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  • Moi, Yannick Casajus, curé d’Agde et aficionado

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    A ma grande surprise, et je ne suis pas le seul, je découvre dans le « Midi Libre » du 16 août dernier, un article dans lequel le curé d'Agde, Yannick Casajus, exprime ses goûts très prononcés pour la corrida. Avec tous les poncifs habituels pour défendre sa passion.

    Voir l'article :

    Comment est-ce possible ?

    Pour lui, ce n'est pas, « Avé Maria » mais « Olé Maria ! ».

    Peut-on imaginer un instant le Christ, Saint Vincent de Paul, l'Abbé Pierre ou Sœur Emmanuelle se repaître de torture animale dans les arènes ? Peut-on les imaginer se délecter sans éprouver aucune compassion pour d'innocents animaux suppliciés à mort à l'arme blanche ?  Bien sûr que non.

    Faut-il rappeler au Père Casajus qu'à l'époque de la Rome antique, ce n'était pas des taureaux qui étaient jetés en pâture dans les arènes mais des chrétiens, avec, je le crains, des pulsions de la plèbe comparables à celles des aficionados d'aujourd'hui...

    Et que fait-il de Pie 5, qui, dans sa bulle en 1567, interdit la corrida ?  Et Saint François d'Assise, prônant le respect de l'animal ? Je rappelle aussi que le Père Guy Gilbert, habitué du Cap d'Agde, a signé le manifeste du CRAC pour l'abolition de la corrida.

    Pour finir, je vous propose de lire en lien un article de presse récent sur le Dalaï Lama. Celui-ci s'exprime au sujet de la corrida et sur le respect que l'on doit aux animaux. Comme vous pourrez le constater, ce n'est pas tout à fait le même discours...

    Voir l'article : http://www.lejpb.com/paperezkoa/20080828/93763/fr/Soutien-du-Dalai-lama-au-CRAC-le-comite-anti-corridas

    Je pense que le Père Casajus, comme tous les aficionados, est aveuglé par sa passion. Cette pratique cruelle est d'une telle violence et d'une telle sauvagerie, que je ne vois pas d’autres explications. A l'avance, nous vous pardonnons mon Père !

    Thierry Hély

    Chargé de communication du CRAC

    www.anticorrida.com

    http://www.herault-tribune.com/index.php?p=p01&Ar_Id=3975&action=view

  • REACH : une évaluation obsolète dès sa conception ?

    http://www.animalliberationfront.com/Philosophy/Animal%20Testing/Vivisection/baby_monkey_injection.jpg

    Cet article a deux objectifs : il s'agit d'un compte-rendu de la conférence d'Antidote Europe à Vannes le 21 juin 2008 et c'est aussi un appel à tous les responsables scientifiques, autorités de réglementation et à tout un chacun, pour aider à éviter une catastrophe.

    Par André Ménache

    REACH est la réglementation de la Communauté européenne sur les substances chimiques. Elle concerne l'enRegistrement, l'Evaluation, l'Autorisation et la Restriction des substances CHimiques. Elle est entrée en vigueur le 1er juin 2007. La gestion de cet immense programme a été confiée à la nouvelle Agence européenne des substances chimiques (ECHA), située à Helsinki, en Finlande. L'objectif affiché de REACH est d' « améliorer la protection de la santé humaine et de l'environnement grâce à une meilleure et plus précoce identification des propriétés intrinsèques des substances chimiques ».

    Nous pensons que le programme REACH représente une demande de pardon et un aveu de culpabilité à la société pour les milliers de substances chimiques industrielles insuffisamment testées qui pénètrent à présent dans nos organismes et dans l'environnement. Inutile d'ouvrir un débat philosophique pour déterminer s'il faut blâmer l'industrie plus que la société, ou le contraire, pour la situation difficile dans laquelle nous nous trouvons, cernés par des milliers de substances chimiques, certaines bonnes, d'autres mauvaises, d'autres très mauvaises.

    Tenter de répondre à la question : « qui a créé les besoins d'avoir autant de substances chimiques en premier lieu : la société ou l'industrie ? » serait comme tenter de déterminer qui de l'oeuf ou de la poule est apparu en premier.

    Rats et souris alimentent encore le dinosaure

    Le concept et la structure de REACH sont un fait accompli. Nous avons à présent la tâche onéreuse de tenter d'apprivoiser un dinosaure chimique, c'est-à-dire d'organiser l'évaluation fiable de la toxicité de 30 000 substances. Bien que le règlement REACH laisse de la place à l'innovation (par exemple via l'Annexe XI*), les tests proposés et acceptés jusqu'ici sans aucune objection sont toujours les mêmes : sur des animaux, donc sans valeur pour l'homme.

    Pour pouvoir introduire de nouveaux tests (« éléments de preuve »), il faudra fournir non seulement les résultats de ces tests pour une substance donnée mais, en plus, « une description suffisante et fiable » de ces « éléments de preuve ». Double travail, donc, de nature à décourager les industriels à se lancer dans ces nouveaux tests...

    Tenter d'attaquer une directive de la Commission européenne (CE) pour montrer que les tests qu'elle exige sont obsolètes et/ou que les tests fiables ne sont pas suffisamment encouragés n'est pas un exploit à la portée de n'importe qui. En fait, la CE est essentiellement immunisée contre les attaques juridiques, sauf dans de rares instances, par exemple, le cas de la Suède contre la Commission des Communautés européennes (1).

    Toutefois, dans le cadre du règlement REACH, il y a plusieurs voies possibles pour promouvoir la bonne science et éliminer la "mauvaise science" (tests sur des animaux, comme l'indiquait le précédent directeur du Centre européen pour la validation des méthodes alternatives -CEVMA-). La position d'Antidote Europe est que l'utilisation d'animaux pour établir des "limites de sécurité" pour l'exposition humaine aux substances chimiques n'a pas de fondement scientifique et que ces tests sur animaux sont donc inutiles pour notre santé.

    En choisissant de tester parmi plus de 250 lignées de rats et 330 lignées de souris, il est possible de démontrer qu'à peu près n'importe quelle substance chimique est "sûre" ou le contraire. Quand on parle de sécurité, la question pertinente est : « sûr pour qui (pour quelle espèce animale) ? »

    Les scientifiques et législateurs européens qui sont familiers des tests sur animaux se disent désireux d'envisager l'utilisation de méthodes sans animaux, mais à la condition que ces dernières subissent d'abord une « validation ». Valider une méthode implique qu'elle ait été scientifiquement évaluée pour un but particulier (pertinence) et qu'elle soit fiable et reproductible. Bien que le concept de validation soit sensé, il soulève deux questions cruciales :

    (i) Dans quelle mesure les tests sur des animaux ont-ils été validés ? En posant cette question, on a déjà accepté que la validation ne peut se faire que par rapport aux tests sur animaux. Il faut sortir de ce piège. Il vaudrait mieux poser une question (o) : comment valider des tests pour l'homme ? Réponse : en testant sur ses cellules, ses tissus, et, pour les produits largement utilisés, en pratiquant des tests non invasifs sur des volontaires et sous surveillance clinique. Il n'y a pas moyen de faire autrement, aucune espèce n'étant le modèle biologique de l'homme.

    (ii) Pourquoi la validation et l'acceptation réglementaire sont-elles si lentes ?

    Une réglementation qui ignore des faits scientifiques

    Ces deux aspects de la validation demandent à être examinés de plus près. Pour aussi incroyable que cela paraisse, les tests sur des animaux n'ont jamais fait l'objet d'une validation formelle (2), ce qui a amené un ancien directeur du CEVMA à avancer le concept d' « invalidation », en disant qu'il était clair que plusieurs tests sur des animaux couramment acceptés ne remplissaient pas, et ne pourraient jamais remplir, les critères de validation (3).

    Sans surprise, cette initiative semble avoir été largement ignorée à la fois par les industriels et par les responsables de la réglementation. Car les autorités seraient tout simplement trop embarrassées si elles devaient admettre publiquement que les tests sur des animaux ne fonctionnent pas pour prédire les effets toxiques d'une substance pour l'homme.

    Le second aspect problématique de la validation est le délai nécessaire pour développer et valider une méthode sans animaux et l'attente, ensuite, de son acceptation réglementaire. Un exemple classique pour illustrer ce point est le remplacement du test de pyrogénicité (fièvre) chez le lapin, par une méthode sans animaux.

    Une telle méthode a été développée en 1988 par des scientifiques britanniques, mais n'a été validée qu'en 2006 (4). Des sources bien informées prévoient que cette méthode obtiendra son acceptation réglementaire en 2010 en tant que méthode officielle de remplacement du test sur les lapins. Soit un total de 22 années pour obtenir le remplacement d'un seul test sur des animaux !

    Beaucoup se posent la question brûlante : « Pourquoi ce processus est-il si long ? » La réponse est plutôt triste. Cela est dû en partie à l'incompétence du gouvernement et de l'industrie et aussi au fait que les tests sur des animaux ont été utilisés pendant des années et que législateurs et industriels savent interpréter les données obtenues sur les animaux, même si ces données ne sont pas pertinentes pour la santé humaine.

    L'industrie sait que pour développer et introduire une nouvelle méthode sans animaux, elle devra dépenser un peu d'argent, mais ce n'est pas là le principal obstacle. Ce qui la préoccupe bien plus, c'est le risque que cette méthode ne soit pas acceptée par les autorités de réglementation. Ce risque est particulièrement élevé lorsqu'une méthode de test développée à l'aide de cellules et de tissus humains est comparée à des données historiquement obtenues sur des animaux.

    Un cas d'école : la toxicité aiguë

    L'un des objectifs premiers de tout programme de tests de substances chimiques est de déterminer quelle dose de substance, administrée en une seule fois, peut tuer un individu (toxicité aiguë). REACH ne fait pas exception mais ces tests effectués sur des animaux ne seraient-ils pas plutôt un simple exercice de collecte de données à l'aveugle, le vestige de cette « mauvaise science » ignorante encore du fait qu'aucune espèce animale n'est un modèle biologique pour l'homme ?

    Initialement, REACH devait requérir des données de toxicité aiguë systémique (pour l'organisme entier) via une unique voie d'administration de la substance et uniquement pour des substances commercialisées en volumes supérieurs à dix tonnes par an (5).

    Toutefois, des amendements déposés par plusieurs Etats membres ont conduit à requérir des données de létalité aiguë pour toutes les substances concernées par REACH (c'est-à-dire 30.000 substances commercialisées en volumes supérieurs à une tonne par an), ainsi que des données de létalité via une seconde voie d'exposition pour approximativement 10.000 substances commercialisées annuellement en volumes supérieurs à dix tonnes (6).

    Comme toute substance dans le commerce a probablement été testée par voie orale à la dose qui tue 50% des animaux d'un lot (test appelé « DL 50 ») ou par l'une des variantes de « réduction » ou « (r)affinement » de ce test, la seconde voie d'exposition sera l'inhalation ou l'application sur la peau, un test qui consomme 30 à 40 animaux par substance, selon les Lignes directrices de l'OCDE 402/403 (7).

    Les « tests alternatifs » sans animaux sont encore à approuver. Beaucoup sont même encore à inventer puisque la lourde machinerie réglementaire part toujours des tests sur animaux comme référence et, lorsqu'on lui propose un test directement développé sur du matériel humain comme nous l'avons fait en 2005, on nous objecte qu'il faudrait le valider... mais que c'est impossible car le CEVMA - dont ce serait la mission - ne possède pas les données sur animaux auxquelles comparer les résultats de nos tests sur cellules humaines !

    Donc, pour des raisons pratiques, il est envisagé de re-tester 10.000 substances, toujours sur des animaux, c'est-à-dire par des méthodes toujours aussi défectueuses et susceptibles, plutôt que de protéger notre santé et notre environnement, de générer des données contradictoires... un doute bien susceptible de bénéficier au fabricant de la substance plutôt qu'au consommateur !

    La pharmacie se rend à l'évidence

    Cette situation ressemble à une catastrophe en gestation. Toutefois, une publication scientifique du début de l'année pourrait offrir une voie intéressante pour remettre en cause les tests sur animaux dans le cadre de REACH. En effet, un consortium de 18 firmes pharmaceutiques a annoncé qu'elles tentaient de parvenir à un accord avec les autorités de réglementation pour éviter les tests de toxicité aiguë car cette catégorie de tests est considérée comme redondante.

    Cette initiative a ouvert une boîte de Pandore de nouvelles troublantes : l'aveu par l'industrie que ces « traditionnels » tests de toxicité n'avaient, en fait, aucune utilité. Pour l'instant, l'aveu concerne uniquement les tests de toxicité aiguë mais il pourrait s'agir de la première pièce d'un domino qui amènerait ensuite à remettre en cause tous les autres tests faits sur des animaux.

    Il serait essentiel d'obtenir que des tests fiables soient mis en place pour les toxicités qui se manifestent longtemps après l'exposition à la substance (cancer, maladies neurologiques, stérilité, malformations des foetus...) car, actuellement, les tests sur des animaux ne sont pas fiables pour l'homme et ces effets sont difficiles à mettre en évidence chez l'homme par les méthodes classiques (épidémiologie, études d'exposition) justement en raison du temps que mettent les premiers symptômes à apparaître.

    Mais revenons à cet « aveu », qui amène la question : depuis combien de temps l'industrie et les autorités de régulation sont-elles conscientes de cette situation et ne disent-elles rien? La réponse est : à peu près 30 ans ! (8)

    Aucun doute que la pression publique et celle du lobby de la défense animale ont contribué de façon significative à cet aveu par lequel les industriels reconnaissent qu'ils ont pratiqué des tests considérés à présent comme inutiles. Or, tous les tests de toxicité sur des animaux sont inutiles puisque non pertinents pour l'homme. Une opportunité se présente donc pour attaquer le volet « évaluation » du programme REACH à la lumière des révélations de l'industrie pharmaceutique.

    Antidote Europe tient à informer ses lecteurs et adhérents qu'elle poursuivra sans faiblir sa ligne d'action engagée depuis sa création, afin que REACH mette en oeuvre des méthodes d'évaluation de la toxicité fiables pour l'homme. Nous avons développé la toxicogénomique à cette fin et nous entendons agir par toutes actions légales pour la faire appliquer.

    * Une écaille de modernité sur le dinosaure

    Si les allusions aux méthodes « substitutives » ne sont pas toujours très concrètes dans le texte de REACH, l'article 1.2 de l'annexe XI nous ouvre réellement une porte :

    « Le recours à des méthodes d'essai nouvellement mises au point, mais ne figurant pas encore parmi les méthodes visées à l'article 13, paragraphe 3, ou à une méthode d'essai internationale reconnue comme équivalente par la Commission ou par l'Agence, peut fournir des éléments de preuve suffisants pour permettre de conclure qu'une substance possède ou non une propriété dangereuse particulière.

    Quand des éléments de preuve suffisants sont disponibles pour confirmer l'existence ou l'absence d'une propriété dangereuse particulière :

    - il y a lieu de renoncer à des essais supplémentaires sur des animaux vertébrés en ce qui concerne la propriété en cause »,

    En clair, cela signifie que les industriels pourront utiliser un test ne faisant pas appel à des animaux, même s'il n'est pas officiellement validé, à condition « de fournir une description suffisante et fiable ». La toxicogénomique sur cellules humaines pourrait tout à fait entrer dans cette catégorie.

    (1) En 2004, le gouvernement suédois saisit la Cour de première instance suite à la décision de la CE de permettre l'utilisation du paraquat, un pesticide dangereux, dans l'Union européenne. La Cour de première instance interdit l'utilisation du paraquat en juillet 2007.

    (2) « La plupart des tests sur des animaux que nous acceptons n'ont jamais été validés. Ils ont évolué au cours des 20 dernières années et la FDA est satisfaite de ces tests. » - Anita O'Connor, Bureau scientifique, Food and Drug Administration (USA) ; communication écrite à André Ménache en 1998.

    (3) Balls M, Combes R, Altern Lab Anim, juin 2005, pages 299-308.

    (4) Poole S, et al, Dev Biol Stand, 1988, volume 69, pages 121-3. "Assay of pyrogenic contamination in pharmaceuticals by cytokine release from monocytes".

    (5) Source Internet

    (6) Source Internet

    (7) Source Internet

    (8) Robinson S et al, Regulatory Toxicology and Pharmacology, 2008, volume 50, pages 345-352. "A European pharmaceutical company initiative challenging the regulatory requirement for acute toxicity studies in pharmaceutical drug development".

    Lien de référence Antidote Europe ici.

    http://www.international-campaigns.org/ic/actualites/dino_reach.htm

  • Corrida : soutien du Dalaï-Lama au CRAC, le Comité Radicalement Anti-corridas

    http://www.buddhachannel.tv/portail/local/cache-vignettes/L354xH446/dalai_lama-2-b00ec.jpg

    28/08/2008

    A. P.

    Le Dalaï-Lama, s'est récemment exprimé lors de sa récente venue en France, sur la question des corridas et a adressé un message de soutien au CRAC, le Comité Radicalement Anti-Corridas.

    Il se positionne clairement contre la pratique des corridas dans le monde. Par l'intermédiaire de son traducteur officiel, l'écrivain et pratiquant bouddhiste Matthieu Ricard, il a envoyé un communiqué à l'association CRAC, une des plus anciennes associations militantes anti-corridas. Monsieur Leprêtre, membre du CRAC64 a fait une demande écrite à la résidence du chef spirituel tibétain, en exil à Dharamssallla, en Inde : « J'étais à Paris pour l'inauguration d'un temple bouddhiste et M. Ricard m'a dit simplement d'écrire au Dalaï-lama pour lui demander son soutien », raconte-t-il. Voici un extrait de la lettre de soutien :

    « Aujourd'hui, alors qu'on assiste à une montée en puissance de la reconnaissance des Droits de l'Homme, il y a, au niveau mondial, une prise de conscience de plus en plus grande d'un besoin pour une protection, non seulement de l'environnement, mais aussi des animaux et une prise en compte de leurs droits. Malheureusement, il y a encore des gens qui, non seulement n'acceptent pas cette idée, mais qui considèrent que c'est un plaisir de chasser et de combattre des animaux avec à la clef, la mort douloureuse de ces animaux. Cela semble en contradiction avec l'esprit d'équanimité qui est en train de se développer de nos jours dans les sociétés. Quand j'étais adolescent, étudiant le Bouddhisme au Tibet, on m'a inculqué qu'il était important d'adopter un comportement consistant à se soucier d'autrui. Une telle pratique de la non-violence s'applique à tous les êtres sensibles, à tout être vivant qui possède un esprit comme nous le reconnaissons dans le Bouddhisme. Et là où il y a un esprit, il y a des sensations telles que la peine, le plaisir et la joie. »

    Le contexte devient morose pour les corridas, notamment avec une baisse de fréquentation notable à Bayonne cet été. Des sondages ont montré la désaffection des arènes dans l'état français mais aussi espagnol, et la Catalogne a même banni la tradition. « Les mentalités ont évolué, les gens ne veulent plus assister à ces massacres », précise Monsieur Leprêtre, du CRAC 64. Le piètre engouement pour les corridas a fait des vagues à Bayonne, où la mairie injecte des sommes colossales pour cofinancer les temporadas.

    Le dalaï-lama

    Chef spirituel du Tibet

    « Il y a une prise de conscience mondiale de la protection et des droits des animaux. »

    http://www.lejpb.com/paperezkoa/20080828/93763/fr/Soutien-du-Dalai-lama-au-CRAC-le-comite-anti-corridas?Hizk=fr

  • Californie : à propos de la Proposition 2 (Gary Francione)

    http://www.paintersforhumanrights.org/images/paintings/HR4noslavery.jpg

    Chères collègues et chers collègues :

    About.com a publié un débat pour/contre portant sur la loi californienne de prévention contre la cruauté à l’égard des animaux de ferme, connue sous le nom de « Proposition 2 ».

    Je suis opposé à la Proposition 2. La Humane Society of the United States représente son principal sympathisant et l’article publié sur le site About.com où l’on défend la Proposition 2 a été écrit par Paul Shapiro, Directeur senior de la campagne contre l’élevage industriel de la HSUS. Les essais sont brefs en ce qu’ils sont limités à 500 mots chacun.

    Comme ceux d’entre vous qui ont écouté l’interview que j’ai donné à la Go Vegan Radio (26 juillet) le savez, j’ai suggéré à l’animateur Bob Linden d’inviter le président de la HSUS et son CEO Wayne Pacelle afin que nous discutions de la campagne de la HSUS en faveur de la Proposition 2 ainsi que d’autres campagnes « welfaristes » dont la HSUS fait la promotion.

    Bob m’a appris qu’il avait invité Wayne mais que celui-ci avait décliné. Voilà qui me déçoit parce que je pense que de tels échanges représentent une excellente manière pour les défenseurs des animaux de s’informer à propos de ces sujets.

    Gary L. Francione

    http://www.abolitionistapproach.com/fr/2008/08/26/proposition-2/

  • Thomas Pynchon (1937)

    http://www.freenyc.net/images/thomas_pynchon.jpg

  • Prisonniers autrichiens : déclaration du Dr Martin Balluch, 26 août 2008

    http://www.partyfortheanimals.nl/images/weblog/int/martin%20balluch.png

    http://www.atm.damtp.cam.ac.uk/people/mgb/

    Ce texte de Martin Balluch a été publié le 26 août 2008 en anglais sur le site de VGT

    Message au mouvement international pour les droits des animaux

    Nous voici incarcérés depuis trois mois sans aucune issue en vue !

    A la mi-mai, la plus grosse opération de police jamais menée en Autriche contre un mouvement de justice sociale fut conduite à l’aube dans vingt-trois domiciles et bureaux de défenseurs des droits des animaux.

    Des policiers masqués braquèrent leur armes sur plus de trente personnes qu’ils tirèrent ainsi de leur lit, et endommagèrent les lieux. Du matériel appartenant à sept groupes de défense des droits des animaux fut saisi – il ne leur a toujours pas été restitué à ce jour.

    De même à ce jour, dix militants sont encore sous les verrous, sans charges ni preuves.

    Durant les trois derniers mois, des informations concernant cette opération de police ont été mises au jour. Nous savons maintenant que dix-sept personnes avaient leur téléphone sur écoute et que leurs courriers électroniques étaient lus depuis un an et demi, que l’entrée de trois domiciles était filmée, que deux voitures étaient munies d’appareils permettant de connaître les trajets effectués et que des micros furent cachés dans sept domiciles et bureaux.

    En plus de cela, le compte en banque d’une vingtaine de personnes fut mis sous contrôle et dix-sept personnes furent surveillées et suivies durant des mois. Mais ce n’est pas tout : des policiers infiltrèrent des groupes de défense des droits des animaux, dont VGT.

    Cette opération massive menée aux frais du contribuable qui a coûté plus d’un million d’euros, c’est-à-dire beaucoup plus que les dommages causés par les soi-disant délits dont ils étaient censés trouver les auteurs, n’a conduit NULLE PART. Ils n’ont trouvé aucune preuve d’actes délictueux.

    Mais nous sommes encore en prison. Au lieu d’être suspectés d’avoir commis des délits précis, nous sommes supposés former une organisation criminelle. Et pour étayer une telle supposition, l’accusation dit qu’il n’est pas nécessaire de posséder une quelconque preuve d’acte criminel.

    Les suspects n’ont pas même besoin de se connaître les uns les autres. Pour devenir suspect, il suffit que vous meniez votre campagne pour les droits des animaux pendant qu’au même moment des personnes qui vous sont inconnues commettent un délit visant à soutenir le même but ou un but proche de celui de votre campagne. Pouviez-vous imaginer que nous puissions être emprisonnés pour cela ?

    J’ai été interrogé par la police durant vingt heures. Elle a exposé l’ensemble des « preuves » qu’elle possède contre moi. Les voici :

    • J’envoie des courriers électroniques encryptés.
    • VGT se réunit dans des lieux qui ne sont pas accessibles au public.
    • VGT n’expose pas ses actions de façon ouverte au téléphone.
    • Pris en dehors de leur contexte, cinq des courriers électroniques sur les cinq mille que j’ai écrits durant les onze dernières années (!) paraissent radicaux.
    • J’ai des contacts internationaux.
    • J’organise beaucoup de conférences et de réunions en vue de recruter de nouveaux activistes.
    • J’écris des livres et participe à des émissions de radio et de télévision sur les droits des animaux, où il arrive que des brochures radicales soient utilisées et l’ALF mentionné.

    C’est tout. Voici ce que sont les « preuves » qui ont été recueillies contre moi. Il n’y a rien de plus que cela. Selon le ministère public et le juge des détentions préventives, cela justifie ma détention pour Dieu sait combien de mois et peut-être un jugement. Pour l’accusation et pour la police, la plupart des militants en Autriche font partie d’une immense organisation criminelle, qui est responsable de toutes les actions de l’ALF commises où que ce soit.

    Leur interprétation du terme « organisation » permet cela. Elle signifie « avoir le même état d’esprit ». N’importe quelle personne, favorable aux droits des animaux, et le demeurant après que quelqu’un a, quelque part et avec la même idéologie, commit un délit, appartient à cette organisation.

    C’est tellement ridicule que j’aurais ri si quelqu’un m’avait dit cela dans le passé. Maintenant, que je suis en prison, je ne ris plus. Cela est devenu sérieux.

    Qu’est-il en train de se passer ici ? Eh bien j’essaie de le deviner. Il est clair, je crois, que ceux qui sont au pouvoir, ceux qui forment l’unité de police spéciale et qui ont fait démarrer tout cela, n’avaient qu’une seule chose inscrite dans leur agenda : écraser le mouvement pour les droits des animaux, écraser VGT, et faire taire tout particulièrement ce Balluch.

    Il y a de bonnes raisons de penser que c’est exactement ce à quoi cette unité était destinée. Par exemple, nous avons un rapport de l’unité de police spéciale entièrement consacré à la manière de démanteler et de détruire VGT. Ils y discutaient les moyens d’attaquer ce groupe et planifiaient la prochaine réunion sur le même sujet cinq jours plus tard. Et cette réunion se tint un mois après mon incarcération.

    Cela prouve que ce ne sont pas des actes criminels qu’ils veulent élucider. Ils veulent porter un coup fatal. Ils veulent détruire VGT, ses réseaux qui ont obtenu des succès, son infrastructure. Ils utilisent simplement que fait que des délits ont été commis, quoiqu’à un niveau très bas, comme une excuse pour construire cette « organisation criminelle » afin de justifier les opérations de police à grande échelle et les mois, sinon les années, de détention préventive.

    Plus le temps passe, plus cet incroyable cauchemar se mue en un gigantesque scandale aux proportions démesurées ! Quel exorbitant abus de pouvoir ! Quel assaut totalitaire contre la démocratie et les droits de l’homme ! J’espère que vous êtes d’accord avec le fait que l’on ne peut les laisser faire tranquillement tout cela. Si un tel comportement d’État policier devient la norme, qui osera se lever et critiquer le système ? Qui pourra poursuivre les campagnes en faveur des droits des animaux ?

    Car après tout, RIEN de ce que j’ai fait et qui m’a propulsé en prison ne sortait de l’ordinaire de notre façon de mener nos activités en faveur des droits des animaux. Si je peux être emprisonné pour cela, n’importe qui peut l’être. Cela veut dire que faire campagne pour les droits des animaux, de quelque manière que ce soit, c’est avoir déjà un pied en prison.

    Je ne peux que répéter cela : mes amis, nous vivons un moment historique. Les droits des animaux sont devenus un véritable défi lancé au système, que le pouvoir a décidé d’écraser avec brutalité.

    Nous devons tenir bon tous ensemble et lutter pour gagner la bataille décisive. Nous n’avons pas le droit de les laisser continuer ainsi. Nous devons gagner. Nous ne voulons plus de répression. Le militantisme ne doit plus être bâillonné. Si nous ne parvenons pas à stopper cette opération et à saisir ceux qui en sont responsables, nous ne pourrons plus jamais défendre les droits des animaux. Nous ne devons pas battre en retraite. C’est tout ou rien.

    Je compte beaucoup sur vous !

    Martin Balluch, Prisonnier politique, JA-Josefstadt Vienne

    http://www.l214.com/solidarite-autriche/declaration-martin-balluch-aout-2008

  • Un débat sur la propriété d’”animaux de compagnie” (Gary Francione)

    L'image “http://www.assurance-chien.eu/images/assurance-chien.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

    Chères collègues et chers collègues :

    Vu l’importance des réactions au débat portant sur la décision de manger de la viande et des produits animaux, Opposing Views a décidé de tenir un autre débat sur l’éthique animale, qui se focalisera sur l’institution des « animaux de compagnie ».

    Je défends la position opposée à la perpétuation de la propriété « d’animaux de compagnie » ; la Humane Society of the United States défend la position en faveur du maintien de celle-ci.

    J’espère que vous écouterez le débat, que vous lirez les articles et que vous donnerez vos commentaires.

    Je suis ravi que Opposing Views s’intéresse à l’éthique animale.

    Gary L. Francione

    http://www.abolitionistapproach.com/fr/2008/08/25/un-debat-sur-la-propriete-danimaux-de-compagnie/

  • Tollé après le meurtre de Colin

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    Protests as whale calf put down

    Lex Hall | August 23, 2008

    A HUMPBACK whale calf, abandoned and starving to death in shallow waters in Sydney's north, was put down yesterday amid a chorus of complaints about its treatment.

    Whale lovers have labelled the killing of the whale -- initially nicknamed Colin but later renamed Collette after it was found to be female -- a "pre-programmed slaughter", saying the animal thrashed about in distress before it was killed.

    "(She) actively started trying to get away," nearby resident Cherie Curchod said. "Then they dragged it to a closed tent and all the while they dragged it, it was flapping its tail, blowing out of its head and moving and trying to get away. It was so upsetting because euthanasia is meant to be an easy death and that whale did not have an easy death at all."

    The baby whale was found motherless and starving on Sunday in The Basin, inside Pittwater on Sydney's northern beaches, nuzzling yachts in search of her missing mother.

    She returned again on Tuesday having been lured out to sea, and authorities opted against making another attempt to shepherd the 4.5m calf back into open waters.

    Animal welfare groups responded to the criticism yesterday, saying they were satisfied with the way the abandoned calf was put down.

    RSPCA spokesman Steve Coleman said his organisation had backed the National Parks and Wildlife Service's decision to kill the whale.

    "To destroy an animal of this size is never an easy task," Mr Coleman said. "What had to be done was done. This animal is no longer suffering."

    NSW NPWS director Sally Barnes said the operation was done in a "peaceful and dignified" way. She said efforts were being made to obtain a DNA sample of an adult whale carcass found off Eden on the NSW-Victoria border to determine whether it was the calf's mother.

    Wildlife experts used ropes to tow the juvenile 300m to the shore where it was given two lethal injections under the cover of a tent.

    An autopsy of the whale is being carried out at Sydney's Taronga Zoo.

    http://www.theaustralian.news.com.au/story/0,25197,24226759-30417,00.html

  • Congo : massacre des éléphants par les braconniers pour l'ivoire

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    By Joe Bavier

    KINSHASA (Reuters) - Poachers in Congo have killed a fifth of the elephants in Africa's oldest national park this year as China buys more ivory, the park's director said on Friday.

    Rwandan rebels have killed seven Savannah elephants in the past 10 days alone in the Virunga National Park, along Congo's eastern border with Rwanda and Uganda, Emmanuel de Merode told Reuters.

    "We've definitely lost 20 percent of the population this year and probably more," he said. "We have rangers with them, and we're trying to reinforce them. But (the rangers) are outnumbered 20 to one."

    The 790,000-hectare (2 million-acre) reserve was home to one of central Africa's largest Savannah elephant herds in the 1970s numbering around 5,000.

    But a brutal 1998-2003 war, heavy poaching, corruption and mismanagement of the park have taken a heavy toll. Today conservationists believe no more than 300 elephants remain.

    China, among the world's main destinations for illegal ivory, was granted permission last month to buy 108 tonnes of ivory stocks from Botswana, Namibia, South Africa and Zimbabwe by the Convention on International Trade in Endangered Species.

    De Merode singled out China's growing appetite for ivory as one of the root causes of this year's increase in elephant killings, as poachers attempt to launder their illegal ivory for legitimate sale.

    "It's very difficult to distinguish between legal and illegal stocks," he said.

    Despite the official end of the conflict in Congo, the eastern borderlands remain a volatile patchwork of rebel strongholds and militia controlled zones.

    Armed clashes between rival armed groups are a regular occurrence, limiting the rangers' ability to patrol, and providing cover for poaching.

    The Savannah elephant is a sub-species of the African elephant, which is classified as a vulnerable species by the International Union for Conservation of Nature and Natural Resources.

    (Editing by Alistair Thomson/Tony Austin)

    http://www.reuters.com/article/environmentNews/idUSLM40286220080822?sp=true

  • Le meurtre de Colin, baleineau orphelin

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    SYDNEY, Australia (AP) - An injured and abandoned baby humpback whale was euthanized by wildlife officials Friday after veterinarians determined that it was too weak to survive on its own.

    The lost humpback whale calf swims north of Sydney Harbour in Australia on Wednesday.

    The 4.5-yard (4.5-meter)-long animal was guided close to the shore and could be seen thrashing underwater.

    Officials reached out to stroke the calf before others hoisted it onto a tarp. The whale was then pulled into a tent on the beach, and gray tarps were hung to cover the operation.

    Sally Barnes, deputy director-general of the New South Wales Department of Environment and Climate Change, said the whale would be given a sedative to relax it and then a lethal dose of anesthetic.

    "Shame! Shame!" cried Brett Devine, a marine salvage and rescue worker who had hoped to feed the whale via a tube that lay unused on his boat where he watched the event.

    Eight maritime police boats patrolled the waters to keep the public and media from approaching.

    The plight of the whale calf, which Australians have named Colin, has dominated news coverage since Sunday, when it was first sighted and began trying to suckle from boats it apparently mistook for its mother.

    Officials believe that the 1- to 2-month-old calf was abandoned by its mother, possibly because it was ill. Wildlife officials said it appeared that the whale had also been attacked by a shark.

    It spent days among the yachts and other boats in the waters off north Sydney, swimming back to the boats each time officials lured it out to sea in the hope it would attach to a passing pod of humpback whales.

    "As the calf is still being breast fed, we have no way of feeding or socializing it, so taking this humpback into captivity is not an option," the National Parks and Wildlife Service said in a statement this week.

    On Thursday, veterinarians and marine researchers who examined the whale found that its condition was getting worse and that euthanizing it was the most humane option.

    "We have a whale whose condition has deteriorated rapidly over the last 24 hours and who now experts are telling us is suffering, and we've had to make the hard decision to euthanize the whale," Barnes told Australian Broadcasting Corp. radio Friday morning.

    "Everyone is very connected to this animal, and it's a very emotional decision," she said, likening the animal to a family pet who had been adopted by many in Sydney over the past week.

    She said that officials had sought national and international advice on how to help the lost whale but that its condition had become too poor to treat.

    Some Australians have accused wildlife officials of not doing enough to help the calf and not trying to feed it. A few people designed feeding mechanisms, many gave advice, and some journeyed to Pittwater Inlet just to watch the lonely calf.

    On Thursday, Aboriginal whale whisperer Bunna Lawrie tried to soothe the listless animal. Adorned with feathers on his head and white paint markings on his face, Lawrie reached into the water to stroke Colin while singing a humming, tongue-rolling tune.

    But after a few minutes, the whale swam away to nuzzle a nearby yacht.

    "He's missing the big fellas," said Lawrie, whose visit was broadcast on Channel 10 television.

    http://edition.cnn.com/2008/WORLD/asiapcf/08/21/baby.whale.ap/index.html?eref=rss_latest

  • John C. Lilly

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  • Une décision “monumentale” ? (Gary Francione)

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    Les défenseurs des animaux sont terriblement enthousiastes à l’égard d’une décision rendue récemment par la Cour suprême du New Jersey.

    Selon un communiqué de presse diffusé par la Humane Society of the United States et par Farm Sanctuary, deux des requérants dans l’affaire :

    La Cour suprême du New Jersey a aujourd’hui assené un coup dur à la réglementation du Département de l’agriculture du New Jersey qui prévoit l’exemption de toutes les pratiques de l’industrie qu’elle considère comme humaines en ordonnant à l’agence mandatée par l’État de réviser les standards de traitement des animaux de ferme.
    Dans cette affaire monumentale, la Cour a jugé que les pratiques d’élevage industriel ne peuvent être considérées comme humaines simplement parce qu’elles sont largement appliquées, ce qui établit un précédent pour les futures poursuites judiciaires et mettra fin aux abus flagrants dont sont coupables les fermes d’élevage intensif à travers les États-Unis.
    La Cour rejette également la pratique de la coupe de la queue des bestiaux ainsi que la mutilation sans anesthésie autorisée par la NJDA.
    « Il s’agit d’une victoire majeure pour les animaux de ferme du New Jersey et cela pavera la voie à l’amélioration de la protection accordée aux animaux de ferme de la nation entière, déclare Gene Baur, président et co-fondateur de Farm Santuary. Établir un précédent légal dans un vote unanime, qui clarifie que les pratiques employées ne peuvent pas être considérées comme humaines simplement parce qu’elles sont courantes, permettra que l’on profite de ce momentum pour défier l’actuel statu quo dans le domaine de l’élevage industriel. »
    Après avoir écarté l’englobante exemption de l’agence s’appliquant à toutes « les pratiques routinières d’élevage », la Cour a poursuivi en affirmant que la coupe de la queue ne peut pas être considérée comme humaine et que la manière dont sont menées les mutilations sans anesthésie, incluant la castration, le débecquage et la coupe des orteils ne peut être considérée comme humaine à moins que des exigences spécifiques visant à prévenir la douleur et la souffrance soient respectées.
    La Cour a clairement affirmé que la décision de permettre ces pratiques du moment qu’elles sont appliquées par une « personne compétente » et d’une manière qui « minimise la douleur », ne peut être « acceptable ».
    « Cette décision protègera des milliers d’animaux du New Jersey et remet en question, par ailleurs, certains des pires abus commis par les fermes industriels à travers le pays », affirme Jonathan Lovvorn, vice-président du département du litige concernant la protection des animaux pour la Humane Society of the United States. « Tous les animaux méritent d’être traités humainement, incluant les animaux élevés pour l’alimentation. »

    Malheureusement, cet enthousiasme n’a pas lieu d’être. La lecture du communiqué officiel offre une vue d’ensemble très différente.

    La HSUS, Farm Sanctuary et les autres requérants ont présenté plusieurs arguments.

    Premièrement, les requérants ont affirmé que les règlements adoptés par le Département de l’agriculture du New Jersey devaient être invalidés entièrement parce qu’ils ne respectaient pas le sens des critères de traitement « humain » des animaux de ferme énoncés par la loi du New Jersey en vertu de laquelle les règlements ont été adoptés et parce que ces règlements ne respectaient pas le sens du mot « humain » que l’agence elle-même lui donne.

    La Cour suprême du New Jersey a rejeté cet argument et a refusé d’invalider les règlements dans leur intégralité.

    Deuxièmement, les requérants ont critiqué l’inclusion dans les règlements du langage exonératoire qui considère comme « humain » les « pratiques d’élevage routinières ».

    La Cour s’est dite d’accord sur ce point, mais ce qu’elle a retenu est très limité.

    La Cour a décidé que les règlements définissent les « pratiques d’élevage routinières » en partie par « les techniques communément enseignées dans les écoles vétérinaires, dans les « land grant colleges » et par les personnes responsables de vulgariser les pratiques agricoles et visant le bénéfice des animaux, celui de l’industrie du bétail, le bénéfice des employés qui travaillent avec les animaux ainsi que la santé public. »

    Mais l’agence n’a offert aucune preuve démontrant qu’elle a effectivement pris en compte ce que ces institutions enseignent, ni qu’elle s’est préoccupée du fait que les techniques enseignées reposent le moindrement sur des préoccupations liées au bien-être animal.

    La Cour a clairement exprimé à quel point l’agence avait peu à faire pour éviter le problème :

    À titre d’exemple, le Département aurait pu réviser les programmes et inspecter les facultés d’un certain nombre de « land grant colleges », d’universités et d’écoles vétérinaires en vue d’identifier les endroits où les préoccupations entourant le bien-être animal ont amené le personnel à enseigner les pratiques qui rencontrent leur définition de ce qui est « humain ».
    Si elle l’avait fait et si elle avait utilisé ces institutions comme modèles pour ses inspections ultérieures, il n’y aurait eu aucun problème à régler.
    En effet, si le département avait procédé à cette révision à la Rutgers School of Environmental and Biological Sciences, précédemment connue sous le nom de Cook College et, peut-être, à l’école vétérinaires de New York ou de la Pennsylvanie, et s’était inspiré des pratiques qui y sont enseignées, nous n’aurions probablement eu aucune raison d’intervenir.
    À la place, le département a accepté, sans analyse, les pratiques enseignées dans toutes les écoles vétérinaires, dans les « land grant college » et par les agents de vulgarisation agricole, non seulement dans cet état, mais dans le reste du pays et, potentiellement, partout où il s’en trouve autour du globe.
    Bien qu’il soit possible que certaines de ces institutions enseignent ou requièrent des pratiques qui sont beaucoup plus humaines que celles qu’exige notre agence, rien dans le dossier suggère qu’elles rencontreront tous les standards émis par notre législateur.

    Voilà qui signifie que la Cour a clairement établi que, si l’agence fait respecter ces exigences minimales, la déférence normalement accordée par les Cours aux agences administratives protègera, dans les faits, les décisions de ces agences contre les révisions judiciaires.

    Troisièmement, les requérants ont contesté certaines pratiques particulières permises par les règlements.

    La Cour a jugé qu’il n’y avait aucune preuve démontrant que la décision de l’agence de considérer la coupe de la queue du bétail comme une pratique n’étant pas inhumaine, malgré le fait que l’Association américaine de médecine vétérinaire de même que l’Association canadienne de médecine vétérinaire - et l’Association américaine des professionnels bovins, que la court a qualifié de « groupe responsable des échanges commerciaux dans l’industrie » - étaient tous critiques face à cette pratique.

    Mais la Cour a affirmé clairement que, si l’agence pouvait justifier sa décision d’autoriser la coupe de la queue en fournissant la preuve que cette pratique procure des bénéfices et peut être appliquée d’une manière « humaine » (un standard exigeant bien peu), alors les choses auraient été différentes.

    Les requérants ont également critiqué la décision de l’agence de permettre la castration des porcs, chevaux et vaux, le débecquage des poulets et dindes, ainsi que la coupe des orteils des dindes.

    Les requérants prétendaient que ces procédures n’étaient nécessaires que parce que les animaux étaient élevés dans des conditions intensives et, de plus, que ces procédures étaient menées sans anesthésie.

    La Cour a refusé d’examiner les conditions de confinement et a affirmé ce qui suit :

    Bien qu’il y ait d’autres techniques de gestion qui pourraient permettre d’obtenir les résultats désirés sans que ces méthodes particulières ne soient employées, il y a suffisamment d’éléments de preuve crédibles dans le dossier pour justifier les conclusions de l’agence à l’effet que ces techniques peuvent être appliquées humainement et devraient être permises.

    Le seul problème identifié par la Cour était que l’agence avait exigé que ces procédures soient « menées dans de bonnes conditions sanitaires par un individu compétent et d’une manière qui vise à minimiser la douleur ».

    La Cour a jugé que ce règlement était trop vague et que l’agence devait spécifier d’une quelconque manière le type de « compétence » qu’un individu devait avoir ; ce qui est entendu par « de bonnes conditions sanitaires » et comment ces procédures devaient être appliquées afin de « minimiser la douleur ».

    La Cour a indiqué que l’agence pouvait décider que les bénéfices de ces procédures étaient plus grands que toute douleur infligée aux animaux, ou qu’une procédure devait être faite à un âge particulier ou avec un instrument particulier.

    Tout ce qui est requis est que l’agence adopte des standards, peu importe lesquels.

    Les requérants ont critiqué les enclos de gestation pour les porcs et les enclos pour les veaux.

    La Cour a rejeté cette critique et a soutenu la décision de l’agence d’admettre ces formes de confinement.

    Finalement, la Cour a clairement établi qu’elle ne bannissait aucune pratique :

    Précisons que, si nous avons conclu que les exonérations incluses dans les notions de « pratiques courantes d’élevage » et couvertes par les expressions « l’individu compétent et de manière à minimiser la douleur » ne peuvent être maintenues telles qu’elles sont écrites, aucune de ces expressions n’affectent l’interdiction de quelque pratique particulière que ce soit.

    Ainsi, bien que les fermiers ne puissent plus s’appuyer sur les exonérations, incluses dans les règlements, qui les protégeaient effectivement des poursuites pour violation de la loi, ils peuvent continuer à agir comme avant et c’est aux autorités du New Jersey de décider de soumettre ces pratiques à l’examen des tribunaux parce qu’elles vont à l’encontre des lois anti-cruauté.

    Entre-temps, si le Département de l’agriculture du New Jersey se prend en main et met en pratique les exigences minimales de la Cour, il peut très bien réintroduire ce qui était couvert par les expressions exonérantes « pratiques d’élevage routinières » et « personne compétente de manière à minimiser la douleur », et les fermiers seront protégés contre toute poursuite légale.

    En 1996, le législateur du New Jersey exigeait qu’il y ait des règlements assurant une traitement « humain » des animaux utilisés pour l’alimentation.

    La décision de la Cour suprême du New Jersey démontre à quel point peu de changements ont été apportés afin de satisfaire les exigences de 1996.

    En effet, la décision n’est rien de plus qu’une carte routière offerte par la Cour au Département de l’agriculture pour aider ce dernier à rédiger des règlements qui assurent que les standards de 1996 aient aussi peu de signification que possible.

    L’impression que cette décision est « monumentale » ou qu’elle représente la mise en place de « précédents légaux qui permettront des poursuites futures visant à interdire les abus les plus flagrants commis dans les fermes industrielles à travers les États-Unis » est, de mon point de vue, plus charitablement interprétée comme une énorme hyperbole.

    Gary L. Francione

    http://www.abolitionistapproach.com/fr/2008/08/18/une-decision-monumentale/