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Avis de recherche

  • La citation du jour : Karl Kraus

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    Jan Fabre, un nain parmi d'autres, ici avec un morceau du corps d'un animal sur l'épaule pour les"besoins" d'une "performance".

     

    "Quand le soleil de la culture est bas sur l'horizon,

    même les nains projettent de grandes ombres."

     

    Karl Kraus

  • Les deux seuls remèdes à la disparition des animaux sauvages sur terre

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    IL N'Y A QUE DEUX REMÈDES À LA DISPARITION DES ANIMAUX SAUVAGES :
     
    1) Le véganisme ;
    2) La décision de ne pas faire d'enfants.
     
    Mais qui le dit ?
    Personne.
     
    Quel gouvernement le prescrit ?
    Aucun.
     
    L'issue fatale est donc inéluctable.
     
    La planète Terre ne sera bientôt plus qu'un dépotoir bétonné décimé par un cancer ravageur ayant pour nom : humanité.
     

  • Nobel de littérature 2016 : ferraille à vendre !

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    Les écrivains (les vrais), déjà victimes de la désaffection générale due à l'ignorance des générations actuelles qui ne savent plus lire ou qui s'ennuient en lisant, se voient en plus piquer les prix qui leur reviennent de droit par des chanteurs. Demain par des acteurs ?

     

    Joyce Carol Oates et Philip Roth, pour ne citer qu'eux, méritaient ce Nobel.

     

    Qu'un Dylan (dont le talent est incontestable, mais ce n'est pas de talent qu'on parle) rafle la mise à leur place est consternant et en dit long sur notre époque et le relativisme aberrant de ses valeurs.

     

    Nous aurons donc tout soldé, y compris (surtout ?) la littérature.

     

    Comme disait Burgess, "ferraille à vendre" !

  • " La valeur d'une civilisation", par Gérard Charollois (CVN)

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    La valeur d’une civilisation se mesure au degré de respect, de protection, de dignité, de liberté qu'elle offre aux plus vulnérables et notamment aux femmes, aux animaux, aux enfants, aux malades.

     

    Lorsque se déchaînent les haines, les guerres, les génocides, que tombent les barrières des interdits moraux les plus élémentaires, que la pulsion prime sur la raison et la violence primaire sur la retenue, ce sont ces victimes vulnérables qui succombent d’abord.

     

    Sur la terre des hommes qui n’est pas partout celle des femmes, le kidnapping, l’exploitation, la soumission, la domination, perpétuent en notre temps leurs atrocités.

     

    N’en déplaise aux récitants des dogmes contemporains, toutes les cultures ne se valent pas.

     

    Tous les us et coutumes, y compris certains des nôtres, gagnent à être abolis et récusés au nom du progrès humain qui tient à une élévation de ce degré de respect et d’empathie.

     

    Que de lâchetés criantes se masquent derrière le refus de condamner les crimes de notre temps : enfermement de la femme, répression de l’homosexualité, châtiments corporels et peine de mort à l’encontre des blasphémateurs et des apostats, mais aussi abattages rituels, chasse loisir, corrida et plus généralement tous actes révélant la cruauté hideuse des hommes.

     

    Notre époque souffre, dans le petit monde intellectuel, des mêmes tares qui empêchaient, au siècle passé, de beaux et grands esprits de dénoncer les crimes des régimes totalitaires.

     

    Il leur fallait, pour la bonne cause, cacher le sang coulant du mauvais côté.

     

    Or, aucune fin ne justifiera jamais le mépris des plus faibles, des plus fragiles, des plus humbles.

     

    Une fin civilisatrice passe par des moyens qui lui correspondent et n’exige aucun moment de négativité.

     

    Que voilà des évidences éthiques qui dépassent tellement les débats politiciens dont l’indigence confine à la débilité.

     

    Comme il est plus aisé de célébrer les révolutions d’hier, les résistances victorieuses du passé, que d’affronter les maux de l’époque où l’on vit.

     

    Combien de ceux qui commémorent les gloires d’antan auraient été du bon côté de l’Histoire ?

     

    En fait, trop rares sont les humains d’exception qui osent se dresser contre les crimes contemporains car, à dénoncer la violence, la soumission, le lâche conformisme, il y a trop de coups à recevoir.

     

    Flatter le tyran, servir le lobby, bêler à l’unisson des capitulations morales, radoter les préjugés de sa secte s’avère plus confortable que de s’exposer à penser librement, à solliciter sa raison et à pratiquer l’empathie.

     

    « La civilisation est une marche vers la lumière », disait Victor Hugo.

     

    Vers la lumière ?

     

    Oui, si l’on contemple le chemin parcouru, l’amélioration des conditions matérielles de vie des hommes, les conquêtes contre la maladie et la douleur, la reconnaissance des droits des enfants, l’abolition de la torture et de la peine de mort, la déclaration des droits de l’homme et les garanties contre l’arbitraire, la dissipation des ténèbres de la superstition et du charlatanisme.

     

    Alors sommes-nous assurés, pour nos successeurs, de lendemains radieux, sous le soleil de la raison et de la compassion envers tout ce qui vit ?

     

    Rien n’est décidé.

     

    Le gouffre béant, le trou noir dont rien ne sort attendent leur heure, enfantés par le libéralisme économique qui dévaste la biosphère et avilit l’humain en un être cupide, avec altération du climat, surpopulation, disparition de la biodiversité, libération des pulsions de mort.

     

    Selon les jours et vos interlocuteurs, vous opterez pour la marche vers la lumière ou pour celle à l’abîme.

     

    Mais n’oublions pas que si l’humanité s’anéantissait, cela ne ferait pas frissonner le cosmos*.

     

    Gérard CHAROLLOIS

    CONVENTION VIE ET NATURE

    MOUVEMENT D’ECOLOGIE ETHIQUE ET RADICALE

    POUR LE RESPECT DES ÊTRES VIVANTS ET DES ÉQUILIBRES NATURELS

    www.ecologie-radicale.org

     

    * Sinon de joie ?... (note personnelle)

  • Tous végans ! (?)

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    Faut-il s'en réjouir ou, au contraire, s'en effrayer ? À moins qu'il ne faille, en ce domaine comme en tant d'autres, en rire...

     

    Depuis quelque temps, une véritable épidémie de véganisme s'est abattue sur nos "people" : plus un qui ne soit épargné par ce virus aussi subit qu'indomptable. Partout s'affichent des "stars" grandiloquentes qui signent des tribunes dans les plus grands journaux et nous racontent par le menu combien le véganisme est l'avenir du monde et à quel point elles sont éclairées et ont tout compris avant tout le monde.

     

    L'époque n'est pourtant pas si lointaine où, loin des projecteurs et des effets de mode, les végans (les vrais) essuyaient les railleries des médias et autres personnalités du petit et du grand écran...

     

    Plus inquiétant encore : ces végans auto-déclarés le sont-ils vraiment ? Ne sont-ils pas plutôt des flexitariens, voire des omnivores bon teint surfant sur la nouvelle mode du véganisme comme d'autres sur celle des selfies (en écho au titre de cet article de Télé 7 Jours que m'a transmis un ami : "Selfies, véganisme : faut-il céder aux dernières modes ?") ?...

     

    Rien de nouveau sous le soleil décidément : les modes se succèdent mais l'humanité demeure (et les animaux passent à la trappe).

  • "JE SUIS ABOLITIONNISTE !", par Marc Vincent (Vegan.fr)

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    On rencontre de plus en plus de végan-e-s qui se disent abolitionnistes. Il suffit par exemple d’aller sur Facebook pour voir fleurir des dizaines de groupes de “veggies” qui se revendiquent abolitionnistes.

    Le problème, c’est que parmi toutes ces personnes, très peu le sont vraiment.

    Pourquoi ?

    La réponse est simple : elles n’ont pas la bonne définition de ce qu’est un-e abolitionniste.

    Et le problème de fond, que nous trouvons très inquiétant chez Vegan.fr, pourrait être présenté ainsi : “Pour ces végan-e-s, être abolitionniste se résume à être pour l’abolition de l’exploitation animale”.

    En effet, beaucoup de personnes pensent que le simple fait d’être végan-e et de vouloir la fin de l’exploitation animale suffit à se revendiquer abolitionniste.

    Sauf que c’est faux.

    Pour bien comprendre il faut remettre les choses dans l’ordre, revenir un peu en arrière et retracer l’arrivée de cet adjectif dans le mouvement animaliste.

    Un peu d’histoire et de définitions

    L’adjectif “abolitionniste” dans le contexte animaliste a été inventé à la fin des années 90 par Gary L. Francione. Qui doit maintenant être assez connu des végan-e-s.

    Même si la date précise n’est pas facile à identifier, on voit les prémisses de cet adjectif vers 1996, soit il y a plus de 20 ans ! , lors de la sortie de l’un de ses livres les plus importants : Rain Without Thunder.

    C’est à travers ce livre que le mouvement animaliste a été pour la première fois analysé en profondeur. On constate d’ailleurs qu’il n’a (malheureusement) pas beaucoup évolué depuis.

    On y retrouve/découvre :

    Les welfaristes : qui veulent changer les traitements infligés aux animaux non-humains.

    Les néo-welfaristes : qui, bien que voulant mettre fin à l’exploitation animale, considèrent les réformes de bien-être ou les campagnes ciblées sur une forme d’exploitation comme des moyens d’arriver à leurs fins. C’est derrière ce terme que l’on retrouve la très grande majorité des associations animalistes françaises.

    Et les abolitionnistes : qui veulent mettre fin au statut de propriété des animaux non-humains et à l’utilisation des animaux non-humains par l’homme.

    En ce temps-là, Francione parlait de “rightists” plutôt que d’”abolitionists”, mais ce n’est que quelques années plus tard, en se rendant compte que les droits des animaux ne voulaient plus rien dire qu’il a préféré nommer son approche, l’approche abolitionniste pour bien se démarquer des néo-welfaristes qui utilisaient “droits des animaux” en toute occasion. Les partisans de cette approche étant bien entendu appelés…les abolitionnistes.

    Donc un-e abolitionniste est une personne qui adhère à l’approche abolitionniste. Mais quelle est donc cette approche, quels en sont les prérequis ? Qu’est-ce qu’implique le fait de se dire abolitionniste ?

    L’approche abolitionniste

    Francione définit son approche selon 6 principes :

    Principe 1 : Les abolitionnistes soutiennent que tous les êtres sensibles, humains ou nonhumains, ont un droit : le droit fondamental de ne pas être traités par d’autres comme leur propriété.

    Principe 2 : La reconnaissance de ce seul droit fondamental signifie que nous devons abolir, et non pas seulement réglementer, l’exploitation animale institutionnalisée. Les abolitionnistes ne soutiennent pas les campagnes réformistes ni les campagnes ciblées sur une forme d’exploitation animale.

    Principe 3 : Le véganisme est un impératif moral fondamental. L’éducation créative et non-violente au véganisme doit constituer la base même du mouvement pour les Droits des Animaux.

    Principe 4 : L’Approche Abolitionniste lie le statut moral des animaux uniquement à la sentience et à aucune autre caractéristique cognitive ; tous les êtres sentients ont un droit égal à ne pas être utilisés comme ressources.

    Principe 5 : Tout comme nous rejetons le racisme, le sexisme, la discrimination en fonction de l’âge et l’homophobie, nous rejetons le spécisme. L’espèce à laquelle appartient un être sensible n’est pas une raison permettant de lui refuser la protection offerte par ses droits fondamentaux, pas plus que la race, le sexe, l’âge ou l’orientation sexuelle ne sont des raisons d’exclure d’autres humains de la communauté morale.

    Principe 6 : Nous considérons le principe de la non-violence comme un principe fondamental du mouvement pour les droits des animaux.

    Nous avons insisté sur la dernière phrase du Principe 2, car elle nous paraît être ce qu’il y a de plus important ici. Elle révèle aussi toute cette confusion que l’on peut voir avec l’adjectif abolitionniste.

    C’est écrit très clairement : une personne ne peut pas se dire abolitionniste et en même temps soutenir ou participer à des campagnes welfaristes, mais elle ne peut non plus se dire abolitionniste et en même temps soutenir ou participer à des campagnes ciblées sur une forme d’exploitation en particulier. Et ce, même si cette campagne demande l’abolition d’une forme d’exploitation (corrida, fourrure, expérimentation animale, viande, etc.)

    Il est très important de faire la différence entre une personne qui se dit abolitionniste de la corrida par exemple, et une personne qui se dit abolitionniste. La première se définira ainsi uniquement dans le contexte “corrida”, la seconde dans le contexte animaliste dans sa globalité. Nous trouvons donc plus logique que l’adjectif abolitionniste fasse par défaut référence à ce dernier cas.

    Il est aussi important de bien définir tous ces termes, ceci afin d’éviter d’en arriver à des discours publics erronés comme on a pu le voir récemment :

    caron_jesuisabo

    Sur la même page Twitter :
    caron_admiratif_l214Ou directement sur le site de L214 :
    caron_l214

    Il est, nous l’espérons, clair pour tout le monde que L214 est une association néo-welfariste.

    Donc peut-être qu'Aymeric Caron n’est pas welfariste, mais en soutenant L214, il n’est pas non plus abolitionniste.

    Ce même Aymeric Caron qui dans une interview à la télévision pour son nouveau livre nous fait comprendre qu’il n’y a pas de problème à consommer des sous-produits animaux tant que ces derniers sont bien traités et ne sont pas tués. Tout en profitant pour insister sur les traitements infligés aux poules pondeuses et aux vaches laitières.

    Rien à voir donc avec un discours abolitionniste qui se focaliserait sur l’utilisation des animaux non-humains plutôt que sur leur traitement.

    “L’antispécisme déroute parfois les journalistes”, mais l’abolitionnisme peut lui aussi dérouter les végans.

    En résumé :

    • Être abolitionniste ce n’est pas juste être pour l’abolition de l’exploitation animale, c’est se revendiquer de l’approche abolitionniste, qui a été créée pour se démarquer des stratégies welfaristes et néo-welfaristes.
    • Soutenir ou participer à des actions welfaristes ou à des campagnes ciblées sur une forme d’exploitation en particulier est incompatible avec l’approche abolitionniste.

    Quelques liens :

    En résumé :

    • Être abolitionniste ce n’est pas juste être pour l’abolition de l’exploitation animale, c’est se revendiquer de l’approche abolitionniste, qui a été créée pour se démarquer des stratégies welfaristes et néo-welfaristes.
    • Soutenir ou participer à des actions welfaristes ou à des campagnes ciblées sur une forme d’exploitation en particulier est incompatible avec l’approche abolitionniste.

    Quelques liens :

    Marc pour Vegan.fr

    http://vegan.fr/2016/05/08/je-suis-abolitionniste/

  • Et pourtant, l'humanité persiste et signe...

  • COP21 : l'hypocrisie humaine à son comble

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    MARRE de voir tous ces hypocrites à la télévision et dans la société parler au nom d'une planète qui meurt par leur faute.

    CAR : combien de végans parmi eux (rappelons que l'élevage est l'une des principales causes du réchauffement climatique) ?

    Combien parmi eux ont pris la décision de ne PAS faire d'enfants (7,5 milliards de pollueurs et d'assassins d'animaux, combien demain ?) ?...

    ENGAGEZ-VOUS VRAIMENT, arrêtez de blablater.

  • Un pavé dans le silence : "Introduction aux droits des animaux" de Gary L. Francione (Âge d'Homme, janvier 2015)

    Un classique de la littérature sur les droits des animaux vient de paraître à l'Âge d'Homme, et aucun - je dis bien AUCUN - critique ou journaliste n'en a parlé dans les médias.

    Est-ce la preuve de l'impéritie de la profession critique et journalistique ?

    Certainement.

    Il est absolument honteux de constater que les piètres livres de "célébrités" médiatiques telles que Franz-Olivier Giebert soient plébiscités et longuement présentés dans les colonnes des journaux et au cours d'innombrables émissions de télévision et de radio, et que le classique de Gary L. Francione, l'un des théoriciens des droits des animaux les plus mondialement connus et respectés, inventeur de la théorie végane abolitionniste (la seule en vérité qui garantisse aux animaux leurs droits fondamentaux et la fin de leur exploitation), paraisse dans le silence le plus total.

    Trop révolutionnaire pour être cité ?

    Ou tout simplement écrit par quelqu'un qui n'est pas connu d'un landerneau médiatique ignare et paresseux ?...

    Gary L. Francione, Introduction aux droits des animaux

    Parution : Âge d'Homme, Collection V, janvier 2015.

    390 p.

    http://www.lagedhomme.com/boutique/fiche_produit.cfm?ref=978-2-8251-4470-1&type=47&code_lg=lg_fr&num=0

  • "Arbres en péril" (Politis)

    Photo : LUDOVIC MARIN / AFP

    Au nom de la sécurité routière, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve envisage d’abattre les platanes et peupliers plantés le long de nos routes.

    Une attaque contre la nature et les paysages.

    PETITION : https://www.change.org/p/segolene-royal-contre-l-abattage-des-arbres-en-bordure-des-routes-de-france-luttons-contre-cette-atteinte-au-patrimoine-naturel-de-ce-pays-renforcez-la-pr%C3%A9vention-la-r%C3%A9pression-et-faites-appliquer-la-loi-par-vos-fonctionnaires-ce-sera-plus-cher

    Quand les arbres menacent les voitures. Parmi les mesures (alcoolémie, téléphones portables, limitations de vitesse…) décidées par le gouvernement pour tenter d’améliorer la sécurité routière, une annonce a peu suscité l’intérêt des médias.

    Elle risque pourtant de remettre en cause le paysage français.

    Instructions vont en effet être données aux préfets de dresser rapidement une liste exhaustive des arbres d’alignement « situés trop près des routes ».

    Explications : les voitures sortant de leur trajectoire se heurtent trop souvent à ces arbres, accroissant paraît-il le nombre des morts et des blessés ; car il est bien connu que la plupart des véhicules sont largement moins solides que les platanes ou les peupliers.

    Pourtant, le ministère de l’Intérieur ne fournit aucun chiffre à l’appui de sa décision.

    Sans doute parce que sur les bords des routes existent des milliers d’autres obstacles sur lesquels une voiture peut s’écraser.

    Cela fait des années que des élus locaux ou régionaux militent contre les arbres qui ombragent les routes, soit des ex-nationales, soit des voies secondaires.

    Des arbres d’alignement dont la présence remonte au XIXe siècle ou aux années 1930, bien que de nombreuses plantations aient été effectuées après la dernière guerre.

    C’est dans le sud de la France et dans la région Centre, notamment dans le Loiret, que des présidents de conseil général sont en pointe dans la lutte contre les arbres, profitant de l’émotion liée à un accident ou de la réfection d’une route, pour couper tous ces intrus en dépit des protestations des associations.

    Ils transforment ainsi des voies agréables en déserts propices à la vitesse.

    Effets positifs des plantations

    Chantal Pradines, experte auprès du Conseil de l’Europe sur les questions de paysage, travaille et milite depuis des années contre ces massacres.

    Dans une note adressée en juillet 2014 aux parlementaires français, elle explique notamment :

    « Diverses études ont mis en évidence l’effet positif des arbres pour la sécurité routière. Cet effet positif, lié notamment à leur capacité à signaler efficacement les virages, carrefours, entrées d’agglomération et à rendre la vitesse perceptible par le défilement des arbres, a également été mis en relation avec leur caractère esthétique. Il se traduit par un abaissement significatif de la vitesse et une prudence accrue (…) la question de la sécurité routière peut et doit donc se traiter autrement que par des mesures concernant les arbres. »

    Dans ses différentes études, Chantal Pradines, comme de nombreux protecteurs de la nature et des paysages, rappelle qu’il est tout à fait possible de protéger les automobilistes imprudents en posant des rails de sécurité devant les alignements.

    Tous signalent également que des pays comme la Suède, le Luxembourg, l’Allemagne, la République tchèque ou la Grande-Bretagne ont placé les arbres d’alignement sous la protection de la loi pour leur rôle écologique, paysager ou culturel.

    Comblons les fossés !

    Mais, en dehors de leur obsession sécuritaire infondée, il existe une autre raison qui incite les élus locaux et le ministre à « dégager » ces arbres : cela libèrerait de la place pour enfouir des réseaux de fibres optiques le long des routes sans empiéter sur les terres agricoles que les opérateurs devraient acheter sur des milliers de kilomètres, alors que l’opération est impossible à réaliser dans les systèmes racinaires des plantations.

    Il ne reste plus aux élus obsédés qu’à faire retirer de la proximité des routes les poteaux indicateurs, les pylônes électriques ou téléphoniques et évidement les habitations.

    Sans oublier de combler les fossés dans lesquels les voitures peuvent se renverser.

    Mais ni eux, ni le ministre de l’Intérieur ne semblent avoir pensé que c’est la vitesse qui est en cause, pas les arbres.

    Car il est très rare que ces derniers sautent brusquement au milieu des routes…

    http://www.politis.fr/Arbres-en-peril,29880.html

  • Quand l’idée du voile faisait éclater de rire des musulmans…


    Le Caire, 1953.

    Nasser et son auditoire s’esclaffent devant cette revendication des Frères musulmans : « rendre obligatoire le port du voile ».

    Scène et propos devenus inimaginables aujourd’hui.

    Y compris à Paris.

  • "Le dieu pétrole dévore le Canada", Nancy Huston (Le Monde)

    Je suis chez moi, et hors de moi. En encourageant le développement à outrance des industries pétrolières de l'Alberta, Stephen Harper, le premier ministre canadien, met l'humanité en péril. L'humanité de ma province natale, et l'humanité tout court.

    Pour l'instant, peu de Français le savent : l'extraction du bitume des sables dans l'ouest du Canada est l'entreprise humaine la plus importante de la Terre. Le potentiel pétrolier de ces sables est estimé à 2 500 milliards de barils, assez pour nous nourrir en or noir, au rythme insensé où nous le consommons, pendant encore deux siècles et demi.

    La façon de nommer ce site vous oblige déjà à vous en montrer solidaire : la majorité des Albertains a adopté le terme officiel de sables pétroliers ; seuls les écolos persistent à les appeler sables bitumineux. Mais ce que l'on extrait des sables, grâce à différentes techniques coûteuses en énergie et polluantes, est bel est bien du bitume ; pour transformer en pétrole cette substance gluante, puante et corrosive, il faut l'acheminer jusqu'à des raffineries en Chine, au Texas ou au Québec par des oléoducs follement chers et forcément fuyants.

    UN DÉLIRE DE DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL

    Utilisées par les Amérindiens pour colmater leurs canoës, appréciées dès la découverte de ces terres par les Européens au XVIIIe siècle, exploitées à une échelle modeste dès les années 1970, ces vastes réserves ont déclenché depuis 2000 un délire de développement industriel. Des dizaines de compagnies s'arrachent des parts du gâteau. La population de Fort McMurray, son épicentre, a décuplé en quinze ans, et ce sans compter les dizaines de milliers d'hommes concentrés dans des camps de travail.

    « Vous avez entendu parler des effets de la crise de 2008 au Canada ? », nous demande le jeune Marocain qui, dans un centre commercial à Fort McMurray, tient avec quelques amis libanais le… Havana Café. Il pose devant une photo du Che et fait mine d'allumer un cigare cubain. « Pas de crise ici ! » Lui-même vit à « Fort McMoney » depuis sept ans et ne se voit pas rentrer de sitôt : comment trouver au Maroc un emploi rémunéré 14 euros de l'heure ?

    Pendant l'hiver aussi rigoureux qu'interminable sous ces latitudes (de septembre à avril), la température descend souvent à – 50 oC. Nous sommes au mois de juin, un des rares mois à peu près cléments de l'année, ce sont des jours de semaine, en pleine période scolaire… Or les rues de Fort McMurray restent désertes. Cent enfants naissent ici chaque mois, mais ils voyagent apparemment en voiture comme tout le monde, car on a beau sillonner la ville, on ne voit ni poussette ni vélo, encore moins de jeunes piétons…

    La comparaison avec la ruée vers l'or est galvaudée, mais juste : les gens viennent de loin pour vite s'enrichir. Tous les accoutrements de l'humanité sont là, mais il manque son essence : un certain don pour vivre ensemble. Certes, on peut trouver partout en Amérique du Nord, se jouxtant dans un même centre commercial, de mauvais restaurants chinois, mexicains, italiens, des supermarchés, stations d'essence et laveries automatiques ; le problème, c'est qu'ici, outre les maisons plus ou moins cossues, à pelouse parfaite et à garage géant, la ville semble ne comporter que des centres d'achat, émaillés de quelques hôtels et banques. Un « centre culturel » vient d'être échafaudé sur une île au milieu de la rivière Athabasca qui sillonne la région ; toutes les distractions y sont réunies : terrains de foot, piscines, bibliothèques, gymnases, pistes d'athlétisme…

    « BIG IS BEAUTIFUL »

    L'omniprésence de mots positifs souligne cette absence grave de communauté. Be Unique (« soyez unique ») ! hurlent des panneaux d'affichage. Moineaux ! Aurores boréales ! Les mots bucoliques compensent la destruction massive de la nature. Sommet ! Quête ! Eden pur ! Les noms de marque exaltants démentent la bassesse irréparable de ce qui se passe ici, un viol de la terre qui empoisonne l'eau et l'air de manière irréversible. La nourriture est grasse et sucrée, indigérable… et coûteuse. Atmosphère ! Feeling ! La malbaise est à l'image de la malbouffe, ce que reflète le taux record de syphilis à Fort McMurray. Comme partout où les hommes se trouvent en surnombre et seuls, les femmes économiquement désavantagées viennent à la rescousse : l'annuaire propose dix pages de services d'escorte ; un site Internet contient deux mille petites annonces d'hommes, précisant brutalement les prestations sexuelles recherchées ; les couloirs de l'université sont vides, les librairies aussi ; en revanche, la boîte de nuit où les « girls » se succèdent comme strip-teaseuses, avant de s'éclipser avec les clients pour une brève étreinte tarifée, est le seul lieu où, chaque soir, il y a foule.

    Le maître mot à Fort McMoney est big. Oublié le small is beautiful (« le beau est dans le petit ») des années 1970. Désormais, big is beautiful. Les camions, grues et autres engins sont les symboles sacrés de l'humanité inhumaine qui circule ici. Ils s'affichent sur les calendriers, dans les bureaux et magasins, véritables icônes religieuses et sexuelles qui remplacent tant la Vierge Marie que la pin-up. Ils incarnent tous les fantasmes de puissance. Le mâle humain sans les faiblesses de l'humanité. L'écologie, c'est pour les femmelettes. Grosses cylindrées, plastiques, ordures non triées, après nous le déluge.

    How big is it ? (« c'est grand comment ? ») demande, en une litanie lancinante, le film diffusé au « Centre de découverte des sables pétroliers » de Fort McMurray. On vous souffle la question : du coup, vous désirez la réponse, et ne songez pas à poser d'autres questions. Les camions fabriqués pour cette industrie sont les plus grands du monde, grands comme un immeuble de deux étages, si grands qu'il faut les assembler sur place, car les autoroutes ne peuvent les supporter, ils écrasent un pick-up sans même s'en apercevoir… How big is it ? Difficile de ne pas penser aux concours de garçons dans les vestiaires. Le nec plus ultra, c'est le camion 797-LNG. En grimpant dans le car touristique pour visiter les installations pétrolières, on se surprend à espérer qu'on va pouvoir en apercevoir au moins un. Un peu comme la baleine blanche que recherche le capitaine Achab dans Moby Dick.

    Deux heures après la fin de la visite, nous montons dans un avion qui nous conduit à Fort Chipewyan, village amérindien à l'embouchure du fleuve Athabasca où se déversent les déchets des compagnies pétrolières. Nous survolons l'ensemble des installations, qui couvrent un territoire grand comme l'Etat de la Floride. Nous voyons des bassins de rétention d'eaux polluées, cent fois plus grands que ceux que l'on nous avait montrés pendant la visite, cette fois sans le moindre épouvantail ni canon pour empêcher les oiseaux de venir s'y intoxiquer.

    Arrivés à Fort Chipewyan, nous trouvons un village silencieux, beau et moribond. Les poissons sont difformes, cancers et maladies respiratoires font des ravages. Mais tous les hommes travaillent ou ont travaillé pour les compagnies pétrolières, car il n'y a pas d'autre employeur.

    L'AVENIR DE L'HUMANITÉ EN JEU

    A chaque instant du périple touristique, je pensais aux « villages Potemkine » en carton-pâte, montrés à l'impératrice Catherine II pendant sa visite de la Crimée en 1787, pour lui dissimuler la pauvreté du pays. Je pense aux usines modèles présentées à Sartre et à Beauvoir pendant leurs visites de l'Union soviétique dans les années 1950, pour émousser leur curiosité au sujet des goulags. Je pensais à Terezin, le camp modèle près de Prague, où l'on amenait les visiteurs de la Croix-Rouge pour les rassurer quant au sort des juifs, des Polonais et des communistes déportés par les nazis.

    On pourrait estimer exagéré, voire absurde de comparer l'exploitation des sables bitumineux albertains aux scandales du régime tsariste dans la Russie du XIXe siècle, sans parler des projets d'extermination nazis ou soviétiques. Mais ce n'est pas exagéré, car c'est bel et bien l'avenir de l'espèce humaine sur Terre qui se joue ici. Cette exploitation pétrolière en Alberta est déjà responsable des deux tiers des émissions de gaz à effet de serre de tout le Canada, et son expansion est incessante.

    C'est à cause d'elles que le Canada refuse de signer le protocole de Kyoto, à cause d'elles que M. Harper insiste pour supprimer, d'une directive européenne, la clause exigeant que les raffineurs rapportent les niveaux de CO2 émis par leur production (107 g pour les sables bitumineux, par contraste avec 93,2 pour le brut conventionnel). Selon toutes les prévisions sérieuses, si le président Obama approuve la construction de l'oléoduc Keystone XL qui doit relier l'Alberta au Texas et qui rencontre une vive opposition, la quantité de gaz à effet de serre lâchée dans l'atmosphère fera grimper la température de la Terre d'encore un demi-degré. Mais M. Obama lui-même a été élu grâce au dieu pétrole, et on ne lui permettra jamais de l'oublier.

    « Quand les gens perdent leur énergie créative, dit l'ami métis québecois qui m'accompagne dans ce voyage, ils préfèrent se laisser manipuler. » C'est ce que je constate en ce moment dans mon Alberta natal, jour après jour. Et c'est gravissime.

    Nancy Huston

    Ecrivaine

    En savoir plus sur : http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/06/14/le-dieu-petrole-devore-le-canada-par-nancy-huston_4438049_3232.html#SeXHcVRu6LTFxMPB.99
  • "Après la photo sans femmes, la photo sans hommes"

    « Un journal féministe efface les dirigeants masculins sur la photo de la marche de Paris »

    Waterford

    C'est le clin d'oeil du site satirique irlandais Waterford Whispers sur sa page Facebook.

    Ne restent sur l'image, dans une rue vide, que la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères Federica Mogherini, la maire de Paris Anne Hidalgo et la chancelière allemande Angela Merkel.

    Un drôle de contrepoint à ce journal ultraorthodoxe istraélien qui avait effacé les femmes politiques participant à la marche du 11 janvier (Voir : Je suis ciseaux).

    Une façon, aussi, de démontrer par l'absurde à quel point le cénacle des dirigeants mondiaux est masculin...

    http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/49-ca-fait-du-bien/4147-apres-la-photo-sans-femmes-la-photo-sans-hommes

  • "Nous sommes tous des charlots", Nicolas-Jean Brehon (Le Monde)

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    Par Nicolas-Jean Brehon, initiateur du parcours du « Paris arabe historique »

    Nous sommes tous des Charlie ? Ah oui, vraiment ? Personne n’est Charlie. Charlie avait une audace, une irrévérence, une liberté dont j’use et abuse aujourd’hui, mais dont personne n’est à la hauteur. Car si c’était le cas, toute la presse, nationale, européenne, mondiale, devrait publier les fameuses caricatures qui, sans nul doute, ont été à l’origine de la vengeance meurtrière. Mais qui osera ?

    Certes, on va tous se réunir pour une minute de silence, on va tous porter notre badge Je suis Charlie. Le fameux soir, des textos circulaient pour mettre des bougies aux fenêtres. Mêmes les Américains sont des Parisiens, pour l’heure, et les symboles de cette bonne conscience hypocrite, en publiant des dessins floutés. Ces gestes de compassion ne doivent pas faire illusion. Non seulement, Charlie a été lâché par de nombreux politiques, en son temps, mais, demain, qui osera dire, écrire, dessiner comme ces assassinés ? Maintenant que tout le monde sait que le premier qui le fait sera buté. Un jour. Même dix ans après.

    Ce n’est pas faire d’amalgame que dire qu’il existe un terrorisme islamique. C’est au contraire faire le partage entre le bon grain et l’ivraie, entre les hommes de bonne volonté et l’ivresse religieuse. J’espère faire partie des premiers. Mais j’ai peur.

    Qui dira les mots ?

    Peur de la terreur bien sûr, mais peur de nos faiblesses surtout. Tellement limpides à l’examen des propos convenus des officiels. « Acte terroriste », « Neutraliser les criminels », qui relèvent de la psychiatrie, ajoutent même certains. L’affaire est traitée comme s’il s’agissait d’une attaque de bijouterie ou d’un attentat dans la rue, voire d’une maladie mentale. Alors qu’il s’agit d’une explosion d’un pilier de la démocratie. Il faut voir les choses en face. Seul Philippe Val, l’ancien patron de Charlie Hebdo, a eu les mots justes sur BFM : « Il faut apprendre à ne plus parler de la même façon de tout ça. »

    Mais qui dira les mots ? Qui redessinera ? Puisque la terreur, ou pire, l’auto-contrôle, s’est imposée dans nos têtes. Il y a deux façons de lire cet événement. L’intellectuelle et la déjantée.

    La liberté de la presse est au fronton de la Déclaration des droits de l’homme de 1789. Elle a été assassinée en 2015. Le 7 janvier 2015 à 11 h 28. A cette heure, des Français ont tué ce que la France de 1789 avait su créer. Les auteurs du massacre avaient sans doute d’autres lumières en tête et avaient pour ressort un sens du sacré qui fait leur folie mais aussi leur force. Face à une société qui n’en a plus.

    Et puis, il y a la façon Charlie. Cette tuerie a été commise par des pieds nickelés grotesques qui n’ont aucune idée de ce que veut dire la liberté de la presse. Grotesques – qui perdent leur carte d’identité ! – d’identité ? – mais armés. Rien à faire ce matin, tiens, si on allait buter Cabu ?

    Une idée pour conclure, : changer le nom de la rue Nicolas-Appert en rue Cabu ou en rue Charlie-Hebdo. Un nom de rue, ça conserve.

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/10/nous-sommes-tous-des-charlots_4553569_3232.html#P8RLytG0zo5E8syZ.99
  • "Un Mai 68 de la sensibilité ", Jacques Julliard (Le Monde)

    A Paris le 11 janvier.

    Par Jacques Julliard

    Wolinski se serait largement esclaffé si on lui avait dit que les cloches de Notre-Dame sonneraient le glas à l’annonce de sa mort.

    Cabu se serait étranglé de rire à l’idée que tous les beaufs de France s’apprêtaient à lui rendre un hommage éploré.

    Charb aurait crié au fou si on lui avait annoncé que le président de la République viendrait saluer sa dépouille mortelle.

    Tignous aurait cligné des deux yeux s’il avait appris que Le Figaro allait lui consacrer sa « une ».

    Et Bernard Maris serait demeuré ahuri de voir son ami Michel Houellebecq traîné au banc d’infamie d’« islamophobie », comme hier Charlie Hebdo, pour des raisons semblables.

    Tous auraient pris pour une blague de potache l’unanimité qui se fait aujourd’hui autour d’eux chez les bien-pensants de tous bords. Autrement dit, il faut saluer ces martyrs du journalisme, dans l’esprit qui fut toujours le leur, jusque dans la mort, et se rappeler que l’humour est le nom de presse de la liberté.

    Que s’est-il donc passé ? Une chose toute simple, mais à la vérité fort inattendue : tout d’un coup, les Français en ont eu assez de se déprécier et de se mépriser. Ils n’en pouvaient plus de cette autodérision qui depuis quelque temps leur tenait lieu de lucidité et les dispensait de courage. Le hasard, ou si l’on veut le destin, qui, lui, ne manque jamais d’humour, leur offrit, pour célébrer leur bonne conscience retrouvée, l’holocauste de l’équipe qui depuis si longtemps symbolisait la mauvaise ; et, pour en finir avec l’autodérision qui les minait, d’exalter le journal satirique dont c’était la raison d’être. Oui, c’est l’actualité elle-même qui depuis mercredi a pris la forme d’une « une » de Charlie Hebdo et transformé le « bal tragique à Colombey » en un Grand-Guignol sanglant dans le 11e arrondissement.

    Dans une nasse hermétique

    Il n’est pas jusqu’à la valse-hésitation autour de Marine Le Pen, invitée à l’Elysée, mais non au cortège, qui ne souligne l’ambiguïté essentielle de l’événement : pour dénoncer dimanche 11 janvier le djihadisme et le terrorisme, c’est-à-dire l’intolérance, on se voit acculé à en exclure celle et ceux qui s’en font chaque jour les dénonciateurs professionnels et intéressés. Les partis politiques se sont mis, à leur corps défendant, dans une nasse hermétique : ou bien, en acceptant Marine Le Pen, ils lui confèrent la respectabilité républicaine qui lui manque ; ou bien, en la récusant, ils font d’elle la victime de l’intolérance.

    Qu’est-ce à dire ? Que les partis, tous les partis, du Front national au Front de gauche en passant par l’arc gouvernemental en entier, sont rigoureusement incapables de percevoir, de véhiculer ou de gérer tout changement brusque dans la sensibilité populaire. La France avait déjà connu cela en Mai 68, où, du jour au lendemain, les plus grands des partis se trouvèrent moins influents que le plus petit des groupuscules, et se trouvèrent soudain dépossédés de toute autorité sociale. A la question piège de la participation ou non-participation du Front national, il n’y a qu’une réponse républicaine : c’est le peuple qui défile, et non pas les partis : ceux-ci ne sont pas chargés d’encarter les émotions.

    J’ai parlé de Mai 68. Au vu et au su de ce qui se passe depuis quelques jours, c’est bien à quelque chose d’analogue que nous assistons : des inconnus se parlent, se prennent par la main, se donnent rendez-vous, se rassemblent spontanément. Des gens réputés indifférents aux affaires publiques prennent la parole… et la gardent. La parole politique échappe à ses professionnels et envahit la rue, charriant avec elle la bassesse et le sublime, l’ineptie et l’intelligence, le sursaut du courage et les infiltrations de la trouille.

    Carnavals de la parole

    La France est une grande abonnée à ces carnavals de la parole, à ces saturnales de la politique, où tous les signes, tous les symboles se trouvent inversés pour un temps limité. On a connu cela en Mai 68, en mai 1936, en février 1848, en mai 1789, et auparavant dans ces mouvements de foule que l’Ancien Régime appelait justement « les émotions populaires ». La France est l’ennemie des progressions uniformes et la championne des mutations brusques. Qu’en subsistera-t-il à plus long terme, quand se produira le reflux de la parole ? Sans doute une prise plus directe sur les problèmes que la classe politique met toute son étude à escamoter.

    D’abord, au-delà des émotions, du sang-froid, un refus de l’amalgame. Faire porter sur la communauté musulmane le poids de la responsabilité collective du terrorisme serait une grande erreur et un grand crime : il semble que presque tout le monde l’ait compris. Ensuite une approche plus directe du problème que les politiciens s’efforcent de dissimuler comme les réalités du sexe à l’ère victorienne. Car enfin, c’est parmi les musulmans que se recrutent les islamistes. De sorte qu’il n’y a pas de solution à la question du terrorisme sans une participation active de l’ensemble des musulmans. Nous sommes engagés dans une lutte de longue haleine, que les djihadistes conçoivent comme une guerre inexpiable à l’Occident et à ses valeurs. Ne disons pas trop vite « plus jamais ça » ! Il y aura, hélas, d’autres « ça ». Nous l’avons vu dans cet autre épisode tragique où une policière et des otages ont péri, victimes d’une rage meurtrière qui décourage toute interprétation rationnelle. Chaque mois, chaque semaine, la police déjoue des projets d’attentat de plus ou moins grande ampleur. Sans la collaboration active de l’ensemble des musulmans français, la démocratie française sera exposée demain à des risques considérables.

    Il y faudra aussi du courage. Les journalistes de Charlie Hebdo étaient non seulement des hommes de l’humour, mais des hommes du courage. L’intolérance islamiste, ils l’ont appelée par son nom. Faute de l’avoir fait assez clairement, nous portons tous une part de responsabilité dans leur mort. Ils se sont battus seuls. Ils sont morts seuls. La France réussit très bien les grands enterrements en forme de repentance tardive. S’il est une tradition qu’on voudrait voir abandonnée, c’est bien celle-là.

    Journaliste et écrivain, Jacques Julliard a notamment publié La Gauche et le Peuple, avec Jean-Claude Michéa, Flammarion, 2014

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/10/un-mai-68-de-la-sensibilite_4553567_3232.html#BBGkI6fCv9me4pll.99
  • Lé 7 janvier 2015, la cause animale a perdu quelques-uns de ses plus fidèles défenseurs

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  • Gloire à nos illustres pionniers !

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    Charlie Hebdo est mort parce qu'il incarnait cet esprit de résistance, cet esprit de fronde qui fait tant défaut aux médias actuels, tous soumis à la loi du spectacle et du politiquement correct.
     
    Charlie est mort de ne pas avoir été soutenu par bon nombre de politiques et de journalistes français, il y a deux ans, au moment des caricatures.
     
    Charlie est mort pour avoir osé être libre dans sa parole et sa pensée, pour avoir osé se foutre publiquement des culs-bénis mahométans, les frères jumeaux de nos propres réactionnaires catho-fachos si haïs par la gauche - cette gauche qui a soutenu pourtant les réactionnaires islamo-fachos au nom de l'Autre sacralisé et de l'antiracisme dévoyé.
     
    Nous payons aujourd'hui, et paierons demain, le prix d'un tel soutien naïf et aveugle au pire, à très large échelle.
     
    Charlie est mort.
     
    Vive Charlie !
     
    Méryl Pinque
     
  • Où l'humanité passe, le monde trépasse

    As Many As 690 Species Went Extinct This Week

    690 espèces animales viennent de disparaître cette semaine !

    Selon la revue Nature, les menaces qui pèsent sur la faune du monde entier sont bien pires que ce que nous pensions ! Entre 500 et 36 000 espèces pourraient disparaître chaque année (ou 10 à 690 par semaine).

    Jusqu'à 26 % des espèces de mammifères, 13% des espèces d'oiseaux et 41% des espèces d'amphibiens sont classées comme «menacées» d'extinction par l'Union internationale pour la conservation de la nature.

    Et ici, on ne tient pas compte des espèces que nous n'avons pas encore découvertes.

    La planète a déjà connu 5 extinctions de masse (ce qui correspondait à l'extinction de 75% des espèces existantes à ces moments). Au taux auquel les espèces disparaissent à l'heure actuelle, nous pourrions enregistrer une sixième extinction de masse d'ici 2100.

    Étonnamment, le changement climatique n'est pas la menace majeure. La disparition des espèces est due pour 37% à la surexploitation (chasse et pêche), pour 31% à la dégradation des habitats, et seulement pour 13% à la perte d'habitat. Le changement climatique ne représente que 7 % des menaces totales, mais pourrait jouer un rôle plus important s'il continue à s'aggraver. Au cours des 40 dernières années, nous avons tué la moitié de toutes les espèces sauvages.

    Si nous voulons inverser cette tendance, ce ne seront pas des demi-mesures qui nous sauveront de cette situation de quasi non-retour.

    IL EST PLUS QUE TEMPS D'AGIR.

    Written by Brittany Greenquist

    The journal Nature just published an in-depth look at the threats faced by wildlife around the globe. It seems what we thought was bad is even worse. Estimates suggest that somewhere between 500 and 36,000 species could disappear each year (or 10 to 690 a week).

    While that number spans a large gap, even at the lowest end of the spectrum it’s an ugly picture. It’s further complicated by the fact that the information covers 1.7 million species — so assessing individual threats is virtually impossible.

    1

    What is made clear is that up to 26 percent of mammal species, 13 percent of bird species and 41 percent of amphibian species are listed as “threatened” with extinction by the International Union for Conservation of Nature.

    And that doesn’t even take into account the creatures we haven’t yet discovered. It’s predicted that anywhere from two million to 11 million animals species exist undetected. This is likely the reason for the large gap in estimated extinctions.

    Nature reports that mass extinctions, or the loss of 75 percent of existing species, have happened five times in our planet’s history. At the rate species are currently disappearing, we could potentially experience a sixth mass extinction by the year 2200.

    Surprisingly, climate change isn’t the number one threat towards animals. According to the report, the average decline is a result of about 37 percent exploitation — things like hunting and fishing — 31 percent is from habitat degradation and change, and just 13 percent is from habitat loss.

    Climate change accounts for just seven percent of Nature’s estimation, although it plays a role — along with human use — in habitat changes. However, as climate change gets worse, it could start to play a larger role. In the last 40 years alone, we have killed half of all wildlife — making conservation efforts difficult.

    It will take more than just minor human efforts to reverse or at least slow these estimates, but that shouldn’t stop us from trying.

    This post originally appeared on RYOT.


    Read more: http://www.care2.com/causes/as-many-as-690-species-went-extinct-this-week.html#ixzz3M53hOclv

  • Economie, littérature, même invisibilité des femmes

    lire

    Comment les femmes voient-elles le monde ? Peu nous chaut, semblent dire des magazines économiques et littéraires.


    Sur « les 20 livres qui ont changé votre vie » seulement deux sont écrits par des femmes : le Journal d'Anne Franck et Harry Potter. Voilà la réponse à la question posée par l’émission « La grande librairie » de France 5 à ses téléspectateurs et téléspectatrices (voir le palmarès ici). Bien sûr c’est un vote du public. Mais si les femmes qui écrivent étaient plus visibles, plus facilement éditées et moins caricaturées, les fidèles de l’émission auraient découvert leur talent, les auraient aimées avant ce vote…

    Cache-sexe contre l’oubli

    N’oublions pas que George Sand a préféré prendre un nom d’homme pour éviter que son œuvre ne tombe dans les oubliettes de la littérature et que l’éditeur de Harry Potter a conseillé en un premier temps à son auteure, JK Rowling, de n’inscrire que les initiales de son prénom sur le livre et de rester discrète jusqu’au succès de ses romans. A ce moment-là les fans ont découvert qu’elle était une femme. Il a fallu cacher son sexe pour que les critiques la prennent au sérieux.

    Même invisibilité dans le magazine « Lire ». La rédaction a organisé le prix des 20 meilleurs livres de l’année… et n’a choisi qu’un seul ouvrage écrit par une femme : « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal.

    challenges

    Héritières, compassionnelles ou décoratives

    Côté presse économique, c’est le magazine Challenges qui atteint des sommets cette semaine avec une couverture consacrée à 15 patrons auxquels le magazine a demandé de faire des propositions contre le chômage. Sur les 15, une seule femme… et 14 hommes parmi lesquels certains ont quelques casseroles et autres retraites chapeau. Et cette désagréable impression de mépris se confirme au fil des pages où les femmes sont d’une discrétion à toute épreuve. On y voit ici ou là une héritière, une femme primée pour son action compassionnelle, une DRH en photo format timbre-poste et une PDG qui a l’air d’être là par accident.

    Et à la fin du journal, nouveau club de vieux garçons : un sujet sur « les vrais pilotes de la croissance ». Comme le classement est fait sur les patrons des entreprises du CAC 40, aucune chance d’y voir une femme. Et le magazine se referme sur une page de publicité pour un parfum avec une belle femme habillée en sirène. Sirène oui, dirigeante non.

    Sur son site cependant, Challenges met en vedette Martine Aubry et Anne Hidalgo respectivement maire de Lille et maire de Paris. Elles s'opposent à la loi Macron. Mais le magazine ne peut s'empêcher de faire remarquer qu'elles sont des femmes avant d'être des responsables politiques. Le titre : "Hidalgo et Aubry jouent les Dames de pique" et, en photo d'appel : "les pétroleuses du dimanche soir"... Autant de symboles qui les ramènent à leur sexe. Le point de vue des femmes sur le monde n’intéresse pas ceux qui dirigent les journaux, l’économie, l’édition...

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    Pourquoi les femmes journalistes prennent la une

    Notre Editorial

    DOSSIER - Stéréotypes dans les médias, à l'école, dans les jouets, le sport...

    Dossier - Cherche femmes à l'antenne

    http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/cafouillage/66-sexisme-ordinaire/4101-economie-litterature-meme-invisibilite-des-femmes