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  • Le Monde : "L'INRA accusé de connivence avec la filière du foie gras"

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    Chaque année, en France, 30 millions de palmipèdes - essentiellement des canards - sont gavés pour produire du foie gras, mets de choix des repas de fête. Le gavage consiste à provoquer une hypertrophie du foie en introduisant, sur une douzaine de jours, de grandes quantités de maïs dans l'estomac de l'animal, à l'aide d'un tuyau, l'embuc. Les associations de défense des animaux dénoncent cette pratique, jugée préjudiciable au bien-être du volatile. Pour combattre leurs arguments, les producteurs de foie gras se retranchent derrière des travaux de l'Institut national de recherche agronomique (INRA).

    Il se trouve que les études en question sont pour partie (jusqu'à 20 %) financées par le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), qui promeut la filière.

    Dans un ouvrage très documenté, intitulé L'INRA au secours du foie gras (Editions Sentience, 274 p., 25 €), Antoine Comiti, président de l'association Stop-Gavage, décortique la façon dont certains chercheurs s'ingénient, à son sens, à produire des données dédouanant cet élevage intensif.

    M. Comiti note que ces travaux visent à contredire les conclusions d'une étude publiée en 1998 par des experts auprès de la Commission européenne, qui condamnait le gavage et avait inspiré des recommandations du Conseil de l'Europe édictées en 1999. Celles-ci interdisaient le gavage dans les pays où il n'était pas encore pratiqué, prohibaient l'usage de petites cages individuelles et réclamaient des études sur des méthodes alternatives.

    MORTALITÉ ÉLEVÉE

    Dans une synthèse des travaux de l'INRA sur la question, présentée en 2004, des chercheurs de l'Institut concluaient que le gavage "n'apparaît pas comme un générateur important d'informations nociceptives (de douleur)", conclusions fondées sur le comportement des palmipèdes et la mesure d'hormones de stress.

    "Il s'agit de pseudo-science et de recherches d'opportunité, conduites par des chercheurs élevés dans le moule de la production animale", tranche Robert Dantzer, tout juste retraité de l'INRA, où il était précisément spécialiste de ces hormones de stress. M. Dantzer, qui figurait parmi les auteurs du rapport européen de 1998, estime qu'"on ignore si la molécule en question est pertinente chez le canard en phase de gavage".

    En revanche, note-t-il, il existe un indicateur de bien-être animal fort lisible, que ses collègues négligent curieusement : celui de la mortalité. Les chiffres sont pourtant disponibles, fournis par les professionnels. En 2002, après 13,4 jours de gavage en moyenne, 3 % des animaux (soit près d'un million) étaient morts, "une proportion six fois plus élevée que chez leurs congénères en élevage classique", rapporte Antoine Comiti.

    "Pour le porc, lors des trois premières semaines de vie, la mortalité peut atteindre 12 %", relativise, curieusement, Patrick Herpin, directeur scientifique adjoint à la production animale. Il rappelle que l'INRA dispose d'un comité d'éthique et d'un groupe baptisé Agri bien-être animal. En 2006, ce réseau de chercheurs disposait d'un budget de 5 400 euros, "totalement insuffisant pour conduire des recherches autonomes", déplore Antoine Comiti.

    Conscient que sa proximité avec le monde agricole peut engendrer des conflits d'intérêt, l'INRA prévoit, depuis plusieurs années, d'élaborer une charte de partenariat socio-économique et d'instaurer un système de "déclaration d'intérêt" pour ses chercheurs.

    Dans l'immédiat, la direction scientifique a proposé un rendez-vous, le 24 janvier, à Antoine Comiti. Végétarien revendiqué, le président de Stop-Gavage estime que des connivences existent avec d'autres filières de production animale et souhaite, à travers l'exemple du gavage, "poser la question de ce qu'il est légitime de faire aux animaux pour les manger".

    H. M.

    http://www.lemonde. fr/web/article/ 0,1-0@2-3228, 36-850337@ 51-850420, 0.html

  • Le Canard Enchaîné : "Conflit de canard - Gavons-nous !"

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    Le Canard Enchaîné – 27 décembre 2006

    Rubrique « Conflit de canard »

    Gavons-nous !

    Le monde entier a beau nous montrer du doigt. Aux Etats-Unis, des villes telles que Chicago ont beau interdire le foie gras dans les restaurants, le gavage des oies et des canards y étant considéré comme un « acte de cruauté ». Pour cette même raison, Israël a beau avoir décidé au printemps dernier de stopper sa production.. . Qu’à cela ne tienne, le foie gras, élevé par les parlementaires français au rang de « patrimoine culturel et gastronomique protégé », marche du tonnerre. En vingt ans, ses ventes ont plus que doublé, et cette année la production française va encore faire un bond de 3 à 4 %.

    Rien que dans l’Hexagone, on en avale 21 700 tonnes par an. Et les Chinois, cette fois, ne sont pas près de nous piquer le marché puisque cet Himalaya de foie gras est « fabriqué » à 90 % par des oies et des canards français. La filière (1,5 milliard de chiffre d’affaires, 30 000 emplois et deux poids lourds : Labeyrie et Monfort) a bien eu la chair de poule quand, en février dernier, un élevage de dindes dans l’Ain a chopé la grippe aviaire. Pendant trois mois, cinquante pays (soit la moitié de nos clients) ont boudé notre foie gras. Mais dès la réouverture des frontières les achats sont repartis de plus belle.

    Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes s’il n’y avait ces casse-pieds de l’association Stop Gavage. Ces traîtres à la patrie viennent d’éditer un rapport qui met le doigt là où ça fait mal : les conflits d’intérêts entre la filière foie gras et l’Institut de recherche en agronomie (Inra). On y apprend que le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras finance largement les recherches de l’Inra sur le bien-être animal. Or c’est grâce aux péremptoires conclusions de l’Inra (« aucun élément scientifique » ne permet de dire que le gavage « est une source de mal-être animal ») que la filière a pu canarder le rapport de la Commission européenne, qui dès 1998 condamnait le gavage, au nom de la souffrance des palmipèdes.

    En France, les conflits d’intérêts, ça fait aussi partie du patrimoine...

  • "Abolition de l’exploitation animale : le voyage ne commencera pas tant que nous marcherons à reculons" (Gary Francione)

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    Gary L. Francione (Traductrice : Carine Dos Santos)

    Dans The longest journey begins with a single step : Promoting animal rights by promoting reform (Le plus grand voyage commence par un simple pas : promouvoir les droits des animaux en encourageant la réforme), Peter Singer et Bruce Friedrich, co-directeur de PETA, déclarent qu’une " drôle " de controverse s’est développée au cours " des dernières années " afin de savoir si les défenseurs des animaux devaient suivre la voie de la protection animale comme un moyen d’obtenir des droits pour les animaux.

    Cette controverse n’est ni " drôle " ni " récente ". Elle n’est pas " drôle " parce qu’il existe une incohérence entre la réglementation de l’exploitation animale et son abolition.

    La controverse n’est pas " récente " en ce sens que la tension entre les droits et la protection a toujours été constante dans le mouvement de défense des animaux au cours des quinze dernières années.

    Ce qui est par contre " récent ", c’est l’émergence d’un mouvement mondial basique défiant l’hégémonie des organisations de protection animale bien établies à la tête du mouvement et qui tente de formuler une alternative, un paradigme abolitionniste.

    Il est par conséquent peu surprenant que Singer, principal théoricien de l’idéologie welfariste [1] et PETA, qui met en place cette idéologie et soutient que toute discussion est " source de conflit " et menace " l’unité " du mouvement, se fassent du souci.

    Il existe au moins 5 raisons pour un abolitionniste de rejeter l’approche welfariste exprimée dans l’essai de Friedrich et Singer.

    1. Le bien-être animal : rendre l’exploitation plus efficace

    Singer et Friedrich déclarent que les réformes de la protection reconnaîtront que les non-humains ont des " droits " et " intérêts ", qu’elles éloigneront de façon significative les animaux du statut de bien ou denrée n’ayant qu’une valeur extrinsèque ou conditionnelle.

    Ils se trompent.

    Les réformes qu’ils soutiennent n’ont rien à voir avec le fait de reconnaître que les animaux possèdent des intérêts moraux significatifs qui doivent être protégés même lorsqu’il n’y a aucun profit économique pour les humains.

    La plupart de ces réformes, tout comme la majorité des mesures de protection animale, ne font rien d’autre que rendre l’exploitation animale plus rentable pour les exploiteurs d’animaux et les enfermer un peu plus dans le modèle de la propriété.

    Il suffit par exemple de s’intéresser à la campagne qui a permis de conclure un accord avec McDonald’s pour exiger de supposés standards " humains " pour les abattoirs et plus d’espace pour les poules de batterie.

    Singer applaudit ces actions de McDonalds, suivies ensuite par Wendy’s et Burger King, comme une " lueur d’espoir " et "les premiers signes d’espérance pour les animaux de ferme américains depuis les débuts du mouvement animal moderne. " (dans N.Y. Rev.of books, 15 mai 2003).

    Friedrich déclare qu’un " véritable changement s’est opéré dans les consciences " concernant le traitement des animaux destinés à la consommation " (dans L.A. Times, 29 avril 2003) et Lisa Lange de PETA se targue de voir que McDonalds a " ouvert la voie de la réforme des pratiques des fournisseurs de fast foods en matière de traitement et d’abattage des bovins et volailles. " (dans L.A. Times, 23 février 2005)

    Les standards d’abattage loués par Singer et PETA ont été développés par Temple Grandin [2] , conceptrice des systèmes de manipulation et d’abattage " humains ".

    Les lignes de conduite de Grandin, qui comportent des techniques de déplacements des animaux dans le processus d’abattage et d’étourdissement, sont explicitement basées sur des critères économiques.

    Selon Grandin, une manipulation appropriée des animaux à abattre " permet à l’industrie de la viande d’être gérée de façon sûre, efficace et rentable ".

    Un étourdissement convenable est important car " il fournira une viande de meilleure qualité. Une électronarcose [3] incorrecte engendrera des caillots de sang dans la viande ainsi que des fractures des os...

    Un animal correctement étourdi produira une carcasse rigide qui ne fait courir aucun risque aux employés.

    Elle soutient qu’une " manipulation souple dans un environnement bien conçu minimisera les niveaux de stress, améliorera l’efficacité et assurera une bonne qualité de viande.

    Une manipulation dure ou un équipement mal agencé est nuisible tant au bien être animal qu’à la qualité de la viande. " ( http:/ /www.grandin.com)

    De façon générale, les améliorations concernant l’abattage et les cages auxquels se réfèrent Singer et Friedrich sont évoquées en ces termes par McDonalds :

    " Les animaux bien traités sont moins enclins aux maladies, aux blessures et au stress, qui ont tous le même impact négatif sur l’état du bétail ainsi que sur les personnes.

    Des conditions correctes de bien être animal sont également rentables pour les producteurs. Se conformer à nos lignes de conduites en matière de bien être animal nous aide à assurer une production efficace et réduit les pertes.

    Ceci permet à nos fournisseurs d’être hautement compétitifs. " ( http:/ /www.mcdonalds.com)

    Wendy’s insiste également sur l’efficacité de son programme de bien-être animal :

    " Des études ont démontré que des méthodes humaines de manipulation des animaux ne se contentent pas d’empêcher des souffrances inutiles, mais fournissent également un environnement plus sûr pour les employés de l’industrie agroalimentaire. " http:/ /www.wendys.com)

    Dans un rapport concernant les réformes volontaires dans l’industrie du bétail, le Los Angeles Times expliquait qu’une " partie des réformes sont dictées par l’intérêt propre.

    Quand un animal est meurtri, sa chair devient impropre et il doit être écarté.

    Même le stress, tout particulièrement juste avant l’abattage, peut affecter la qualité de la viande. " (29 avril 2003)

    Cet exemple (et il en existe d’autres) illustre la façon dont les producteurs de denrées animales, qui travaillent avec d’importants protecteurs des animaux, rendent l’exploitation des animaux plus lucrative en adoptant des mesures qui améliorent la qualité de la viande et la sécurité des travailleurs.

    Mais cela n’a absolument rien à voir avec la reconnaissance de la valeur inhérente des animaux ou de leurs intérêts qui devraient être respectés même lorsqu’il n’y a aucun profit économique pour les humains.

    Les améliorations supposées du bien-être animal sont généralement limitées et justifiées par les profits des producteurs et des consommateurs.

    De plus, les grandes entreprises d’exploitation animale peuvent à présent souligner que les protecteurs des animaux comme Singer ou PETA les admirent pour leur soi-disant traitement " humain " des animaux non-humains.

    PETA a ostensiblement offert à Grandin, consultante pour McDonalds et autres chaînes de fast food, sa récompense du Visionnaire de l’Année 2005 pour ses " améliorations innovantes " des procédés d’abattage et Ingrid Newkirk, de PETA, loue Grandin d’avoir " fait plus pour réduire la souffrance dans le monde que quiconque " (New Yorker, 14 avril 2003)

    On peut sérieusement douter des changements réellement apportés au traitement de l’animal sauf en ce qui concerne la question d’une exploitation efficace.

    Un abattoir qui suit les lignes de conduite de Grandin pour l’étourdissement, l’utilisation des coups et d’autres aspects du processus d’abattage demeure un endroit indiciblement horrible.

    Les poules de batterie qui fournissent la plupart des grandes chaînes de fast food vivent à présent sur une surface équivalente à environ 21,59 cm2 alors que les standards de l’industrie sont à 17,78cm2 mais il serait absurde de dire que l’existence d’une poule de batterie est tout sauf misérable.

    2. Le bien-être animal : Mettre le public plus à l’aise face à l’exploitation animale

    Singer et Friedrich affirment sans aucun support que toute réforme sur le bien-être animal conduira à une meilleure protection des animaux et à la " libération animale ".

    Cela fait maintenant 200 ans que la protection animale existe et rien ne prouve que les réformes sur le bien être aient conduit à une protection significative des intérêts des animaux et encore moins à l’abolition.

    En réalité, nous utilisons plus d’animaux non humains aujourd’hui, et de façon plus horrible qu’auparavant.

    Au point d’avoir conclu des améliorations marginales dans certains aspects du traitement animal qui ont, pour la plupart d’entre elles, été limitées à des mesures rendant l’exploitation animale plus avantageuse.

    Bien qu’il soit en théorie possible d’aller au-delà de ce niveau minimal de protection, le statut des non humains en tant que propriété et le souci résultant de maximiser la valeur de la propriété animale milite fortement contre toute amélioration significative de notre façon de traiter les animaux et assure que la protection animale fera un peu plus que rendre l’exploitation animale plus efficace économiquement et acceptable socialement.

    Quoi qu’il en soit, les réformes proposées pas Singer et Friedrich et qui sont actuellement promues par les associations de protection animale aux Etats-Unis, ne dépassent pas le niveau minimal.

    Singer et Friedrich avancent que les opposants à la protection disent " qu’avant ces réformes, un grand nombre de personnes refusaient de manger de la viande, mais ils ont à présent décidé que, puisque les animaux ne sont plus aussi maltraités, ils peuvent en manger à nouveau. "

    Ni moi, ni aucune personne critiquant la protection animale à ma connaissance n’a jamais énoncé une telle chose.

    J’ai bien dit que la protection animale n’a pas entraîné un grand nombre de non végétaliens à changer leur comportement et à refuser de manger de la viande ou d’autres produits animaux, et que les réformes sur le bien-être ne sont pas susceptibles de prendre cette direction sous peu pour la simple raison qu’elles mettent les gens plus à l’aise face à l’exploitation animale.

    Ce sentiment est le message explicite du mouvement de la protection. Les protecteurs des animaux déclarent que nous pouvons " consommer avec conscience. " (New York Times, 6 octobre 2004, citation de Paul Waldau).

    Dans le dernier livre de Singer, The Way we eat : Why our food choices matter (Notre façon de manger : pourquoi nos choix alimentaires comptent), il affirme avec son co.-auteur, Jim Mason que nous pouvons être " des omnivores conscients " et exploiter les animaux éthiquement si, par exemple, nous ne mangeons que les animaux qui ont été bien soignés et tués sans souffrance.

    Le message envoyé par cette approche est plutôt clair et si Singer et Friedrich pensent réellement que ceci n’encourage pas la consommation de produits animaux, ils se font des illusions.

    De plus, les réformes sur le bien-être peuvent entraîner une hausse de la demande et donc une hausse nette de la souffrance animale.

    La relation entre une demande accrue et des standards " humains " est reconnue par les protecteurs mêmes.

    Par exemple, l’association The Humane Society of the United States édite des brochures dans le but de promouvoir sa campagne pour des alternatives plus " humaines " concernant les cages de gestation des truies et signale explicitement que l’adoption de systèmes alternatifs peut engendrer une demande accrue ou des parts de marché pour les producteurs.

    Je voudrais partager une histoire avec vous, qui bien qu’anecdotique, illustre le problème. Lorsque le magasin " Whole Foods [4]" à côté de chez moi a ouvert, il vendait des produits carnés, mais n’avait pas de rayon viande.

    Il y a maintenant un rayon entier de viande et poisson. Il existe également des affiches dans le magasin faisant de la pub pour le " Animal Compassion Foundation " (± Fondation pour la compassion envers les animaux) établi par Whole Foods, qui finance des projets pour les fermiers et les propriétaires de ranch leur permettant de développer des méthodes d’élevage plus " humaines ".

    Il y a plusieurs semaines, je passais devant l’étal de viande et j’ai fait remarquer à un employé que je trouvais honteux que Whole Foods vende des cadavres.

    Telle fut la réponse de l’employé :

    " Saviez-vous que PETA a récompensé Whole Foods pour sa façon de bien traiter les animaux ? " Oui, c’est vrai. En plus de donner une récompense à Temple Grandin, PETA a également loué Whole Foods pour son " exigence de standards stricts envers ses producteurs. " http://www.peta.org

    The way we eat cite également Whole Foods et noircit des pages et des pages pour encenser l’entreprise comme étant un vendeur de produits animaux éthiquement responsable.

    En mettant de côté qu’il y a un sérieux problème, à savoir si les standards " stricts " dont PETA et bien d’autres sont si fiers ont un effet significatif sur la vie et la mort des animaux dont les cadavres sont vendus chez Whole Foods (un article à venir du Pr Darian Ibrahim de l’Université d’Arizona soutient que ces standards comportent des lacunes), ce type d’approche ne peut qu’alimenter la confusion là où la clarté devrait être présente et encourage les gens à croire que nous pouvons " consommer avec conscience ", ce qui tend à perpétuer et légitimer la consommation de produits animaux.

    Voici un avis paru sur Amazon.com au sujet du livre The way we eat :

    " Inutile de devenir végétarien ou végétalien, bien que le devenir pourrait constituer un bon mode de vie, à la fois sain et moral, mais le livre vous donne vraiment envie d’acheter chez Whole Foods et d’acheter du poulet élever en parcours libre et de faire tout ce que vous pouvez pour que vos besoins en provisions aient une origine décente. "

    3. Le but ? Quel but ?

    Singer et Friedrich expliquent comment la protection animale encourage les " droits des animaux " et déclarent que l’opposition au bien-être animal est " contre productive face au but de la libération animale que nous partageons tous ".

    Quel est exactement ce but que nous partageons tous ?

    Singer est un utilitariste [5] qui a fortement rejeté les droits moraux des animaux non-humains et humains bien qu’il utilise confusément le langage des droits quand cela lui convient. Il en ressort que ceux qui soutiennent que les humains disposent de certains droits, comme celui de ne pas être réduits en esclavage ou d’être utilisés comme une marchandise par d’autres, ne partagent pas le but de Singer en ce qui concerne les humains.

    Pour ce qui est des non-humains, Singer ne s’oppose pas à leur exploitation pour la majorité d’entre eux, il s’inquiète seulement de leur traitement.

    S’il discute l’utilisation, c’est uniquement dans le contexte du souci de ne pas être capable d’assurer un traitement adéquat.

    Mais son but n’est pas l’abolition de l’exploitation animale ; selon la théorie morale générale de Singer, l’abolition ne peut pas être son but. Singer a toujours fortement soutenu que la plupart des non-humains n’ont aucun intérêt à continuer de vivre parce qu’ils n’ont pas conscience d’eux-mêmes dans le même sens que les hommes.

    Par conséquent, ils se moquent de savoir si on les utilise, ils se préoccupent seulement de la façon dont on les utilise.

    Ceci reflète les pensées de Jeremy Bentham, l’utilitariste du XIXe siècle, sur lesquelles Singer base sa théorie.

    Bentham prétend que bien que les animaux puissent souffrir, et avaient donc une importance morale, les animaux ne s’inquiètent pas de savoir, par exemple, si nous les mangeons. Ils s’inquiètent seulement de la façon dont nous les traitons jusqu’à ce que nous les mangions.

    Ce point de vue, qui ne concerne pas l’utilisation en soi mais le traitement, est le fondement de l’idéologie de la protection animale et se différencie de la position des droits des animaux comme je l’ai clairement exprimé.

    Je maintiens que si les animaux ont un intérêt à mener une existence continue (et je soutiens que c’est valable pour tout être conscient), les utiliser comme une ressource pour les humains (même si on les traite " humainement ") n’est pas défendable moralement et nous devrions tendre à abolir et non réguler l’exploitation animale.

    Je soutiens également que Singer se trompe en maintenant qu’il est possible d’accorder une considération égale à tous les intérêts qu’il reconnaît aux animaux en tant que propriété de l’homme.

    Les intérêts de la propriété seront toujours considérés comme moindres face à ceux des propriétaires.

    Cependant, il n’y a pas besoin d’être très philosophe pour évaluer la nature de la " libération animale " selon Singer.

    Son dernier livre soutient non seulement que nous pouvons manger les animaux et leurs sous-produits éthiquement, mais comporte également une information qui devraient éclairer nos idées sur Singer et ses pensées au sujet de la violence envers les non humains.

    Dans The way we eat, Singer et Mason nous racontent qu’ils ont appris qu’un élevage de dindes nécessitait des travailleurs pour assister l’insémination artificielle.

    " Notre curiosité était piquée et nous avons décidé de voir par nous-mêmes en quoi consistait réellement ce travail. "

    Singer et Mason ont passé une journée " à collecter la semence et à l’introduire dans les dindes. " Ils attrapaient les mâles et les maintenaient pendant qu’un autre travailleur " pressait l’organe de reproduction du mâle jusqu’à ce qu’il s’ouvre et que la semence blanche en sorte. "

    En se servant d’une pompe, il la transférait dans une seringue.

    " Singer et Mason devaient ensuite " forcer " les femelles, ce qui sous-entend de les maintenir afin que " leur train arrière soit bien en place et leur organe ouvert.

    " L’inséminateur introduit ensuite un tube dans la dinde et utilise un souffle d’air comprimé pour injecter la semence dans la dinde. "

    Et il n’y avait pas que les dindes qui passaient un mauvais quart d’heure.

    Singer et Mason se sont plaint de leur journée à l’élevage de dindes disant que c’était le travail " le plus difficile, rapide, sale, dégoûtant et le plus mal payé qu’ils n’aient jamais fait.

    Pendant 10 heures, nous avons attrapé et lutté avec des volailles, retournées à l’envers et vus leurs derrières, évité leurs excréments jaillissants en respirant un air vicié par la poussière et les plumes dégagées par des volailles paniquées [6]"

    Et par-dessus tout, ils ont " reçus un torrent d’insultes de la part du chef d’équipe. On a duré une journée. "

    On se demande bien si Singer et Mason y seraient retournés un deuxième jour si les conditions de travail avaient été meilleures.

    Il est vraiment dérangeant de constater que Singer et Mason considèrent moralement acceptable de commettre des violences à l’égard de non-humains quel que soit le but et plus particulièrement pour satisfaire leur curiosité sur " ce qu’implique vraiment ce travail ".

    Je pense qu’il n’y a aucun moyen antispéciste de justifier ce que Singer et Mason se targuent d’avoir fait sans également justifier le viol d’une femme ou la molestation d’un enfant afin de voir ce qu’un acte de violence " implique réellement. "

    On peut peut-être expliquer les actions perverses avec les dindes commises par Singer en se référant à sa citation en 2001 sur le site nerve.com : " les relations sexuelles avec les animaux n’impliquent pas toujours de la cruauté " et que l’on peut y trouver " une satisfaction mutuelle ".

    Quoi qu’il en soit, si la violence envers les non-humains est permise selon la théorie de Singer, il n’y a pas besoin d’en savoir beaucoup plus pour en conclure que cette théorie comporte de sérieux défauts et que ses buts ne sont probablement pas, comme Singer le pense, ceux que nous partageons.

    En ce qui concerne les buts de Friedrich et PETA, une chose est devenue claire au fil des ans : la compréhension des droits des animaux par PETA est, pour le moins, idiosyncratique [7].

    Pour citer un exemple parmi tant d’autres, à ma connaissance, aucune théorie des droits des animaux n’approuverait l’abattage massif de non-humains en bonne santé comme dans le " sanctuaire " PETA d’Aspen Hill en 1991 ou, plus récemment, aux siège de PETA où des employés auraient usé de tromperie pour obtenir des animaux sains qui ont par la suite été tués et jetés.

    Je suppose que si on est d’accord avec Singer, à savoir que les animaux tués par PETA n’avaient aucun intérêt à vivre, mais voulaient seulement une mort " douce " ou " pleine de compassion " alors cela à un sens.

    Personnellement je n’y adhère pas.

    Lorsque les protecteurs des animaux posent des questions aux associations de protection animale, la réponse en bloc est que nous avons tous le même but, nous travaillons tous pour les animaux et toute controverse nuirait à l’unité du mouvement.

    Comme la " consommation avec compassion ", la notion d’unité de mouvement est une fiction utilisée pour maintenir le contrôle du discours et de la stratégie.

    Il n’y a pas d’unité de mouvement parce qu’il existe une différence inconciliable entre la position d’abolitionniste/droits et de protection/règlementation, entre ceux qui soutiennent que nous devrions être aussi " fanatiques " (pour utiliser le terme désobligeant de Singer) au sujet du spécisme que nous le sommes pour l’exploitation humaine et ceux qui, comme Singer, ne le sont pas.

    Les déclarations sur l’unité du mouvement sont tout simplement un autre moyen d’empêcher les protecteurs de remettre en question le contrôle du mouvement exercé par les associations.

    4. La protection ou rien : la fausse dichotomie

    Singer et Friedrich soutiennent que ceux qui se sentent concernés par les non-humains ont deux choix : la protection animale ou ne rien faire pour aider les animaux.

    Ceci sous-entend que la position abolitionniste est trop idéaliste et ne peut fournir une stratégie à court terme.

    Voici un leitmotiv des associations de protection et il ne me paraît pas bien clair de déterminer s’ils y croient vraiment ou si c’est uniquement un slogan.

    Quoi qu’il en soit, Singer et Friedrich nous exposent une fausse dichotomie.

    Nous infligeons de la douleur, de la souffrance et la mort à des milliards de non-humains chaque année.

    Personne, même parmi les abolitionnistes les plus convaincus, ne soutient que l’on puisse arrêter ça du jour au lendemain ou à court terme.

    Le souci des protecteurs est ce qui peut-être fait maintenant.

    De plus, nous vivons dans un monde qui a une durée et des ressources limitées.

    On ne peut pas tout faire.

    Par conséquent, le problème, du moins pour ceux dont le but est l’abolition, devient : que choisissons-nous de faire maintenant qui permettra de réduire la souffrance à court terme, qui pertinent dans l’optique abolitionniste, et qui mettra sur pieds un mouvement politique allant dans la direction de l’abolition ?

    Je ne conseille pas la protection comme choix rationnel pour les abolitionnistes.

    Il est un peu tard pour promouvoir la protection comme le pas qui nous permettra de commencer le long voyage.

    Nous avons dépensé des milliards de dollars et qu’avons-nous à montrer ?

    Voici ma réponse : rien et surtout rien qui ne puisse être décrit comme une utilisation efficace de nos ressources limitées.

    Singer et Friedrich font référence à l’Animal Welfare Act (une loi fédérale aux Etats-Unis supposée réglementer l’utilisation des non humains dans les expériences et expositions) et le Human Slaughter Act américain comme des exemples de lois de protection qui laisseraient les animaux dans les pires conditions si elles n’existaient pas. Je ne suis pas d’accord.

    L’Animal Welfare Act, qui ne s’applique même pas à 90% des non-humains utilisés pour l’expérimentation, n’impose pas de réelles limites à ce que peuvent faire les vivisecteurs en laboratoire.

    Cependant, cette loi fournit une source à citer pour la communauté scientifique et pour les personnes comme Singer et Friedrich afin de rassurer le public quant à la réglementation de la vivisection.

    Le Humane Slaughter Act, qui ne s’applique pas non plus à la majorité des animaux mangés, est cependant destiné à réduire les problèmes de carcasse et à assurer la sécurité des travailleurs. Une fois encore, le but premier de cette loi est de mettre les consommateurs plus à l’aise.

    Cette loi de ne requiert pas plus de protection que n’en fournirait un propriétaire d’exploitation et il existe d’innombrables exemples pour lesquels le gouvernement américain n’applique pas cette loi.

    Singer et Friedrich citent également comme exemple de progrès " les changements de densité d’individus chez les poules, même maigres, qui ont permis de passer de 20% de morts annuelles à 2-3%. "

    Ceci est particulièrement bizarre puisque 100% des poulets finiront par être tués. Toute réduction de mortalité avant l’abattage prolonge la vie des volailles dans d’horribles conditions et augmente les bénéfices des exploitants.

    Les protecteurs ont donc réussi à éduquer les exploitants à, selon les termes de McDonald’s, " assurer une production efficace et réduire les déchets et les pertes. "

    Singer et Friedrich trouveront peut être cela passionnant, pas moi.

    Que peut donc faire un abolitionniste maintenant pour réduire plus efficacement la souffrance à court terme et en accord avec le but de l’abolition ?

    L’approche abolitionniste fournit des indications pratiques à plusieurs égards.

    Un changement conséquent induit que chacun prenne la décision de devenir végétalien [8].

    Le végétalisme, ou suppression de tout produit animal, est plus qu’une simple question de régime alimentaire ou de style de vie : c’est la déclaration par un individu d’accepter le principe d’abolition dans sa propre vie.

    Le végétalisme est le seul véritable but que nous pouvons atteindre, et ce de façon immédiate, dès notre prochain repas.

    Si nous voulons vraiment changer notre façon de traiter les animaux et ne plus les exploiter un jour, il est impératif de créer un mouvement social et politique qui tend vraiment vers l’abolition et considère le végétalisme comme une ligne de base morale.

    Il n’y a, bien sûr, aucune distinction rationnelle entre la viande et les autres produits animaux, comme les œufs ou les produits laitiers, entre la fourrure et le cuir, la soie ou la laine.

    La majorité des associations de protection animale aux Etats-Unis se concentre sur le bien-être animal même si elles soutiennent le végétalisme.

    PETA est un excellent exemple.

    D’une part, PETA encourage le végétalisme.

    D’autre part, les campagnes de PETA sont en général concentrées sur la réglementation traditionnelle du bien-être et soutient activement et de manière déroutante le concept de produits animaux fabriqués " humainement ".

    Cependant, le végétalisme n’est en aucun cas avancé comme une ligne de base morale du mouvement.

    Il est même simplement présenté comme un choix de vie optionnel et est souvent décrit comme difficile et uniquement pour le peu de personnes engagées et non pas comme un moyen accessible d’éliminer l’exploitation.

    C’est la marque du mouvement, dont bon nombre de " leaders " ne sont pas végétaliens, qui présente la position végétalienne/abolitionniste comme " marginale " ou " radicale ", faisant de " la consommation avec conscience " la règle " normale " ou " principale ".

    En réalité, Singer déclare que nous ne devons pas être " fanatiques " concernant la nourriture et qu’un peu " d’indulgence contrôlée envers soi " est acceptable (dans The way we eat , 281, 283).

    Nous ne dirions bien sûr jamais " qu’un peu d’indulgence envers soi " est acceptable quand il s’agit de viol, meurtre, maltraitance d’enfant ou d’autres formes d’exploitation humaine mais le soi-disant nommé " père du mouvement des droits des animaux " assure " qu’un peu d’indulgence envers soi " en participant en tant que consommateurs à l’abattage brutal de non-humains ne doit pas nous inquiéter.

    Il est acceptable (en réalité, attendu) d’être " fanatique " concernant la maltraitance des enfants ou envers d’autres formes d’exploitation humaine, mais Singer nous informe qu’il est admissible d’être flexible quand il s’agit des animaux.

    Un mouvement dont l’abolition est le but doit avoir le végétalisme comme ligne fondamentale de conduite et ne devrait pas promouvoir " la consommation avec compassion " comme ligne directrice.

    Nous devons être clairs.

    La " consommation avec compassion " est un mythe insidieux.

    Tous les produits animaux, y compris ceux portant la mention "élevage respectueux " délivrée par des organisations de protection animale, impliquent une brutalité indicible.

    La culture abolitionniste et végétalienne fournit des stratégies pratiques permettant de réduire à la fois la souffrance animale dès maintenant et de construire un mouvement à long terme qui obtiendra une législation significative sous la forme d’interdictions plutôt que de réglementations " humaines ".

    Cette culture comprend : les boycotts, les manifestations pacifiques, les programmes scolaires ainsi que d’autres actions non-violentes visant à informer le public sur les dimensions morales, environnementales et sanitaires du végétalisme.

    Si, à la fin des années 1980, au moment où la communauté de la protection animale aux Etats-Unis a décidé de poursuivre un ordre du jour mettant en avant la protection, une portion substantielle des ressources du mouvement s’était investie dans la culture végétalienne, il y aurait aujourd’hui des centaines de milliers de végétaliens en plus.

    C’est une estimation très conventionnelle étant donné les centaines de millions de dollars dépensés par les groupes de protection animale pour promouvoir des législations et des initiatives qui protègent les animaux.

    Le nombre accru de végétaliens diminuerait la souffrance en réduisant la demande de produits animaux plus efficacement que tous les " succès " des associations de protection rassemblées.

    Augmenter le nombre de végétaliens aiderait à construire une base économique et politique nécessaire à un changement social de fond duquel résulterait une modification légale.

    Etant donné que nous disposons d’un temps et de ressources financières limités, l’expansion de la protection animale traditionnelle n’est pas un choix rationnel ni efficace si nous recherchons l’abolition à long terme ou la réduction de la souffrance animale à court terme.

    Singer déclare qu’en réalité, " devenir végétalien est encore un trop grand pas pour la plupart de gens. " (dans The way we eat, 279)

    En laissant de côté le fait que les gens pourraient devenir végétaliens si Singer et les associations de protection animale ne leurs disaient pas qu’ils peuvent " consommer avec compassion ", la solution est le végétalisme et non pas les produits animaux " fabriqués humainement. "

    Par exemple, une campagne incitant à faire un repas végétalien par jour, puis deux et enfin trois est plus efficace que de les encourager à consommer de la viande, des œufs ou produits laitiers issus d’animaux " élevés en libre parcours. "

    Mais le message devrait être clair : le végétalisme est le principe de base d’un mouvement qui soutient l’abolition, ce n’est pas le cas de la " consommation avec compassion. "

    A ce moment précis, il est peu probable que les campagnes de réglementation ou de législation qui cherchent à dépasser la réforme traditionnelle de la protection seront un succès ; il n’existe aucune base politique soutenant de telles réformes car le mouvement organisé n’a pas essayé d’en construire une.

    Si les protecteurs des animaux souhaitent poursuivre de telles campagnes, elles devraient au moins inclure des interdictions et non pas des réglementations.

    Ces interdictions devraient reconnaître que les animaux ont des intérêts qui dépassent ceux qui doivent être protégés pour les exploiter et ne peuvent être compromis pour des motifs économiques.

    Les protecteurs des animaux ne devraient jamais proposer d’alternative, supposées plus " humaines ".

    Par exemple, une interdiction d’utiliser les animaux dans une expérience particulière est à favoriser par rapport à la substitution par une autre espèce.

    Je tiens à être clair sur le fait que je ne suis pas enclin à investir quelque ressource que ce soit dans les campagnes de réglementation ou de législation en ce moment.

    Le compromis politique requis résulte généralement en une éviscération du bénéfice recherché. Le mouvement abolitionniste devrait plutôt se concentrer sur le végétalisme, qui est une façon efficace et pratique de réduire l’exploitation animale.

    J’insiste sur une approche non-violente de la part de ce mouvement, tant au niveau des interactions individuelles qu’idéologiques.

    Comme je l’ai bien expliqué, le mouvement des droits des animaux devrait se voir comme la prochaine étape dans le progrès d’un mouvement pacifique, comme un mouvement qui fait monter le rejet de l’injustice d’un cran.

    Le problème de l’exploitation animale est compliqué et profondément enraciné dans notre culture patriarcale et notre dérangeante tolérance envers la violence contre ceux qui sont vulnérables. La violence n’est pas seulement problématique d’un point de vue moral, mais est également une stratégie pratique peu solide.

    Nous n’affronterons jamais le problème avec succès en l’abordant avec violence pour essayer de créer un mouvement social en faveur de l’abolition.

    Comme le disait le Mahatma Ghandi, la force la plus puissante que nous pouvons opposer à l’injustice n’est pas la violence mais le refus de coopérer.

    Il n’y a aucun moyen plus efficace pour refuser de coopérer avec l’exploitation des non humains que de l’éliminer de nos propres vies grâce au végétalisme et incitant les autres à le faire.

    Il est dérangeant de voir que PETA passe plus de temps à critiquer ceux qui s’opposent à l’approche de protection animale que ceux qui ne feront que marginaliser le problème animal en l’associant à la violence.

    Il est également dérangeant de voir à quel point PETA utilise le sexisme dans ses campagnes, brochures, et manifestations.

    Le spécisme est étroitement lié au sexisme et à d’autres formes de discrimination contre les humains.

    Tant que nous continuerons à traiter les femmes comme de la viande, nous continuerons à traiter les non-humains comme tels.

    Il est plus que temps que de vrais défenseurs des animaux informent PETA que son sexisme est destructeur et contre productif.

    5. De quel côté êtes-vous ? Bonne question

    Singer et Friedrich terminent leur essai en demandant : " De quel côté êtes-vous ? "

    Ils nous disent que les exploiteurs d’animaux sont tous opposés au bien-être animal et nous demandent si nous voulons être du côté de ces exploiteurs ou du côté de Singer et Friedrich, qui soutiennent le bien-être animal.

    Cette question pose problème à au moins deux égards.

    Elle suppose tout d’abord que si les exploiteurs d’animaux s’opposent au bien-être animal c’est probablement parce que ce bien-être est nuisible pour eux.

    C’est absurde et montre soit de la naïveté soit de la bêtise.

    Une industrie s’opposera à la réglementation même quand elle ne la conteste pas vraiment et même quand cette régulation peut s’avérer profitable.

    La modification fédérale en 1985 de l’Animal Welfare Act en est un exemple probant.

    Cette loi avait permis de créer des " comités de vigilance animale " pour surveiller les expériences impliquant des animaux.

    Ces comités n’ont pas seulement échoué à fournir toute limitation significative des expériences incluant des animaux, ils ont aussi isolé un peu plus la vivisection des examens publics qu’avant 1985.

    Les vivisecteurs se sont publiquement opposés à la modification de 1985 bien que nombre d’entre eux m’aient confié en privé que la modification était, du reste, peu nuisible à la pratique d’utiliser les animaux.

    Ils s’y sont opposés car ils sont contre le principe de toute réglementation gouvernementale dans ce domaine.

    Il serait difficile de trouver un vivisecteur qui dirait franchement que la modification de 1985 a fait quoi que ce soit pour réduire la vivisection et beaucoup d’entre eux sont à présent ravis de pouvoir dire au public qu’un comité passe en revue toutes les expériences incluant des animaux.

    De plus, Singer et Friedrich se trompent en affirmant qu’un grand nombre d’exploiteurs embrassent publiquement et ouvertement les réformes sur le bien-être applaudies par Singer et Friedrich.

    McDonald’s et d’autres les ont appliquées car ils comprennent que c’est là une bonne affaire. Ils ont effectué des changements minimes qui ont été plus que compensées par la belle publicité que leur ont faite d’importantes associations de protection animale.

    Un actionnaire de ces entreprises aurait raison de se plaindre s’ils n’avaient pas conclu cet " accord " avec PETA et d’autres organisations car il ne peut que maximiser la richesse de l’actionnaire.

    Généralement, je ne pense pas que des questions telles que " de quel côté êtes-vous " sont utiles mais je vais faire une exception dans ce cas et leur poser la même question.

    La voici :

    - Singer soutient que l’utilisation des animaux en soi ne pose pas de problème moral car la plupart des non humains n’ont aucun intérêt à continuer de vivre ;

    - Singer soutient que nous pouvons consommer des animaux de manière éthique ;

    - Singer considère qu’infliger des violences à des non humains est une manière acceptable de s’instruire sur l’exploitation animale ;

    - PETA tue (" euthanasie " n’est pas le mot approprié car il implique que la mort est donnée dans l’intérêt de l’animal) des milliers d’animaux sains car PETA semble partager le point de vue de Singer selon lequel les animaux n’ont aucun intérêt fondamental et moral à continuer de vivre. " Droits des animaux " signifie pour eux exécutions " humaines "

    - PETA soutient des campagnes embrassées par les entreprises exploitant des animaux et leur offre des récompenses.

    - PETA a complètement dénigré le mouvement des droits des animaux en transformant la question de leur exploitation en un énorme coup de pub et a fait du sexisme un thème récurrent de ses campagnes.

    Alors, de quel côté êtes-vous ?

    © Copyright 2006 by Gary L. Francione. Please do not reprint without permission. You may contact the author at : gfrancione@earthlink.net

    Une sélection de liens en complément à cet article :

    Abolition of Animal Exploitation : The Journey Will Not Begin While We Are Walking Backwards” (texte original en anglais
    “ANIMALS (LOST) IN TRANSLATION Animal Rights vs Animal Abuse “

    The Animal Rights Industry Reflections on the Exploitation of Nonhuman Suffering”

    Notes :

    [1] " Welfariste " est un terme dérivé de l’anglais " welfarist " et définit une idéologie axée sur le bien être des animaux et n’est pas incompatible avec leur exploitation. Le mot s’oppose à " abolitionniste ", axé sur l’abolition de l’exploitation des animaux sous quelque forme que ce soit. (N.d.T.).

    [2] Temple Grandin (née le 29 août 1947), Professeur de l’Université du Colorado est une spécialiste de renommée internationale en structures de stockage animalier (livestock en anglais).

    Propriétaire d’une entreprise de conseils sur les conditions d’élevage des animaux qui a fait d’elle une expert de renommée en conception d’équipements pour le bétail, Temple Grandin est également professeur en sciences animales de l’université de Fort Collins (Colorado)..

    [3] Méthode d’insensibilisation et d’immobilisation des animaux par passage d’un courant électrique dans le cerveau..

    [4] Whole Foods est la plus importante chaîne de magasins biologiques aux Etats-Unis.

    [5] L’utilitarisme est une doctrine éthique (dans le sens comportemental) qui pose en hypothèse que ce qui est " utile " est bon et que l’utilité peut être déterminée d’une manière rationnelle. Le père de cette philosophie est Jeremy Bentham.

    C’est cependant avec l’apport de John Stuart Mill que l’utilitarisme devient une philosophie véritablement élaborée. fr.wikipedia.org/wiki/Utilitarisme ∑ Principe selon lequel la valeur de toute chose est fonction de son utilité. www.samizdat.qc.ca/vc/theol/dict_rb.htm.

    [6] Le vocabulaire utilisé par Singer et Mason est largement plus vulgaire.

    [7] Relatif aux caractéristiques propres à chaque individu, qui le distinguent des autres et qui déterminent sa façon particulière de réagir à son milieu et aux agents extérieurs..

    [8] Vegan dans le texte original. Le mot commence à s’utiliser en français également. Cette définition implique le fait de refuser toute forme d’exploitation animale.

    http://www.veganimal.info/article.php3?id_article=548

  • Le Figaro : "Foie gras : débat sur la souffrance des canards"

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    YVES MISEREY

    Publié le 21 décembre 2006

    Les opposants au gavage contestent les résultats de travaux montrant l'absence d'hormone indicatrice de stress chez les canards.

    Un livre dénonce le fait que les recherches sur le bien-être des animaux gavés sont financées par la filière professionnelle.

     « AUCUN élément scientifique ne permet de dire que cette opération (le gavage, NDLR) est une source de mal-être animal. » Cette déclaration catégorique de Daniel Guéméné, chercheur à la station Inra (1) de ­recherches avicoles de Nouzilly, près de Tours, est reproduite sur la couverture d'un livre sorti le mois dernier sur le gavage et le foie gras (2). Juste au-dessus, on peut voir une photo de deux canards dans leur ­cage au moment du gavage : l'animal au premier plan a le bec grand ouvert, encore tout encollé de bouil­lie de maïs, il halète, tandis que l'autre au second plan a le bec maintenu ouvert sans ménagement par l'éleveur qui tient de l'autre main l'embuc, le long tube au bout duquel est fixé un entonnoir. Le message est clair. Les scientifiques de l'Inra ne voient pas la même chose que ce qui saute aux yeux d'une personne sensible : le gavage est un calvaire pour les canards.

    Mais le livre d'Antoine Comiti, militant de l'association Stop Gavage, ne se veut pas seulement un ­réquisitoire contre l'élevage intensif et la souffrance animale. L'auteur, qui est par ailleurs consultant en ­informatique médicale, émet de sérieux doutes sur l'indépendance des chercheurs de l'Inra travaillant sur le bien-être animal. En effet, leurs travaux sont en partie financés par le Cifog (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras) qui, comme toute filière digne de ce nom, ne vise qu'à développer sa production. Il y a donc, pour lui, un conflit d'intérêts évident quand on leur demande de produire des expertises sur la souffrance des canards gavés. On peut les suspecter de fournir les résultats attendus par les professionnels.  

    « J'aimerais que d'autres équipes dans le monde travaillent sur nos thématiques et puissent nous apporter la contradiction », explique Daniel Guéméné que nous avons rencontré dans son bureau de Nouzilly. « Nos études ont été publiées dans des revues à comité de lecture. Nous avons tout fait dans les règles. Les contrats de recherche que nous avons signés ont fait l'objet de publicité. Je suis tout prêt à accepter les financements de Stop Gavage. »

    Derrière cette controverse, c'est aussi la question du positionnement de l'Inra qui est soulevée. Depuis soixante ans, l'institut public a été au service du développement des filières agricoles, avec le succès que l'on connaît.  

    « Injonction contradictoire »

    Mais aujourd'hui, ces mêmes modèles qu'il a contribué à mettre en place sont remis en cause. La loi pour la recherche votée en mars 2006 fixe désormais un double rôle aux organismes de recherche publique : aider les acteurs économiques à innover mais produire aussi des expertises indépendantes. Il y a là une « injonction contradictoire », comme le reconnaît Rémi Barré, spécialiste de prospective pour la recherche. C'est justement ce que met en lumière le livre d'Antoine Comiti. La direction de l'Inra assure avoir déjà pris en considération ces problèmes. Un groupe de travail « Agri Bien-Être » ouvert à la société civile se réunit régulièrement et le comité d'éthique a réfléchi sur les cadres à donner aux différents partenariats de l'institut.

    La problématique de la souffrance animale fait depuis longtemps l'objet de nombreux débats en Europe du Nord et dans les pays anglo-saxons. Elle est encore émergente dans notre pays. Les professionnels de la filière foie gras se sont appuyés sur les travaux de l'Inra pour apporter la contradiction à un rapport d'experts de la Commission européenne qui, en 1998, avait condamné le gavage, estimant qu'il occasionnait des souffrances pour les canards. Au printemps dernier, Israël a décidé d'arrêter la production de foie gras pour ce motif. Cette année, des villes américaines comme Chicago ont décidé d'interdire la consommation de foie gras dans les restaurants. Daniel Guéméné est ­régulièrement sollicité pour présenter les résultats de ces travaux montrant l'absence d'hormone indica­trice de stress chez les canards lors du gavage. « Quand j'ai commencé à rechercher des indicateurs de stress chez les canards, j'ai été très surpris de ne rien trouver », se rappelle Daniel Guéméné.

    « La question est de savoir si ces indicateurs strictement biologiques suffisent à définir le bien-être d'un animal », s'interroge néanmoins Florence Burgat, directrice de recherche à l'Inra.

    (1) Institut national de recherche agronomique.

    (2) L'Inra au secours du foie gras, ­­ d'Antoine Comiti, éditions Sentience, 25 E.

    http://www.lefigaro.fr/sciences/20061221.FIG000000017_foie_gras_debat_sur_la_souffrance_des_canards.html

    * * *

    Vous en voulez encore ? 

    http://video. google.com/ videoplay? docid=5880879704 649702560

  • Foie gras : oui, le père Noël est une ordure

    medium_Gavage_torture.jpg

    "150 000 canards sacrifiés pour notre plaisir gourmand", titrait ce matin le journal Paris Normandie.

    Ainsi va l'humain, indifférent à tout ce qui n'est pas lui, et torturant l'animal pour son seul (bon) plaisir.

    ***

    Par l'intermédiaire du CIFOG (Comité Interprofessionnel des Palmipèdes à Foie Gras), la filière française du foie gras investit des moyens importants pour tenter de contrer le rapport scientifique de la Commission européenne de 1998 qui concluait au caractère préjudiciable du gavage pour le bien-être des oiseaux. Anticipant l'échec de cette stratégie, elle tente également de faire protéger le foie gras par une dérogation au titre d'exception culturelle aux lois sur la protection animale, sur le modèle de la torture tauromachique.

    Dans cette perspective, le CIFOG s'est adjoint les services d'une agence de communication dont la stratégie est claire : entourer le foie gras d'une aura de luxe et de magie, éviter méticuleusement toute référence au gavage et à l'animal. Ainsi, les porte-parole de la profession sont passés maîtres dans l'apaisement de la conscience des consommateurs, à grands renfort de fausses vérités et d'un lexique soigneusement choisi (sur son site, le CIFOG ne parle pas de gavage mais "d'alimentation progressive et contrôlée").

    Pour voir ce qu'endurent vraiment les oiseaux, regardez ces vidéos tournées en 2004 dans des salles de gavage en France. Si vous êtes journaliste, lisez ces quelques conseils avant de demander à visiter un bâtiment de gavage.

    Voici aussi quelques pages où vous trouverez de nombreux éléments sur la réalité de la production de foie gras. Le contraste avec le discours de la profession y est saisissant : on y parle des animaux et de ce qu'ils subissent. 

    http://www.stopgavage.com/verite.php 

    * * *

    Un extrait de l'émission "L'Arène de France" opposant les pro aux anti foie gras (on admirera une nouvelle fois l'incroyable arrogance et la bêtise de l'abruti de service en chef, j'ai nommé Jean-Claude Brialy) : http://www.youtube. com/watch? v=vG-1h9odd9o

    Un reportage de France 3 Pays de Loire est passé samedi 16 décembre suite à l'action que des militants ont organisée dans les rues de Nantes : http://www.youtube. com/watch? v=EGmgfomVqTM

  • LE LIVRE : L'INRA au secours du foie gras - Enquête sur une expertise publique sous contrôle de l'industrie

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    Antoine Comiti, avec la collaboration d'Estiva Reus, éditions Sentience, novembre 2006, 270 pages.

    Dans cet ouvrage, Stop Gavage révèle la subordination de la recherche publique aux intérêts des producteurs et demande que soient mises en œuvre les réformes nécessaires pour assurer l’intégrité de l’expertise en bien-être animal.

    Présentation (PDF, 591 Ko) - Sommaire - Chapitre 1 (PDF, 727 Ko)

    Se procurer L’INRA au secours du foie gras :

    PDF haute résolution (pour impression) : article (4,5 Mo); chapitre 1 (2,8 Mo)

    Alors que la contestation mondiale du gavage s’amplifie (cf. notre page « Actualité »), alors qu’un nombre croissant de pays interdisent la production de foie gras, alors qu’un rapport d’experts européens conclut que le gavage est préjudiciable aux oiseaux, les recherches menées à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) sous financement de l’industrie du foie gras aboutissent à une conclusion spectaculaire : aucun élément scientifique ne permet de dire que le gavage est source de mal-être animal !

    Depuis deux ans, Stop Gavage mène l’enquête, passant au crible les études des chercheurs de l’INRA qui concluent à l’innocuité du gavage. Ce travail de contre-expertise a révélé l’ampleur des biais méthodologiques et des données passées sous silence qui ont permis de produire ce résultat « scientifique » grâce auquel la filière du foie gras a obtenu qu’en France le gavage soit légitimé par la loi.

    Le résultat de cette enquête paraît aujourd’hui sous la forme d’un livre : Antoine Comiti, L’INRA au secours du foie gras – Enquête sur une expertise publique sous contrôle de l’industrie, Éditions Sentience, novembre 2006.

    On y apprend – sur l’exemple du foie gras et quelques autres – comment la recherche en bien-être animal est subordonnée aux intérêts des filières viande, avec l’appui du ministère de l’agriculture. L’ouvrage analyse les raisons structurelles conduisant à des expertises biaisées.

    Par la publication de cet ouvrage, Stop Gavage entend alimenter le débat citoyen sur la vocation de la recherche publique et obtenir que des réformes de fond soient entreprises afin d’assurer la probité des études scientifiques sur la condition des animaux dans les élevages.

    La question du bien-être animal doit échapper à l’emprise de ceux qui ont tout intérêt à ce qu’elle soit ignorée.

    2006-10-27 Lettre ouverte à Daniel Guémené, chercheur de l'INRA

    http://www.stopgavage.com/inra/index.php

  • L'Italie propose d'abolir l'expérimentation animale

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    Communiqué de presse - Paris. 18 décembre 2006

    Le mercredi 14 décembre dernier, le Palazzo Marini, à Rome, accueillait une conférence d'information sur la nécessité d'abandonner l'expérimentation animale et sur les engagements que le gouvernement italien a pris dans ce sens. En effet, le Programme de l'Union (présidée par Monsieur Romano Prodi) propose d'encourager la recherche ne faisant pas appel à l'expérimentation animale et d'abolir progressivement cette dernière (page 153 de ce Programme). Le ministre de l'Environnement, Monsieur Alfonso Pecoraro Scanio en personne, soutenait cet événement, a participé à la conférence de presse et a remis le Prix Pietro Croce, du nom de l'une des figures de l'opposition scientifique à l'expérimentation animale, Prix créé à cette occasion, en commémoration du récent décès de ce médecin chercheur.

    L'Italie sera-t-elle ainsi la pionnière en matière de recherche biomédicale véritablement scientifique ? De nombreux chercheurs admettent que l'expérimentation animale ait pu être utilisée "faute de mieux" mais démontrent que les résultats obtenus ne sont pas automatiquement transposables à l'homme. Au XXIe siècle, ces méthodes moyenâgeuses devraient donc être remplacées par les méthodes fiables, rapides et moins coûteuses mises au point dans les deux dernières décennies.

    L'initiative italienne est particulièrement pertinente à l'heure où le Parlement européen vient d'approuver le projet REACH qui propose d'évaluer la toxicité de plusieurs milliers de substances chimiques auxquelles nous pouvons être exposés. Il est regrettable que ce projet ait proposé seulement de "réduire" les tests sur les animaux, plutôt que de les "remplacer", alors même que l'un des responsables scientifiques de la Commission européenne déclare que les tests de toxicité sur les animaux sont "tout simplement de la mauvaise science". Qu'attendent les autorités concernées pour mettre la réglementation en conformité avec les possibilités techniques actuelles ?

    Claude Reiss, président d'Antidote Europe et ancien directeur de recherche au CNRS, était présent le 14 décembre à Rome, en compagnie de plusieurs chercheurs et médecins italiens et britanniques, opposés, pour des raisons scientifiques, à l'expérimentation animale, et oeuvrant pour une meilleure prévention en matière de santé humaine. L'événement était organisé par Equivita, l'un des partenaires européens d'Antidote Europe, et dont le président, Monsieur Gianni Tamino, est professeur de biologie à l'Université de Padoue et ancien député européen.

    Contact : Claude Reiss (33 (0)1 60 12 14 54) ; Fabrizia Pratesi (39 06 32 > 20 720) ; Hélène Sarraseca (33 (0)4 68 80 53 32)

    http://www.antidote -europe.org

    http://www.equivita .it

  • Les adultes végétariens auraient été des enfants intelligents

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    LONDRES (Reuters) 

    Les enfants dont le quotient intellectuel est élevé sont davantage susceptibles de devenir végétariens en grandissant, selon le résultats d'une enquête publiée sur internet par le British Medical Journal.

    Cette étude, réalisée sur plus de 8.000 hommes et femmes âgés de 30 ans dont le QI avait été mesuré quand ils avaient dix ans, montre que plus leur QI était élevé, plus grandes ont été leur chances de devenir ou de se dire végétarien à l'âge adulte.

    Pour chaque hausse de 15 points de QI, la probabilité de devenir végétarien augmente de 38%, affirme l'étude. Après ajustement pour tenir compte de facteurs comme la catégorie sociale et l'éducation, le lien demeure.

    Plus de 33% des hommes et des femmes de l'étude se décrivent comme végétariens mais disent manger de la viande blanche et du poisson.

    Seulement un peu plus de 4% sont de stricts végétariens et 2,5% sont végétaliens, c'est à dire qu'ils ne consomment aucun produit d'origine animale, que ce soient des oeufs ou des produits laitiers.

    Les conclusions de cette étude, affirme le Dr Catherine Gale, épidémiologiste à l'université de Southampton en Angleterre, vont dans le même sens que d'autres études montrant que les personnes qui sont plus intelligentes ont tendance à s'alimenter plus sainement et à faire davantage de sport.

    « Les végétariens ont tendance à avoir une tension moins forte, moins de cholestérol et ont un risque moindre de mourir de maladie cardiaques coronariennes », a ajouté le médecin.
     
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    http://www.latribun e.fr/info/ Les-adultes- vegetariens- auraient- ete-des-enfants- intelligents- ~-OFROE-GB- VEGERATIENS- ETUDE-20061215TX T-$Db=News/ News.nsf

  • Barcelone 2008 : fin des corridas !

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    Par un article publié le 15 décembre dans le journal "El Païs", confirmé hier par le journal "Libération", nous apprenons que les arènes de "La Monumental" qui continuaient encore à accueillir des corridas à Barcelone dans la mesure où une société privée bénéficiait d'un droit d'utilisation, seront transformées en 2008 en marché à ciel ouvert !

    En effet, la mairie de Barcelone qui s'était déclarée ville anti-corrida en avril 2004 ne subventionnait plus les spectacles de torture. "El Païs" nous apprend que la société qui gérait la deuxième arène d'Espagne depuis 1993 jette l'éponge en raison des pertes : 24 000 euros par corrida !!!

    Les dernier sondages montrent que 70% des Catalans sont pour l'abolition de la barbarie des arènes (source El Païs).

    Un message à faire passer à nos politiciens qui n'ont toujours pas compris que les Français du sud de la France étaient comme ceux du nord dans leur immense majorité : ils refusent l'horreur tauromachique.

    Jean-Pierre Garrigues

    Président du CRAC

    www.anticorrida.com

    * * *

     

    Barcelona to be left without bullfights dpa German Press Agency

    Published: Friday December 15, 2006

    Madrid- Spain's second-biggest city Barcelona will be left without bullfights from 2008 onwards, the daily El Pais reported Friday. The company managing the 93-year-old Monumental bullring will close it over financial losses of more than 24,000 euros (31,500 dollars) per bullfight.

    The region of Catalonia is known for its critical attitude towards the "national spectacle" the rest of Spain takes pride in, but the decision to close the bullring was taken by the company without interference from the city council, according to El Pais.

    Deputy Mayor Jordi Portabella wants to convert the bullring into an open-air market.

    The Barcelona city council adopted a motion expressing its opposition to bullfights in 2004. More than 20 Catalan municipalities have declared themselves "anti-bullfight," often closing their bullrings.

    Polls show that over 70 per cent of Catalans back the abolition of the spectacle, said Manuel Cases of the animal rights association Adda, which regards bullfights as torture.

    Catalonia's critical attitude towards bullfights has been attributed to its liberal culture. The region seeking increasing autonomy from Spain also tends to distance itself from things seen as typically Spanish.

    © 2006 dpa German Press Agency

    http://rawstory.com/news/2006/Barcelona_to_be_left_without_bullfi_12152006.html

  • Silence, on assassine

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    Pour les noctambules téléphages, l'émission Tracks diffusée par Arte offre un exact reflet de l'Occident moderne tel qu'il ne va plus, abonné aux "performances" et autres "expériences-limites" propres à l'art contemporain, et flanqué de la Déesse Perversion en guise de grande ordonnatrice.

     

    Ainsi apprenait-on hier soir la tenue d'une exposition de "porn art" (dans le vaste Néant il y a toujours de la place pour tout) à Pigalle, haut-lieu parisien qui voit chaque jour débarquer son lot de sous-hommes en mal de sensations fortes et de perversions en tout genre.

     

    Et la dignité humaine là-dedans ?

     

    Évacuée, au même titre que l'Art et la Beauté.

     

    Piétinée. Assassinée. Et sans aucun remords, avec délectation même. Avec férocité, avec jubilation. Et morgue. Et défi.

     

    Se battre, jusqu'à la mort, pour que l'homme ne s'avilisse pas, y compris contre sa volonté : telle doit être notre ambition et tel doit être notre devoir. 

     

    On a pu découvrir au cours de l'émission une "performeuse" québécoise dont je tairai le nom à dessein, jeune femme d'une vingtaine d'années en slip et soutien-gorge coiffée d'une tête de truie, des traces de sang partout sur le corps, faisant irruption parmi les visiteurs de l'exposition. Cette "artiste" réalise également des portraits d'elle-même, des photographies où on la voit, toujours avec sa tête de truie, en cage et tenant un long couteau de boucher.

     

    La chair est triste, décidément, alors qu'elle est pourtant si belle, une fois débarrassée des profanateurs et des scories qui la salissent, fruits hideux aussi bien du puritanisme que de la débauche (mais nous savons bien que les deux vont ensemble).

     

    Voilà, sans doute, tout ce qu'il faut haïr de la Modernité. Voilà tout ce qui, en elle, est dangereux et qu'il faut combattre, farouchement. Il est impératif de se dresser contre ceux qui veulent, en se réduisant, réduire l'humain à rien, à moins que rien.

     

    Impératif de faire barrage à ceux qui, en assassinant la dignité de l'homme, assassinent l'homme lui-même. 

  • Morad El Hattab

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    "Être en présence d’un animal me donne l'impression d'être confronté à l'absolu car sa nature instinctive recouvre les douleurs comme les jouissances d'un étrange chemin plein de révélations. S'ajoutent à ces résonances, une sorte de vibration interne où se mêle l'harmonie d’un Tout, d’un Universel qui me fait être au monde.
     
     
    Avec mon chat, je veille sur chaque heure de son sommeil. Une brise de rien du tout sur l'océan de vivre. Un grand tracas d'amour qui monte jusqu'aux étoiles. La voûte céleste se peuple alors d’étoiles dont la lumière palpite dans ses yeux clairs, poudre d’astres qui nimbe la nuit bleue d’une aura de mystère.
     
     
    J’aime voir et sentir la liberté de nos amis les animaux, car dans leur liberté, il y a le meilleur dont rêve chaque être humain en secret, une grandeur qui mène haut, là où justement le vertige n'est plus frayeur mais soif plus grande encore, où se noie la vérité au fond d’un puits d’insouciance.
     
     
    Mon engagement pour susciter l’amour et le désir d’émerveillement, frontière entre le visible et l'indiscernable, se situe parfois dans un bain de silence où sombre l’ombre d’un moment. Cette douceur que l’on éprouve à respecter la vie, toutes les vies, est ouverture sur l'intense et dans nos soupirs se nouent peut-être l'aventure accessible de l'être humain et du destin des animaux."
     
     
    Moral El Hattab 

    (écrivain, philosophe, conférencier international, lauréat du Prix littéraire pour la Paix et la Tolérance, auteur des Chroniques d’un buveur de lune publiées aux éditions Albin Michel. Membre d'honneur du CRAC, Comité radicalement anti-corrida)

     
    Ses positions font l'objet de grandes polémiques au sein des milieux musulmans et ne sont pas sans susciter l'intérêt des médias. Influencée par l'éthique du philosophe juif Emmanuel Lévinas, sa pensée est profondément ancrée dans le respect de la dignité humaine et la recherche de la vérité. Comme Chirine Ebadi, Morad El Hattab est musulman et témoigne de l'universalité de certaines valeurs dites "occidentales" depuis le 11 septembre 2001 - une certaine conception des Droits de l'Homme, un certain universalisme kantien... Très marqué par Auschwitz, il s'insurge des propos révisionnistes qui dédramatisent la Shoah et lutte activement contre l'antijudaïsme. Il est le porte-parole d'une partie de la communauté musulmane républicaine, intégrationniste et laïque qui prône, entre autres, l'interdiction du port du voile à l'école - comme Chahrdott Djavann, iranienne musulmane naturalisée française. Sa pensée universelle contrebalance largement le discours "islamiste" de Tariq Ramadan.
     
    http://www.evene.fr/celebre/
    biographie/morad-el-hattab-15178.php 

     

  • The Body Shop se laisse racheter par L'Oréal : traîtrise !

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    The Body Shop a toujours été le chouchou des défenseurs des animaux : lobbying sur les listes de discussion et forums pour demander aux "amis des animaux" d’acheter cette marque, distribution d’échantillons dans la rue au nom de la cause animale (sic !). Et les étudiantes qui distribuent des échantillons L’Oréal devant les supermarchés, elles le font peut-être pour la cause féminine, qui sait ?

    Mais le vendredi 17 mars 2006, un crime a été commis : le méchant L’Oréal a osé faire main basse sur le gentil Body Shop. Sacrilège ! Les associations de protection animale contre-attaquent en demandant à leurs militants de boycotter The Body Shop. Pourquoi avoir attendu 2006, alors que Body Shop existe depuis 30 ans et traîne de nombreuses casseroles ? Pourquoi combattre les tests cosmétiques et ne rien faire, voire approuver les tests médicaux ? Quelle crédibilité a donc ce boycott ?

    Qui est The Body Shop ?

    Version défenseurs des animaux : Une marque artisanale de cosmétiques qui sentent bon la fraise et la vanille et puis ils ne testent pas sur les animaux, eux, même que c’est marqué sur les flacons et que les associations animales demandent d’acheter cette marque.

    Version consommateurs avertis : C’est super cher, pour ce que c’est !

    Version écologistes et défenseurs des droits des indigènes :The Body Shop est un de ces groupes mondiaux qui surfent habilement sur le marketing "éthico-vert". il n’y a rien de mal à cela, sauf que cette société a été épinglée plusieurs fois pour tromper le consommateur sur le commerce équitable et écologique.

    Survival International, Greenpeace London, Jon Entine d’Ethical Corporation Magazine, Michael Johnson d’International Management magazine etc., ont dénoncé cette compagnie pour être contre les syndicats, rémunérer faiblement ses salariés, exploiter les peuples indigènes (les indiens Kayapo au brésil, les indiens Pueblo aux US, etc.), tromper les consommateurs avec des produits faussement naturels (mais vraiment pétrochimiques : sopropyl myristate, petrolatum, triethanolmine, formol etc.) et faussement "sans cruauté" envers les animaux (des ingrédients à base de sous-produits animaux provenant des abattoirs, des ingrédients qui ont été testés sur les animaux avant 1991 etc.).

    Pour en savoir plus, lisez les articles :

    The Queen of Bubble Bath

    THE BODY SHOP FILE : Beyond "Shattered Image"

    What’s wrong with The Body Shop - a criticism of ’green’ consumerism

    Qui est L’Oréal ?

    Version écologistes et défenseurs des animaux :L’Oréal c’est un peu le McDonald’s de la cosmétique. C’est le plus grand, le plus puissant, le plus arrogant, alors c’est plus fédérateur de s’attaquer à lui, comme c’est plus fédérateur de stigmatiser McDo plutôt que Quick.

    L’Oréal est particulièrement haï par les défenseurs des animaux (sauf l’association PETA qui n’a jamais rien trouvé à redire sur lui) car il teste les molécules de ses nouveaux ingrédients sur les animaux (comme virtuellement toutes les marques cosmétiques, c’est la loi). Et puis, il est surtout responsable d’avoir fait reculer la législation européenne sur l’arrêt des tests cosmétiques, date qui aurait dû être appliquée en 1998, puis repoussée en 2003 pour être finalement adoptée en 2009. Pour en savoir plus, lisez, Lobby de la France pour continuer les tests cosmétiques sur animaux

    Paradoxalement, L’Oréal est également leader dans le domaine des méthodes substitutives à l’expérimentation animale en cosmétologie. Cette compagnie a, par exemple, dans sa besace les brevets Episkin®, SkinChip®, SkinEthic®. Son centre parisien d’essais cliniques est très connu dans le milieu estudiantin pour recruter régulièrement des volontaires afin de tester leurs produits de soin et de maquillage moyennant rémunération (autour de 100 euros).

    Il est grand temps que L’Oréal montre l’exemple et se décide, une bonne fois pour toutes, de n’utiliser que des méthodes substitutives en toxicologie. Le choix est large : test de diffusion de l’agarose, microphysiomètre, etc. Pour en savoir plus, lisez Les alternatives aux tests de toxicité sur animaux

    Les associations de protection animale et les tests cosmétiques

    En France, quand les richissimes associations animales dénoncent la "vivisection", leur stratégie est de s’assurer un maximum de donations par des campagnes ultra consensuelles tournant quasi exclusivement sur les chiens et les tests cosmétiques. En effet, c’est plus facile de manipuler l’émotion du grand public avec les photos de chiens [1] plutôt que de rongeurs [2], et puis, les tests cosmétiques [3], qui est pour ? Personne ! Mais le son de cloche est différent quand il s’agit de "recherche médicale".

    Les discours clairs et cohérents basés sur l’abolition de toute forme d’expérimentation animale sont savamment évités, pour ne fâcher aucun (potentiel) donateur.

    Un exemple symptomatique est le cas Fondation 30 millions d’amis qui focalise son discours "anti-vivisection" sur les tests cosmétiques [4]. Dans son dossier "les horreurs de l’expérimentation animale" diffusé sur son site, la fondation écrit : "Notre priorité reste aujourd’hui d’interdire l’expérimentation animale en cosmétologie, persuadée que le développement de nouveaux produits de beauté n’est pas un objectif nécessaire et suffisamment important pour justifier l’utilisation et la mort de milliers d’animaux".

    Condamner les tests cosmétiques, parce que c’est "frivole, inutile, pas nécessaire, pas suffisamment important ... ", renforce toujours plus l’idée qu’il y aurait des raisons sérieuses, importantes et nécessaires d’utiliser, d’empoisonner et de tuer des animaux. Ce n’est pas avec ce genre d’attitude ambiguë que l’on conscientise et informe le grand public sur l’expérimentation animale. C’est donner raison aux partisans de la vivisection !

    La médaille de l’hypocrisie revient à l’association britannique Naturewatch dont l’objectif autoproclamé est de faire des campagnes contre la cruauté sur animaux (campaigning against animal cruelty). Depuis juin 2000, cette association organise une campagne de boycott contre L’Oréal. Rien d’étonnant donc qu’elle demande à ses sympathisants de boycotter The Body Shop puisqu’il appartient dorénavant à L’Oréal [5].

    Malheureusement, pour NatureWatch, seule compte la lutte contre "la cruauté sur animaux" avec les tests cosmétiques. En effet, celle-ci n’hésite pas à encourager l’expérimentation animale dans les autres domaines en faisant la promotion des 3 R (Raffiner, Remplacer et Réduire) sur son site [6]. Les 3 R permettent à tout vivisecteur lambda de continuer, la conscience tranquille et avec la bénédiction des associations animales, d’expérimenter sur les animaux. Pour en savoir plus sur les 3 R, lisez :

    Le chapitre : Les 3 R, un cadeau pour les vivisecteurs

    L’article : Aren’t the 3Rs ("Reduce, Refine and Replace") the best way to phase out animal experiments ?

    Deux exemples de discours cohérents au milieu du marasme de la protection animale :

    Kathy Archibald, consultante scientifique pour l’EFMA :"EFMA ne soutient qu’un seul R : Rayer (l’expérimentation animale). Une pratique scientifiquement sans valeur ne peut être remplacée par une " alternative ". La science dispose déjà d’une pléthore de méthodes plus efficaces (et non " alternatives " !) ".

    André Menache, consultant scientifique pour Animal Aid : " Ceux qui soutiennent les 3R promulguent la vue "obligatoirement malveillante" de l’expérimentation animale et prétendent qu’on ne peut l’abolir jusqu’à ce que toutes les expériences, qui existent par millions, soient remplacées par des "alternatives". Ce serait un processus sans fin. Les expérimentateurs sur animaux déclarent que chaque expérience doit être certifiée au cas par cas pour obtenir une valeur scientifique et une justification. Cependant, ils ne sont pas prêts à le faire ".

    L’arnaque du marketing "Produits non testés sur les animaux"

    Les sites StopVivisection.info et VegAnimal.info ne recommandent aucune liste de type "produits sans cruauté ou produits cosmétiques non testés sur animaux" diffusée par des associations de protection animale, à cause d’un manque de cohérence et de fiabilité.

    Avant tout, ces listes mentionnent des marques dont les produits renferment de nombreuses substances chimiques. Pour les "amis des animaux", sachez que ces substances chimiques empoisonnent beaucoup plus d’animaux dans la nature que les quelques milliers d’animaux en labo pour tester les cosmétiques. Alors, ne négligez pas l’impact de ces poisons sur la faune !

    De plus, si ces marques ont bien une charte de non-tests sur animaux (au même titre que Nike peut avoir une charte de non-fabrication de chez chaussures par des enfants), elles ne peuvent pas garantir (mais ne font qu’affirmer sans qu’il n’y ait de travail d’investigation de la part des associations pour vérifier) que tous leurs fournisseurs n’aient jamais eu recours à l’expérimentation animale sur leurs ingrédients.

    Voici une analyse intéressante de la marque LUSH sur le marketing éthico-animal :

    « Il y a des sociétés de cosmétiques bien connues qui se conforment à tous les standards des organisations contre la cruauté et qui continuent à acheter des ingrédients à des sociétés qui font des tests sur les animaux. 

    Comment ? Voici quelques exemples :

    Les sociétés de cosmétiques peuvent acheter des ingrédients qui ne sont pas testés sur des animaux chez un fournisseur qui continue à tester d’autres ingrédients sur des animaux.

    Les sociétés de cosmétiques peuvent, tout en respectant les conseils donnés par des organisations contre la cruauté, utiliser des ingrédients qui ne sont pas testés pour leur utilisation dans les cosmétiques mais qui le sont pour leur utilisation dans les aliments. Prenons par exemple les colorants. Les couleurs doivent être re-testées si une société alimentaire veut augmenter la quantité qu’elle utilise. Pourquoi se donner la peine ? Sûrement nous devrions plutôt lutter pour réduire les niveaux d’ingrédients artificiels dans les aliments au lieu de l’utiliser comme une justification pour faire des tests sur les animaux.

    L’argent que vous dépensez sur des cosmétiques qui portent le signe officiel contre la cruauté pourrait peut-être utilisé pour les tests sur les animaux. »

    Commentaires de Franck Schrafstetter (ancien directeur de campagnes de l’association One Voice) : " Les listes de produits " sans cruauté ou non testés sur animaux " diffusées par des associations animales ne présentent qu’une fiabilité trop partielle, du fait qu’il n’y a pas d’audit. L’entreprise n’a aucun intérêt à financer un tel audit indépendant - la demande de produits non testés n’étant pas suffisamment significative - et les associations n’ont pas les moyens nécessaires. Par conséquent tout est une question d’honnêteté de l’entreprise qui elle-même doit être sûr de l’honnêteté des fournisseurs qui eux-mêmes... Bref, il y a tant de fournisseurs d’ingrédients dans tant de pays du monde que la traçabilité devient complexe... la confiance ne suffit plus, d’autant que certains considèrent ne pas tester parce que ne testant pas sous la réglementation des produits cosmétiques, mais sous celle des produits chimiques ! Nuance des mots, qui ne change rien aux faits sur les animaux. Et que penser de firmes qui apparaissent sur des listes non testés, mais qui apparaissent sur les listes rouge d’association écologiques, car contenant des produits particulièrement nocifs ? Faut-il une fois de plus séparer le combat pour la sauvegarde de la nature, de celui de l’homme et de l’animal ? Je crois que l’achat le plus fiable est celui de produits naturels - bio. Si la garantie n’est pas totale, elle est optimum, car exempt de nombreux produits de synthèse obligatoirement testés sur animaux, elle représente, à mon avis, la meilleure alternative pour la nature et la santé humaine. "

    Notes :

    [1] 21 000 chiens ont été utilisés au sein de l’UE pour l’année 2002.

    [2] Plus de 8 millions de rongeurs ont été utilisés au sein de l’UE pour l’année 2002.

    [3] 2 691 animaux ont été utilisés pour des tests cosmétiques au sein de l’UE en 2002.

    [4] Encore une stratégie marketing qui ne fâche personne et remplit le tiroir-caisse sans traiter en profondeur l’expérimentation animale : dans la rubrique "pétition contre l’expérimentation animale", la fondation 30 millions d’amis propose un pétition "DITES NON A L’EXPÉRIMENTATION ANIMALE POUR LES PRODUITS DE BEAUTÉ ". Super inutile comme pétition mais tellement consensuelle !

    [5] L’article publié dans The Guardian concernant l’appel au boycott de Body Shop par NatureWatch : Activists call Body Shop boycott.

    [6] " Naturewatch is strongly in favour of the 3Rs, as we believe that it provides a viable framework by which the use of animals in research may be improved and ultimately phased out ". Pour accéder à la rubrique 3 R du site de NatureWatch, cliquez ICI.

    http://www.stopvivisection.info/article.php3?id_article=131

  • "La grande tribu des hommes petits : retour sur le meurtre de Sohane Benziane" (Méryl Pinque)

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    LA GRANDE TRIBU DES HOMMES PETITS :

    retour sur le meurtre de Sohane Benziane

     

    « Vos femmes sont pour vous un champ de labour : allez à votre champ comme vous le voudrez. » (II, 223)

    «  Les hommes sont supérieurs aux femmes [...]. Vous réprimanderez celles dont vous avez à craindre la désobéissance ; vous les relèguerez dans des lits à part, vous les battrez. » (IV, 38)

    « Abaissez un voile sur leur visage. » (XXXIII, 57)

    Le Coran


    « Le poil est une trace, un marqueur, un symbole. De notre passé d'homme des cavernes, de notre bestialité, de notre virilité. De la différence des sexes. Il nous rappelle que la virilité va de pair avec la violence, que l'homme est un prédateur sexuel, un conquérant. »

    Éric Zemmour


    « Ben quoi, ils ont juste cramé une fille. »

    Un jeune des cités


    « La "proclamation phallique" est un signe de désarroi, d'anxiété et d'incertitude. Alors que toutes les valeurs s'effondrent, jouir est une certitude qui vous reste. [...] Plus l'intelligence se sent impuissante à résoudre et à s'imposer, et plus le coït devient l’ersatz de solution. »

    Romain Gary

     

    Le 5 octobre 2002, un jeune homme aux mains calcinées se présentait aux portes de l’hôpital Pitié-Salpêtrière.

    Parmi les infirmières de garde présentes ce jour-là, il en fut une, admirablement perspicace, qui ne tarda pas à établir le rapprochement entre ce patient et le criminel dont toute la presse parlait depuis vingt-quatre heures, qui se serait brûlé la veille en immolant - banal plaisir tôt voué au frelatage, le point d’inévitabilité éjaculatoire étant sans cesse différé sous l’action conjuguée de la pornographie et de l’ultraviolence omniprésentes - une jeune fille dans un local à poubelles de Vitry-sur-Seine.

    Ayant fourni son signalement à la police, l’infirmière fut accusée de délation par sa hiérarchie et sommée de comparaître devant le Conseil de service pour non respect du secret professionnel.

    Le jour même où Sohane Benziane fut brûlée vive, un autre crime, raciste celui-là, avait lieu à Dunkerque, mobilisant cette fois l’ensemble de la classe politique.

    Les « délateurs » furent, ici, chaudement félicités. Quant à notre infirmière, elle s’en sortit sans autre dommage, mais cette anecdote reste emblématique du malaise national.

    Ainsi la France condamna-t-elle, unanime, Joël Damman, le meurtrier de Mohamed Meghara, fauché, comme Sohane, en pleine jeunesse, à dix-sept ans.

    Rien de plus normal, dira-t-on, que cette saine réaction devant l’abject.

    L’on était cependant en droit d’attendre, au nom de nos beaux principes républicains, de notre attachement viscéral au Bien, de notre foi inébranlable en notre insurpassable espèce, laquelle, n’en doutons pas, finira par triompher d’elle-même et renaître de ses cendres puisque, selon l’unique formule sacrée ornant les frontispices de nos cités, elle le vaut bien, au moins autant de vert courroux, de fraternelle communion, de franc sursaut civilisateur de la part de ces nobles âmes en révolte, de ces vigilances du cœur armé, de ces chœurs pathétiques si prompts à s’émouvoir, face au meurtrier de Sohane, j’ai nommé Jamal Derrar, alias « Nono », digne fleuron de certaine mâle jeunesse des quartiers dont on attend tout désormais, y compris qu’ils nous consument, qu’ils revirilisent, ensemencent et peuplent la France à venir d’un même puissant et solide coup de reins.

    Nono, un homme un vrai, le sauveur de ces messieurs en débandade, le messie zemmourien, que l’on ne saurait élire tout à fait mais sur lequel on louche, quand même, avec envie, dans nos solitudes d’homoncules frustrés, parce que ce sera toujours, bêtement, de pouvoir qu’il s’agira.

    Nono, qui savait se faire respecter des femmes forcément inférieures, là-bas, sur les rivages des banlieues proches et lointaines, aussi magnifiques, barbares et fascinantes que les jungles d’émeraude de Kurtz, à la force du vit, de l’allumette et du poing.

    Nono, la résurgence d’un très vieux fantasme, un rêve de pierre, de sperme et de sang, un berserk ressuscité poussé à l’ombre des barres grises, un mec qui avait « des couilles » enfin, puisque tout semble se réduire à ça.

    Bref, un dur, qui détenait peut-être, allez savoir, intact, le principe de cette virilité fabuleuse toujours-déjà menacée, sans cesse à prouver, à reconduire, à valider en un mouvement perpétuel de surenchère, jusqu’à remettre au goût du jour de vieux usages perdus, par exemple, la condamnation des femmes au bûcher[1].

    Nono, ou l’islam au secours du mâle occidental. Foi de Malek Chebel :

    « Je suis toujours surpris par la force de conviction des chrétiens convertis à l’islam. Qu’est-ce qu’ils y trouvent ? Une virilité et une sécurité qu’il n’y a plus dans le christianisme[2]. »

    Mais cela, pour qui maîtrise son sujet – et je me targue de le connaître assez bien - n’est hélas qu’évidence.

    Et Sohane dans tout cela ?

    Le spectacle qu’offrit la France au lendemain du drame est éloquent.

    Robert Badinter, d’abord, qui ne trouva rien de mieux que d’opérer devant Alain Duhamel une gradation abjecte des meurtres qui venaient d’être commis (mais il faut dire qu’il est, avec Élisabeth déroutée[3], à bonne école), jugeant, après avoir évoqué l’assassinat de la jeune fille, « plus important encore » le crime raciste, sans seulement voir, puisque enfin l’on est tenu désormais d’ajouter quelque épithète consacrée, qu’il faut encore mettre celle-ci partout, et qualifier donc le meurtre de Sohane de sexiste, comme le souligna avec force l’avocat général  Jean-Paul Content.

    Jean-Pierre Raffarin, ensuite, alors Premier ministre, auteur d’un vibrant hommage à la mémoire du jeune Meghara suivi d’une minute de silence à la mosquée de Dunkerque, pendant que Sarkozy réunissait autour de lui les principaux représentants de la communauté musulmane.

    C’est en vain que l’on attendit, pour Sohane, pareil déploiement de sympathie.

    Le petit monde médiatique enfin, qui ne s’en sortit pas mieux : un journal télévisé de l’époque consacra dix minutes à l’agression du maire de Paris[4], cinq à Meghara, trente secondes à Benziane.

    Certes, et c’est terrible à dire, la valeur d’une femme reste toujours moindre que la valeur d’un homme, y compris dans notre bel Occident démocratique pétri de principes humanisants.

    « Ce n’est rien, ce n’est qu’une femme qui se noie », pouvait écrire ainsi La Fontaine, dont l’amende honorable (« ce sexe vaut bien que nous le regrettions, puisqu'il fait notre joie ») fleure plus encore cette misogynie bon teint qui s’épanouit partout.

    Les plus grands esprits, lorsqu’ils se mettent à parler des femmes, ou, pis, de la femme, en bien ou en mal d’ailleurs, comme s’il s’agissait de quelque espèce à part, vile ou idéale, à la lisière de l’humanité toujours, où l’une serait peu ou prou la copie conforme de l’autre (il est vrai que Pygmalion fabrique Galatée à la chaîne), excepté quelques différences anatomiques extensivement détaillées, deviennent ces non-esprits creux, vulgaires et radoteurs, ces parfaits clones dénués du plus petit atome d’intelligence, condamnés aux poncifs, aux théorèmes vaseux et aux plaisanteries de caserne.

    Pourtant ces matamores pathétiques, qui ont aujourd’hui pour nom Eric Zemmour ou Alain Soral (je ne cite que les plus médiatiques d’entre eux) sont sûrs de remporter, comme hier, tous les suffrages.

    Zemmour. Soral.

    Les mâles alpha.

    Les frères ennemis.

    Nos glorieux hommes de demain.

    La particule et l’antiparticule élémentaires, dont j’attends avec quelle impatience qu’elles s’autodétruisent lors de ces Ragnarök ultimes que l’Occident féminisé ne leur permet plus de mener, sinon le long des pages ineptes du Figaro Madame, des méandres de leurs cervelles délirantes et des tréfonds abyssaux de la sitosphère.

    De fameux agitateurs ma foi, de fiers brasseurs de bière surie, des amateurs de pissat d’âne bâté dont la vertu ne dépasse seulement pas le demi-nanomètre carré.

    Des lutteurs de foire dûment récompensés, parions-le, par trois douzaines de houris pour services rendus à la Virilité chancelante.

    Comparer le féminisme au totalitarisme, quel flair et quelle bravoure.

    Hitler et Staline doivent s’en frotter les mains, à l’heure qu’il est.

    Ainsi que tous les Derrar de la terre, et l’on sait combien ils sont nombreux.

    N’en doutons plus : le devoir de mémoire est bel et bien passé à la trappe, avec quelques autres principes substantiels, et la reductio ad hitlerum n’est donc plus seulement l’apanage de la gauche boboïsante.

    Rien ne semble devoir effrayer ces cuistres passés maîtres dans l'art de la forfaiture et du raccourci médiatique dès qu’ils abordent, la peur au bas-ventre, le dossier femmes, et surtout pas le ridicule, s’égosillant comme coqs en déroute sur leurs tas de fientes androestampillées, forts d’une souveraineté que je qualifierais, puisque je n’ai jamais dédaigné d’employer quelque mot rare, fût-ce pour qualifier l’ordinaire, d’achondroplasique.

    C’est contre de telles mauvaises fois, qui partout pullulent, que les meilleures volontés finissent toujours par buter, et qui s’avance les bras chargés de roses doit s’attendre à s’en voir fouetter le visage avec les épines, à rendre compte de chaque bonté exactement, perlée, fourbie par l’âme.

    La force, c’est de ne point lâcher les roses et de continuer sa route, mais en ayant désormais, fichée au coin du cœur, la conscience de son échec à créer des liens avec et entre les hommes.

    On ne pacifie pas tout un monde en guerre simplement parce que, brave petit soldat, on a décidé un jour de passer outre et de croire à nouveau, de tendre la main à l’ennemi imbécile, après l’avoir combattu, dans un pieux désir de fraternité.

    Seulement il est bien vrai que nous sommes seule à désirer la paix, que nous n’avons qu’une seule enfance et que le monde meurt avec elle.

    Etrange impression que la mienne, tandis que je rédige ces lignes, celle de me soustraire une seconde fois, de retourner à ma vie fantomatique et comme superposée, au lieu que j’avais désiré renaître par la grâce d’une enfance seconde, luxueuse et illusoire, et de même qu’il n’y a point tout à fait de hasard en ce monde, de même les idées s’enchaînant les unes aux autres finissent-elles par trouver leur cohérence et leur lieu d’élection.

    Me voici donc apparemment aussi éloignée de mon sujet que l’austère Sedna du soleil, et cependant je me trouve aussi proche du soleil qu’on peut l’être, puisque la vérité a toujours le tragique éclat du feu.

    Aussi vois-je, aggravés encore par la parfaite lucidité du soir, les hommes franchir les arceaux du temps avec le même front débile, et cette odieuse constance, autrement dit cet arrêt au cœur même du mouvement apparent, est bien le signe de quelque damnation irrémédiable.

    C’est néanmoins désespérément sereine (et cela confirme la ténuité de ma présence) que je referme cette courte parenthèse incandescente, et que je m’en vais poser une seconde explication à l’odieuse hiérarchie des meurtres à l’œuvre.

    Il faut y voir, bien sûr, l’influence pernicieuse de la tribu dominante des petits hommes (mais les petits hommes ne sont-ils pas partout ?) et de leurs innombrables sacculines régnant en maîtres et censeurs sur la parole vraie, condamnée dès lors à l’in-pace ainsi que ceux qui la profèrent, qui adjoignent à force de sentences moralisatrices de relativiser tout crime dont l’auteur est un jeune habitant des cités, reléguant le principe de responsabilité dans quelque obscur cul-de-basse-fosse, quand « être homme, c’est précisément être responsable[5] ».

    La France multiculturaliste, pétrie de jésuitisme et de naïveté fausse, est atteinte d’un haut mal : le déni du réel, entraînant à son tour l’euphémisme généralisé.

    C’est ainsi qu’un crime devient une incivilité, qu’un homicide volontaire se transmue, au mieux, comme dans l’affaire qui nous occupe, en « actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner », au pire en fait divers.

    C’est ainsi que, doucement, l’on donne raison au pire, et qu’après les voitures, on laisse brûler les femmes, sans que cela génère autre chose que de lénitifs rapports dans les médias, lesquels, comme l’AFP, prennent soin de ne pas mentionner la religion des assassins, alors que l’islam et sa haine des femmes sont précisément au cœur de telles affaires[6].

    On ouvre des tribunes aux barbares parce qu’on préfère perdre du terrain que d’affronter la réalité en face.

    Et l’on sait où mène ce genre d’aveuglement volontaire : à ce pire, justement, dont personne ne veut, à cette entière récupération du problème par une certaine droite extrême dénuée de toute subtilité.

    Tant que nous nous dissimulerons la vérité pour mieux continuer de dormir dans le meilleur des mondes possibles, ceux d’en face en profiteront pour aller toujours plus loin.

    De même que nous souffrons du syndrome du colonisateur, les banlieues souffrent du complexe du colonisé.

    Ce sont là deux folies parallèles, qui sont la folie même de la France.

    On objectera que Derrar, le 8 avril dernier, écopa de vingt-cinq années de réclusion pour son acte abominable, soit sensiblement la même peine que Joël Damman.

    Certes, mais outre que ce n’est point là cette perpétuité absolue que pareil crime eût méritée, ce fut bien le vent de la peur qui souffla sur la France au lendemain du drame.

    Il parut alors plus prudent, plus stratégique, plus politiquement correct à la classe dirigeante de mettre l’accent sur l’affaire Meghara, puisque enfin, disons-le tout net, le meurtrier avait pour prénom Joël et non Jamal, au risque, conscient, soupesé, accepté, de relativiser l’affaire Benziane, afin d’éviter tout nouvel incident - euphémisme cher à l’époque - dans des banlieues toujours à cran.

    Preuve supplémentaire, s’il était besoin, les trois années de patience qu’il fallut à la famille et aux associations féministes pour obtenir du maire (communiste) de Vitry qu’une stèle soit érigée à la mémoire de la victime.

    Une stèle qui sera profanée, non pas une, non pas deux, mais plusieurs fois, avec l’odieuse régularité d’une horloge, sans que cela soulève d’indignation particulière.

    Le mot d’ordre, ensuite, fut de ne point transformer Derrar en bouc émissaire.

    Aussi ce dernier n’a-t-il, à en croire la Cour, jamais eu l’intention d’assassiner Sohane.

    Seulement, à moins que ce jeune homme – dont personne ne doutera de la démoniaque candeur - ignorât tout encore des vertus combustibles de l’essence, que peut-on bien vouloir faire avec un briquet allumé près d’une fille préalablement arrosée d’un semblable liquide ?

    Parler avec elle ?

    Mais peut-être est-ce la nouvelle façon de faire la cour aux femmes, dans les banlieues, auquel cas nous serions, n’en déplaise aux cuistres, en pleine hypervirilisation française.

    Chaque homme tue ce qu’il aime, c’est bien connu.

    Le mal à l’œuvre, dans cette affaire, était autant dans le local à ordures, dansant son rituel de mort un briquet à la main, que partout autour.

    Il était autant en Derrar qu’en Tony Rocca, 23 ans, alias « Pyro » en référence à son amour des engins explosifs, un amour qui lui valut la perte de deux doigts et, détail touchant, d’un testicule.

    Rocca, petite frappe au nom tout droit sorti du ghetto italien d’East Harlem, qui maintint la porte du local fermée afin que l’autre puisse tranquillement achever son « truc de ouf » (sic) et qui, contrairement à Derrar, ne baissa nullement la tête lors du procès, mais ne cessa d’adresser des clins d’œil à sa bande.

    Le mal était en chacun de ces imbéciles hurlants, acéphales, qui, lors de la reconstitution du meurtre certain 25 mars 2003, et avec le lyrisme qu’on leur connaît, acclamèrent les bourreaux aux cris de « Pyro, Nono, on vous aime », « Nono poto pour toujours », « Nono à jamais », ou encore (légère variante) : « T'inquiète pas, on va pas t'oublier ».

    Le mal était enfin du côté de tous ceux qui ne dirent rien.

    Détail surréaliste : le sacrifice de Sohane eut lieu cité « Balzac ».

    C’est donc là-bas que nous n’oublierons pas que la France fut grande - littérairement parlant - et qu’elle donna au monde des noms illustres dont elle ne fait plus rien, jusqu’à les recycler dans des barres d’immeubles où croît l’engeance violente qui va définitivement la mettre à bas.

    Jamal Derrar, comme tous ses frères, grandit dans le mépris de l’autre sexe.

    Un mépris savamment distillé par la culture islamique (l’islam n’est-il pas « la religion masculine par excellence », dixit Chebel ?) et, indirectement, la société française, y compris par ceux qui s’érigent en sauveurs des valeurs occidentales tout en pactisant avec l’ennemi sur le dos des femmes : il est vrai que ce mépris-là reste la chose la mieux partagée du monde.

    Derrar reçut donc une éducation machiste avalisée par deux Frances pourtant farouchement antagonistes, et ces Frances-là, qui se donnent mutuellement les leçons de morale qu’elles n’appliquent pas elles-mêmes, ont le sang de Sohane sur les mains.

    J’attends, pour ma part, l’avènement d’une troisième France, une France éthique qui obéirait enfin à ses principes républicains.

    De cet éternel défaut de civilisation Sohane a payé le prix fort, elle qui mourut autant de fois qu’on salit sa mémoire.

    Qu’on s’en souvienne, lorsqu’un jour nos pas nous mèneront à Vitry-sur-Seine, et qu’alors nous foulerons le gazon pauvre qui entoure la stèle commémorative, pas très loin de cet anonyme et sinistre bâtiment « H » où mourut la jeune fille.

    Qu’on s’en souvienne, lorsque des fleurs cent fois profanées surgira la voix suppliciée, et qu’elle demandera : « Comment ce pays a-t-elle pu laisser pareille chose advenir ? »

    Que Zemmour, Soral et tous les petits hommes qui leur ressemblent s’en souviennent, au crépuscule de leur vie, s’ils sont jamais capables du moindre honneur.

    Quant à votre serviteur, elle s’en va tranquillement reprendre, après quelque candeur délibérée où elle avait posé ce si léger fardeau à ses pieds, ses vieilles hardes de misanthrope (je n’écris point misandre), abandonnant à la place quelque autre faix plus lourd qu’elle avait cru pouvoir supporter, le temps d’une confiance, parce qu’il faut bien parfois faire halte et boire, réinventer ce monde en le rêvant, bref, croire à la vertu des dialogues transversaux, même s’ils échouent toujours, pour rejoindre son propre chemin d’étoiles et de poussière, des brassées de roses entrenouées aux veines, et les yeux grands ouverts.


    Méryl Pinque (2006)

     


    [1] La dernière « sorcière » fut brûlée en terre d’Occident en 1695.

    [2] Le Point, 22 septembre 2005.

    [3] Élisabeth Badinter commit en 2003 Fausse route, piètre livre tissé d’incohérences volontaires, dénué parfaitement de rigueur analytique, monument de mauvaise foi mâtinée de malveillance à l’égard d’un féminisme qu’elle dénature pour mieux l’invalider.

    [4] On se souvient que Delanoë reçut un coup de couteau lors de la très festivissime « Nuit blanche » du 5 au 6 octobre.

    [5] Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes.

    [6] « Une jeune femme a été hospitalisée dans un état jugé très sérieux dimanche après avoir été brûlée vive par son ancien ami à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), a rapporté la police lundi. Selon les premiers éléments de l’enquête de la brigade criminelle, la jeune femme, âgée d’une vingtaine d’années, a été aspergée d’essence par le suspect dans une rue non loin de chez elle. Il a mis le feu et pris la fuite se brûlant au bras, selon des témoins. Le suspect, qui a agi par ‘dépit amoureux’, a été identifié et devait être interpellé ‘sans délai’, selon la source. La jeune femme a été admise à l’hôpital dans un état jugé très grave, a-t-on indiqué lundi. » AFP, 14 novembre 2005.

    La jeune femme en question est bien sûr Shéhérazade, 18 ans, brûlée vive le 13 novembre 2005 par un Pakistanais dont elle avait refusé les avances.

    On admirera avec quel art consommé le journaliste « noie le poisson », transmuant un meurtre sexiste en banale querelle amoureuse.

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  • JIDA : 9-10 décembre 2006

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      La 9e édition de la Journée Internationale pour les Droits des Animaux (JIDA) aura lieu dans exactement deux semaines, le week-end du 9 et 10 décembre 2006.

    Il n'est pas trop tard pour vous engager.

    Par ailleurs, un site dédié à cette campagne vient d'être lancé : http://journee- internationale- droits-animaux. org/.

    Vous y trouverez toutes les informations utiles pour vous engager dans cette campagne.

    15 villes se sont déjà engagées. Pourquoi pas la vôtre ?

    Le cas échéant, merci de fournir aussi des détails sur cette action afin de permettre à ceux qui souhaiteraient vous rejoindre localement de s'organiser en conséquence.

    Si vous souhaitez participer, merci d'indiquer le nombre de tracts JIDA que vous voulez recevoir. Voir la rubrique Supports militants du site.

    Merci de votre aide pour promouvoir les droits des animaux en France.

    International Campaigns

    * Journée Internationale pour les Droits des Animaux : week-end du 09 et 10 décembre 2006 : www.journee- internationale- droits-animaux. org

  • Téléthon : torture, paillettes et pompe à fric

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     POUR NE PLUS JAMAIS VOIR ÇA :

    Vivisection : un médecin zurichois part en croisade contre le Téléthon

    Le Dr Anderegg souhaitait lancer une campagne d'affichage en Suisse romande pour dissuader la population de soutenir la célèbre manifestatoion. Pour lui, l'expérimentation est cruelle et inutile pour lutter contre la myopathie. 

    Reportage TSR ici : http://www.tsr.ch/tsr/index.html?searchStr...;searchNow=true

    TOUS UNIS CONTRE LE TELETHON !

    Toujours plus d'animaux utilisés, martyrisés et sacrifiés dans les laboratoires

    « Les statistiques du gouvernement britannique publiées jeudi 8 décembre 2005 indiquent une augmentation pour la douzième année consécutive du nombre d'animaux sacrifiés dans les laboratoires britanniques. Selon ces chiffres, en 2004, 2 778 692 animaux ont été soumis à des expériences officiellement considérées comme source potentielle de douleur, de souffrance, de détresse ou de dommage durable. Ce qui représente une augmentation de 57 093 animaux, soit + 2,1%, par rapport à 2003. » (Source Uncaged Campaigns

    Au Royaume-Uni, au moins, les chiffres sont régulièrement actualisés et font l'objet d'une publication officielle (pdf de + de 100 pages).

    En France, c'est le Blackout. Pourquoi... ?

    http://www.international-campaigns.org/ic/supports_militants/etats_d_arme.htm

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  • Solidarité avec les activistes pour les droits des animaux

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    LUTTONS CONTRE LA CRIMINALISATION ET LA GUERRE AUX MOUVEMENTS DISSIDENTS !

    LE 7 DECEMBRE 2006, ORGANISEZ DANS VOTRE VILLE UN ÉVÉNEMENT DE SOUTIEN ET DE SOLIDARITÉ CONTRE LA RÉPRESSION QUE SUBISSENT LES ACTIVISTES ÉCOLOGISTES ET DES DROITS DES ANIMAUX AUX ÉTATS-UNIS.

    AUX USA COMME ICI, NON A LA CRIMINALISATION DES DISSIDENT(E)S !

    Il y a un an, le 7 décembre 2005 commençait aux USA une série d'arrestations dans le cadre de l'opération "retour de flamme". Celle-ci vise les activistes écologistes états-uniens, en particulier ceux soupçonnés d'appartenir aux mouvements "Earth Liberation" ("Libération de la Terre") et "Animal Liberation Front" (Front de Libération des Animaux), accusés de... "terrorisme" .

    Cette accusation, absurde, n'a pourtant rien d'étonnant : depuis le 11 septembre 2001, le gouvernement des USA utilise couramment le qualificatif de "terroriste" pour disqualifier ses adversaires et promulguer des lois liberticides, restreignant abusivement les droits civils et politiques de la population. Peu importent les doctrines, peu importent les modes d'action : tout écart à la pensée dominante est assimilé à une sorte de folie fanatique et meurtrière, avec comme unique réponse, la violence tout aussi arbitraire de l'Etat. Nous assistons à la mise en place d'un état d'exception (détentions arbitraires, écoutes illégales, etc.) pour surveiller et museler toute opposition éventuelle au système, grâce notamment au Patriot Act. Les mouvements de libération animale ont, eux aussi, eu "leur" loi : "l'Animal Enterprise Terrorism Act" (AETA, loi sur le "terrorisme envers les entreprises utilisant des animaux").

    Après la "chasse aux rouges" du maccarthysme, l'heure est à la "chasse aux verts" : cette loi permet d'attaquer toute association exprimant des points de vue qui pourraient permettre ou justifier des actions contre les entreprises liées aux animaux, des restaurants aux entreprises pratiquant la vivisection. Toute structure, même légale, pacifique ou pacifiste, mais écologiste, peut désormais être accusée de terrorisme. Grâce à cette loi, le gouvernement a déjà condamné des organisateurs de la campagne "Stop Huntingdon Animal Cruelty (SHAC)" qui, pour avoir lancé un site web informant sur les pratiques de cette entreprise faisant des tests sur les animaux, purgent actuellement des peines d'emprisonnement allant jusqu'à 6 ans de détention. D'autres personnes sont actuellement détenues sur la base d'allégations "achetées" par le gouvernement auprès d'une "activiste repentie" : la délation est devenue un marché juteux.

    Mais le gouvernement des USA n'est pas seul en cause : en Europe aussi, les dirigeants mènent une offensive en règle contre tous les mouvements dissidents, écologistes compris. En Grande-Bretagne, l' « Animal Liberation Front » est là aussi considéré comme entreprise terroriste. En France, ses militants sont harcelés depuis une vingtaine d'année. [...] Ici aussi, les écologistes figurent en bonne place parmi les cibles de l'Etat. Combien de faucheurs volontaires matraqués, attaqués et condamnés, juste pour avoir réclamé l'ouverture d'un débat public sur les OGM ?... Combien d'utilisateurs attaqués, combien de livres interdits pour avoir parlé du purin d'ortie, engrais naturel désormais interdit car faisant une "concurrence déloyale" aux engrais chimiques produits par les multinationales de l'agroalimentaire ?

    Un tel acharnement contre les écologistes et alternatifs de tous poils est logique : dénonçant la destruction de l'écosystème et l'exploitation animale, ils remettent en cause le système social et économique en place. La "catastrophe écologique" en cours n'a d'autre cause que la logique productiviste du capitalisme et son cortège d'oppressions fondées sur la propriété, des biens de productions, des capitaux, des ressources naturelles et sur l'exploitation des humains et des animaux. C'est précisément cette logique de domination par la possession et l'exploitation qu'attaquent les dissidents écologistes en affirmant la responsabilité de chacun à l'égard de son environnement, la nécessité d'établir des rapports libres, égaux et solidaires avec celui-ci. Notre rapport à la nature n'est jamais que le reflet de nos rapports humains : le changement sera global ou ne sera pas.

    Ni chasse aux rouges, ni chasse aux verts.

    Nous ne serons pas le gibier du capitalisme !

    Le 7 décembre 2006, journée internationale de solidarité avec les écologistes et défenseurs des animaux états-uniens incarcérés !

    Départ pour l'action à 19H00, métro opéra au centre de la place. Ponctualité exigée.

    Contact : greenscare.org / greenscare@mutualai d.org

    Collectif Antispéciste de Paris, Scalp-Reflex / No Pasaran Le 7 décembre 2006, un jour international de solidarité avec les inculpés, détenus et prisonniers politiques de la nouvelle « chasse aux verts ».

    * * *

    Le terme « chasse aux verts » se rapporte aux « chasses aux rouges » du début du vingtième siècle, rendues ensuite célèbres par les auditions de McCarthy et de la commission sur les activités antiaméricaines de la Chambre des Représentants. La chasse aux verts montre la même criminalisation systématique de la dissidence, avec un gouvernement des États-Unis d´Amérique qui emploie tous les moyens possibles (jurys de mise en accusation, législation spécialisée, rémunération d´agents provocateurs) pour viser les mouvements radicaux de protection de l´environnement et des droits des animaux, ceux qui les soutiennent publiquement, et tous ceux qui luttent pour un écosystème sain et diversifié.

    Le 7 décembre 2005, le FBI a fait ses premières arrestations dans le cadre de l´opération "retour de flamme" visant les activistes prétendus de « libération de la terre » et du « front de libération des animaux » avec comme motifs d´inculpation : conspiration, incendie criminel ; les menaçant de la prison à vie.

    Par ailleurs, le gouvernement a déjà condamné des organisateurs de la campagne « Stop Huntingdon Animal Cruelty (SHAC) », une campagne qui a finalement permis d´écarter Huntingdon du marché boursier et le désinvestissement de centaines de leurs clients et investisseurs. Les 7 du SHAC purgent actuellement jusqu'à 6 ans de prison pour avoir violé la loi sur le « terrorisme envers les entreprises utilisant des animaux». Le sénat des USA a voté l'Animal Enterprise Terrorism Act (AETA), qui permet d'attaquer "légalement" toute association exprimant des points de vue qui pourraient permettre ou justifier des actions contre les entreprises liées aux animaux (des restaurants à la vivisection). Toute structure légale, pacifique ou pacifiste, pourra être accusée de terrorisme. En lançant un site web, les 7 de Huntingdon sont accusés d’avoir conspiré afin de causer des dommages financiers à une compagnie pratiquant des tests sur les animaux.

    À Sacramento, Eric McDavid attend en prison et à l´isolement d´être jugé et risque jusqu'à 20 ans de prison pour le crime allégué de conspiration en vue de la destruction par explosif ou par le feu d´antenne téléphonique, d´usine de production d´énergie ou d´installation militaire. Cette accusation repose sur le témoignage d´une « activiste » rémunérée 75 000 $ par le gouvernement. En 2001, Jeff Luers a été condamné pour avoir endommagé 3 véhicules utilitaires qui depuis ont été réparés et vendus. Il purge actuellement sa 6ème année sur les 22 ans et 8 mois de sa peine.

    Cette année, le 7 décembre, des gens, partout dans le monde, vont organiser et participer à des événements pour informer le public à propos de la chasse aux verts et pour montrer leur solidarité avec ceux qui sont visés par elle. Merci d´organiser un événement dans votre secteur pour soutenir les inculpés de la chasse aux verts et les prisonniers politiques. Quelques idées pour des événements : projections de film, soirées d’écriture de lettres aux prisonniers, rassemblements de soutien et collectes de fonds, expositions ou festivals de musique. Pour obtenir d´autres idées ou de l'appui, veuillez aller sur le site GreenScare.org.

    Rappelez-vous que tout ce que vous faites pour soutenir les personnes qui sont visées par les poursuites devront être LÉGALES, et ce dans leur intérêt. Beaucoup sont en instance de jugement ou dans un processus d'appel ; veuillez ne pas organiser quelque chose qui pourrait compromettre leurs cas.

    Si vous organisez des événements spécifiques à certains des individus visés, veuillez contacter directement SVP leurs comités de soutien avant d'organiser des rassemblements ou des collectes de fonds. Vous pouvez trouver leurs contacts sur le site GreenScare.org.

    Faites-nous savoir quels événements vous avez projeté d’organiser par email à greenscare@mutualai d.org.

    http://GreenScare. org 

    ***

    (L'auteure de ce blog tient à souligner qu'il ne s'agit en aucun cas de dénoncer une nouvelle fois les États-Unis à travers la publication de ce texte. Est ici visée seulement une décision du gouvernement américain.)

  • Bardot remercie le président de la République de Slovénie Janez Drnovšek pour son végétarisme

    Paris, le 1er décembre 2006

    Monsieur le Président,

    Je viens de lire votre interview, parue en France dans la revue « Végétariens Magazine », et je tiens à vous témoigner toute ma reconnaissance, mais aussi mon émotion car vos paroles m’ont touchée. Elles sont la preuve qu’un homme politique, du plus haut rang, peut se comporter… en être humain !

    Cela peut sembler normal, voire élémentaire, mais cette qualité est malheureusement en voie de disparition chez les « grands » qui nous gouvernent.

    Savoir que le Président de l’un des Etats membres de l’Union européenne est végétarien, qu’il s’oppose à l’expérimentation animale, à la chasse, à l’élevage intensif et aux transports d’animaux vers l’abattoir est plus qu’un réconfort, c’est un espoir.

    L’espoir qu’un jour l’homme saura respecter la nature qui l’a créé et les animaux qui sont un élément vital de cet équilibre si fragile.

    Vous avez raison de dénoncer les scandaleuses subventions accordées par l’Union européenne aux élevages intensifs car la Politique Agricole Commune devrait encourager une production respectueuse des espèces et des habitats en favorisant les élevages extensifs avec parcours libres pour les animaux.

    Ce n’est ni utopique ni impossible, il suffit simplement de considérer l’animal pour ce qu’il est : un être vivant, sensible. Dès lors, nous n’avons moralement pas le droit de traiter l’animal comme une vulgaire marchandise.

    L’économie ne doit pas tout guider et l’Europe n’a pas à s’aligner sur les pays qui ne respectent pas les animaux, qui ne respectent rien, au nom d’une rentabilité qui broie tout, à commencer par l’homme et les valeurs qu’il est censé incarner.

    Ici, en France, nous subissons actuellement une campagne électorale qui brille par sa médiocrité. Si seulement nous avions un candidat qui soit un Janez Drnovšek, ne serait-ce que son ombre… alors, c’est certain, le monde deviendrait très vite moins insupportable !

    Je vous embrasse de tout cœur et vous assure de toute ma considération.

    Brigitte Bardot

    ***

    Brigitte Bardot salue "l'humanité" de Janez Drnovsek, seul président végétarien de l'UE

    (Source : Associated Press le 02/12/2006 - 14:33)

     Brigitte Bardot a pris sa plus belle plume vendredi pour adresser une missive de louanges au président slovène Janez Drnovsek, à qui elle tient à témoigner toute sa reconnaissance, se réjouissant "qu'un homme politique, du plus haut rang, puisse se comporter en être humain".

    « Je tiens à vous témoigner toute ma reconnaissance, mais aussi mon émotion car vos paroles m'ont touchée », écrit B.B., en référence à un entretien du président slovène paru dans Végétarien magazine. « Savoir que le Président de l'un des États membres de l'UE est végétarien, qu'il s'oppose à l'expérimentation animale, à la chasse, à l'élevage intensif et aux transports des animaux vers les abattoirs est plus qu'un réconfort, c'est un espoir », poursuit-elle.

    « Ce n'est ni utopique ni impossible, il suffit simplement de considérer l'animal pour ce qu'il est : un être vivant », rappelle la présidente de la Fondation Brigitte Bardot, louant la politique tournée en faveur du respect animal menée par le président slovène. Ce dernier a par exemple « dénoncé les scandaleuses subventions accordées par l'UE aux élevages intensifs » alors que « la PAC devrait encourager une production respectueuse des espèces et des habitants en favorisant les élevages extensifs avec parcours libres pour les animaux », détaille B.B.

    Et d'enfoncer le clou : « Si seulement nous avions un candidat qui soit un Janez Drnovsek, ne serait-ce que son ombre », ajoute-t-elle, égratignant au passage la campagne électorale présidentielle française, qui « brille par sa médiocrité », avant de conclure sa missive en « embrassant de tout cœur » le président slovène.

    Élu en 2002, Janez Drnovsek, 57 ans, est connu pour avoir complètement modifié son mode de vie ces dernières années en devenant entre autre végétarien. AP

    http://clubobs.nouvelobs.com/article/2006/12/02/20061202.FAP8572.xml

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  • Action "Sang des Bêtes"

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    Samedi 2 décembre 2006 à Paris : le sang a coulé

    Vidéo de l'action parisienne ici : http://www.dailymot ion.com/video/xqryi_sang- des-betes

    En France et en Espagne, des activistes ont déversé du faux sang pour dénoncer l’exploitation des animaux. Cette action internationale entend rendre visible le massacre de plus de 50 milliards d’animaux chaque année dans le monde (1), tués pour notre seul plaisir. Leur seul tort est d’appartenir à une autre espèce : c’est du spécisme.

    Les actions « Sang des Bêtes » ont lieu tous les ans depuis 2003. Elles se dérouleront simultanément cette année à Madrid, Rennes, Paris, Bordeaux, Lyon et Besançon.

    « L’action consiste à déverser du faux sang dans une rue passante pour dénoncer l’abattage des animaux pour la consommation de viande et de poissons. Un tract explicitement antispéciste est distribué aux passants.

    Ces actions sont non-violentes. Le but n’est pas d’agresser mais bien de fournir des informations et des idées. Elles sont ouvertes à toute personne végétarienne souhaitant s’en revendiquer. Le discours à tenir est explicitement antispéciste, centré sur les animaux et condamnant la consommation de viande et de poissons. Les actions durent environ une heure et nécessitent peu de préparation (on peut facilement l’organiser à 3 ou 4 personnes).

    Pour plus d’informations : http://animauzine. net/recherche. php3?recherche= sang+des+ b%EAtes

    Besançon :

    Ce samedi 2 décembre 2006 à 14H45 à Besançon nous étions sept militants réunis à l'angle de la rue des Granges, près de la Place de la Révolution. Nous avons déversé du faux sang dans cette rue abondamment fréquentée et avons installé deux panneaux informatifs. Nous portions autour du cou des pancartes portant les slogans suivants : "Viande = meurtre", "Viande = abattoir = horreur", mais également la définition du spécisme et des principes de l'antispécisme ainsi que la photo d'un veau avec un slogan choc. Nous nous sommes déployés de façon à pouvoir cerner les passants. Au total, six cents tracts (deux cents "Noël sans sang" et quatre cents "Sang des bêtes") ont été distribués. Nous avons rencontré des personnes végétariennes, d'autres intéressées sont venues nous parler, certaines ont été étonnées, voire choquées en voyant le faux sang, d'autres encore n'étaient pas d'accord avec nous et restaient plus au moins sur leur position. Nous n'avons pas vu un seul policier. Peut-être est-ce dû au fait que nous avions prévenu les commerçants à propos de ce que nous allions faire. L'action a duré 1h30, de 14h45 à 16h15, en grande partie sous la pluie. Nous avons récolté quelques adresses internétiques de personnes intéressées. Nous sommes plus que satisfaits de cette journée : pour une première à Besançon, l'action est réussie et nous pensons qu'elle a eu un réel impact sur les gens.

    Bordeaux :

    Dans le cadre de l'action "Sang des bêtes", nous avons tenu une table de presse place Saint-Projet. Comme il n'y a pas encore sur Bordeaux d'actions régulières contre le spécisme, nous avons préféré faire une action déclarée que déverser du faux sang. D'autre part, le même jour, PeTA organisait une action "Barquette humaine" à quelques mètres de là, ce qui a donné une certaine cohérence aux deux actions. Nous avons tenu notre table de 10h30 à 14h30, dans un endroit passant de la ville. Nous avons eu des échanges intéressants et pris quelques contacts avec des personnes motivées pour effectuer des actions ou obtenir des informations.

    http://egalite. animale.free. fr/

    Lyon :

    Samedi 2 décembre à 15h, nous étions sept, rue de la République (grande artère lyonnaise, rue piétonne) à participer à l'action "Sang des bêtes". Nous avons effectué une mise en scène : une vache en carton (qui contenait un bidon de faux sang) était tenue par deux militantes tandis qu'un autre parlait au mégaphone pour attirer l'attention :

    "Mesdames et messieurs, vous allez assister à un spectacle. Je voudrais vous raconter l'histoire de Marguerite :

    "Moi, Marguerite, je vivais heureuse dans un pré sans me demander pourquoi

    Un jour, on est venu me chercher

    On m'a obligée à monter dans un camion

    Comme je ne voulais pas, on m'a donné des coups

    Puis on m'a emmenée dans un endroit que je ne connaissais pas

    Deux hommes sont arrivés

    Et j'ai senti la lame me déchirer la gorge (sang déversé à ce moment)

    Je n'ai pas su pourquoi."

    Ce spectacle est dédié aux trois millions d'animaux massacrés chaque jour dans les abattoirs français, pour notre simple plaisir gustatif, etc. (tirade sur le spécisme)."

    Alors que le faux sang coulait de la vache, nous en avons encore répandu afin qu'une mare se forme au milieu de la rue. Ainsi les passants étaient-ils forcés de la contourner (ou de marcher dedans, mais ils n'en avaient guère envie).

    Lorsque le sang de la vache s'est complètement tari, nous l'avons laissée au milieu, devant la mare de sang, avec un panneau « agriculture = torture, élevage = esclavage, viande = torture et meurtre ».

    Les passants comprirent semble-t-il les enjeux de l'action beaucoup mieux que les années précédentes. Nous avions mis une dose de colorant suffisamment forte pour que le faux sang tienne bien. Au bout de 3/4 d'heure, trois policiers en civil sont arrivés, nous ont demandé d'arrêter, ont effectué un contrôle d'identité (seulement des militants qui s'étaient approchés d'eux, il était facile de ne pas s'y soumettre en s'éloignant) ; ils se sont montrés plutôt compréhensifs, une d'entre elle précisant qu'elle comprenait mais devait faire son travail. Nous avons promis de nettoyer, ce que nous avons fait très consciencieusement, à l'aide d'un bidon d'eau que nous avions apporté.

    Un mot sur les réactions (habituelles) des passants : choqués au début, puis outrés, certains manifestant tout de même de la sympathie. Grâce à la vache, au panneau et surtout au mégaphone, il était très facile pour eux de comprendre de quoi il s'agissait. De plus, nous avions changé le tract. Sur une face était inscrit :

    « Le spécisme : 60 milliards de morts par an.

    Egorgés. Tous. Un à un.

    60 milliards. »

    Les tracts retombés laissaient visible le mot "spécisme". Certains militants portaient des panneaux autour du cou ornés des slogans suivants : "spécisme = racisme", "Quand vous arrêterez d'acheter, on arrêtera de tuer", "Halte à la boucherie".

    Bilan positif : nous n'avons pas envie d'attendre l'an prochain pour recommencer !

    Quelques photos + tract : http://www.animauzi ne.net/Compte- rendu-de- l-action- sang-des. html  

    Vidéos : http://www.dailymot ion.com/video/ xqptd_imgp0098

    http://www.dailymot ion.com/video/ xqpuw_action- antispeciste- a-lyon

    http://www.dailymot ion.com/video/ xqpr9_imgp0088  

    Contact : lyon-sdb2006@ no-log.org

    Paris :

    L’action s’est déroulée dans le quartier des Halles. Une douzaine de militants s’étaient déplacés.

    Nous étions en train de déverser les 26 litres de faux sang lorsqu’une patrouille de police est arrivée. À force de parlementer (« Il s'agit d'une action non-violente pour dénoncer la consommation de viande et des poissons. Le liquide est du faux sang qui se nettoie avec de l’eau. Oui, nous nettoierons », etc., ils ont laissé l’action se poursuivre.

    Nous nous trouvions sur une place, devant la sortie d’un métro. Trois  personnes étaient immobiles et chacune portait un masque d’animal et deux panneaux (une photo, un slogan « viande = meurtre » ou « non au spécisme ») afin de dénoncer symboliquement l’exploitation et le meurtre de plus de 50 milliards d’animaux (et d'un nombre incalculable de poissons) par an dans le monde pour leur chair. C’était également pour nous, en plus du faux sang, un moyen d’être visibles.

    Le reste des activistes portaient un panneau et distribuaient des tracts. Nous avons noté que plusieurs personnes se sont dites végétariennes.

    Malgré quelques encouragements, nous avons cependant eu droit au lot habituel d’indifférence, de « les humains d’abord », « j’aime trop la viande », etc.

    Le but principal était d’être visibles, de rester le plus longtemps possible sur place et d’arriver à discuter avec quelques personnes.

    Presque deux heures après le début de l’action nous avons dû ranger nos affaires, comme convenu avec les policiers.

    Nous avons nettoyé un peu la place en déversant de l’eau pour laisser ensuite la voirie faire le reste du travail.

    Mais ce n’était pas fini ! Une dizaine d'entre nous avons ensuite improvisé une petite manifestation avec les masques d’animaux et les pancartes, distribuant des tracts jusqu’à Saint-Michel. Étant donné le très haute fréquentation de ces deux quartiers (a fortiori un samedi après-midi), de nombreux passants ont pu voir notre message.

    L’action s’est finalement bien passée : pas de problème, pas d’incident. Nous sommes motivés pour organiser à nouveau cette action et ne pas attendre un an pour le faire.

    Une trentaine de photos : http://pelagus. myphotoalbum. com/view_ album.php? set_albumName= album18

    Le collectif « Sang des Bêtes »

    Contact : sangdesbetes. paris@no- log.org

    *** 

    (1) Nombre d’animaux tués pour la consommation de viande uniquement. Les poissons, comptabilisés en tonnes, ne sont pas comptés.