Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Humanitaire - Page 5

  • Hommage à Mrs Coby

    12219484_1656665641281619_1117795755229064121_n.jpg

    Hommage à Mrs Coby, dont la famille a caché des juifs à Amsterdam pendant l'holocauste.

     

    Elle a 88 ans sur cette photo. Elle est végétarienne depuis sa naissance et végétalienne depuis 35 ans.

    Être omnivore, cela signifie participer directement au meurtre de 65 milliards d'animaux terrestres et de 1000 milliards d'animaux marins par an, sans aucune nécessité puisque nous savons désormais que la consommation de produits d'origine animale n' est pas nécessaire à notre survie.

     

    Pire, ces mêmes produits d'origine animale sont responsables d'une grande partie des maladies dites "de civilisation".

    Photo prise le 4 mai 2013. Manifestation devant le plus grand abattoir de la côte ouest des États-Unis.

  • Nous sommes tous Samuel

    10513356_10208049845392821_8895378864092258707_n.jpg

    Lettre ouverte à Monsieur le Préfet de l'Isère :

    "C'était un beau jeune homme à l'oeil tendre. Vingt ans. Ne jamais laisser dire que c'est le plus bel âge de la vie; car il est mort, d'une balle de chasseur destinée à un chevreuil, paraît-il. C'était sur un sentier de Belledonne très fréquenté, où il marchait un samedi avec un copain, étudiant comme lui; le copain ne fut que blessé.

    Ainsi donc, encore une vie de volée. Au moins soixante ans de vie, selon les statistiques. Les voleurs de vie plaident l'accident; ben oui, parce que leur créneau c'est plutôt les vies animales. C'est donc un forcément regrettable accident. Mais statistiquement obligatoire : si vous mettez sur le même territoire des utilisateurs de cet espace aussi divers qu'alpinistes, passionnés des petites fleurs, observateurs tout aussi passionnés des oiseaux, familles dotées de nombreux enfants tous plus incontrôlables les uns que les autres, amoureux à la recherche d'un nid douillet à titre précaire, et chasseurs dotés d'une arme potentiellement mortelle (il faut bien), comme à l'époque où ce territoire était dix ou vingt fois moins fréquenté.

    Qu'imaginez-vous que cela puisse produire comme résultat ?

    La réponse est statistique mais très partielle : comment prendre en compte tous les temps de vie supprimés, tous les manque à vivre (c'est plus qualitatif et inclue, la douleur des parents et des proches), les pertes sèches en termes de retours sur investissements (ça coûte combien à produire un humain socialisé productif ?

    Les assureurs et les économistes ont mesuré cela).

    Samuel, tu vois, ta mort nous coûte trop cher.

    L'analyse est forcément incomplète mais la conclusion se profile : on ne peut pas sur le même territoire juxtaposer des activités dont certaines sont par définition mortifères. Par ailleurs nous ne disposons que d'une planète pour tous, que d'un territoire pour tous. Il faut donc PAR-TA-GER.

    Partager le temps, les jours, pour les uns et pour les autres.

    Partager l'espace, pour les uns et pour les autres.

    Le temps : un jour de non-chasse, six jours de chasse ? Un cheval, une alouette ? Avez-vous mesuré le volume comparé des chasseurs et des autres usagers des espaces naturels ?

    L'espace : n'est-il pas absurde d'inclure, dans les périmètres de chasse, des chemins de randonnée très fréquentés, comme celui qui va de Freydières au Refuge de la Pra, ce chemin G.R.1 où Samuel a été tué ? Ne peut-on établir un partage plus rationnel de l'espace, ou demeure-t-on dans le domaine du rapport de force entre celui qui tient le fusil et celui qui tient la cible ? Et cela y compris au sein d'un conseil municipal.

    Monsieur le Préfet, n'est-il pas temps d'aider les maires à prendre des arrêtés, si possible intercommunaux, pour définir des règles organisant l'espace et le temps au plus juste des différents usages - sans coller sur la chasse une étiquette activité économique lui conférant d'emblée une priorité qu'elle n'a pas. Sans que le poids du lobby des voleurs de vie pèse davantage que celui de ceux qui portent la leur au long des chemins, tant qu'il le peuvent.

    Ne pas le faire, c'est de la non assistance à Samuels en danger, et Samuel c'est nous."

    Texte : Jean Jonot

  • "Les enfants d’aujourd’hui ne grimpent plus aux arbres" (Matthieu Ricard)

    "Lors d’une promenade dans la campagne française, un ami me disait : « Autrefois, à la saison des cerises, nous étions tous dans les arbres à nous régaler. Maintenant, les cerises restent sur les branches. Les enfants d’aujourd’hui ne grimpent plus aux arbres. Ils sont généralement devant leurs ordinateurs. »

    Plusieurs études ont montré que les enfants jouent dix fois moins ensemble, dans les lieux publics, la rue notamment, qu’il y a trente ans.(1) Le contact avec la nature se limite souvent à une image de fond d’écran d’ordinateur et les jeux sont de plus en plus solitaires, virtuellement violents, dénués de beauté, d’émerveillement, d’esprit de camaraderie et de satisfactions simples. Entre 1997 et 2003, le pourcentage des enfants de 9 à 12 ans qui passaient du temps dehors à jouer ensemble, à faire des randonnées ou du jardinage a chuté de moitié.(2)

    Dans son livre Le dernier enfant dans la forêt (Last Child in the Woods), Richard Louv, journaliste et écrivain américain, écrit que nous élevons une génération d’enfants qui souffrent de « trouble du déficit de la nature », du fait qu’ils n’ont pratiquement plus aucun contact ni interaction avec un milieu naturel. Louv cite cette remarque d’un jeune élève : « Je préfère jouer à la maison parce que c’est là qu’il y a tous les appareils électriques.»(3) Des recherches suggèrent qu’une intensification du contact expérientiel avec la nature a un impact important sur le développement cognitif de l’enfant.

    Le sociologue Stephen Kellert quant à lui suggère que l’esprit de l’enfant se développe en observant continuellement des phénomènes naturels et en tentant de comprendre comment ils influencent le monde où il grandit. Qu’est-ce que c’est, les ombres ? D’où vient le vent ? : « Peu de domaines de la vie donnent aux jeunes autant d’occasions de pensée critique, d’investigation créatrice, de résolution de problèmes et de développement intellectuel que le monde naturel, » conclut Keller.(4) D’autres travaux sur des enfants atteints de troubles de l’attention ont montré que plus ils participent à des activités extérieures dans des espaces verts, ou même voient de la verdure par la fenêtre, mieux ils arrivent à se concentrer.(5)"

    (1) Rivkin, M. S. (1995). The great outdoors: Restoring children’s right to play outside. ERIC; Karsten, L. (2005). It all used to be better? Different generations on continuity and change in urban children’s daily use of space. Children’s Geographies, 3(3), 275–290.
    (2) D. St. George, « Getting Lost in the Great Outdoors », Washington Post, 19 Juin 2007. Cité par Rifkin, J. (2012). La troisième révolution industrielle. Editions Les liens qui libèrent, p. 352.
    (3) Louv, R. (2008). Last child in the woods: Saving our children from nature-deficit disorder. Algonquin Books, p 10. Cité par Rifkin, J. (2012), op. cit., p. 353.
    (4) Kellert S. R., « The biological basis for human values of nature », in Kellert, S. R., & Wilson, E. O. (1995). The biophilia hypothesis. Island Press.
    (5) Taylor Kuo 2002, Views of nature and Self-discipline

    Matthieu Ricard

    Source : http://www.matthieuricard.org/blog/posts/les-enfants-ne-montent-plus-aux-arbres

  • "Pourquoi la burqa est obscène et indécente", par Monia Sanekli

    b.jpg

    La burqa que portent certaines musulmanes n'est pas un simple habit, c'est une ontologie qui porte et transmet un système de valeurs, un mode de vie, un projet de société et une résolution de conquête.

    Par Monia Sanekli*

    Depuis le temps ou le débat s'est déclenché à propos de la burqa, les arguments affluaient mais demeuraient dans la limite du débat sur la laïcité. Or la burqa dans sa réalité culturelle et interculturelle transcende le simple fait divers du conflit politique et religieux. La burqa véhicule en fait des pulsions généalogiques, des valeurs de genres et des significations sublimatoires typiques. La burqa n'est pas un simple habit, c'est une ontologie qui porte et transmet un système de valeurs, un mode de vie, un projet de société et une résolution de conquête.

    Porter la burqa au 7e siècle n'a ni le même sens ni le même dessein que la porter au 21e. Le port de la burqa dévie de son but originaire, ce n'est pas pour des exigences morales ou esthétiques que ceux qui la choisissent et ceux qui l'exigent l'adoptent au 21e siècle mais pour des fins politiques de conquêtes et d'envahissement.

    Aucune femme n'est assez pure et chaste pour prétendre à la vertu supposée de la burqa et aucun homme n'est aussi sexuellement animal et affamé pour s'exciter juste à la vue de cheveux ou sauter sur de simples corps de femmes.

    La burqa fait partie des stratégies du siècle pour la conquête et l'extension territoriale et culturelle et n'a en aucun cas une raison morale ou esthétique.

    Une attention particulière et une observation précise nous dévoileraient la phénoménologie de la burqa.

    Les présupposés de la burqa :

    - La femme est un organe :

    C'est le plus indécent et le plus immoral des présupposés et qui ne diffère en rien des présupposés de toute prostitution ou industrialisation sexuelle. La femme est discréditée dans son être, disqualifiée, rabaissée, dévaluée jusqu'à un niveau encore moindre que l'animal. L'animal de par sa nature ne se résume pas à un organe, tout comme l'être humain, il est un tout, une unité, une totalité d'organes et de besoins.

    Quand on réduit un vivant à une partie consommable de son corps, il perd non seulement la spécificité de son être, son individuation, sa subjectivité et sa dignité. On a l'impression que la porteuse de la burqa n'a ni cœur, ni cerveau, ni poumons, etc. La porteuse de la burqa est un vagin et rien qu'un vagin et le reste du tout est aussi considéré à travers le vagin. Elle n'est même pas un ensemble d'organes mais un amas de viandes à consommer. La porteuse de la burqa est un néant d'être qui porte un exemple de féminité primitive et dégénérée et une ontologie sexuellement moniste, qui détruit la dualité de la vie et la contradiction du vivant pour en faire un monde de masculins, décideurs, preneurs, consommateurs, dominateurs, violeurs et la femme n'est qu'un objet parmi une infinité d'objets possibles.

    Ce monde sexuellement moniste ne serait pas possible, étant donné qu'il n'est pas réel. C'est plutôt un monde fantasmagorique qui rend l'existence de la femme elle-même une menace à ce monde illusoire et psychique.

    Quand la femme existe, la burqa est le meilleur moyen pour la rendre absente, inexistante. «Cachez cet être que je ne veux voir».

    Cacher est au-delà de sous-estimer et rabaisser, c'est aussi et fondamentalement nier. Nier la féminité et la réduire à une fonction où un organe émane de la peur de la dualité originaire de l'être et l'angoisse de savoir que l'être n'est pas un, mais deux, la peur de la contradiction qui nous renvoie à l'autre et de l'être qui n'est pas unique et moniste mais dualiste et diffèrent, originairement masculin/féminin.

    L'être émane de la fertilité de la conjugaison du féminin et masculin qui donne acte à la vie, cet être réel est une menace au vouloir profond de l'homme sexuellement moniste : nier, cacher, extirper le féminin revient à installer une ontologie de l'unique, l'exclusif et l'uniforme. Extraire la féminité de l'être pour le rendre moniste passe par la burqa car la burqa ne renseigne sur rien, on ne sait pas ce qui est dedans. Cacher intégralement le corps de la femme c'est essentiellement un déni de la féminité.

    Dans certaines anciennes civilisations la femme est sacralisée et divinisée, la burqa est une diabolisation de la femme et une falsification de l'être, la femme devient un simple organe et l'être devient uniformément masculin.

    - La femme est un péché:

    La femme est un organe génital, la femme est un péché, elle symbolise la sexualité, or la sexualité est malsaine, donc la femme est malsaine.

    La femme doit porter la burqa parce qu'elle est un péché, sous-entendu que l'homme ne l'est pas. Il n'est pas question ici de péché original, mais spécifiquement féminin. La féminité est non seulement niée mais salie, souillée, avilie, elle est impureté, ignominie, faute. La femme devient l'exutoire et la soupape à tous les maux et les vilenies de l'être. L'homme projette sur la femme ses incapacités, ses impuissances, ses impuretés, ses manies, ses vices, ses perversions pour s'en débarrasser. La cacher avec une burqa c'est aussi pour ne pas se voir lui-même ou pour fuir ses sensations, ses sentiments, soit de désir soit de ressentiments vis-à-vis de la féminité. Il se met dans la tête que ses désirs et ses sentiments sont provoqués par la femme, ce qu'il évite de voir. C'est que ses affections et ses fantasmes lui sont propres et émanent de ses profondes pulsions et n'émanent pas de la femme. Il pose la femme comme cause pour fuir la responsabilité de sa propre causalité. «La femme est un péché, donc je suis la pureté», et en se considérant pureté, il oublie ses vilenies.

    La burqa est l'exutoire et le sinapisme de l'homme. Elle installe un rapport de pouvoir de l'homme faible et uniforme signifié par le déni de la féminité et la désinvolture de soi. La femme devient le bouc émissaire de l'homme faible et irresponsable qui, hors la femme, n'a aucune autre possibilité ou capacité pour s'affirmer, c'est ce qui fait que seul l'homme ordinaire et plébéien s'y attache.

    Les fonctions de la burqa:

    - Tromper : la burqa est une astuce et un stratagème de tromperie. On trompe l'autre sur ce qu'on est, qui on est, et ce qu'on veut réellement.

    La burqa permet de tromper car la burquée est insoupçonnable, non identifiable, en dehors du doute, indéchiffrable. Ce masque de la tromperie et de la non transparence dépasse l'agir de la morale sexuelle en un agir global car dès le moment qu'on porte la burqa toutes sortes de déviations deviennent possibles, du mensonge, au vol, au crime et toutes les extravagances de délinquance deviennent accessibles. La burquée, ou le burqué jouie d'un préjugé favorable lié à l'inconscient collectif de la vertu religieuse.

    A partir d'un habit ordinaire on peut intuitionner approximativement la différence entre les individus. On peut reconnaitre le profil psychologique, social ou moral de tout un chacun et décider des différentes interconnections possibles. Avec la burqua on voile tout, pas seulement le physique, mais essentiellement le psychique et le moral. Vous ne pouvez jamais deviner qui est sous la burqa et pas seulement quoi.

    Les rapports humains sont généralement basés sur la sympathie ou la première impression assimilée à travers les signes du visage, la gestuelle, et la posture. La rencontre avec la burqa est pure tromperie car elle masque tout, soit le visage, soit la gestuelle, soit la posture, c'est une dénégation de l'autre dans le confort de l'observateur non observé.

    - Cacher: mais ce serait évident que la burqa cache, mais ce qui n'est pas évident, c'est que veut cacher la burqa. Au-delà des prétentions de vertus sexuelles et derrière la volonté de cacher le corps, qui est en réalité neutre et anonyme, on veut déguiser les vices en vertus, les malaises et les angoisses en valeurs morales, le désir de prédation en volonté angélique.

    En plus clair, la burquée et ses prédicateurs donnent à leurs obsessions sexuelles, leur fixation perverse, leurs vilenies, le nom de vertus. Ils veulent donner à leur excès, et leur panique et leur angoisse le nom de morale. Ils veulent donner à leur chasse de proies et victimes le nom d'angélisme vertueux. La burqa cache certainement mais pas autant le corps que leur péché au corps qui n'est que péché de domination.

    Dominer un individu c'est lui ôter le contrôle sur son corps. Les prédicateurs de la burqa veulent s'emparer du corps de la féminité afin de le contrôler et contrôler toute la société avec. Ceci est donc ce que cache vraiment la burqa, c'est la volonté de prédations de ses prédicateurs.

    La burqa installe l'uniformité masculine, la prédation des corps et la falsification des systèmes de valeurs et des modes de vie.

    Agresser: par un superbe paradoxe, la burqa exhibe en cachant. Il y a de l'exhibitionnisme manifeste dans le port de la burqa, exhiber une religion, exhiber une apparence de morale, exhiber un érotisme malsain, exhiber soi-même, exhiber une attitude agressive vis-à-vis de l'autre en se plaçant dans la position de l'observateur non observé , et «je te vois , tu ne me vois pas»; «je peux contrôler tes réactions, tu ne peux pas contrôler mes réactions»; «je te connais, tu ne me connais pas»; «je sais qui tu es, tu ne sais pas qui je suis»; «je reconnais ton visage, tu ne reconnais pas le mien»; «tu es à ma portée, je ne suis pas à ta portée».

    Le port de la burqua exprime une violence morale extrême vis-à-vis de l'autre.

    Les fins de la burqa

    La burqa renvoie à des fins prononcées et des fins non prononcées, des fins manifestes et d'autres déguisées, elle est le symbole du double discours et l'illustration parfaite de la «takkiya» (le mensonge justifié par des considérations religieuses, NDLR) qui consiste à cacher ses véritables intentions.

    La burquée chaste et vertueuse de prêche et d'apparence est cependant disponible et prête à toutes les extravagances sexuelles, des différentes sortes de mariages illicites, de prostitution, de proxénétisme, de vente et achat de petites filles, de jihad nikah, ou le combat par la baise.

    Les fins prononcées sont dites pour ne pas être faites et en réalité elles sont prêchées uniquement pour cacher et déguiser les fins non prononcées. On prêche la vertu pour mieux exercer le vice. Tout est possible sous la burqa. Ce décalage entre le dit et le non-dit, l'apparence et la réalité, le mensonge et la vérité n'est pas caché.

    Tout observateur bien averti, surtout avec l'avènement du printemps arabe, peut facilement déceler cet énorme décalage. Tout lecteur assidu des textes et des faits historiques peut facilement noter ce décalage, ou voit de très près l'obscénité morale et les perversions sexuelles concomitantes au port de la burqa.

    La burqa est une perversion morale relevant de l'obscénité et dénotant, au-delà de l'apparence, une tendance à tout pervertir sur son passage, la morale, le psychique, le social et le politique. C'est un vrai stratège de domination et de conquête.

    Professeure agrégée chercheur en philosophie.

    http://www.kapitalis.com/tribune/18487-tribune-pourquoi-la-burqa-est-obscene-et-indecente.html

  • Sivens : MM. Hollande et Valls ouvrent la voie au fascisme

    Hervé Kempf (Reporterre)

    L’affaire de Sivens est tout sauf anecdotique : pour la première fois, le gouvernement y a déployé une tactique de répression propre aux régimes fascistes.


    La méthode suivie par le gouvernement pour en finir avec l’affaire de Sivens est nouvelle et extrêmement grave.

    Dès septembre 2014, le ministère de l’Intérieur avait laissé la gendarmerie exercer une pression violente, souvent illégale, à l’encontre des zadistes du Testet. Cela n’avait pas suffi à décourager les opposants au barrage, renforcés par le mouvement de solidarité qui se développait dans la région. La tension est montée jusqu’au 26 octobre, lorsque la gendarmerie tua un jeune manifestant, Rémi Fraisse. Un tel événement est – jusqu’à présent - exceptionnel en France. Il ne suscitait pourtant pas une indignation unanime. Une large partie des médias relayait la communication gouvernementale mettant en avant la violence qu’exerceraient les opposants aux grands projets inutiles. Xavier Beulin, président de la FNSEA et du groupe agro-industriel Avril-Sofiproteol, qualifiait les zadistes de « djihadistes verts », ce qui dans un contexte où la France est en guerre contre l’Etat islamique, revient à un appel au meurtre.

    L’homicide de Rémi Fraisse était d’autant plus absurde que le ministère de l’Ecologie publiait un rapport d’expertise confirmant l’essentiel des arguments développés depuis des années contre le projet de barrage : coûteux, inutile, impactant sur l’environnement, fondé sur des études médiocres et trompeuses. Peu après, la Commission européenne engageait une procédure d’infraction contre le projet au titre de la directive sur l’eau.

    Mais localement, les élus PS et autres ne voulaient pas céder, non plus que les instances de la Chambre d’agriculture et de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles). La ministre de l’Ecologie élaborait un compromis écartant les propositions d’alternatives mises en avant par les opposants : on ferait soit un plus petit barrage, soit divers réservoirs dans la vallée du Tescou. Et sur le terrain, légitimée par la provocation de Xavier Beulin, la FDSEA organisait des groupes d’agriculteurs pour mener en décembre près de la Zad une opération « Manche de pioche » dont le nom dit tout.

    Elle répétait l’opération en janvier, jusqu’à organiser en février un blocus de la zone. Les agressions et injures se multipliaient de la part de ces agriculteurs chauffés à blanc contre les « peluts » (chevelus, en occitan), alias zadistes, mais aussi contre les locaux opposés au barrage et contre des journalistes. Fin février, ces milices – au sens précis d’organisation paramilitaire – bloquaient les routes, armées de bâtons, de manches de pioche ou de barres de fer, et commettaient de nombreuses agressions, pare-brises cassés, pneus crevés, menaces, sous l’œil indifférent des gendarmes bien présents dans le secteur.

    Elles ont agi comme des supplétifs de la police : chargés d’accomplir les basses besognes de tension et d’effroi, soit pour provoquer des réactions violentes qui justifieraient l’action des forces légales de répression, soit pour changer le rapport de forces et affaiblir la capacité de résistance et de solidarité des opposants. La tactique a fonctionné, et l’évacuation de la Zad, menée par dix fois plus de gendarmes que de zadistes, s’est opérée le 6 mars sans heurts.

    L’affaire est loin d’être close, mais la tactique répressive employée par le gouvernement, allié avec le représentant affairiste de l’agriculture productiviste et surfant sur le torrent d’injures déversées par l’extrême-droite sur les réseaux sociaux à l’encontre des zadistes et autres écologistes – tel ce sondage lancé par Valeurs actuelles, et parlant des « fascistes verts ».

    Tout ceci, comme l’expression de Xavier Beulin, résonne avec la stigmatisation de l’ « islamo-fascisme » de Manuel Valls, pour associer les écologistes – car les zadistes font partie du mouvement écologique – aux « terroristes islamistes », contre qui, on le sait, le permis de tuer est officiel. C’est ce qu’a bien compris un tweet : « Comment un Etat peut aller tuer des centaines d’islamistes en Afrique, et se laisser dicter sa loi par une poignée de dégénérés ? »

    On glisse vite des zadistes aux jeunes Français indésirables, comme ce commentaire après la phrase de Manuel Valls annonçant le 5 mars que « l’ordre républicain » - qui ne concerne pas, donc, les miliciens de la FNSEA – doit s’imposer sur la Zad : « Ben mon colon il serait temps ! Mais c’est embêtant parce que aux prochaines émeutes des "jeunes" nantis du 93 il va falloir enfin appliquer aussi l’ordre républicain ».

    La tactique de MM. Valls et Hollande est délibérée. Elle ouvre la porte à la répétition de ce type d’actes : des groupes sociaux savent maintenant que, pourvu qu’ils ciblent l’écologie et les jeunes alternatifs tout en glorifiant la police, ils ont le champ libre. Elle s’appuie sur les sentiments d’extrême-droite qui montent dans ce pays. Et suscitera en retour des réactions de même nature, impliquant une répression encore plus stricte.

    Je ne sais la qualifier autrement que de pré-fasciste : utlisant les méthodes mêmes du fascisme (des milices supplétives d’un Etat autoritaire) et stimulant la xénophobie et la haine des alternatives. L’essentiel est que rien ne soit mis en cause de l’ordre capitaliste : c’est ce que révèle l’analyse du journal des affaires Les Echos : « Sivens (…) a été choisi par Manuel Valls pour faire valoir (…) la fermeté de son gouvernement face à toutes les résistances au changement ».

    Les choses sont claires : un projet coûteux, pourri de conflits d’intérêt, financé par le public pour des intérêts privés, détruisant l’environnement, c’est « le changement ».

    D’aucuns persistent encore à croire que le gouvernement de MM. Hollande et Valls est « de gauche ». Il ne l’est pas. C’est pire : il ouvre, à peine dissimulé, la voie au fascisme.


    Lire aussi : EDITO - L’alliance ou le fascisme


  • Prostitution : le Sénat peut encore enterrer la loi (communiqué de Zéromacho)

    fefcf914-fd9d-49a5-8cd1-d5b77d919577.png

    Communiqué de presse

    Prostitution : Le Sénat peut encore enterrer la loi

     Après quatorze mois de mobilisation, la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel est inscrite à l’ordre du jour du Sénat : elle sera discutée les 30 et 31 mars.
    Certes, l’affaire du Carlton a fait prendre conscience aux Français de la réalité violente de la prostitution. Mais, vu la culture de la prostitution répandue chez certains sénateurs, comme l’ont attesté des survivantes, et vu la manipulation d’un témoignage capital lors des auditions de la commission du Sénat, nous craignons le pire : que la proposition soit renvoyée en commission, ce qui signifie un enterrement.

    NOUS RESTONS VIGILANTS.
     
    Fondé en 2011, Zéromacho, réseau international d’hommes, groupe les signataires d’un manifeste contre le système prostitueur et pour l’égalité femmes-hommes (2 842 hommes de 56 pays)
    Responsables : Gérard Biard, Patric Jean et Frédéric Robert
    80 quai de Jemmapes 75010 Paris 0615983792
    info.zeromacho@gmail.com     Site http://www.zeromacho.eu/
    Facebook: @Zéromacho    Twitter @Zeromacho

  • "Proxénètes, pas sûr, clients, certainement !", par Claudine Legardinier pour le Mouvement du Nid,

    arton2910-3d710.jpg

    CLAUDINE LEGARDINIER POUR LE MOUVEMENT DU NID, PARTIE CIVILE AU "PROCÈS DU CARLTON"

    En traquant le proxénétisme, le procès du Carlton aura eu un mérite : éclairer la démarche des «clients».

    Après quelques jours d’audience, on aura compris que ces derniers sont bel et bien mus par un besoin ; pas un «besoin sexuel» mais le besoin d’exercer le pouvoir et de jouir de leurs privilèges ; le besoin d’asseoir une connivence masculine en exploitant sexuellement des femmes ; le besoin de se défouler - loin du poids des responsabilités et de celui des épouses - en exprimant à l’égard des jeunes femmes qu’ils payent (ou pas… car ces messieurs semblent goûter «la petite pipe à l’œil») un mépris incommensurable.

    Les termes employés pour les désigner parlent d’eux-mêmes : «dossier», «cheptel», «roues de secours» et bien entendu «connasses».

    Mépris donc, et bien pire : brûlures de cigarettes, maltraitances, insultes et même «boucherie» comme l’ont dénoncé les jeunes femmes appelées à la barre des témoins, la voix brisée.

    Certains comportements devraient d’ailleurs être nommés pour ce qu’ils sont. La jeune fille de 19 ans, allongée dans les toilettes, ivre morte, dont «Jade» dit à la barre : «Je ne sais pas combien lui sont passés dessus», est victime de viols collectifs.

    Et que dire de messieurs posant à René Kojfer, généreux pourvoyeur, des questions du type : «J’ai un ami qui voudrait une fille de 17 ans pour la tirer, tu peux trouver ?» On voit ce qu’il en est de la prostitution «de luxe», habituellement couverte de l’indulgence générale en raison des limousines et des gros billets.

    De luxe ou de caniveau, quelle différence ?

    Avant même de savoir si les prévenus seront ou non condamnés pour proxénétisme aggravé, le procès aura montré crûment que la question des «clients» et leur responsabilité majeure dans le fonctionnement d’un système de démolition des femmes ne peuvent plus être éludées.

    En attendant, ces femmes, vulnérables et en situation précaire (le frigo vide de «Jade» et ses enfants à élever n’ont pas de quoi faire fantasmer) continuent de subir les traitements que ce procès aura eu le mérite de divulguer.

    Et le beau projet d’égalité entre les femmes et les hommes, omniprésent dans nos textes, continue de servir de décoration.

    Tant que les milieux d’affaires et de pouvoir, entre autres, auront des femmes cette image et cette conception, il est peu probable que ces dernières aient une chance de briser le plafond de verre.

    Tant de motifs d’accablement exigent donc des issues. Il se trouve qu’une proposition de loi, votée à l’Assemblée nationale il y a plus d’un an, dort dans les tiroirs du Sénat, où le dossier, manifestement, en dérange plus d’un.

    Il serait piquant que les messieurs du Carlton en soient aujourd’hui, à leur corps défendant, les meilleurs avocats…"

    Claudine LEGARDINIER pour le Mouvement du Nid, partie civile au "procès du Carlton"

    http://www.liberation.fr/societe/2015/02/08/proxenetes-pas-sur-clients-certainement_1198228

  • Les auteurs végétaliens privés de repas au Salon du Livre d'IDF (7/8 février 2015)

    nexus-IV-vegephobie1.jpg

    Les auteurs végétaliens (moi seule en l'occurrence) sont privés de repas au Salon du Livre d'IDF : pas de plateaux prévus pour eux alors que tous les auteurs ont droit gratuitement aux leurs matin et midi, samedi et dimanche.

    Cela m'a été signifié assez vertement par l'organisateur qui parle de "récrimination" de ma part.

    Je lui ai répondu que j'allais donc devoir jeûner deux jours durant (ce que je vais d'ailleurs faire, par principe et en manière de protestation).

    http://www.salondulivreidf.fr/

    J'ai déjà expérimenté la même chose au Salon du Mans, où j'avais quand même pu obtenir à grand-peine quelques légumes bouillis.

    Quant au Salon Radio France à Paris, j'avais trouvé par le plus grand des hasards quelques fruits à me mettre sous la dent...

  • Quand l’idée du voile faisait éclater de rire des musulmans…


    Le Caire, 1953.

    Nasser et son auditoire s’esclaffent devant cette revendication des Frères musulmans : « rendre obligatoire le port du voile ».

    Scène et propos devenus inimaginables aujourd’hui.

    Y compris à Paris.