompagnement social des personnes en situation de prostitution sont renforcées et un fonds de soutien est créé, doté de 20 millions d’euros par an.

     

    Et maintenant, tout commence.

     

    Voilà ce qui reste à faire en France, dans deux domaines :

     

    ·      Continuer le travail de pédagogie, car la population est loin d’être acquise à l’esprit de la loi, qui analyse la prostitution comme un système de violences dont les auteurs sont les proxénètes et les prostitueurs. Zéromacho mène ce travail depuis longtemps, notamment par ses réponses aux objections les plus courantes, voir https://zeromacho.wordpress.com/textes/

     

    ·      Veiller à l’application de la loi, à la publication du décret d’application et au vote de la ligne budgétaire sur le fonds. Zéromacho restera vigilant, aux côtés des 59 autres associations qui constituent le collectif Abolition 2012 et mènent des actions de lobbying et d’interpellation des pouvoirs publics.

     

    **

     

    Et hors de France ? Zéromacho est un réseau international.

     

    Rares sont les pays où existe une loi analogue à la nouvelle loi française : la Suède a été pionnière en 1997, puis la Norvège et l’Islande en 2009, l’Irlande du Nord et le Canada en 2014.

     

    Dans chacun de ces pays, la loi est l’aboutissement d’un processus spécifique.

     

    En France, ce vote est dû à la conjonction de plusieurs facteurs :

     

    ·      l’engagement transpartisan de nombreuses femmes politiques (députées, sénatrices, élues locales, ministres), avec le soutien de quelques hommes politiques ;

     

    ·      la volonté du gouvernement ;

     

    ·      l’apport de médecins qui ont décrit et nommé les violences que subissent les personnes dans la prostitution ;

     

    ·      la constitution en 2012 sous l’égide du mouvement du Nid, le plus ancien mouvement engagé contre le système prostitueur, d’un collectif d’associations qui a manifesté dans la rue et interpellé des responsables politiques ;

     

    ·      le témoignage de femmes sorties de la prostitution, notamment Rozenn Hicher, qui a marché pendant 740 km de chez elle jusqu’au Sénat pour demander cette loi ;

     

    ·      les affaires Strauss-Kahn (2011-2015) et le manifeste des « 343 salauds » (qui n’étaient que 19) en 2013, qui ont choqué le grand public par l’impudence de la violence machiste qui s’y exprimait ;

     

    ·      l’engagement de féministes contre le système prostitueur, après des décennies où ce sujet avait été peu abordé par le mouvement.

  • Comment signaler une publicité sexiste (Florence Montreynaud)

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    À vos stylos, contre, par exemple, Côté Viande, qui allie le sexisme au spécisme le plus immonde !

    COMMENT SIGNALER UNE PUBLICITÉ SEXISTE (par Florence Montreynaud​) :

    1) Je vous prie d’écrire aux Chiennes de garde, via le site http://chiennesdegarde.com/. C'est la responsable du blog http://humourdedogue.blogspot.com/ qui relaie désormais les commentaires de publicités sexistes.

    2) Je vous invite à écrire à l’annonceur, car les réactions négatives de la clientèle éventuelle sont prises très au sérieux par le service commercial et la direction. Ils savent que peu de gens écrivent : on considère qu'un message de colère correspond à mille personnes furieuses mais n'ayant pas écrit.

    3) Vous pouvez aussi adresser une plainte à l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP) 23 rue Auguste Vacquerie 75116 Paris.
    Courriel : contact@arpp-pub.org
    L'ARPP affirme recevoir très peu de plaintes concernant la publicité sexiste : à nous de la démentir !

    4) Il existe aussi un Jury de déontologie publicitaire (JDP), composé de personnalités indépendantes, auprès duquel vous pouvez déposer une plainte, sur le site : http://www.jdp-pub.org/ . Je vous encourage à écrire au JDP, et à transmettre la réponse aux Chiennes de garde.

  • La lettre de Gérard CHAROLLOIS : une guerre de l’obscurantisme

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    La lettre de Gérard CHAROLLOIS / 14 novembre 2015

    Une guerre de l’obscurantisme.
    www.ecologie-radicale.org

    Comment taire notre émotion, notre juste colère, notre nausée face aux assassinats perpétrés, ici et maintenant, comme dans d’autres sites, par des islamistes fanatisés.

    Cette idéologie tua, le 7 janvier dernier, nos amis de CHARLIEHEBDO.

    En Syrie,en Tunisie, en Egypte, en Somalie, au Mali, les mêmes barbares violent, réduisent en esclavage sexuel, posent des bombes, égorgent, décapitent et même brûlent vifs des personnes qui ne leur firent pas le moindre mal.

    Cette guerre asymétrique, aux allures de Moyen-âge, va durer.

    D’autres meurtres ensanglenteront nos pays.

    Par-delà cette émotion légitime, il y a lieu de s’interroger sur le sens de ce terrorisme au nom d’un dieu.

    Assiste-t-on à un retour de l’obscurantisme religieux, avec ses guerres de religions ?

    Il faut constater une montée de l’intégrisme islamique avec des attitudes ostentatoires, une volonté de réanimer les traditions, de se cramponner à des identités communautaires, terreau favorable au djihadisme.

    D’autres religions, en Inde et à Jerusalem, notamment, connaissent de telles poussées de fanatismes, de replis sur des rites sombres et grotesques.

    Ce qui caractérise, tous ces intégrismes oscurantistes est le refus de la science, de la démocratie, de la libération de la femme, de la prise en considération de la sensibilité animale.

    En fait, ces intégristes aspirent à revenir 1500 ans en arrière.

    Ils conchient la raison, la liberté, la vie et célèbrent

    La pulsion de mort.

    Mais, loin de marquer un « renouveau du fait religieux », ces crimes représentent les convulsions de sociétés théocratiques à l’agonie.

    Ils tuent parce queleur idéologie se meurt, parce que les valeurs, les précepts établis dans les caravanes du désert il y a plus de mille ans, se dissipent devant les Lumières.

    A terme, tous ces intégristes obscurs perdront la guerre.

    L’émancipation de la femme, la liberté de mode de vie et de pensée, l’élargissement du cercle de l’empathie à tous les êtres vulnérables l’emporteront, mais, pour l’heure, il convient d’adopter, concrètement, des mesures politiques afin de prévenir les assassinats.

    Les dirigeants, les services en charge de la sécurité publique, font un travail remarquable permettant de faire échec, neuf fois sur dix, aux attaques djihadistes.

    On peut encore faire mieux.

    Laissons partir en Syrie, ceux qui veulent y mourir en martyrs, car le problème n’est point leur départ,mais leur retour éventuel.

    Admettons que la démocratie ne pourra fleurir au Proche Orient que lorsque culturellement, la religion sera extirpée du champ politique et sera ramenée au rôle qu’elle joue en Occident, à savoir,une consolation purement individuelle, pour ceux qui en ont besoin.

    Aussi longtemps que le religieux dominera ces sociétés, celles-ci sécréteront des terroristes et souffriront d’atroces guerres équivalentes à celles que connut l’Europe au XVIe siècle.

    Ce matin, je pense aussi à nos regrettés amis CABU, Bernard MARIS et tous les autres.

    Ils sont morts prématurément parce que quelques demeurés préfèrent un arrière-monde mythologique à la vie.

    Aujourd’hui, nous devions manifester, à GUERET, contre l’élevage concentrationnaire.

    Les ténèbres en ont décidé autrement.

    Humanité : quand sortiras-tu de ta préhistoire ?

    Gérard CHAROLLOIS
    CONVENTION VIE ET NATURE
    MOUVEMENT D’ECOLOGIE ETHIQUE ET RADICALE
    POUR LE RESPECT DES ÊTRES VIVANTS ET DES EQUILIBRES NATURELS.

  • "Pourquoi la burqa est obscène et indécente", par Monia Sanekli

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    La burqa que portent certaines musulmanes n'est pas un simple habit, c'est une ontologie qui porte et transmet un système de valeurs, un mode de vie, un projet de société et une résolution de conquête.

    Par Monia Sanekli*

    Depuis le temps ou le débat s'est déclenché à propos de la burqa, les arguments affluaient mais demeuraient dans la limite du débat sur la laïcité. Or la burqa dans sa réalité culturelle et interculturelle transcende le simple fait divers du conflit politique et religieux. La burqa véhicule en fait des pulsions généalogiques, des valeurs de genres et des significations sublimatoires typiques. La burqa n'est pas un simple habit, c'est une ontologie qui porte et transmet un système de valeurs, un mode de vie, un projet de société et une résolution de conquête.

    Porter la burqa au 7e siècle n'a ni le même sens ni le même dessein que la porter au 21e. Le port de la burqa dévie de son but originaire, ce n'est pas pour des exigences morales ou esthétiques que ceux qui la choisissent et ceux qui l'exigent l'adoptent au 21e siècle mais pour des fins politiques de conquêtes et d'envahissement.

    Aucune femme n'est assez pure et chaste pour prétendre à la vertu supposée de la burqa et aucun homme n'est aussi sexuellement animal et affamé pour s'exciter juste à la vue de cheveux ou sauter sur de simples corps de femmes.

    La burqa fait partie des stratégies du siècle pour la conquête et l'extension territoriale et culturelle et n'a en aucun cas une raison morale ou esthétique.

    Une attention particulière et une observation précise nous dévoileraient la phénoménologie de la burqa.

    Les présupposés de la burqa :

    - La femme est un organe :

    C'est le plus indécent et le plus immoral des présupposés et qui ne diffère en rien des présupposés de toute prostitution ou industrialisation sexuelle. La femme est discréditée dans son être, disqualifiée, rabaissée, dévaluée jusqu'à un niveau encore moindre que l'animal. L'animal de par sa nature ne se résume pas à un organe, tout comme l'être humain, il est un tout, une unité, une totalité d'organes et de besoins.

    Quand on réduit un vivant à une partie consommable de son corps, il perd non seulement la spécificité de son être, son individuation, sa subjectivité et sa dignité. On a l'impression que la porteuse de la burqa n'a ni cœur, ni cerveau, ni poumons, etc. La porteuse de la burqa est un vagin et rien qu'un vagin et le reste du tout est aussi considéré à travers le vagin. Elle n'est même pas un ensemble d'organes mais un amas de viandes à consommer. La porteuse de la burqa est un néant d'être qui porte un exemple de féminité primitive et dégénérée et une ontologie sexuellement moniste, qui détruit la dualité de la vie et la contradiction du vivant pour en faire un monde de masculins, décideurs, preneurs, consommateurs, dominateurs, violeurs et la femme n'est qu'un objet parmi une infinité d'objets possibles.

    Ce monde sexuellement moniste ne serait pas possible, étant donné qu'il n'est pas réel. C'est plutôt un monde fantasmagorique qui rend l'existence de la femme elle-même une menace à ce monde illusoire et psychique.

    Quand la femme existe, la burqa est le meilleur moyen pour la rendre absente, inexistante. «Cachez cet être que je ne veux voir».

    Cacher est au-delà de sous-estimer et rabaisser, c'est aussi et fondamentalement nier. Nier la féminité et la réduire à une fonction où un organe émane de la peur de la dualité originaire de l'être et l'angoisse de savoir que l'être n'est pas un, mais deux, la peur de la contradiction qui nous renvoie à l'autre et de l'être qui n'est pas unique et moniste mais dualiste et diffèrent, originairement masculin/féminin.

    L'être émane de la fertilité de la conjugaison du féminin et masculin qui donne acte à la vie, cet être réel est une menace au vouloir profond de l'homme sexuellement moniste : nier, cacher, extirper le féminin revient à installer une ontologie de l'unique, l'exclusif et l'uniforme. Extraire la féminité de l'être pour le rendre moniste passe par la burqa car la burqa ne renseigne sur rien, on ne sait pas ce qui est dedans. Cacher intégralement le corps de la femme c'est essentiellement un déni de la féminité.

    Dans certaines anciennes civilisations la femme est sacralisée et divinisée, la burqa est une diabolisation de la femme et une falsification de l'être, la femme devient un simple organe et l'être devient uniformément masculin.

    - La femme est un péché:

    La femme est un organe génital, la femme est un péché, elle symbolise la sexualité, or la sexualité est malsaine, donc la femme est malsaine.

    La femme doit porter la burqa parce qu'elle est un péché, sous-entendu que l'homme ne l'est pas. Il n'est pas question ici de péché original, mais spécifiquement féminin. La féminité est non seulement niée mais salie, souillée, avilie, elle est impureté, ignominie, faute. La femme devient l'exutoire et la soupape à tous les maux et les vilenies de l'être. L'homme projette sur la femme ses incapacités, ses impuissances, ses impuretés, ses manies, ses vices, ses perversions pour s'en débarrasser. La cacher avec une burqa c'est aussi pour ne pas se voir lui-même ou pour fuir ses sensations, ses sentiments, soit de désir soit de ressentiments vis-à-vis de la féminité. Il se met dans la tête que ses désirs et ses sentiments sont provoqués par la femme, ce qu'il évite de voir. C'est que ses affections et ses fantasmes lui sont propres et émanent de ses profondes pulsions et n'émanent pas de la femme. Il pose la femme comme cause pour fuir la responsabilité de sa propre causalité. «La femme est un péché, donc je suis la pureté», et en se considérant pureté, il oublie ses vilenies.

    La burqa est l'exutoire et le sinapisme de l'homme. Elle installe un rapport de pouvoir de l'homme faible et uniforme signifié par le déni de la féminité et la désinvolture de soi. La femme devient le bouc émissaire de l'homme faible et irresponsable qui, hors la femme, n'a aucune autre possibilité ou capacité pour s'affirmer, c'est ce qui fait que seul l'homme ordinaire et plébéien s'y attache.

    Les fonctions de la burqa:

    - Tromper : la burqa est une astuce et un stratagème de tromperie. On trompe l'autre sur ce qu'on est, qui on est, et ce qu'on veut réellement.

    La burqa permet de tromper car la burquée est insoupçonnable, non identifiable, en dehors du doute, indéchiffrable. Ce masque de la tromperie et de la non transparence dépasse l'agir de la morale sexuelle en un agir global car dès le moment qu'on porte la burqa toutes sortes de déviations deviennent possibles, du mensonge, au vol, au crime et toutes les extravagances de délinquance deviennent accessibles. La burquée, ou le burqué jouie d'un préjugé favorable lié à l'inconscient collectif de la vertu religieuse.

    A partir d'un habit ordinaire on peut intuitionner approximativement la différence entre les individus. On peut reconnaitre le profil psychologique, social ou moral de tout un chacun et décider des différentes interconnections possibles. Avec la burqua on voile tout, pas seulement le physique, mais essentiellement le psychique et le moral. Vous ne pouvez jamais deviner qui est sous la burqa et pas seulement quoi.

    Les rapports humains sont généralement basés sur la sympathie ou la première impression assimilée à travers les signes du visage, la gestuelle, et la posture. La rencontre avec la burqa est pure tromperie car elle masque tout, soit le visage, soit la gestuelle, soit la posture, c'est une dénégation de l'autre dans le confort de l'observateur non observé.

    - Cacher: mais ce serait évident que la burqa cache, mais ce qui n'est pas évident, c'est que veut cacher la burqa. Au-delà des prétentions de vertus sexuelles et derrière la volonté de cacher le corps, qui est en réalité neutre et anonyme, on veut déguiser les vices en vertus, les malaises et les angoisses en valeurs morales, le désir de prédation en volonté angélique.

    En plus clair, la burquée et ses prédicateurs donnent à leurs obsessions sexuelles, leur fixation perverse, leurs vilenies, le nom de vertus. Ils veulent donner à leur excès, et leur panique et leur angoisse le nom de morale. Ils veulent donner à leur chasse de proies et victimes le nom d'angélisme vertueux. La burqa cache certainement mais pas autant le corps que leur péché au corps qui n'est que péché de domination.

    Dominer un individu c'est lui ôter le contrôle sur son corps. Les prédicateurs de la burqa veulent s'emparer du corps de la féminité afin de le contrôler et contrôler toute la société avec. Ceci est donc ce que cache vraiment la burqa, c'est la volonté de prédations de ses prédicateurs.

    La burqa installe l'uniformité masculine, la prédation des corps et la falsification des systèmes de valeurs et des modes de vie.

    Agresser: par un superbe paradoxe, la burqa exhibe en cachant. Il y a de l'exhibitionnisme manifeste dans le port de la burqa, exhiber une religion, exhiber une apparence de morale, exhiber un érotisme malsain, exhiber soi-même, exhiber une attitude agressive vis-à-vis de l'autre en se plaçant dans la position de l'observateur non observé , et «je te vois , tu ne me vois pas»; «je peux contrôler tes réactions, tu ne peux pas contrôler mes réactions»; «je te connais, tu ne me connais pas»; «je sais qui tu es, tu ne sais pas qui je suis»; «je reconnais ton visage, tu ne reconnais pas le mien»; «tu es à ma portée, je ne suis pas à ta portée».

    Le port de la burqua exprime une violence morale extrême vis-à-vis de l'autre.

    Les fins de la burqa

    La burqa renvoie à des fins prononcées et des fins non prononcées, des fins manifestes et d'autres déguisées, elle est le symbole du double discours et l'illustration parfaite de la «takkiya» (le mensonge justifié par des considérations religieuses, NDLR) qui consiste à cacher ses véritables intentions.

    La burquée chaste et vertueuse de prêche et d'apparence est cependant disponible et prête à toutes les extravagances sexuelles, des différentes sortes de mariages illicites, de prostitution, de proxénétisme, de vente et achat de petites filles, de jihad nikah, ou le combat par la baise.

    Les fins prononcées sont dites pour ne pas être faites et en réalité elles sont prêchées uniquement pour cacher et déguiser les fins non prononcées. On prêche la vertu pour mieux exercer le vice. Tout est possible sous la burqa. Ce décalage entre le dit et le non-dit, l'apparence et la réalité, le mensonge et la vérité n'est pas caché.

    Tout observateur bien averti, surtout avec l'avènement du printemps arabe, peut facilement déceler cet énorme décalage. Tout lecteur assidu des textes et des faits historiques peut facilement noter ce décalage, ou voit de très près l'obscénité morale et les perversions sexuelles concomitantes au port de la burqa.

    La burqa est une perversion morale relevant de l'obscénité et dénotant, au-delà de l'apparence, une tendance à tout pervertir sur son passage, la morale, le psychique, le social et le politique. C'est un vrai stratège de domination et de conquête.

    Professeure agrégée chercheur en philosophie.

    http://www.kapitalis.com/tribune/18487-tribune-pourquoi-la-burqa-est-obscene-et-indecente.html

  • Prostitution : le Sénat peut encore enterrer la loi (communiqué de Zéromacho)

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    Communiqué de presse

    Prostitution : Le Sénat peut encore enterrer la loi

     Après quatorze mois de mobilisation, la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel est inscrite à l’ordre du jour du Sénat : elle sera discutée les 30 et 31 mars.
    Certes, l’affaire du Carlton a fait prendre conscience aux Français de la réalité violente de la prostitution. Mais, vu la culture de la prostitution répandue chez certains sénateurs, comme l’ont attesté des survivantes, et vu la manipulation d’un témoignage capital lors des auditions de la commission du Sénat, nous craignons le pire : que la proposition soit renvoyée en commission, ce qui signifie un enterrement.

    NOUS RESTONS VIGILANTS.
     
    Fondé en 2011, Zéromacho, réseau international d’hommes, groupe les signataires d’un manifeste contre le système prostitueur et pour l’égalité femmes-hommes (2 842 hommes de 56 pays)
    Responsables : Gérard Biard, Patric Jean et Frédéric Robert
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  • "Proxénètes, pas sûr, clients, certainement !", par Claudine Legardinier pour le Mouvement du Nid,

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    CLAUDINE LEGARDINIER POUR LE MOUVEMENT DU NID, PARTIE CIVILE AU "PROCÈS DU CARLTON"

    En traquant le proxénétisme, le procès du Carlton aura eu un mérite : éclairer la démarche des «clients».

    Après quelques jours d’audience, on aura compris que ces derniers sont bel et bien mus par un besoin ; pas un «besoin sexuel» mais le besoin d’exercer le pouvoir et de jouir de leurs privilèges ; le besoin d’asseoir une connivence masculine en exploitant sexuellement des femmes ; le besoin de se défouler - loin du poids des responsabilités et de celui des épouses - en exprimant à l’égard des jeunes femmes qu’ils payent (ou pas… car ces messieurs semblent goûter «la petite pipe à l’œil») un mépris incommensurable.

    Les termes employés pour les désigner parlent d’eux-mêmes : «dossier», «cheptel», «roues de secours» et bien entendu «connasses».

    Mépris donc, et bien pire : brûlures de cigarettes, maltraitances, insultes et même «boucherie» comme l’ont dénoncé les jeunes femmes appelées à la barre des témoins, la voix brisée.

    Certains comportements devraient d’ailleurs être nommés pour ce qu’ils sont. La jeune fille de 19 ans, allongée dans les toilettes, ivre morte, dont «Jade» dit à la barre : «Je ne sais pas combien lui sont passés dessus», est victime de viols collectifs.

    Et que dire de messieurs posant à René Kojfer, généreux pourvoyeur, des questions du type : «J’ai un ami qui voudrait une fille de 17 ans pour la tirer, tu peux trouver ?» On voit ce qu’il en est de la prostitution «de luxe», habituellement couverte de l’indulgence générale en raison des limousines et des gros billets.

    De luxe ou de caniveau, quelle différence ?

    Avant même de savoir si les prévenus seront ou non condamnés pour proxénétisme aggravé, le procès aura montré crûment que la question des «clients» et leur responsabilité majeure dans le fonctionnement d’un système de démolition des femmes ne peuvent plus être éludées.

    En attendant, ces femmes, vulnérables et en situation précaire (le frigo vide de «Jade» et ses enfants à élever n’ont pas de quoi faire fantasmer) continuent de subir les traitements que ce procès aura eu le mérite de divulguer.

    Et le beau projet d’égalité entre les femmes et les hommes, omniprésent dans nos textes, continue de servir de décoration.

    Tant que les milieux d’affaires et de pouvoir, entre autres, auront des femmes cette image et cette conception, il est peu probable que ces dernières aient une chance de briser le plafond de verre.

    Tant de motifs d’accablement exigent donc des issues. Il se trouve qu’une proposition de loi, votée à l’Assemblée nationale il y a plus d’un an, dort dans les tiroirs du Sénat, où le dossier, manifestement, en dérange plus d’un.

    Il serait piquant que les messieurs du Carlton en soient aujourd’hui, à leur corps défendant, les meilleurs avocats…"

    Claudine LEGARDINIER pour le Mouvement du Nid, partie civile au "procès du Carlton"

    http://www.liberation.fr/societe/2015/02/08/proxenetes-pas-sur-clients-certainement_1198228

  • Quand l’idée du voile faisait éclater de rire des musulmans…


    Le Caire, 1953.

    Nasser et son auditoire s’esclaffent devant cette revendication des Frères musulmans : « rendre obligatoire le port du voile ».

    Scène et propos devenus inimaginables aujourd’hui.

    Y compris à Paris.

  • "Le dieu pétrole dévore le Canada", Nancy Huston (Le Monde)

    Je suis chez moi, et hors de moi. En encourageant le développement à outrance des industries pétrolières de l'Alberta, Stephen Harper, le premier ministre canadien, met l'humanité en péril. L'humanité de ma province natale, et l'humanité tout court.

    Pour l'instant, peu de Français le savent : l'extraction du bitume des sables dans l'ouest du Canada est l'entreprise humaine la plus importante de la Terre. Le potentiel pétrolier de ces sables est estimé à 2 500 milliards de barils, assez pour nous nourrir en or noir, au rythme insensé où nous le consommons, pendant encore deux siècles et demi.

    La façon de nommer ce site vous oblige déjà à vous en montrer solidaire : la majorité des Albertains a adopté le terme officiel de sables pétroliers ; seuls les écolos persistent à les appeler sables bitumineux. Mais ce que l'on extrait des sables, grâce à différentes techniques coûteuses en énergie et polluantes, est bel est bien du bitume ; pour transformer en pétrole cette substance gluante, puante et corrosive, il faut l'acheminer jusqu'à des raffineries en Chine, au Texas ou au Québec par des oléoducs follement chers et forcément fuyants.

    UN DÉLIRE DE DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL

    Utilisées par les Amérindiens pour colmater leurs canoës, appréciées dès la découverte de ces terres par les Européens au XVIIIe siècle, exploitées à une échelle modeste dès les années 1970, ces vastes réserves ont déclenché depuis 2000 un délire de développement industriel. Des dizaines de compagnies s'arrachent des parts du gâteau. La population de Fort McMurray, son épicentre, a décuplé en quinze ans, et ce sans compter les dizaines de milliers d'hommes concentrés dans des camps de travail.

    « Vous avez entendu parler des effets de la crise de 2008 au Canada ? », nous demande le jeune Marocain qui, dans un centre commercial à Fort McMurray, tient avec quelques amis libanais le… Havana Café. Il pose devant une photo du Che et fait mine d'allumer un cigare cubain. « Pas de crise ici ! » Lui-même vit à « Fort McMoney » depuis sept ans et ne se voit pas rentrer de sitôt : comment trouver au Maroc un emploi rémunéré 14 euros de l'heure ?

    Pendant l'hiver aussi rigoureux qu'interminable sous ces latitudes (de septembre à avril), la température descend souvent à – 50 oC. Nous sommes au mois de juin, un des rares mois à peu près cléments de l'année, ce sont des jours de semaine, en pleine période scolaire… Or les rues de Fort McMurray restent désertes. Cent enfants naissent ici chaque mois, mais ils voyagent apparemment en voiture comme tout le monde, car on a beau sillonner la ville, on ne voit ni poussette ni vélo, encore moins de jeunes piétons…

    La comparaison avec la ruée vers l'or est galvaudée, mais juste : les gens viennent de loin pour vite s'enrichir. Tous les accoutrements de l'humanité sont là, mais il manque son essence : un certain don pour vivre ensemble. Certes, on peut trouver partout en Amérique du Nord, se jouxtant dans un même centre commercial, de mauvais restaurants chinois, mexicains, italiens, des supermarchés, stations d'essence et laveries automatiques ; le problème, c'est qu'ici, outre les maisons plus ou moins cossues, à pelouse parfaite et à garage géant, la ville semble ne comporter que des centres d'achat, émaillés de quelques hôtels et banques. Un « centre culturel » vient d'être échafaudé sur une île au milieu de la rivière Athabasca qui sillonne la région ; toutes les distractions y sont réunies : terrains de foot, piscines, bibliothèques, gymnases, pistes d'athlétisme…

    « BIG IS BEAUTIFUL »

    L'omniprésence de mots positifs souligne cette absence grave de communauté. Be Unique (« soyez unique ») ! hurlent des panneaux d'affichage. Moineaux ! Aurores boréales ! Les mots bucoliques compensent la destruction massive de la nature. Sommet ! Quête ! Eden pur ! Les noms de marque exaltants démentent la bassesse irréparable de ce qui se passe ici, un viol de la terre qui empoisonne l'eau et l'air de manière irréversible. La nourriture est grasse et sucrée, indigérable… et coûteuse. Atmosphère ! Feeling ! La malbaise est à l'image de la malbouffe, ce que reflète le taux record de syphilis à Fort McMurray. Comme partout où les hommes se trouvent en surnombre et seuls, les femmes économiquement désavantagées viennent à la rescousse : l'annuaire propose dix pages de services d'escorte ; un site Internet contient deux mille petites annonces d'hommes, précisant brutalement les prestations sexuelles recherchées ; les couloirs de l'université sont vides, les librairies aussi ; en revanche, la boîte de nuit où les « girls » se succèdent comme strip-teaseuses, avant de s'éclipser avec les clients pour une brève étreinte tarifée, est le seul lieu où, chaque soir, il y a foule.

    Le maître mot à Fort McMoney est big. Oublié le small is beautiful (« le beau est dans le petit ») des années 1970. Désormais, big is beautiful. Les camions, grues et autres engins sont les symboles sacrés de l'humanité inhumaine qui circule ici. Ils s'affichent sur les calendriers, dans les bureaux et magasins, véritables icônes religieuses et sexuelles qui remplacent tant la Vierge Marie que la pin-up. Ils incarnent tous les fantasmes de puissance. Le mâle humain sans les faiblesses de l'humanité. L'écologie, c'est pour les femmelettes. Grosses cylindrées, plastiques, ordures non triées, après nous le déluge.

    How big is it ? (« c'est grand comment ? ») demande, en une litanie lancinante, le film diffusé au « Centre de découverte des sables pétroliers » de Fort McMurray. On vous souffle la question : du coup, vous désirez la réponse, et ne songez pas à poser d'autres questions. Les camions fabriqués pour cette industrie sont les plus grands du monde, grands comme un immeuble de deux étages, si grands qu'il faut les assembler sur place, car les autoroutes ne peuvent les supporter, ils écrasent un pick-up sans même s'en apercevoir… How big is it ? Difficile de ne pas penser aux concours de garçons dans les vestiaires. Le nec plus ultra, c'est le camion 797-LNG. En grimpant dans le car touristique pour visiter les installations pétrolières, on se surprend à espérer qu'on va pouvoir en apercevoir au moins un. Un peu comme la baleine blanche que recherche le capitaine Achab dans Moby Dick.

    Deux heures après la fin de la visite, nous montons dans un avion qui nous conduit à Fort Chipewyan, village amérindien à l'embouchure du fleuve Athabasca où se déversent les déchets des compagnies pétrolières. Nous survolons l'ensemble des installations, qui couvrent un territoire grand comme l'Etat de la Floride. Nous voyons des bassins de rétention d'eaux polluées, cent fois plus grands que ceux que l'on nous avait montrés pendant la visite, cette fois sans le moindre épouvantail ni canon pour empêcher les oiseaux de venir s'y intoxiquer.

    Arrivés à Fort Chipewyan, nous trouvons un village silencieux, beau et moribond. Les poissons sont difformes, cancers et maladies respiratoires font des ravages. Mais tous les hommes travaillent ou ont travaillé pour les compagnies pétrolières, car il n'y a pas d'autre employeur.

    L'AVENIR DE L'HUMANITÉ EN JEU

    A chaque instant du périple touristique, je pensais aux « villages Potemkine » en carton-pâte, montrés à l'impératrice Catherine II pendant sa visite de la Crimée en 1787, pour lui dissimuler la pauvreté du pays. Je pense aux usines modèles présentées à Sartre et à Beauvoir pendant leurs visites de l'Union soviétique dans les années 1950, pour émousser leur curiosité au sujet des goulags. Je pensais à Terezin, le camp modèle près de Prague, où l'on amenait les visiteurs de la Croix-Rouge pour les rassurer quant au sort des juifs, des Polonais et des communistes déportés par les nazis.

    On pourrait estimer exagéré, voire absurde de comparer l'exploitation des sables bitumineux albertains aux scandales du régime tsariste dans la Russie du XIXe siècle, sans parler des projets d'extermination nazis ou soviétiques. Mais ce n'est pas exagéré, car c'est bel et bien l'avenir de l'espèce humaine sur Terre qui se joue ici. Cette exploitation pétrolière en Alberta est déjà responsable des deux tiers des émissions de gaz à effet de serre de tout le Canada, et son expansion est incessante.

    C'est à cause d'elles que le Canada refuse de signer le protocole de Kyoto, à cause d'elles que M. Harper insiste pour supprimer, d'une directive européenne, la clause exigeant que les raffineurs rapportent les niveaux de CO2 émis par leur production (107 g pour les sables bitumineux, par contraste avec 93,2 pour le brut conventionnel). Selon toutes les prévisions sérieuses, si le président Obama approuve la construction de l'oléoduc Keystone XL qui doit relier l'Alberta au Texas et qui rencontre une vive opposition, la quantité de gaz à effet de serre lâchée dans l'atmosphère fera grimper la température de la Terre d'encore un demi-degré. Mais M. Obama lui-même a été élu grâce au dieu pétrole, et on ne lui permettra jamais de l'oublier.

    « Quand les gens perdent leur énergie créative, dit l'ami métis québecois qui m'accompagne dans ce voyage, ils préfèrent se laisser manipuler. » C'est ce que je constate en ce moment dans mon Alberta natal, jour après jour. Et c'est gravissime.

    Nancy Huston

    Ecrivaine

    En savoir plus sur : http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/06/14/le-dieu-petrole-devore-le-canada-par-nancy-huston_4438049_3232.html#SeXHcVRu6LTFxMPB.99
  • Le lien des résistantes

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    Le lien des résistantes :
    https://taslima.wordpress.com/tag/taslima-nasreen-lessentiel/

    Elles au moins savent de quoi elles parlent.