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  • Contre la théorie du complot (Jacob Rogozinski, Le Monde)

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    Par Jacob Rogozinski (Professeur de philosphie à la faculté de Strasbourg)

    Les dernières élections municipales ont confirmé l'implantation toujours plus forte du Front national. Comme l'on sait, ce parti a entrepris de se « dédiaboliser » ou, plus exactement, de se normaliser en abandonnant sa référence aux thèmes traditionnels de l'extrême droite, et cette stratégie a certainement contribué à ses récents succès. Il est sans doute trop tôt pour savoir s'il s'agit simplement d'une réforme superficielle ou bien d'une mutation qui pourrait le transformer en profondeur, comme celle qui, en Italie, avait fait du mouvement néofasciste Alleanza Nazionale un parti de gouvernement inséré dans le jeu démocratique.

    Mais certains effets de cette dé-fascisation du FN se font déjà sentir de manière inattendue : elle tend en effet à laisser vide un espace politique à la droite de la droite, ce qui favorise l'émergence d'une nouvelle mouvance extrémiste. Quel rapport y a-t-il entre cette mouvance extrémiste et un FN qui tente de se normaliser ?

    Lire également notre enquête : 2002-2014, voyage en terres frontistes

    Aucune rupture décisive ne peut être constatée. La frontière qui les sépare reste poreuse, comme celle qui, au sein de la droite catholique, sépare les « ultras » du Printemps français des « modérés » de La Manif pour tous.

    Des relations étroites existent toujours entre les réseaux Dieudonné-Soral et certains membres de la direction du FN, et ces passerelles font circuler dans les deux sens les hommes et les idées. Bien loin de s'opposer, soraliens et lepénistes tendent ainsi à se renforcer réciproquement.

    S'ils partagent la même idéologie xénophobe, la même haine de l'étranger, tout se passe comme s'ils s'étaient réparti les tâches. Pour les uns, qui s'adressent surtout aux Français dits « de souche » affolés par la crise et la menace du déclassement, l'étranger dangereux reste le musulman ou le Rom. Pour les autres, qui s'adressent plutôt aux jeunes issus de l'immigration, les cibles sont le juif et l'homosexuel.

    Lire le compte rendu : A-t-on le droit de qualifier Marine Le Pen de « fasciste » ?

    UN COMPLOT TRAMÉ DANS L'OMBRE

    Nul ne sait si cette nouvelle extrême droite est appelée à se développer. Il nous semble cependant que son émergence soulève des interrogations essentielles ; qu'elle nous invite à réfléchir sur la logique de la haine, sur les dispositifs qui la propagent et les fantasmes qui la sous-tendent. Qu'est-ce qui caractérise ces folles rumeurs et ces campagnes agressives qui se succèdent depuis quelques mois ?

    Même si les cibles peuvent sembler différentes, elles mettent en cause à chaque fois un complot, tramé dans l'ombre par un puissant « lobby » avec la complicité des médias et de l'Etat. Que déclare, sur un site islamiste, la principale instigatrice du boycott de l'école, une proche d'Alain Soral ? La soi-disant « théorie du genre » serait l'une des armes d'un mouvement mondial qui « avance masqué ». Qui sont les inspirateurs de cette conspiration diabolique ? Un site intégriste catholique nous donne la réponse : la pernicieuse « théorie du genre » est « le fruit de lesbiennes juives américaines ».

    Lire notre décryptage : « Théorie du genre », dix liens pour comprendre

    Comme au Moyen Age, ce ne sont pas seulement des individus qui sont incriminés, mais un prétendu « complot des blouses blanches ». Cette dénonciation d'une conspiration utilisant les méthodes les plus abjectes est depuis longtemps un élément essentiel de la logique de la haine. Il peut s'agir du « complot des jésuites », d'un « complot maçonnique » – accusé notamment d'avoir fomenté la Révolution française – ou d'une « conspiration juive mondiale », comme celle que mettent en scène Les Protocoles des Sages de Sion.

    En d'autres temps, ce sont les « sorciers » et les « sorcières » qui avaient été accusés de former une vaste secte satanique et de pratiquer des rites sexuels clandestins et des meurtres d'enfants. Certains traités, comme La Démonomanie des sorciers de Jean Bodin (1580), prétendaient même qu'ils s'étaient infiltrés au sommet de l'Eglise et de l'Etat et qu'il fallait les traquer par tous les moyens pour les exterminer.

    Ce sont de telles accusations qui, lors de la grande chasse aux sorcières des XVIe et XVIIe siècles, ont envoyé au bûcher des dizaines de milliers de victimes. Parce qu'il est particulièrement flexible, le schème du complot peut ainsi s'adapter à des situations historiques très variées en se contentant de changer de cible.

    LES HOMMES PEUVENT-ILS SE PASSER D'ENNEMIS ?

    Pourquoi le mythe de la conspiration connaît-il de nos jours une si grande faveur ? Sans doute nos sociétés démocratiques pâtissent-elles de n'avoir plus d'ennemi visible. La fin de la guerre froide et l'effondrement de l'URSS ont pu donner l'illusion de l'avènement d'un monde enfin pacifié ; mais les hommes peuvent-ils si facilement se passer d'ennemis, de cibles qui concentrent leur ressentiment et leur haine ?

    Or le schème du complot permet précisément de s'inventer un ennemi invisible, un ennemi imaginaire d'autant plus malfaisant qu'il demeure caché. Ce schème réussit ainsi à capter des affects – souvent légitimes – d'indignation, de colère, de révolte contre l'injustice, en les orientant vers un « autre » menaçant qu'il s'agit de démasquer, d'expulser, voire d'anéantir.

    Il n'est pas indifférent que cette obsession du complot soit le plus souvent portée par la rumeur. Depuis toujours, la rumeur est l'arme des faibles, des humiliés, des invisibles, de tous ceux qui ne peuvent intervenir directement dans les circuits dominants d'information et de communication.

    Mais les récentes résurgences du mythe du complot s'enracinent plus profondément encore dans la relation des sociétés modernes au pouvoir souverain. Depuis la Révolution française, la dynamique de la démocratie a profondément transformé nos représentations du pouvoir ; de même qu'elle continue de déstabiliser les identités et les places attribuées traditionnellement au statut social, aux classes, aux sexes ou aux « genres » en suscitant ainsi des crispations réactives, une défense angoissée des identités qui paraissent menacées.

    Dans une société démocratique qui fait constamment l'épreuve de sa division, il peut sembler que le pouvoir légal se réduise à une simple apparence, un simulacre inconsistant qui dissimule la réalité du véritable pouvoir. Et notamment lorsqu'un chef de l'Etat affiche sa « normalité » et paraît incapable d'imposer son autorité…

    L'ancienne représentation monarchique d'un souverain tout-puissant et au-dessus des lois persiste en effet dans les sociétés modernes, mais sous la forme fantasmatique d'une conspiration qui tire les ficelles dans la coulisse et manipule les masses. Surprenant paradoxe : plus les moyens de communication se développent, plus l'exigence de transparence s'accroît et plus se renforce cette croyance en une irréductible opacité du pouvoir, une zone d'ombre où se trameraient les pires machinations. En déniant les divisions et les conflits qui traversent les sociétés démocratiques, le mythe du complot impose la vision illusoire d'un « système » absolument homogène où les partis de droite et de gauche, les médias, les syndicats et les intellectuels conspirent tous ensemble au service d'un unique lobby occulte.

    Comment riposter à la montée de cette nouvelle extrême droite, répondre aux angoisses, aux fantasmes qu'elle mobilise ?

    L'argumentation rationnelle et la pédagogie sont certes nécessaires ; mais elles ne suffisent jamais. Et pourtant, il reste malgré tout possible d'agir sur les dispositifs qui les diffusent et s'en servent pour étendre leur emprise. Comme le montre l'exemple de la chasse aux sorcières, l'intervention du pouvoir souverain et des défenseurs de l'Etat de droit a un rôle essentiel à jouer.

    LE RECOURS À LA LOI DEMEURE LE PLUS SÛR REMPART

    Dans un pays profondément morcelé comme l'était l'Allemagne de l'époque, où l'autorité centrale était quasiment inexistante, des persécutions massives de prétendues « sorcières » ont eu lieu dans de nombreuses régions au cours des XVIe et XVIIe siècles.

    En revanche, à l'exception de quelques cas isolés dans des provinces éloignées, la France n'a pas connu de chasse aux sorcières, sans doute parce que, à la fin des guerres de religion, l'autorité politique de l'Etat avait été rétablie sans en passer par cette terreur de masse que Bodin appelait de ses voeux ; mais aussi parce que les magistrats du Parlement de Paris avaient choisi d'annuler en appel la plupart des condamnations à mort pour sorcellerie prononcées par des juridictions subalternes. Et ils n'avaient décidé de le faire que parce que des penseurs, des médecins, des prêtres avaient, souvent au péril de leur vie, dénoncé les procédés des chasseurs de sorcières et les croyances qui justifiaient la persécution.

    Aujourd'hui encore, le recours à la loi demeure le plus sûr rempart contre les semeurs de haine ; à condition toutefois qu'il s'accompagne d'une réflexion approfondie sur les facteurs qui engendrent cette haine et d'une intense mobilisation citoyenne. En période de crise, les défaillances de la démocratie et de l'Etat de droit peuvent avoir des effets dévastateurs. Seule la reconstruction d'une nouvelle civilité démocratique permettra de conjurer le retour des vieilles hantises.

    http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2014/04/11/contre-la-theorie-du-complot_4400081_3232.html

  • Le zoo de Vincennes ouvre : ça ne change rien, c'est toujours une prison pour les animaux (Armand Farrachi)

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    Les animaux sauvages sont par essence des êtres de liberté, censés vivre dans un monde vrai. Les "jardins" zoologiques sont par définition des lieux artificiels, conçus tout exprès pour la captivité d’animaux exotiques.

    Les zoos sont-ils donc des parcs, des jardins, comme on les nomme aujourd’hui, ou des prisons comme l’affirment leurs détracteurs (dont je suis) ?

    Les "parcs" n'ont pas rendu leur liberté aux animaux

    Le 12 avril, le nouveau zoo de Vincennes ouvre ses portes après une rénovation complète. Plus de cages, ni d’enclos exigus, de vitrines, de fosses, de barreaux, mais des espaces ouverts, de l’air libre, des végétaux.

    Le nouveau "parc zoologique de Paris", comme le "parc" de Thoiry, le "bioparc" de Doué-la-Fontaine ou tant d’autres se fixent la "bioconservation" comme une priorité, grâce à la "gestion" d’animaux "évoluant en semi-liberté" dans des espaces "proches du milieu naturel", "à cent lieues du concept zoologique traditionnel".

    C’est tant mieux. Mais le principe demeure : offrir une chaîne plus longue aux esclaves, ce n’est pas leur rendre la liberté.

    Méfions-nous du concept de "bientraitance"

    Les ménageries d’autrefois étaient des mouroirs, de véritables culs-de-basse-fosse, faits pour la simple curiosité des humains et la souffrance des animaux. Ces endroits appartiennent désormais au passé, du moins en Occident. Personne ne les regrette.

    Les directeurs de zoos  prétendent aujourd’hui concilier la conservation des espèces menacées et la rentabilité d’une entreprise commerciale. Ils assurent que les animaux sont bien – ou mieux traités. C’est heureux.

    Méfions-nous toutefois du concept de "bientraitance" que les ennemis de la cause animale, (en particulier le lobby appelé "comité Noé") opposent au "bien-être animal". Cette notion évacue toute idée de liberté et sacre l’homme maître et possesseur de la nature, disposant à sa guise des espèces inférieures, si possible en maître éclairé plutôt qu’en bourreau. Sa mansuétude n’ira pas au-delà.

    Protéger des animaux pour amuser les humains

    Certaines espèces ont bien été sauvées de l’extinction et réintroduites dans la nature grâce aux zoos, ou aux élevages en captivité : le cheval de Przewalsky, le bison d’Europe, l’oryx d’Arabie, des vautours… Ces réintroductions restent néanmoins problématiques, en particulier pour des raisons génétiques, puisque tous les représentants de l’espèce sont plus ou moins cousins.

    Certes, nous nous réjouissons que le cheval préhistorique puisse encore galoper sur les steppes mongoles ou le gypaète barbu survoler les gorges des Pyrénées, mais pour quelques individus relâchés combien restent détenus à vie ? Le principal objectif d’un zoo est nécessairement de réaliser du profit.

    La réintroduction d’espèces dans leur milieu, son alibi, rencontre d’innombrables obstacles et reste malheureusement très exceptionnelle. Si ces animaux sont condamnés à ne jamais quitter leur enclos, leur survie ne sert qu’à amuser les humains. On le voit avec la multiplication d’animaux artificiels, comme le tigre blanc ou l’auroch.

    Les animaux ne sont pas relâchés

    La réserve de Wolong, en Chine, consacrée au panda géant, illustre au mieux – ou au pire – ce paradoxe. Tandis que les jeunes pandas issus de procréation intensive sont promenés devant les caméras dans des caddies de supermarchés pour "sensibiliser" la population, pas un seul panda n’a été relâché dans la nature avec succès.

    En revanche, plusieurs ont été vendus à des zoos. Le zoo de Copenhague s’est récemment illustré en "euthanasiant" en public, avec un pistolet d’abattage, un girafon dont il ne savait que faire, puis quatre lions, dont deux lionceaux, alors même que les girafes disparaissent d’Afrique de l’Ouest et que les effectifs des lions sont en chute libre dans toute l’Afrique.

    Notons que l’exécution de Copenhague a été défendue par l’Association Européenne des Zoos et Aquariums (AEZA), qui compte pourtant un comité "Conservation" et se flatte d’une "charte éthique".

    Des détenus voués à la procréation et à l'ennui

    Pour réintroduire un animal dans la nature, il faut que les conditions de sa disparition aient disparu et que le milieu puisse l’accueillir, ce qui devient de plus en plus difficile et de plus en plus coûteux.

    Est-ce une raison pour proposer la captivité et la déportation de créatures innocentes comme un spectacle dominical à partager en famille ? Quel degré de "bientraitance" faut-il atteindre pour que la privation de liberté soit éthiquement supportable ?

    Dans un zoo, même moderne, les animaux, même bien traités, adaptés par leur morphologie à la liberté des grands espaces, aux longues courses, à la vigilance, survivent dans des enclos qui ne paraissent grands qu’aux humains. Un simple hérisson a besoin de 5 hectares.

    Les détenus n’ont pas à défendre leur territoire ni à chercher leur nourriture. Leur vie sociale est faussée. Les migrations n’ont plus de sens. Se reproduire est compliqué, soit par excès soit par défaut. Ils s’ennuient et sont en permanence exposés au public, sans cachettes, ce qui est pour eux un stress permanent.

    Pour survivre, les animaux n’ont pas besoin de zoos

    Abolissons l’esclavage. N’allons pas dans les zoos, dans les aquariums, dans les cirques avec animaux humiliés par un comportement à contre-nature. Qui s’intéresse à la vie animale a de multiples occasions de voir des films animaliers saisissants.

    Les passionnés ne paieront pas beaucoup plus cher qu’un séjour aux sports d’hiver un voyage naturaliste qui leur permettra d’approcher eux-mêmes des animaux libres et d’encourager les pays pour qui la conservation de la vraie nature est une politique. 

    Pour survivre, les animaux n’ont pas besoin de zoos. Ils ont besoin de liberté, de parents pour les élever et d’un milieu pour les accueillir.

    Armand FARRACHI

    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1187913-le-zoo-de-vincennes-ouvre-ca-ne-change-rien-c-est-toujours-une-prison-pour-les-animaux.html

  • De la facilité de devenir végan et d'inviter chez soi des végans sans craindre le qu'en dira-t-on

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    Celles et ceux qui font mine de s’étonner du fait que les végans refusent de manger avec des non-végans doivent comprendre que cela leur est impossible pour la simple raison que voir manger devant soi les animaux est d’une grande violence, un peu comme quelqu’un que l’on forcerait à côtoyer à table un cannibale (rappelez-vous le banquet d'Hannibal Lecter).

    De fait, manger les animaux est d’une grande violence de l’ordre préhistorique, et il est temps que l’humanité, qui se targue de posséder une conscience et n’a pas besoin de produits d’origine animale pour vivre (et qui donc n’en mange que par futilité et gourmandise), se civilise un peu en faisant passer l’éthique élémentaire - laquelle consiste à ne pas exploiter, tuer ni dévorer autrui - avant son estomac.

    D’autre part, ce sont généralement les cannibales en question qui n’acceptent pas de voir les végans à leur table et le leur font très vite sentir, ce qui entraîne des discussions désagréables pour les deux parties, les végans se voyant forcés de se justifier de vivre sans causer la mort (un comble), et les cannibales éprouvant de leur côté (ou n’éprouvant pas d’ailleurs) le besoin de se justifier, sans jamais y parvenir et pour cause, de vivre en la causant — leur mauvaise conscience, doublée de leur absence d’arguments valables, les rendant généralement très agressifs.

    Leur mauvaise foi alors est immense, mais ils n'en ont cure : n'oubliez pas qu'ils savent que la majorité est de leur côté, ce qui leur permet, toute honte bue, d'être fiers,  arrogants, et convaincus de leur bon droit.

    Vous hésitez donc à rassembler ces deux camps ennemis autour de votre table, de peur que l'amicale rencontre ne vire au pugilat - ce en quoi vous n'avez pas tort, non à cause des végans encore une fois, mais bien de ceux de vos hôtes préhistoriques qui ne le sont pas.

    La solution ?

    Elle est simple : cuisinez végan pour tout le monde !

    Osez franchir le pas.

    Songez qu’il est facile d’inviter chez soi des végans, qui sont gens accommodants pour peu que l'on ne dévore pas leurs frères et soeurs nonhumains sous leurs yeux, ce qui est, avouons-le, la moindre des choses et la première des politesses.

    Pour les plus paresseux et les moins inventifs, il suffit d’acheter des spaghettis, de les plonger dans l’eau bouillante, d’ajouter ensuite une noix de margarine végétale et une cuillère à soupe d’huile d’olive, de mettre un peu d’ail, de sauce tomate et de sel, et le tour est joué !

    Vos hôtes, quel que soit leur camp, seront comblés et le clan préhistorique oubliera de manifester sa mauvaise humeur née de sa mauvaise conscience.

    On pourra accompagner ces pâtes d’une entrée tout aussi délicieuse, peu onéreuse et simple à préparer : une salade composée (laitue, noix, tomates, maïs, avocat, etc., les combinaisons sont nombreuses !).

    En dessert, un flan sans œufs (dont on trouvera la poudre dans n’importe quelle grande surface) préparé avec un simple litre de lait de soja calcium (lui aussi disponible dans n’importe quelle grande surface), ou bien encore des sorbets (sans lait ni cochenille) ou de simples fruits.

    Sans oublier Internet qui regorge de centaines, non, de milliers de recettes végétaliennes élaborées et délicieuses : pour cela, tapez simplement "recettes véganes" ou "recettes végétaliennes" dans votre moteur de recherche !

    Vous ne pourrez plus dire ensuite que vous ne saviez pas.

    J’espère que ce billet vous convaincra du fait qu’inviter des végans chez soi est facile, et que devenir végan soi-même l’est tout autant : la preuve, bien des gens y sont parvenus, et vous êtes tout aussi capables et doués de conscience qu’eux, n’est-il pas vrai ?

    Comme eux, vous comprenez qu'en 2014 il est temps de faire passer la vie d'autrui avant son plaisir gustatif.

    Il suffit de prendre vraiment conscience du fait – et non seulement en surface – que les animaux sont des êtres sensibles et conscients possédant pour cette raison des droits élémentaires que nous leur nions, qu’ils sont des individus dignes de respect et qu’à ce titre ils ne se mangent pas.

    Souvenez-vous-en : pas de demande, pas d’offre.

    Les élevages, les abattoirs et les bourreaux qui y travaillent n’existent qu’en raison de la demande de la population en produits d’origine animale.

    Il ne sert donc à rien d’incriminer les abattoirs et les bourreaux.

    Le changement commence par soi-même, et la paix débute avec ce que l’on mange et ce avec quoi l’on se vêt.