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  • Nouvel Obs (04/07) : la couleur du mensonge

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    [Article approximatif et diffamatoire paru dans le Nouvel Obs de cette semaine (n°2216) sur les militants de la libération animale.

    Il est en outre révoltant, de la part de Jean-Claude Guillebaud (cité), qui nous avait habitués à beaucoup mieux, d'établir un parallèle entre le nazisme et un mouvement d'émancipation.

    Révoltant de songer même à faire ce parallèle tant il est insensé.

    Révoltante, aussi, la manière dont la journaliste bâcle son travail et envoie au casse-pipe, avec une légèreté confondante, les personnes qu'elle cite parfois nommément dans son article, les mettant en relation plus ou moins directe avec l'ALF alors que toutes leurs actions sont légales.

    Révoltant enfin le pouvoir d'une presse qui peut ainsi noyer d'un trait de plume mensonger tout un mouvement qui compte dans ses rangs des noms aussi symboliques que Théodore Monod, Marguerite Yourcenar ou Victor Hugo.]

    *  *  *

    Objet du délit :

    Les enragés de la cause animale- "Bêtes et méchants"

    Après l'Angleterre et les Etats-Unis, la France découvre les actions musclées de ces nouveaux fanatiques prêts à tout pour libérer les animaux du joug humain.

    C'est son fils qui a constaté les dégâts. Michel Grama, lui, dormait encore. « Papa ! Ils t'ont crevé les pneus de ta bagnole ! » Les pneus, ça n'était pas le pire, non. Le plus choquant, c'était la peinture rouge sang, partout, sur la voiture, sur les murs de la maison. Avec ce mot tagué sur la façade en pierre : « Assassin ! » « Vous imaginez la réaction des voisins ? »

    Bien sûr, il a porté plainte. Bien sûr, il s'est fait rembourser les dégâts. Mais la peur s'est installée. Assassin, lui, un modeste artisan fourreur ? Un confrère de Paris l'appelle pour le prévenir que son nom, son adresse et même son numéro de téléphone sont publiés sur un site internet. Il est la victime de fous furieux. Les enragés de la cause animale.

    « Ne venez pas me parler d'écolos, s'insurge-t-il. Pour moi, ce sont des voyous! » Comme lui, d'autres confrères ont été pris pour cible : ils lui racontent les vitrines brisées, les enseignes détruites, le matériel volé... L'un d'eux a même reçu un colis piégé contenant des lames de rasoir.

    La guerre, ces fanatiques l'ont déclarée à tous les « tortionnaires d'animaux » : les fourreurs, les « connards de chasseurs », les bouchers-charcutiers qui vendent des « morceaux de cadavres », les procorridas, les magasins de foie gras, les cirques, les laboratoires de vivisection...

    Chaque fois, la même signature : ALF, pour Animal Liberation Front (Front de Libération des animaux), un groupuscule ultraviolent étroitement surveillé par les branches antiterroristes de Scotland Yard et du FBI (voir encadré).

    Jusqu'ici épargnée, la France est à son tour touchée. Depuis un an, 54 « opérations » ont été revendiquées par l'ALF sur BiteBack, le webzine de l'organisation, dont 9 pour le seul mois de mars.

    Profil de ces enragés ? Plutôt jeunes, actifs et insérés socialement. Chacune de leurs actions est minutieusement préparée : ils s'habillent de noir, enfilent des cagoules, se réunissent dans des lieux secrets, puis attaquent. Objectif ? Libérer les animaux dont l'homme a fait ses esclaves.

    A 17 ans, Guillaume (1), longue tresse fine et rangers noires aux pieds, a déjà effectué plusieurs séjours en Grande-Bretagne dans des camps organisés par des groupuscules radicaux. Là-bas, il a reçu des cours d'autodéfense et a appris les meilleures techniques de « sabotage économique ». De retour en France, il crée dans sa fac de Nanterre un collectif, les Furieuses Carottes. Déterminé, il se dit prêt à aller en prison « si c'est le prix pour faire bouger les choses ».

    Combien sont-ils comme lui ? Vingt, cent ou plus ? Difficile à dire. L'ALF fonctionne comme Al-Qaida, en cellules autonomes : pas de QG, pas de commandement centralisé. Dès lors, n'importe qui peut s'en revendiquer. Pour l'instant, en France, ça reste « gentil » : vitrines cassées, coups de téléphone pour intimider.

    Parfois, ça va plus loin, comme en janvier dernier où un « commando de libération » a pénétré dans un élevage et a relâché 21 ragondins dans la nature. Si beaucoup nient leur affiliation avec l'organisation, tous prônent les actions de vandalisme, seule façon selon eux de faire bouger les choses : « Les mémères à toutous de la Fondation Brigitte-Bardot sont bien gentilles, mais que font-elles concrètement ? interroge Etienne.

    En Grande-Bretagne, les militants d'ALF ont réussi à faire abolir la chasse à courre et à stopper les expérimentations d'un laboratoire de vivisection. » Bandeau noir sur une tignasse brune, cet éducateur de 34 ans a déjà plusieurs années d'activisme derrière lui.

    En 2005, il a fondé avec un copain l'association Droits des Animaux, adepte de « hunt sabotage » : les jours de chasse à courre, ils mobilisent une trentaine de sympathisants et s'interposent entre les chasseurs et les animaux traqués. Leur plus grand succès : l'annulation du championnat du monde de déterrage de blaireaux en 2006.

    « Il faut les prendre très au sérieux, explique Laurent Larcher (2), journaliste à Pèlerin Magazine. Ces groupes pourraient se retourner contre les humains, comme c'est le cas aux Etats-Unis ou en Angleterre. »

    Antoine avoue à demi-mot être « passé de l'autre côté ». Un jour, presque par hasard, cet éducateur et kinésithérapeute visite un abattoir de viande chevaline. Un choc. « Il y avait trois mètres de merde et les cadavres de chevaux gisaient sous les vivants. »

    Révolté, il décide d'enquêter pour « témoigner, faire bouger les élus et les services vétérinaires ». Pendant trois ans, il dresse des chiffres, établit des statistiques. Personne ne bouge.

    Alors, un jour, il décide de faire justice lui-même : « enlèvements » de poulains maltraités. Et tabassages de quelques propriétaires peu scrupuleux des normes. « En dernier recours, jure-t-il. Pour les dissuader de recommencer. »

    « Les animaux sont une cause sociale aussi importante que celle des Noirs ou des femmes », argumente Méryl Pinque, du Collectif antispéciste (3) de Paris. « C'est une idéologie dangereuse pour l'humanité de penser que les animaux ont les mêmes droits que les humains, dénonce Jean-Claude Guillebaud (4), écrivain et journaliste. Il s'agit là d'un antihumanisme qui ramène à la logique du nazisme.»

    Eux se voient comme des libérateurs, des résistants de l'ombre. Ils prônent le véganisme, mode vie qui exclut toute utilisation de produits animaux. Vouent un véritable culte à Barry Horne, premier martyr de la cause, mort en 2001 d'une grève de la faim en prison. Et attendent le grand chamboulement. Ils s'y sont préparés.

    « C'est une révolution éthique, dit Méryl. Nous voulons changer le monde. » Pour eux, ce n'est qu'une question de temps.

    ___________

    Notes :

    (1) Les prénoms ont été changés.

    (2) La Facecachée de l'écologie, Cerf, 2004.

    (3) Doctrine du philosophe utilitariste Peter Singer selon laquelle toutes les espèces vivant sur Terre sont égales et ont les mêmes droits (Animal Liberation, 1975).               

    (4) Auteur du Principe d'humanité, Point, 2001.

    Marie Vaton

    http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2216/articles/a340857-B%C3%AAtes_et_m%C3%A9chants.html

  • Attention : chef-d'oeuvre

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    CLEARCUT (1991)

    Directed by Ryszard Bugajski

    Review/Film; Loggers And Indians At War

    By STEPHEN HOLDEN

    Published: August 21, 1992, Friday

    An aerial view of a forest in northern Canada devastated by the lumber industry "looks like the moon on a bad day," one character in the film "Clearcut" says. To another observer, the same sight "looks like money."

    Those remarks define the bitter regional war that ignites this Canadian film, which opens today at the Gramercy Theater. As the movie begins, a local lumber company that is the area's economic wellspring has just won a legal skirmish against an Indian tribe whose sacred ground has been violated by a road used to truck timber from the forest to the mill. Peter (Ron Lea), the big-city lawyer for the Indians' cause, arrives in time to witness a bloody battle between the police and the Indians, who are trying to prevent the company's logging trucks from entering their territory.

    "Clearcut," adapted from M. T. Kelly's novel "A Dream Like Mine," soon shifts from a political drama into a thriller with a supernatural edge. As a gesture of solidarity with his clients, the lawyer takes part in an Indian sweat lodge ceremony, during which he has hallucinations of blood oozing from trees and other grisly visions. Soon after, he meets Arthur (Graham Greene), an arrogant young Indian-rights advocate with an ominous gleam in his eye and a lust for violent revenge.

    Peter, who underestimates the ferocity of Arthur's rage, becomes a reluctant accessory to kidnapping when the Indian grabs the mill's manager, Bud Rickets (Michael Hogan), at a gas station and takes him hostage. Peter changes from unwilling collaborator to hostage after Arthur transports them by canoe across a lake into a virgin wilderness.

    The bulk of "Clearcut" concentrates on the prisoners' desperate struggle for survival at the hands of a vengeful sadist with magical powers. Arthur knows how to hone the end of a stick and spear a fish with a single thrust into the water. He also possesses second sight. And since he has the ability to be in more than one place at the same time, escape is all but impossible.

    Things become increasingly dire as the three make their way through the wilderness. One morning Peter awakens to find Arthur meticulously flaying one of Bud's legs. When he protests the torture, Arthur replies that what he is doing is no worse than the conduct of American soldiers who used to play catch with the breasts of Navajo women. Ultimately Peter, who has always eschewed violence, is driven to fight for his life.

    "Clearcut" suggests a low-budget Canadian answer to "Deliverance," but heavily streaked with mysticism and environmental politics. Although the film never comes out and says it, Arthur is actually an Indian trickster spirit conjured into human form by Peter's anger. Also known as Wisakedjak, he is the same bloodthirsty spirit who is described to Peter during the sweat lodge ceremony by Wilf (Floyd Red Crow Westerman), the tribe's wise, long-suffering chief.

    The film, directed by Richard Bugajski, is scrupulously fair to its characters and the issues they represent. Arthur radiates the glamour of a survivalist who is so perfectly attuned to nature that he moves through the wilderness with the confidence of a god. But he also kidnaps, tortures and kills with the casual ease of the most dangerous movie psychopaths. In Mr. Greene's riveting portrayal, he exudes a sinister, slightly comic buoyancy.

    Mr. Hogan's burly mill-manager is considerably more sympathetic than Mr. Lea's lawyer. A rugged outdoorsman who is as fiery in his way as Arthur, he argues forcefully that closing the mill would destroy the livelihood of thousands.

    Even if Peter is on the side of the angels, as the film seems to suggest, he is a weak-willed do-gooder who doesn't really understand the people whose rights he is championing. His forced journey into the wilderness is his initiation into a spiritual authenticity.

    These strong, beautifully balanced performances infuse what is essentially an adventure movie with gripping psychological undercurrents. The deepest character is the tribe's chief, a man of few words whom Mr. Westerman imbues with an anguished benignity. All-knowing yet powerless to change the course of events, this elder is the film's grieving spiritual guide.

    "Clearcut" is rated R (Under 17 requires accompanying parent or adult guardian). It includes strong language, violence and a graphic scene of torture. Clearcut Directed by Richard Bugajski; screenplay by Rob Forsyth, based on the novel "A Dream Like Mine," by M. T. Kelly; director of photography, Francois Protat; edited by Michael Rea; music by Shane Harvey; production designer, Perri Gorrar; produced by Stephen J. Roth and Ian McDougal; released by Northern Arts Entertainment. At the Gramercy, 23d Street and Lexington Avenue, Manhattan. Running time: 98 minutes. This film is rated R. Arthur . . . Graham Greene Peter . . . Ron Lea Bud . . . Michael Hogan Wilf . . . Floyd Red Crow Westerman Eugene . . . Raoul Trujillo Louise . . . Rebecca Jenkins Tom Starbuck . . . Tom Jackson.

    http://movies2.nytimes.com/mem/movies/review.html?title1=

    CLEARCUT%20%28MOVIE%29&title2=&reviewer=Stephen

    %20Holden&pdate=19920821&v_id=9955 

  • Tuerie de Virginia Tech : la célébrité au bout du fusil

    http://www.heraldtimesonline.com/stories/2007/05/12/eat_NEWS_vatech_0512+Z.jpg

     

    par Élaine Audet

    Lundi, le 16 avril 2007, le monde apprenait avec stupeur qu’un nouveau massacre de masse venait d’avoir lieu dans une institution scolaire américaine, l’Université de Virginia Tech. Le tueur de 23 ans a abattu 14 femmes et 18 hommes avant de s’enlever la vie. Comme lors d’événements similaires récents, on a eu droit aux mêmes questions en boucle sur les causes d’une telle tragédie : tireur fou, loi laxiste sur les armes feu, culte et culture de la violence, schizophrénie paranoïde, etc. Bien que toutes appropriées, aucune de ces causes présumées ne répond à toutes les questions ni ne permet de mettre sur pied un plan efficace de prévention face à l’épidémie de fusillades en milieu scolaire.

    L’emprise du vedettariat médiatique et toutes les "stars académies" de ce monde font foi que le premier critère de réussite et de reconnaissance à notre époque n’est plus le travail, mais l’image. Ceux et celles qui ne correspondent pas aux critères esthétiques et athlétiques dominants sont rejeté-es par le système. On continue à élever les garçons en respectant les stéréotypes sexistes de virilité masculine et de passivité féminine, quoi qu’on en dise. Jamais pourtant les femmes et les hommes n’ont partagé autant d’intérêts. Les unes et les autres sont victimes d’un même système mercantile qui fait des humains de simples consommateurs consommés.

    Le livre Stiffed, The Betrayal of the American Man (Tétanisé, la trahison de l’homme américain) de Susan Faludi (1) offre une grille d’analyse des plus pertinentes pour comprendre la trajectoire du tueur de Virginia Tech. D’entrée de jeu, la féministe américaine prend acte de la détresse et de la colère grandissante de certains hommes qui s’estiment lésés par le système et constate qu’aujourd’hui « être loyal envers l’entreprise et travailler dur ne garantit plus de conserver son poste ou d’être apprécié à sa juste valeur ».

    Selon l’auteure, dans une telle culture déterminée par la primauté de l’image, le prestige n’est plus fonction du mérite mais de l’apparence. Seules en bénéficient quelques vedettes des médias, du spectacle et du sport. Tous ceux qui n’ont ni leur beauté, ni leur minceur, ni leur force, ni leur séduction ont l’impression de ne plus être dignes de vivre. C’est alors qu’on leur vend mille et une recettes pour devenir le reflet de leurs idoles. Quand ils constatent l’inanité de ces promesses, ils se procurent des armes à feu au magasin du coin, comme le tueur de Virginia Tech, et tirent sur ceux et celles qui, croient-ils, les empêchent de vivre. Et les médias leur donnent raison de penser que la célébrité est, en dernier recours, au bout du fusil en donnant à leur acte haineux le plus de visibilité possible.

    Les jeunes, poursuit Faludi, se sentent trahis par leurs pères qui devaient leur transmettre les postes de commande et les privilèges socio-économiques qui semblaient inhérents à la condition masculine. Au lieu du pouvoir, ils ont reçu pour tout héritage une culture axée sur la consommation et l’argent, fondée sur l’image du « gagnant ». Nombre d’entre eux éprouvent du ressentiment face à l’ascension irrésistible des femmes qui, à leurs yeux, se ferait à leur détriment. Ce que ne manque pas de contredire Faludi qui montre, exemples à l’appui, que les femmes arrivent à peine à avoir accès à la cave de l’édifice à plusieurs étages du pouvoir dont les hommes détiennent toujours les clés, même si certains ont chuté au rez-de-chaussée !

    Une enquête intitulée, "De la moquerie au harcèlement : le climat dans les écoles américaines", menée par Harris Interactive en 2005 (2), constate que 65% des jeunes disent avoir été harcelé-es verbalement ou physiquement agressé-es l’année précédente. Les trois principales causes évoquées par plus de 3 000 étudiant-es interrogé-es sont l’apparence (39%), l’orientation sexuelle (33%) et les stéréotypes sexuels (28%). Ceux et celles qui ne correspondent pas aux critères dominants de beauté, d’hétérosexualité, de virilité et de féminité deviennent fragilisé-es, développent souvent un délire de persécution, réel ou imaginaire, et des idées de vengeance suicidaire.

    Toutefois, comme l’observe finement le journaliste québécois Jean-Claude Leclerc : "Nul ne devient une « bombe à retardement » du jour au lendemain. On ne tue pas ses proches ou de purs inconnus sous le coup d’une peine d’amour, d’un échec aux examens, d’un refus d’emploi, ou même d’un excès d’indignation. Il faut que les mécanismes intimes de l’apprentissage, comme le contrôle des émotions, l’interaction sociale, l’interprétation des événements, aient été déformés au point de faire perdre toute identité propre ou de n’en concevoir une qu’en rejet de son milieu." (3)

    Le dénominateur commun

    En 1998, suite au fémicide dans une école de Jonesboro en Arkansas où deux garçons de 11 et 13 ans tuent quatre filles et leur professeure, Allan G. Johnson (4) tente de répondre à Bill Clinton qui se demande « s’il y a un dénominateur commun qui permettrait d’expliquer semblables violences. » Pour Johnson, le dénominateur commun de toutes ces tragédies réside dans le fait que les auteurs en sont tous des hommes. Johnson reconnaît qu’au départ filles et garçons naissent innocents et non-violents, mais il n’en demeure pas moins que, même si l’incidence majeure de la violence masculine est prouvée universellement, elle n’est toujours pas reconnue et assumée par la majorité des hommes qui continuent à montrer du doigt ce qu’ils appellent des exceptions pathologiques, de Hitler à Cho Seung-Hui en passant par Marc Lépine.

    Le contrôle reste encore la valeur masculine et patriarcale la plus importante dans notre société. « Personne ne me laissera tomber », aurait dit un des jeunes tueurs de Jonesboro que l’une des fillettes abattues avait repoussé. Dès leur plus tendre enfance, la capacité d’exercer le contrôle, plus particulièrement sur les femmes, conditionne la socialisation des garçons et leur reconnaissance sociale. La culture patriarcale n’a jamais cessé de cautionner le recours à la force comme une valeur virile et valorisante, comme on peut le constater dans le cas des militaires envoyés en Irak ou en Afghanistan et de la banalisation de la violence conjugale, du viol ou de la marchandisation du corps des femmes et des filles très majoritairement par des hommes.

    Il y a sûrement à Virginia Tech, comme ailleurs dans la société, des femmes asociales, laides, complexées, violentes, revanchardes, paranoïaques, victimes de sexisme, de racisme, d’homophobie, mais elles ne décident pas pour autant de tirer sur tout ce qui bouge et de se mettre une balle dans le crâne pour résoudre leurs problèmes. On peut donc se demander pourquoi on n’élève pas les garçons comme les filles puisque l’histoire démontre que les femmes ont rarement recours à la guerre ou à la violence pour résoudre les conflits ? Même si tous les hommes ne deviennent pas des tueurs, ne faut-il pas se questionner sur la forme d’éducation donnée aux garçons, qui continue à être très complaisante sur le sexisme, le militarisme et le recours à la prostitution comme des valeurs viriles incontournables. Avec toujours en toile de fond le vieil adage attendri : "Les garçons seront toujours des garçons !"

    L’angle mort des rapports sociaux hommes-femmes

    Comme à l’École polytechnique de Montréal en 1989, il a fallu attendre longtemps pour comprendre que, dans le cas de Virginia Tech, la première "victime" était une femme que le tueur a abattue dans son dortoir, en tuant au passage un étudiant venu à son secours, avant de procéder, deux heures plus tard, dans un autre édifice à la fusillade meurtrière que l’on sait. Les policiers ont considéré que ce double meurtre résultait d’une "simple querelle domestique" et ils n’ont pas jugé nécessaire de déclencher des mesures d’urgence. C’est cependant ce qu’ils n’ont pas hésité à faire quand deux agents de sécurité ont été abattus, en août 2006, sur ce même campus.

    Les autorités policières et universitaires n’ont pas jugé importants non plus les nombreux cris d’alarme sur le comportement inquiétant de Cho Seung-Hui, lancés par au moins cinq de ses professeures, dont la poète Nikki Giovanni, qui avait dû l’exclure de sa classe à la suite des plaintes de harcèlement de sept de ses étudiantes qui refusaient d’assister à son cours si Cho était présent. Pour sa part, l’ancienne doyenne de la faculté d’anglais, Lucinda Roy, a tenté de l’aider en lui donnant des cours particuliers, tout en lui suggérant de consulter un psychiatre et en faisant suivre à la police de l’université et au service de support aux étudiant-es un dossier sur l’inquiétude que soulevaient les écrits violents et le comportement agressif de cet étudiant. Ces plaintes documentées de harcèlement envers des étudiantes n’ont pas été davantage prises au sérieux que le meurtre d’Emily Hilscher qui a inauguré la tuerie.

    À part de rares exceptions (5), il existe un angle mort, une tache aveugle, en ce qui concerne la responsabilité des rapports hommes-femmes, pour expliquer les tueries récurrentes en milieu scolaire. Au lieu de s’apitoyer sur la perte de leur masculinité et de leurs privilèges causée, selon eux, par la montée des valeurs féministes, il faut espérer que les hommes réalisent, comme le suggère Susan Faludi, que "l’essentiel ne consiste pas à se demander comment préserver leur masculinité, mais comment devenir plus humain".

    Notes>

    1. Susan Faludi, Stiffed, The Betrayal of the American Man, New York, William Morrow Co., 1999 et Élaine Audet, "D’une lune à l’autre", l’aut’journal, N° 184 - novembre 1999.
    2. Lire ici.
    3. Jean-Claude Leclerc, "Le drame de Virginia Tech - Peut-on résoudre l’énigme des crimes insensés ?", Le Devoir, 23 avril 2007.
    4. Allan G. Johnson, The Common Element et Élaine Audet, "Place aux hommes !", l’aut’journal, décembre 1998.
    5. Jennifer L Pozner, From Jonesboro to Virginia Tech - sexism is fatal, but media miss the story ; James Ridgeway, "Mass Murderers and Women : What We’re Still Not Getting About Virginia Tech", Mother Jones, 20 avril 2007.

    Mis en ligne sur Sisyphe, le 24 avril 2007.
    http://sisyphe.org/sisypheinfo/article.php3?id_article=99

  • Australie : "The Baby Kangaroo Rescue Centre" à Alice Springs

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    I was on holiday last week in Australia's "Red Centre", visiting Uluru (Ayer's Rock) and the town of Alice Springs (immortalised in Nevil Shute's novel, A Town Like Alice).

    Alice Springs is home to some uniquely Australian institutions, such as the School of the Air (i.e., students in the far flung Australian Outback taught by teachers through radio and now the Internet) and the Royal Flying Doctor Service.

    But one of the unofficial tour attractions that I had the pleasure of visiting was Chris "Brolga" Barns's Baby Kangaroo Rescue Centre.

    For a $5 donation, Brolga lets you into the compound to share a very unique experience - learning to look after baby kangaroos.

    Central Australia is extremely dry, not quite a desert, but a kind of savannah. In this arid country, the exhaust fumes from automobiles, funnily enough, are a major source of moisture, and so there is rich vegetation growing along the sides of the highways here.

    Vegetation attracts grazing kangaroos, and unfortunately, this leads to large numbers of kangaroos being hit and killed by passing vehicles.

    Brolga advises that if you pass a dead kangaroo, don't just drive past, because even dead marsupials may often be carrying live young in their pouches, which could perish without timely rescue and care.

    Stop your vehicle by the side of the road (if it's safe for you to pull over, of course), then examine the dead kangaroo's pouch.

    If you find a baby kangaroo in the pouch, make a bag out of a T-shirt or cushion cover, then help the baby into it.

    (Baby kangaroos often need no encouragement to enter a bag. They somersault into it.)

    Then, holding the bag against the warmth of your body, take it to a nearby town and ask around for a person who looks after baby kangaroos.

    There are such kind souls in almost every town.

    Give the baby kangaroo some water, but avoid giving it cow's milk, as this will not agree with it.

    Also, before leaving the scene, try and move the carcase well away from the road, as otherwise, scavengers like the wedge-tailed eagle also become roadkill in turn.

    Brolga's work is well-known around Alice Springs. The cabbie who drove us into town from the airport told us about him, which is how we walked into his little centre.

    One of our tour guides also turned out to be a friend of his and a regular contributor of rescued baby kangaroos.

    Unfortunately, the Northern Territory government doesn't seem to be very helpful in supporting Brolga's work.

    The nearby national parks, surprisingly, don't have any facilities to look after orphaned baby kangaroos, and unpaid volunteers like Brolga are treated with suspicion by the bureaucracy.

    Brolga says the donations he gets from visitors allow his kangaroo rescue efforts to be self-sustaining, but the effort needs more institutional support, which isn't forthcoming.

    If you're ever in Alice Springs, pay the centre a visit.

    It's very heartening to see the little critters being well looked after, and there's a steady stream of visitors trooping in, having heard of the centre by mere word of mouth.

    Brolga's business card provides his address:

    Melanka Complex
    94 Todd Street
    Alice Springs
    Northern Territory, Australia

    For rescue or enquiries, call 0407 718 409 or 0415 207 703 (from outside Australia, you'd need to call +61-407 718 409 or +61-415 207 703).

    Brolga's e-mail address is brolga72@hotmail.com.

    Donations and mail may be sent to:

    PO Box 4921
    Alice Springs
    NT 0871
    Australia

    Give the man a hand. He's doing great work.

    http://golfcharliepapa.blogspot.com/2007/04/baby-kangaroo-rescue-centre-in-alice.html

  • 24 avril, Journée Mondiale des Animaux de laboratoire : une minute de silence

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    Il est midi en cemardi 24 avril,Journée Mondiale des Animaux de laboratoire.

    Une minute de silence à 12h pour eux SVP.

    Pendant cette minute de silence que vous avez ou allez observer :

    * 5 animaux vont périr et mourir suite à des actes de torture et de barbarie dans les laboratoires d'expérimentation en France.

    * 60 en Europe.

    * 1500 animaux (minimum) dans le monde.

    La communauté antivivisectionniste internationale profite de la reconnaissance officielle de cette Journée par les Nations Unies pour organiser la campagne militante abolitionniste SMAL (WWAIL en anglais) ainsi que, le 24 avril, une minute de silence à 12h (ou au plus près de 12h).

    Cette minute de silence est dédiée à la mémoire de tous les animaux tourmentés et sacrifiés dans les laboratoires du monde entier au nom de la science, de la recherche ; mais surtout du profit et du carriérisme.

    Aussi, merci d'observer et de faire observer à votre entourage et vos connaissances une minute de silence à la mémoire de tous les martyrs de la vivisection, pudiquement appelée expérimentation animale, notamment en réacheminant cet appel à tout votre carnet d'adresses et/ou en envoyant des SMS avec le message suivant :

    "12h, auj. 1 Minute Silence pr Animaux dans les Labos. Merci."

    Dans les laboratoires publics et privés, 24 heures sur 24...

    1 animal meurt torturé toutes les 12 secondes en France

    1 animal meurt torturé toutes les 3 secondes en Europe

    25 animaux (minimum) meurent torturés chaque seconde dans le monde.

    Pour la libération immédiate et inconditionnelle de tous les animaux torturés et prisonniers dans les laboratoires,

    Le succès de cette opération dépend de chacun d'entre vous pour dénoncer la barbarie dans les labos.

    www.semaine- mondiale- animaux-laborato ire.org