Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Michel Serres sur notre rapport aux animaux (France Info)

    http://4.bp.blogspot.com/-qr7QWTlrsSU/T4rxj4dJTcI/AAAAAAAAAMw/DrISacJzjQM/s1600/MichelSerres_6.jpg

     
    La 2nde partie est intéressante, et plus encore la conclusion, bien évidente à nos yeux antispécistes : il n'est pas de propre de l'homme, sinon dans le mal.

    En effet, l'humain est le seul animal ("avec le rat", nous est-il dit) à pratiquer le meurtre interspécifique.

    J'ajoute pour ma part qu'il est le seul à pratiquer le mal pour l'amour du mal, le seul à posséder l'intelligence du mal, autrement dit la perversité, l'art de nuire, la passion de détruire.
     
    La première partie est quant à elle un peu naïve, où Serres idéalise un passé pastoral où "bêtes et gens" (comprendre animaux domestiques et paysans) vivaient dans une sorte d'osmose et de plénitude harmonique, alors que les premiers finissaient toujours par être tués par les seconds, quand bien même ils avaient des prénoms et étaient individualisés au sein de la ferme.
     
    Hélas, mais sans surprise, pas un mot en faveur du végétarisme, et moins encore du véganisme.

    Pourtant, Michel Serres doit savoir pertinemment que l'animal humain possède un organisme qui n'est en rien celui d'un carnivore, et qu'il peut donc se passer de produits d'origine animale pour vivre, qu'il ne consomme que par plaisir (et c'est pourquoi d'ailleurs nous n'avons aucune justification réelle pour exploiter et tuer des centaines de milliards d'animaux par an).
     
    Quant à l'introduction du journaliste Michel Polacco, elle est inénarrable : "...certainement notre ancêtre le plus ancien était lui-même un animal"... comme si nous n'étions plus des animaux et que l'animal, cet être si inférieur, était forcément ce qui nous a précédé, tant nous sommes, n'est-ce pas, l'aboutissement de tout.

    M. P.

  • Virilité

    http://3.bp.blogspot.com/-Wdlpz6He1gs/Ta8ksqkHFUI/AAAAAAAAA_Y/_z5U9NRKg7M/s1600/Vegan.jpg

    A lire cet article, on comprend beaucoup de choses.

    Ou plutôt l'article nous les confirme-t-elle magistralement.

    Car tout le problème est là : dans cet attachement viscéral, morbide, stupide, létal, à ce qu'on appelle communément la "virilité".

    Or être viril, au sens étymologique du mot, c'est être vertueux, c'est-à-dire doté de courage moral, de force d'âme.

    C'est savoir se dépasser, se transcender.

    C'est savoir grandir, évoluer.

    Bref, c'est devenir sage, autrement dit renoncer à consommer des produits d'origine animale qui ne peuvent être obtenus que par l'exploitation, la torture et le meurtre dans les abattoirs de plus de 56 milliards d'êtres sentients par an.

    En ce seul vrai sens, la virilité est l'apanage et le devoir de tous, des hommes comme des femmes.

    M. P.

    ***

    Les hommes carnivores sont perçus comme plus virils

    Par AFP Relax, le 21 mai 2012 à 21h38

    La virilité présumée des mangeurs de viande serait largement supérieure à celle des végétariens, si l'on se fie à une nouvelle étude américaine récente publiée dans la revue Journal of Consumer Research.

    Cette étude américaine met en lumière la perception très répandue associant consommation de viande rouge et virilité, en contraste avec l'image féminine du végétarisme et du véganisme.

    Dans le cadre de leur étude, les chercheurs ont demandé à leurs sujets à quoi ils associaient spontanément des produits alimentaires comme la viande et les légumes et comment ils évaluaient leur degré de masculinité.

    En mode "Moi Tarzan, toi Jane", les résultats sont sans appel. On a tendance a trouver les mangeurs de viande plus virils que les consommateurs de légumes, que ce soit aux États-Unis ou en Grande Bretagne.

    Les chercheurs se sont également penchés sur 23 langues qui utilisent des pronoms masculins ou féminins (comme le français), et il apparaît que les métaphores carnées sont plus souvent associées à la gent masculine.

    "Pour le mâle américain traditionnel, macho, fort et qui roule des mécaniques, la viande rouge est un aliment macho, fort, qui roule des mécaniques et typiquement américain", résument les auteurs de l'étude.

    "Il n'en est rien pour le soja. Pour en manger, ils devraient renoncer à un aliment qu'ils perçoivent comme fort et puissant comme eux-mêmes pour le remplacer par un aliment qu'ils perçoivent comme faible et mollasson."

    Pour faire adopter un régime végétarien - et plus sain pour le cœur - aux machos les plus récalcitrants, les chercheurs suggèrent de changer la forme des steaks de soja de façon à leur donner l'aspect de steaks de bœuf, et de les cuire de façon à laisser l'empreinte du grill pour les rendre plus appétissants.

    http://www.rtl.be/pourlui/article/les-hommes-carnivores-sont-per%C3%A7us-comme-plus-virils-122058.htm

  • "Bien-être animal: la montée du welfarisme", interview de Valéry Giroux (La Presse / Canada)

    503055-pense-nous-sommes-moralement-obliges.jpg

    « Je pense que nous sommes moralement obligés de renoncer à l'élevage industriel, certes, mais que nous sommes aussi forcés d'abolir toutes les formes d'exploitation animale », soutient Valéry Giroux, qui a dirigé durant l'hiver un séminaire sur l'éthique animale à l'Université de Sherbrooke.
     
    Photo: André Pichette, La Presse

    Marie Allard
    La Presse
     
     
    « Tous les êtres sensibles, quelle que soit leur espèce, ont un intérêt à ne pas souffrir », dit Martin Gibert, chercheur postdoctoral en psychologie morale à McGill.

    Comme nous, porcs, boeufs, poulets et poissons sont dotés d'un système nerveux central. Ils peuvent ressentir la douleur.

    « Il me semble donc important de tenir compte des conséquences de nos actions sur le bien-être de ces animaux sensibles », souligne le chercheur.
     
    C'est ce qu'on appelle, en éthique animale, l'approche welfariste, dont la montée a fait bouger Tim Hortons et McDonald's.
     
    « Les welfaristes entendent réformer la manière dont nous exploitons les animaux, afin d'améliorer leur bien-être [welfare en anglais], explique M. Gibert.

    L'intuition de base, c'est qu'on doit minimiser les souffrances inutiles, chez les animaux et les humains.

    Or, l'élevage industriel et toutes les souffrances qu'il entraîne sont vraiment quelque chose dont on peut se passer, dans le Québec de 2012. »

    Bien que largement végétalien, M. Gibert accepte de manger un oeuf de poule élevée dans des conditions qu'il juge acceptables.

    Plus radicaux, les abolitionnistes - autre courant en éthique animale - s'y refusent.

    « Leur intuition de base est qu'on ne devrait pas traiter les animaux comme des choses, qu'on vend et qu'on achète », indique le chercheur, qui appartient au premier camp.

    Faire la révolution darwinienne

    Valéry Giroux, juriste et docteure en philosophie, est abolitionniste.

    « Évidemment, les conditions intensives d'élevage des animaux, exploités pour l'alimentation humaine, me choquent profondément.

    Mais le coeur du problème n'est pas la manière dont nous traitons les animaux.

    C'est plus fondamentalement le fait que nous percevions ces individus comme de simples ressources à notre disposition ou de simples marchandises.

    Un animal a non seulement intérêt à ne pas souffrir, mais à vivre : on ne peut donc pas le tuer pour se nourrir, d'autant plus qu'on peut être végétalien et en bonne santé ", argumente-t-elle.

    Après avoir combattu le racisme et le sexisme, nos sociétés doivent dénoncer le « spécisme », soit la discrimination fondée sur l'espèce.
     
    « J'ai l'impression, regrette Mme Giroux, que la révolution darwinienne reste toujours à faire... »