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  • Florence Burgat : "Élevage industriel, usine à souffrances"

    Vivre vite mourir jeune
    envoyé par pmaf 

    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-905855,0.html

    LE MONDE | 05.05.07 |

    Au fil de vos recherches sur le statut de l'animal d'élevage et sur son "bien-être", enregistrez-vous une évolution ?

    Je constate une détérioration dans la condition des animaux et une évolution dans les débats. Il y a dix ans, le sujet prêtait à l'ironie. Depuis que l'on a montré des images de la réalité de l'élevage industriel, le problème a été jugé sérieux.

    Cette réflexion a contribué à mettre en cause la tradition de l'humanisme juridique, qui considère que seuls les êtres de raison ont des droits et qu'il n'y a pas de droits sans devoirs.

    Dans ces conditions, ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas "passer contrat" - c'est le cas des animaux - sont exclus de la sphère morale et juridique. Mais, dans ce cas, et c'est une objection qui a très tôt été soulevée, qu'en est-il de l'idiot, du fou ou de l'enfant ? Ne risquent-ils pas tout autant d'être mis de côté ?

    Une autre tradition, marquée entre autres par la pensée de Rousseau, s'interroge sur le critère pertinent d'un point de vue moral : à quelle condition un être doit-il être traité comme une fin et jamais simplement comme un moyen ? Est-ce parce qu'il est rationnel, ou est-ce parce qu'il est sensible ?

    Rousseau voit dans le sentiment de compassion une épreuve de réalité. Ce qui nous appelle au fond de nous, c'est la souffrance d'autrui, fût-il, comme l'écrit Claude Lévi-Strauss commentant Rousseau, "le plus autrui de tous les autrui", c'est-à-dire un animal.

    Que répondez-vous à ceux qui voient dans l'empathie pour les animaux une forme de sensiblerie ?

    Si l'empathie est une sensiblerie, la vie en société est mal partie. Rétorquer ainsi est une attitude typique du refus de s'interroger. Nous ne devons pas nous fermer les yeux sur la souffrance et la compassion est là pour nous le rappeler. Cela dit, il est aussi capital de légiférer pour améliorer la condition animale.

    Certains semblent craindre qu'en valorisant l'animal on rabaisse l'humain, en faisant référence parfois au régime nazi...

    Il est faux de dire que le IIIe Reich défendait les animaux. La loi signée par Hitler et à laquelle on se réfère, qui du reste ne donne pas des droits aux animaux, reprend les termes d'un texte bien antérieur.

    L'historienne Elisabeth Hardouin-Fugier a rétabli la vérité sur ce sujet. N'est-il pas étonnant qu'on ne parle jamais de l'euthanasie systématique des animaux de compagnie des juifs, dont on trouve un témoignage poignant dans le Journal du philologue Viktor Klemperer (1881-1960) ?

    Le terme vivisection a été banni, dans un souci de propagande. Mais, bien sûr, l'expérimentation sur les animaux s'est poursuivie et, comme on le sait, l'expérimentation sur l'homme a été perpétrée par les médecins nazis.

    En réalité, le premier texte de protection des animaux est anglais. Il s'agit du Martin's Act de 1822, qui s'applique aux animaux d'élevage.

    Cette crainte face à une égale dignité des êtres vivants n'est-elle pas aussi d'ordre métaphysique, un peu comme les réactions hostiles engendrées par les découvertes de Darwin ?

    Oui, c'est une blessure narcissique. Pourtant, le fait pour l'humanité de prendre soin des plus faibles l'honore. Je ne vois pas en quoi le souci porté aux animaux pourrait diluer les droits de l'homme, lequel y trouverait plutôt un surcroît de responsabilité.

    Mais cette perspective remet en question le statut de dominant, des habitudes, certaines pratiques. Du coup, les résistances sont très fortes.

    Ce que résume la boutade "les animaux sont-ils des femmes comme les autres ?"

    En effet. Par analogie, quand les femmes ont eu le droit de vote, ce fut sûrement aussi une grande secousse. Mais je ne pense pas que la voie, assez répandue chez les biologistes, qui consiste à dire "l'homme est un animal comme les autres" nous aide à sortir de l'impasse.

    Cela ne les empêche d'ailleurs pas de faire deux poids deux mesures, car ils ne se prononcent pas pour un meilleur statut des animaux. Il faudrait considérer la grande richesse qu'ils représentent dans les manières d'être au monde et de se comporter, et chaque espèce devrait être considérée dans sa singularité et pour elle-même.

    Où en est la réflexion de l'Institut national de recherche agronomique (INRA) sur le bien-être animal ?

    D'abord, ses travaux sur les animaux d'élevage sont conduits par des biologistes. Pour certains éthologues, la compréhension du comportement passe par l'observation dans un environnement non contraint. D'autres étudient les animaux dans des conditions - celles de l'élevage industriel - qui ne permettent justement pas aux comportements de s'exprimer.

    Prenons l'exemple des veaux en case. Ces animaux sont, de la naissance à l'abattage, maintenus dans le noir, exclusivement nourris au lait, en vue d'obtenir une viande blanche, anémiée ; ils sont privés de la liberté de mouvement et de tout contact, tant avec leur mère qu'avec leurs congénères.

    Le chercheur qui part du principe que le bien-être est équivalent à l'adaptation, elle-même équivalente à l'absence de stress, dont la présence est attestée par une hormone, considérera que l'absence de cette hormone dans le sang de l'animal est la preuve que son bien-être n'est pas affecté. On peut se demander s'il a utilisé les bons outils pour répondre à la question.

    La tentation est très forte, pour la biologie, de s'aligner sur les méthodes des sciences physico-chimiques, qui font une grande part à la quantification, à la mesure. Ces chercheurs utilisent des critères tout à fait insuffisants, sinon inadéquats, pour répondre à une question aussi complexe que le bien-être.

    Si l'on observait les animaux dans un environnement où les comportements peuvent se déployer, on parviendrait à de tout autres conclusions.

    Vous appartenez vous-même à l'INRA. Y faites-vous office d'alibi ?

    Ce serait un bien faible alibi ! J'ai été recrutée pour travailler sur les questions d'éthique concernant les biotechnologies animales et les systèmes d'élevage.

    Une grande partie du problème tient dans le regard des chercheurs de l'INRA sur le comportement animal. C'est sur ce point que je fais actuellement porter mon travail.

    Vous soulignez la rupture entre le sens commun et les critères scientifiques.

    C'est frappant. Le scientifique ne s'éloigne-t-il pas dangereusement du sens commun lorsqu'il met en place des expérimentations pour savoir si la castration, l'arrachage des molaires ou la section de la queue des porcelets sont plus douloureux sans anesthésie - c'est ainsi que l'on procède dans certains élevages - qu'avec anesthésie ?

    Il pense avoir une attitude d'autant plus scientifique qu'il met de côté une partie non seulement de sa sensibilité, mais de sa réflexion. On peut en effet se donner à l'infini pour tâche de prouver des évidences - je veux parler de la souffrance.

    L'INRA n'est-il pas piégé par son statut d'organisme de recherche finalisée ?

    L'INRA est historiquement lié à des filières agricoles : il y a soixante ans, on sortait d'une période de privation. Et c'est dans une certaine euphorie que l'on s'est lancé dans la mise au point de systèmes capables de décupler la production, et ce sans aucun souci pour la sensibilité des animaux.

    Or, aujourd'hui, la donne a changé. L'accroissement de la productivité n'est plus le but que doit se donner l'élevage. Rappelons-nous la prime Hérode, en 1997, qui consistait à offrir des subventions aux éleveurs qui faisaient tuer les veaux à la naissance. Nous avons aussi évoqué ces veaux "blancs", dont l'élevage sert à absorber les excédents laitiers sous forme de lait en poudre.

    Il y a quelque chose d'aberrant dans ce système qui aboutit à la surproduction et vit de subventions. Quant à l'exportation de ces systèmes dans des pays qui souffrent de la faim, elle peut ainsi les mettre en état de dépendance. Il faut se méfier des arguments humanitaires avancés pour la défense de l'élevage industriel.

    Les écologistes français évoquent peu ces questions.

    Ils s'intéressent plus aux grands équilibres qu'à la sensibilité et aux droits des individus animaux. Au contraire, l'écologie profonde, la deep ecology, s'extrait d'une posture où l'animal est à notre disposition. Elle défend l'idée d'une préservation de la nature en excluant la présence humaine.

    En France, l'écologie est plus anthropocentrée. On n'entend pas les écologistes - du moins ceux qui ont la parole - s'émouvoir du sort des animaux.

    Vous n'avez pas évoqué les éleveurs. Souffrent-ils ?

    Un argument des promoteurs de l'élevage intensif est qu'il a libéré l'éleveur d'un travail pénible. Ma collègue Jocelyne Porcher a montré qu'au contraire, bien souvent, l'éleveur supporte mal, d'un point de vue psychologique, le mode d'existence et les traitements qu'il inflige aux animaux.

    L'argument présentant l'élevage intensif comme une contribution à l'humanisme en sort très affaibli.

    L'élevage extensif peut-il constituer une alternative ?

    Sans parler de la pêche, de la chasse, de l'expérimentation, de la fourrure, des combats d'animaux, 1,036 milliard d'animaux de boucherie sont tués en France chaque année. En extensif, on ne pourrait pas obtenir de telles productions.

    Ne reste donc que la justification économique ?

    Je n'en vois guère d'autre. C'est un système qui permet de produire beaucoup de viande à un coût très bas, mais au prix d'une souffrance inimaginable pour les animaux. Est-ce cela le bonheur de l'humanité ?

    Florence Burgat

    Philosophe, directeur de recherche à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) 

  • Le Figaro (04/05/07): plus impartial que le Nouvel Obs

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    LES INTÉGRISTES DE LA CAUSE ANIMALE PASSENT À L'ACTION

    Cyrille Louis 

    Tandis que des collectifs organisent depuis des années des actions non violentes (en haut) de sensibilisation à la « libération des animaux », des clandestins commettent depuis peu des attaques illégales.

    COMPLÉMENT : Des cellules militantes venues de Grande-Bretagne

    Fourreurs, boucheries ou élevages sont pris pour cible. Des actes de vandalisme revendiqués par l'Animal Liberation Front.

    Enseignes taguées, vitrines brisées, serrures engluées ou pneus crevés : depuis l'automne 2006, de mystérieux activistes de la cause animale défient les forces de l'or­dre, multipliant les actes de vandalisme contre des commerces de fourrure, des élevages, des boucheries.

    Au total, une cinquantaine d'opérations nocturnes, perpétrées principalement en région parisienne et dans le Sud-Ouest, ont ainsi été revendiquées sur le site Internet d'une organisation jusqu'à présent peu connue en France : l'Animal Liberation Front.

    Pour l'heure, aucun de ces militants n'a pu être identifié, mais au ministère de l'Intérieur, on assure « suivre avec attention l'évolution de cette nouvelle forme d'activisme ».

    Début octobre dernier, la série a débuté à Paris lorsque plusieurs boucheries, triperies, fast-food et magasins de fourrure ont été ta­gués tandis qu'une enseigne Body Shop voyait ses vitrines brisées et qu'en Seine-Saint-Denis, le moteur d'un camion frigorifique de boucherie était mis à feu.

    Au cours des mois suivants, de nombreuses enseignes ont été vandalisées et, en Seine-et-Marne, des militants se sont introduits de nuit dans divers élevages animaliers pour libérer plusieurs dizaines de ragondins ainsi que des canards et des faisans.

    Chaque fois, l'action a été signée du sigle « ALF », accompagné d'apostrophes récurrentes : « viande = meurtre », « assassin » ou, sur un ton plus inquiétant, « fermez votre magasin, ALF vous surveille ».

    Brusque radicalisation

    À Toulouse, une petite animalerie s'est ainsi trouvée contrainte de baisser le rideau pendant plusieurs semaines, victime d'une quinzaine d'actes de vandalisme en quelques mois. À Bordeaux, c'est à son domicile privé que Michel Grama a été visé par les militants de l'ALF.

    « Le matin du 27 décembre 2006, en sortant de chez moi, j'ai trouvé mes pneus crevés et mon pare-brise maculé de peinture tandis que sur le mur de ma maison, on avait écrit les mots »assassin* et »tueur*, raconte ce marchand de fourrures. Depuis, j'ai porté plainte, mais je me sens menacé, d'autant que mes coor­données personnelles sont diffusées sur Internet par l'ALF, sans que je puisse réagir. »

    Cette brusque radicalisation intervient alors que, depuis une dizaine d'années environ, plusieurs collectifs, souvent issus de milieux libertaires, militent pour la « libération animale » sans recourir à la violence, tant à Paris qu'à Lyon et Bordeaux.

    « Cette mouvance antispéciste porte un discours plus radical que les associations classiques, comme la SPA, car elle refuse toute utilisation des animaux par l'homme, décrypte Guillaume Veillet, auteur d'un mémoire de sciences politiques sur cette mouvance.

    Contrairement à ce qu'on observe en Grande-Bretagne, où des groupes nombreux et structurés sont très portés sur l'action radicale, leurs homologues français s'en tiennent jusqu'à présent à un répertoire militant classique, dont la forme la plus virulente consiste à s'enchaîner chaque année aux grilles du Salon de l'agriculture. »

    Membre fondateur de l'association bordelaise Agir contre la torture des animaux, qui s'oppose au spécisme (*) et à « l'ex­ploitation des animaux par les humains », Virginie complète :

    « Outre-Manche, les activistes peuvent compter sur le soutien d'une importante population végétarienne et végé­talienne. Ici, en revanche, notre mouvement, qui compte au plus quelques dizaines de militants, risquerait de se mettre le public à dos en passant à l'action violente. »

    Pour l'heure, les « antispé­cistes » affirment donc se cantonner à des actions d'information sur les marchés ou à l'organisation de pique-niques végétaliens. Ils appor­tent aussi leur soutien aux « prisonniers politiques » incarcérés en Grande-Bretagne et aux États-Unis, suite aux actions « musclées » de l'ALF.

    En revanche, ils disent n'entretenir aucun lien avec cette organisation clandestine et réfutent toute implication dans les récentes attaques perpétrées en France.

    *  Pour les militants de la « libération animale », le spécisme est « l'idéologie raciste qui justifie l'exploitation de l'animal par l'homme ».

    http://www.lefigaro.fr/france/20070504.FIG000000014_les_integristes_de_la_cause_animale_passent_a_l_action.html

  • Bush interdit les combats de chiens et de coqs sur le territoire américain

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    Today President Bush signed the Animal Fighting Prohibition Enforcement Act into law. This is the culmination of an almost six-year campaign by The Humane Society of the United States and our allies to enact meaningful federal penalties for animal fighting. The law takes effect immediately. It provides felony penalties for interstate commerce, import and export related to animal fighting activities, including commerce in cockfighting weapons. It will make it much harder for criminals who engage in dogfighting and cockfighting to continue their operations. Each violation of the federal law may bring up to three years in jail and up to a $250,000 fine for perpetrators.

  • Viande de kangourou : STOP

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    IMPORTATION DE VIANDE DE KANGOUROU DESTINÉE À L'ALIMENTATION HUMAINE - IMPACT SUR LA FAUNE PROTÉGÉE ET L'ICÔNE DE L'AUSTRALIE

    LA VALEUR DE CETTE INDUSTRIE DESTINÉE À L'ALIMENTATION HUMAINE ET LES ALIMENTS POUR ANIMAUX DE COMPAGNIE S'ÉLÈVE POUR L'AUSTRALIE À 36 MILLIONS D’EUROS.

     857 272 KG VENDUS À LA RUSSIE, 125 264 KG VENDUS À L'Allemagne, 486 862 KG VENDUS À LA France, 72 406 KG VENDUS À LA Belgique.

    Les chasseurs reçoivent 1 dollar australien par kilo (soit 0,6 euro), ce qui représente une augmentation de 80 % en cinq ans.

    L'industrie du kangourou s'élève à 60 millions dollars australiens par an (soit 36 millions d’euros) et emploie plus de 4 000 personnes.

    Environ deux tiers des ventes sont réalisées à l'export dont 95 % vers la Russie et l'Union européenne.

    La « viande de kangourou » qui est exportée en Russie pour la production de salamis comprend les abats, les déchets, les parures, les parages des meurtrissures et les os (mais pas les os de la jambe) qui sont broyés et utilisés comme base protéinée pour les salamis.

    Les quotas de 2007 comprennent les kangourous rouges, les kangourous gris et les wallaroos

    Nombre total de kangourous tués en AUSTRALIE : 3,6 millions

    État de la Nouvelle Galles du Sud : 940 756

    État du Queensland : 1 971 350

    État de l'Australie méridionale : 324 365

    État de l'Australie occidentale : 324 365

    Tasmanie : 73 750 (wallabies)

    Ces statistiques NE comprennent PAS les kangourous tués pour s'amuser, pour la viande de brousse, par les agriculteurs, par les accidents de la route, ni les bébés kangourous.

    Selon les estimations faites par cette industrie, l'État estime qu'il y a environ 23 millions de kangourous en Australie mais il est impossible de les dénombrer précisément. L'estimation est réalisée depuis un avion en comptant le nombre de kangourous repérés sur une surface donnée et en le multipliant à l'aide d'un modèle informatique compliqué qui mène à une « estimation » du nombre de kangourous à l'échelle nationale. Le processus change chaque année si bien qu'il est devenu impossible de rassembler des informations pertinentes sur les tendances de la population de kangourous. Aucun renseignement relatif au processus n'est disponible auprès du grand public si bien qu'une revue indépendante du processus ne peut être réalisée.

    Le kangourou est une des espèces animales qui s'est le mieux adaptée aux terres arides australiennes. Malgré cela, l'État australien autorise à ce qu’un certain quota de kangourous soit tué chaque année, ce qui décime la population de kangourous de notre pays et affaiblit le patrimoine génétique de l’espèce. En ce qui concerne la consommation destinée à l'alimentation humaine, les chasseurs qui sont payés au kilogramme visent les mâles qui sont normalement plus gros que les femelles, mais malheureusement cette tendance semble s'être renversée avec maintenant plus de 70 % de femelles tuées. Il est important de noter que, comme le cite le Dr H. J. Lavery (Queensland) en 1995 dans son ouvrage The Kangaroo Keepers (Les Gardiens de kangourous)

    « Supprimer plus de 50 % des femelles de n'importe quelle race mène tout droit à l'extinction ».

    Le fait d'avoir tué les kangourous les plus gros et les plus forts pendant plusieurs décennies a bien entendu eu des conséquences fâcheuses sur le processus de sélection naturel et a appauvri le patrimoine génétique. Il a déjà été prouvé que la résistance génétique des kangourous est en baisse.

    Une revue relative au Code de pratique de la mise à mort non cruelle des kangourous est en cours depuis 2003, le groupe de travail ayant du mal à traiter certains problèmes qui ne semblent pas pouvoir être résolus, notamment la façon de tuer les quelque 4 millions de bébés kangourous. Le principal problème concerne les bébés qui sont dans la poche de leur mère ainsi que ceux qui ne le sont plus mais qui dépendent toujours d'elle lorsque cette dernière est tuée. Une mission consultative a été organisée en vue de trouver un moyen de tuer les bébés kangourous de façon non cruelle mais en vain. Le rapport de la mission consultative a été déclaré sans fondement et c'est la raison pour laquelle il ne sera pas publié, mais la vraie raison, c'est qu'il n'a pas été trouvé de moyen décent de tuer les bébés kangourous dont la survie dépend de leur mère.  Lorsque le bébé kangourou s'échappe terrifié de la poche de sa mère qui vient d'être tuée, il meurt d'épuisement, de choc, de froid, de faim et de prédation.

    En effet, les chasseurs ne suivent pas les kangourous sur lesquels ils tirent. Les animaux blessés s'échappent et les chasseurs ne parviennent pas toujours à les abattre, ce qui contraint les kangourous gravement blessés à mourir d'une mort lente et agonisante.

    Les kangourous que les chasseurs ont réussi à tuer et attraper sont vidés sur place puis placés dans un camion pendant des périodes prolongées pouvant aller jusqu'à dix heures à des températures dépassant parfois 30 °C ; ils sont ainsi exposés aux vers et à la contamination fécale. Ils sont ensuite entreposés dans des caissons frigorifiques pendant des périodes pouvant aller jusqu'à dix jours et exposés à des températures pouvant atteindre 25 °C, ce qui stimule la prolifération des bactéries.

    CHASSEUR ESSAYANT DE TIRER SUR UN KANGOUROU (déclaration du chasseur) :

    • Les kangourous ne sont pas faciles à tuer à moins d'être en position debout. Les projecteurs déforment la cible. D'après moi, la plupart des chasseurs ne sont pas en mesure d'estimer précisément la distance à laquelle se trouve le kangourou et de garantir qu'ils le tueront du premier coup lorsqu'il se trouve dans la zone éclairée.
    • Les animaux blessés sont bien plus difficiles à trouver de nuit que de jour, même avec les projecteurs. Les ombres produites par les projecteurs sont très différentes de nuit et un kangourou allongé sur le sol pourrait facilement ne pas être repéré du fait d'un petit monticule par exemple; tel ne serait pas le cas si la chasse avait lieu de jour. 
    • Je ne connais pas de façon décente de tuer les bébés kangourous. Dans un groupe de kangourous, il serait impossible de distinguer quel bébé appartient à quelle mère pour savoir sur laquelle on peut tirer (et ainsi éviter de faire mourir les bébés de faim). Un groupe de kangourous peut être très étalé et les femelles, les bébés et les mâles sont tous mélangés.
    • Il n'y a aucune façon non plus de garantir que les animaux qui sont tués sur le terrain et stockés dans des caissons frigorifiques sans supervision seront conservés selon les meilleurs critères de qualité pour la consommation destinée à l'alimentation humaine. Les caissons frigorifiques tombent parfois en panne et bien qu'il existe des boîtes d'enregistrement qui permettent de repérer le mauvais fonctionnement de l'appareil, les agents chargés des caissons sont encouragés à ne pas dévoiler que la viande n'a pas été réfrigérée de façon continue.

    La mise à mort des kangourous représente le plus grand massacre de faune terrestre au monde. Le quota n'a jamais été aussi élevé qu'en 2003 avec 6,9 millions de kangourous tués. Le quota est fixé à 15 % de la population estimée de kangourous gris et à 20 % de la population estimée de kangourous rouges.

    Bien que le nombre de kangourous se soit effondré dans tous les États australiens, les quotas de 2004, 2005 et 2006 ont été fixés selon la même estimation du nombre de kangourous. Le nombre de kangourous dans l'État de l'Australie méridionale a atteint tous les records et a diminué de plus de 400 000 kangourous (en comparaison à l'année précédente) – mais la demande mondiale en viande de kangourou ne cesse d'augmenter. Les statistiques du Ministère de l'environnement et du patrimoine indiquent que le nombre de kangourous en Australie méridionale n'a jamais été aussi bas depuis qu'ils ont commencé ce programme de surveillance il y a 28 ans.

    Les animaux natifs ont souvent été utilisés comme boucs émissaire en Australie pour justifier de la mauvaise gestion des terres. Les pratiques agricoles européennes ravagent la terre végétale australienne qui est particulièrement fragile ainsi que la faune et la flore de ce pays. De grandes parcelles de terre se transforment en désert chaque année en Australie du fait du surpâturage des brebis et du bétail et de coupes rases. La décimation constante des kangourous au cours des 50 dernières années a contribué à augmener l'érosion du sol.

    La campagne promotionnelle menée au Royaume-Uni pour la viande de kangourou n'a pas porté ses fruits du fait que les Britanniques ont été choqués par cette cruauté et par les risques sanitaires qui y sont associés.

    La viande de kangourou contient de grandes quantités de parasites abdominaux internes et musculaires. La viande de kangourou est servie saignante parce qu'elle est très dure et qu'elle devient immangeable lorsqu'elle est cuite trop longtemps. Ce type de cuisson peut être à l'origine de toutes sortes de maladies, certaines pouvant créer un danger de mort. La viande de kangourou a été à l'origine de la première éruption jamais enregistrée en Australie de toxoplasmose qui est une maladie pouvant entraîner la mort. Douze personnes ont en effet été atteintes, dont une femme enceinte ; l'enfant est né aveugle suite à la maladie que sa mère avait contractée pendant la grossesse.

    Les médecins ont publiquement mis la population australienne en garde contre la viande de kangourou pas suffisamment cuite après avoir découvert ce qu'ils pensent avoir été un nouveau parasite chez deux patients qui ont souffert d'une maladie de longue durée après avoir mangé de la viande de kangourou.