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Planète Terre - Page 9

  • Démographie : la vraie vérité qui dérange (Michel Tarrier)

    http://americanlivewire.com/wp-content/uploads/2012/04/Overpopulation.jpg

    Vivre moins nombreux pour que tout le monde puisse tout simplement vivre.

    Tout pacte écologique devrait sous-tendre l’idée d’un pacte antinataliste.

    Homo sapiens est la pire espèce invasive.

    Tant que la flore et la faune poursuivront leur rythme effréné d’extinction conférée, toute création supplémentaire d'un d'entre nous reste injustifiable.

    Il faut quelque chose de plus qu’un couple pour faire un enfant, il faut au moins une Planète viable.

    Pour un ami de la Terre, toute abstinence à la procréation humaine, toute pénurie des naissances sont reçues comme de bonnes nouvelles.

    Sans peur ni reproche du métissage, le renouvellement des générations des pays développés devra se faire par les immigrants.

    Mais si vous estimez que nous n’avons aucune responsabilité ni vis-à-vis des 11 millions d’enfants qui meurent chaque année avant d’atteindre leur cinquième anniversaire, ni à l’endroit des espèces végétales et animales qui disparaissent à la vitesse grand V, que notre reproduction n’est pas excessive ou en tout cas acquittée de telles accusations, alors oui, faites encore et encore des enfants.

    Mais faites vite !

    Certaines vérités ne dérangent plus parce qu’avec le temps elles sont devenues des tabous de Polichinelle.

    Parmi celles qui dérangent encore et vraiment, qui mettent mal à l’aise et gênent aux entournures, figure l’ineffable choix antinataliste.

    Contrairement à toute logique, la décroissance démographique reste un problème épineux, un énorme tabou qui n’ose pas dire son nom, un scandale qui provoque tous les courroux !

    C’est à peine si on peut l’ouvrir à propos de la décroissance économique !

    Suggérer de modérer la démographie d’un Monde en proie à la surpopulation semble relever de l’outrage, de l’infamie, tant le thème appartient à la langue de bois.

    C’est du domaine de l’indicible, personne ne veut entendre que nous ne devons plus faire autant de petits.

    Notre Monde est passé de 250 millions à quasiment 6,7 milliards d’habitants depuis l’an 1 de l’ère chrétienne, notre sacro-sainte référence.

    En augmentant de 4 milliards, la population planétaire a triplé depuis 1950.

    Stop, ou encore ?

    On nous donne la preuve par neuf que la Planète ne pourra pas nourrir 9 milliards de Terriens en 2050 ou 17 milliards en 2100, mais en cyniques populationnistes nous voulons continuer à nous multiplier pour atteindre ces 9 ou 17 milliards de Terriens en 2050 et en 2100 !

    Et l’on s’inquiète même des nations qui, en Europe, ne montrent plus la même ardeur à procréer !

    Une démographie exponentielle adjointe d’un développement économique infini dans un Monde fini, aux ressources non renouvelables pour l’essentiel, en tout cas ne se régénérant pas au rythme de notre folle croissance, telle est l’effarante formule à laquelle nous sommes ancrés.

    Nous feignons d’ignorer la finitude d’un Monde dans laquelle notre multitude puise allègrement et sans relâche.

    Nous n’avons nul besoin d’une descendance qui ne recevra en héritage que des lambeaux et des restes.

    Il y aura toujours suffisamment de candidats pour perpétrer un minimum d’humanité.

    Je lance un appel au bon sens, au nom des goujats que nous sommes et qui avons tout zigouillé.

    Seront-elles donc un jour bonnes à proclamer ces quatre vérités sur le lapinisme humain ?

    Probablement, mais trop tard.

    Pour l’immédiat, nous en sommes au secourisme et voir mourir l’humain est insupportable, inhumain.

    C’est peut-être pourquoi il faudrait dissuader l’humain de trop faire d’autres humains.

    Ce qui ne nous est nullement insupportable, par contre, c’est voir souffrir et mourir les autres espèces, et notamment nos « mammifères », sacrifiés pour servir et nourrir la cause humaine.

    Il n’y a pour ainsi dire pas de fraternité interspécifique positive (commensalisme, mutualisme, symbiose…), mais strictement négatives (prédation, parasitisme, pathogénie, antibiose…).

    C’est aussi dans cet égoïsme écologique, dans cette couverture outrancièrement tirée à nous, que réside l’une des raisons majeures du grand déclin annoncé.

    Malheur à ceux qui ne savent pas partager !

    Parce qu’on le sait maintenant, il sera inutile de patienter 4 milliards d’années pour que le soleil dysfonctionne.

    D'ici là, l'homme n’aura pas été remplacé par un surhomme mais par une mouche.

    Ou bien la vie en tant que telle aura fatalement disparu du fait de nos géniales erreurs.

    Sauver la Planète se résume à une seule et double option : choisir entre l’homme et Gaïa, en cherchant à désamorcer la bombe démographique.

    Comme nous n’avons pas d’autre alternative à la Planète bleue, que nous ne pouvons donc ni déménager, ni la recharger, le choix est vite fait.

    La bombe démographique est pour la biosphère la pire arme de dissuasion massive. Elle stigmatise le chaos manifeste.

    Nous souffrons d’un manque incurable de discernement écologique et nous voulons satisfaire des exigences anthropocentristes immodérées.

    Ces erreurs sont pour l’essentiel l’héritage des religions créationnistes ayant placé, selon le dogme, la Nature à la discrétion illimitée de l’homme.

    Les considérations démographiques ont donc toujours été perçues dans un concept d’intérêts purement économiques et nombrilistes, strictement repliés sur la famille ou le pays, de préférence dans une compétitivité cocardière entre nations.

    Même le contrôle des naissances n’avait été pensé que dans l’intérêt du genre humain et non de celui légitime de la Planète et des espèces compagnes.

    Comme si nous étions déconnectés de la Terre, comme si nous vivions sur une île ou un archipel, ou mieux dit dans une arène, sur un ring ou sur un nuage.

    C’est un truisme que d’énoncer que la Terre n’est pas extensible.

    Le surpeuplement humain est un vrai calvaire pour la planète.

    L’avenir ne nous commande plus l’expansion, mais la récession sous forme de décroissance natale (et économique !).

    Quelques générations vouées à seulement un enfant par femme, voire assurer un soutien financier aux couples qui n’enfanteraient pas, serait le programme d’une politique courageuse et écoconsciente.

    On préfère l’option populiste des allocations familiales, gratification sociale crée en France après l’hécatombe de 1918, augmenter la mort a toujours historiquement augmenté la natalité…

    Au troisième millénaire de notre transit terrestre, de telles prestations doivent être aperçues comme obsolètes, caduques, surannées, relevant presque du rétro ou du kitch, mais qui viennent d’être tout récemment et étrangement instauré en Espagne, comme si l’Espagne n’était pas solidaire d’une Europe lucide et d’une Planète malade de l’espèce humaine.

    Posséder une famille nombreuse est un délit environnemental, une grave atteinte à la Planète et à l’avenir commun.

    On peut régler le sort de l’homme, non seulement en lui apprenant techniquement à contrôler ses naissances, mais surtout en le persuadant de le faire par éthique écologique et planétaire.

    Question de conscience.

    Dénoncer l’hyper capitalisme intégré comme généalogie du saccage et de l'administration de la rareté ne suffit pas, les institutions doivent planifier à l’échelle mondiale la soutenabilité des activités humaines par une sage équation du binôme population et environnement.

    La société occidentale consomme à l’excès des ressources naturelles dont elle n’est pas détentrice et qu’elle extorque aux nations qu’elle domine tyranniquement.

    Nous sommes ainsi débiteurs par rapport aux contrées dont les citoyens exploitent beaucoup moins, comme c’est le cas d’un Indien, d’un Vietnamien, d’un Péruvien ou d’un Soudanais.

    Pour continuer à vivre sur les modes adoptés, un Français nécessite 3 planètes, un Américain quasiment 6, ce qui projette un besoin moyen de 2 planètes pour un Terrien.

    Belle leçon de solidarité planétaire quand on constate qu’Américain s’octroie un droit de ponction 100 fois supérieur à un Afghan.

    Difficile ensuite pour un Occidental de s’arroger le droit de donner des leçons de morale dans des pays écologiquement éreintés par notre faute, ou de tenter imposer un apartheid climatique comme ce fut le cas lors de la conférence de Bali.

    Un nouveau-né monégasque usurpera sa vie entière sa part amazonienne ou groenlandaise sans jamais poser un pied ni en Amazonie, ni au Groenland, on l’a compris.

    Mais naître en Amazonie ou en Australie présente le méfait potentiel de menacer directement une biodiversité encore vive et remarquable.

    C’est pourquoi les populations des contrées naturelles présentent le risque rapproché d’une pression plus dommageable encore.

    On fera d’autant moins un enfant que l’on habite une région sensible, un des derniers bastions du capital vert de l’humanité.

    Le surpeuplement de l’homme est un antagonisme à la biodiversité.

    Contrairement à une vue trop hâtive de la situation planétaire, un enfant de plus à Londres, Mexico ou Hong Kong sera un moindre préjudice qu’un début de surpeuplement et d’inquisition humaine d’une Tasmanie ou d’une Papouasie.

    Restons absents ou absentons-nous de la Patagonie, du bassin du Congo, de la forêt boréale et de bien d’autres paradis encore sauvages et de riche naturalité, heureusement souvent peu hospitaliers pour l’homme.

    Ménageons les beaux restes du grand catalogue du Vivant, épargnons les ultimes réservoirs de gènes, les chambres fortes de biomasse et de stocks de carbone, mettons les prédateurs envahissants que nous sommes hors d’état de nuire et d’occire les derniers poumons de cette Terre.

    L’option du tourisme, même respectueux s’il existe, est un filon tout à fait négatif.

    Les régions encore partiellement épargnées n’ont besoin que d’une chose, de continuer à l’être.

    Toute présence d’un humain vivant sur le mode occidental incontournable et incontourné de l’American way of life est une calamité pour les équilibres naturels et une menace pour les ressources.

    Restons chez nous, confions les derniers berceaux de naturalité au savoir faire millénaire des peuples natifs et n’encombrons de nos progénitures et de nos futurs intrépides adultes que nos propres maternités, asiles et services d’urgence !

    La population humaine continue de croître mais à un rythme plus tempéré.

    Cette modération est le fait des pays riches industrialisés où le renouvellement générationnel n'est plus assuré, exception faite des États-Unis où les populations immigrées se chargent d’entretenir une incidence démographique en hausse.

    L'ONU prévoit une telle baisse démographique appréciable en Allemagne, en Italie, au Japon, en Russie et dans la plupart des états issus de l'éclatement de l'ancienne Union soviétique.

    Mortalité basse et fécondité extrêmement basse, dans ces conditions, la population de ce groupe de pays, d'actuellement 1,2 milliard de personnes, ne devrait pas augmenter d'ici à 2050.

    Une démotivation aux valeurs de la fécondité, une famille éclatée de plus en plus réduite au couple quand ce n’est pas à un seul parent, une infertilité masculine croissante et une planification des naissances majoritairement adoptée sont quelques uns des facteurs limitants.

    Une autre cause de cette stabilisation mondiale est la propagation du sida, pandémie qui réduit le taux de longévité dans des proportions considérables, comme en Afrique australe où l'espérance de vie a chuté de 62 ans dans les années 1995 à seulement 48 ans pour la période 2000-2005.

    Ironie du sort ou instinct de survie contreproductif, la densité humaine sera beaucoup plus élevée dans les pays pauvres qui éprouvent déjà les pires difficultés à assurer la sécurité alimentaire de leurs ressortissants.

    Dans ces contrées, le contrôle de la natalité est pratiquement inexistant et les familles de cinq à six enfants sont la norme.

    Au Burkina Faso, au Congo Brazzaville, au Burundi et en République démocratique du Congo, en Guinée-Bissau, au Timor Oriental, au Liberia, en Ouganda, au Mali, au Niger et au Tchad, tout comme en Afghanistan, les populations vont tripler avant le terme de ce demi siècle.

    La courbe générale est donc à un ralentissement de la croissance démographique et à une lente stabilisation de la population globale, en comparaison aux vives progressions des cinquante dernières années.

    En dépit de cette accalmie, 2050 verra tout de même un effectif minimum de 9 milliards de Terriens, notamment fourni par la Chine et l’Inde.

    À la même période, cette dernière nation surpassera la Chine et sera en tête de liste des pays les plus peuplés. La moitié des humains habiteront alors l’Inde et la Chine.

    Les écologistes, désespérés par l’épuisement des ressources et le déclin des écosystèmes, font remarquer qu’il nous faudra deux planètes pour survivre.

    Dans un autre domaine, ces deux planètes existent déjà, tout le monde sait bien qu’il y a une planète des riches et une autre des pauvres.

    La première, usurpée, n’est pas pour nous déplaire…

    Un milliard de riches occupe l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Australie, le Japon et un club très privé de privilégiés qui règnent tyranniquement sur les pays du Tiers-monde.

    Ce milliard de riches cache aussi sa misère (qu’on ne saurait voir) : Quart-monde dormant sur les trottoirs des quartiers boursiers, Enfants de Don Quichotte s’adonnant aux joies du camping urbain, gastronomes des restos du cœur, etc.

    Le solde de la communauté terrienne, soit un peu plus de 5 milliards et demi de gens dont le pauvre destin est joué d’avance, croupit dans le reste (et les restes) du Monde.

    Le premier Monde s’approprie (en tout bien tout honneur !) les 7/10 de l'énergie, les 4/5 du bois et autant des produits de la pêche, les 3/4 des métaux, les 5/6 des crédits d'éducation, les 9/10 des budgets de recherche et de développement, possède les 3/4 des automobiles, neuf avions sur 10, etc.

    Voilà des chiffres bien peu consensuels et équitables qui prouvent l’excessive mainmise du milliard de privilégiés dont la liberté de puiser et d’épuiser ne s’arrête pas où commence celle des autres 5 milliards soumis au diktat.

    Nous garantissons ainsi aux plus pauvres de continuer à stagner, voire à s’enfoncer, dans leur état de pauvreté.

    En terme d’empreinte écologique insoutenable, un Nord-américain ou un Français valent combien d’Africains ?

    L'Etat américain le moins densément peuplé qu’est le Wyoming (510 000 habitants) émet plus de CO2 que 69 pays en développement réunis et totalisant 357 millions de personnes.

    Les hectares excessifs que s’octroie chaque habitant chanceux du monde occidental et qu’illustre le calcul éloquent de l’empreinte écologique sont usurpés sans la moindre contrepartie au reste du Monde, à celui auquel nous attribuons des dettes extérieures.

    Un États-unien ou un Européen ne paie pas le service que leur rendent les forêts brésiliennes ou africaines en recyclant leurs émissions de CO2.

    C’est ainsi qu’il convient de s’interroger sur un certain nombre d’activités autorisées par le progrès, vocable abusif car à double sens.

    Progrès pour les uns, déficit pour les autres.

    Savez-vous, par exemple, que l’on importe quotidiennement, par avions gros porteurs, des chargements de perches du Nil en provenance d’Ouganda et de fleurs coupées cultivées en Chine et en Afrique orientale vers l'aéroport de Vatry, dans la Marne (120 000 tonnes de fret par an) ?

    De tels comportements ne font jamais la une dans les fourberies des Grenelle de l’écologie, portes de secours du capitalisme masqué.

    Inutile de rappeler les dégâts collatéraux d’activités comme celle de l’exploitation du poisson cité ou de l’horticulture aux impacts environnementaux et humains néfastes.

    La contradiction est flagrante et gênante entre le désir de lutter contre l’effet de serre et les nécessités du développement économique dans le concept unilatéral où nos sociétés l’entendent.

    La reproduction est un phénomène naturel à toutes les espèces, et notamment chez celles opportunistes qui s’imposent majoritairement, s’accaparant le moindre atout pour dominer l’habitat.

    Cela existe chez les rats, les cafards, les mouches ou les papillons.

    L’homme, dont l’instinct est fondu à la conscience, primate calculateur par excellence, a conceptualisé cette tendance naturelle afin d’en tirer une stratégie d’avenir tribal, familial, nombriliste et longévive : celle d’assurer sa descendance, et par là même la sécurité de ses vieux jours.

    Avant les progrès du XXe siècle en matière d’hygiène et de prophylaxie des maladies infectieuses, la mortalité infantile justifiait une surfécondation, par ailleurs toujours soutenue par les pouvoirs séculiers inspirés des religions dogmatiques.

    Les Livres assurent que le destin des progénitures sera placé sous les auspices de Dieu.

    Niaiserie.

    Jusqu’à preuve du contraire, les progénitures existent mais les preuves d’un dieu protecteur font défaut.

    Pandémies, famines ou massacres belliqueux étaient là pour écrémer le surplus, en appeler chaque fois à de nouvelles velléités procréatrices et à faire des petits à la louche.

    Imaginons un autre monde...

    Le même mais inversé, où nous ne serions plus dominants mais dominés par une autre espèce de grande taille, où nous devrions fuir, nous cacher, ne plus respirer quand l’autre se manifeste, où l’éviction au mieux, l’extinction au pire seraient nos seules issues.

    Un enfer. Le bonobo, l’orang-outang ou le gorille, l’un d’eux comme espèce invasive et de fourvoiement au sein d’une société humaine d’un effectif modeste, ça vous irait ?

    Il s’agirait finalement du même monde, toujours avec Homo sapiens surdoué, mais sans pétrole, non plus dopé par les énergies fossiles, la pétrochimie qui fit la révolution verte et la multiplication des pains (ce type d’âge d’or, ou plutôt de toc, les bricoleurs du monothéisme l’avaient prévu…), mais cette fois à hauteur de seulement un ou deux petits milliards.

    Avec quasiment les mêmes inventions, les mêmes avancées inventives, le même progrès, à quelques techniques près.

    Mais sur une Planète envahie, pour telle ou telle raison, par le fléau d’une autre grande espèce, disons les bonobos par sympathie et proximité spécifique.

    Imaginons nos plages et nos cités encombrées de bonobos, imaginons les bonobos envahissant la cité, s’infiltrant, se fourvoyant pacifiquement partout.

    7 milliards de bonobos intrus …

    Ce n’est pas la Planète des singes, c’est notre Planète subissant l’inquisition insupportable du surnombre d’une autre espèce.

    Imaginons 7 milliards de rhinocéros, des rhinocéros envahissant nos hypermarchés, nos pitoyables animaleries.

    Notre impact sur les fragiles écosystèmes planétaires est celui d’éléphants dans un magasin de porcelaine.

    Voilà ce que nous imposons à la biosphère, sans nous en rendre compte un seul instant, convaincu que cela est dans la raison écologique.

    Eh bien non, ce n’est qu’une erreur, c’est même l’erreur par excellence.

    « Plutôt crever que partager ! »

    La survie de l’humanité dépend du possible, et non de l’impossible.

    L’impossible, c’est une meilleure gestion et répartition des ressources.

    On a tout essayé depuis des lustres et même la morale égalitaire professée par les grands Livres n’a pas donné les résultats escomptés.

    Notre espèce génétiquement égoïste ne voit pas très loin.

    Et selon les exégètes, c’est tout au contraire la qualité de vie pour un petit nombre de privilégiés qui va faire l’objet de toutes les prochaines convoitises, tandis que la croissance démographique et tout le drame économique qu’elle va enclencher se concentrera sur une fraction restreinte de la population mondiale : les pauvres.

    Il y aura une césure nette et croissante entre un Monde développé sans enfants et un mode sous-développé absolument démuni pour nourrir et même rafraîchir toutes ses bouches.

    Le possible pour cultiver les futurs, c’est d’encourager une mondialisation de la dénatalité.

    Certains individus devront abandonner une partie de leurs libertés, dont celle de procréer à tout va, au bénéfice de la société universelle.

    L’éternité de la drôle d’espèce humaine passe par sa décroissance démographique.

    On passe ou on casse...

    Notes

    Cette actu n’est pas vraiment une actu parce que nous n’entendons pas inscrire notre démographie à l’ordre du jour des menaces écologiques, accepter notre surpopulation comme la cause majeure des malheurs planétaires. Ainsi, notre fourberie est immense.

    Michel Tarrier

    http://www.notre-planete.info/actualites/1494-demographie_la_vraie_verite_derange

  • La citation du jour : Jean Baudrillard

    http://www.panopticweb.com/philosophy/philosophers/baudrillard-pic.gif

    « Les grandes épidémies meurtrières ont disparu.

    Elles ont toutes été remplacées par une seule : la prolifération des êtres humains eux-mêmes.

    La surpopulation constitue une sorte d’épidémie lente et irrésistible, inverse de la peste et du choléra.

    On peut seulement espérer qu’elle s’arrêtera d’elle-même, une fois repue de vivants, comme le faisait la peste, une fois repue de cadavres.

    Le même réflexe de régulation jouera-t-il contre l’excès de vie qu’il a joué jadis contre l’excès de mort ?

    Car l’excès de vie est plus mortel encore. »

    Jean Baudrillard

  • La triste odeur humaine

    "Ce fut l’affaire de quarante-huit heures, et d’une date fatidique : ils sont partis.

    Ils ont fondu comme rosée d’aube, ceux qui étaient venus dans le Midi chercher le plaisir, et le trouver par des moyens mortificatoires. […]

    Dans le calme, revenu si soudain qu’il nous laisse, comme après une déflagration, l’ouïe bourdonnante, nous nous remémorons l’invasion. […]

    Mais les forêts domaniales gardent les déshonorantes traces humaines.

    Dix mille, ils sont venus plus de dix mille, ceux qui ne veulent qu’un toit de toile, et se prétendent d’humeur solitaire.

    Où l’auraient-ils trouvée, la solitude ?

    Ils ne la cherchaient même pas.

    Une berge de route, un bosquet, une haie : ils s’asseyaient, dépliaient la petite tente bonnet de police, dressaient le réchaud et cassaient deux œufs sur le bord du poêlon où fumait l’huile.

    Ils régnaient, peu après, sur une litière de papiers gras, de boîtes de conserves, de pochettes à cigarettes vides, et certaine puanteur – que Georges Duhamel nomme « la triste odeur humaine » - triomphait le soir des résines aromatiques."

    Colette, Belles saisons

  • Ne faites plus d'enfants et passez aux laits végétaux

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    "Chaque année, la planète consomme 20 milliards de litres de lait supplémentaires.

    « Ce qui signifie qu'il faudrait une France laitière de plus par an », explique l'Atla.

    L'Union européenne dans son ensemble, selon la Rabobank, devrait réussir à augmenter sa production de 7 milliards de litres au cours des cinq prochaines années.

    On est donc bien loin du compte.

    Qui peut alors combler l'écart ?

    Les Etats-Unis en bonne partie.

    Ceux-ci ont considérablement accru leurs capacités à l'export depuis dix ans.

    Une montée en puissance liée à la forte hausse de la demande de la Chine et du Mexique voisin."

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/grande-consommation/actu/0202865933419-lait-les-etats-unis-mieux-places-que-l-europe-pour-repondre-a-la-hausse-de-la-demande-582468.php

    Conclusion :

    Et qui c'est qui trinque ?

    Ne faites plus d'enfants et passez aux laits végétaux (http://www.consoglobe.com/laits-vegetaux-alternatives-laits-animaux-3893-cg).

  • Théophile de Giraud, "L'Art de guillotiner les procréateurs", ou la philanthropie véritable

    http://ecx.images-amazon.com/images/I/51cU2Mno0aL.jpg

    Avons-nous le droit de mettre des enfants au monde ?

    Et si oui, sous quelles conditions ?

    Voici les deux questions que Théophile de Giraud s'attache à élucider au fil de ce livre que certains trouveront scandaleux, mais que d'autres jugeront sans doute salutaire dans la radicalité de son questionnement non dépourvu d'humour.

    Il reste à souhaiter qu'après avoir lu ce pamphlet jubilatoire, qui est aussi un redoutable précis de pessimisme, tous prendront enfin au sérieux son exigence d'un surcroît d'éthique dans le geste de donner vie à un enfant.

    Voici donc un ouvrage paradoxal où l'on découvre que l'anti-natalisme est un humanisme...

    http://www.amazon.fr/Lart-guillotiner-procr%C3%A9ateurs-Manifeste-anti-nataliste/dp/2916502009/ref=cm_cr_pr_product_top

    https://www.facebook.com/events/466373600062462/

  • "Le natalisme contre la nature" par Gérard Charollois (CVN)

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    Toute société souffre de tabous.

    Lorsque nous combattons la chasse, la corrida, certaines infrastructures lucratives pour les oligarques, nous exprimons, trop confortablement pour une avant-garde digne de ce nom, l’opinion de la majorité de nos contemporains.

    Nous ne faisons pas preuve d’audace conceptuelle et notre parole n’est censurée qu’en raison d’une confiscation de l’Etat et des médias par des féodalités malfaisantes.

    En revanche, nous devenons iconoclastes, choquants, violeurs de tabous en affirmant, contre la propagande nataliste, que la croissance démographique est un mal pour la nature et à terme pour l’humain.

    Plus les hommes seront nombreux, plus il faudra urbaniser, artificialiser, plus croîtront les besoins en énergie et moins les autres formes de vies conserveront une place sur la terre.

    Quant aux hommes, la qualité de la vie s’altérera, lorsque l’Europe ne sera plus qu’une vaste mégapole sillonnée d’axes de transports, transformant ce que la mode appelle « l’environnement » en un permanent enfer urbain.

    La biodiversité aura disparu et ce d’autant que trop d’humains se révèlent intolérants à toute autre forme de vie.

    Observez l’attitude irrationnelle et haineuse de trop de gens envers les deux ou trois espèces parvenant à survivre dans les villes hostiles à la nature.

    Nos contemporains aiment les jardins bien rangés, les parcs aseptisés, la belle nature à la télévision ou sur les photos de vacances.

    Mais ils ont peur des maladies véhiculées par les pigeons (pur fantasme), des redoutables sangliers (phobie grotesque de l’animal sauvage), et de tous ces êtres de la forêt (menaces imaginaires).

    Malgré quelques velléités de bien faire, malgré les colloques scientifiques et les déclarations pontifiantes des dirigeants de la planète, l’homme se comporte encore en ennemi de la terre.

    La France se glorifie stupidement de son taux de natalité supérieur à celui de tous ses voisins.

    La propagande officielle s’en réjouit sur le thème : « pour payer les retraites de demain ».

    En fait, cela pourrait bien être : pour surcharger les statistiques de pôle emploi.

    Juste avant la dernière guerre mondiale, ce pays s’engagea dans une politique d’accroissement de population avec pour objectif avoué d’augmenter le nombre des poitrines Françaises à opposer aux canons allemands.

    Cette considération fut à l’origine des allocations familiales et du quotient familial.

    Alors que le premier enfant d’une famille est celui qui génère le plus de dépenses, l’Etat ne lui apporte aucune aide.

    En revanche il incite ouvertement au troisième enfant par une majoration des prestations et en offrant une part entière de quotient fiscal.

    Les premiers enfants n’ouvrent droit qu’à une demi-part.

    Le temps des canons révolu reste une culture anthropocentrique poussant à multiplier sans fin l’espèce, jusqu’à un terme que les tenants de cette idéologie seraient bien en peine de définir.

    Que veulent-ils ?

    Une France de cent millions d’habitants, de deux cents millions ?!...

    Pour eux, croître est une finalité qui se suffit à elle-même.

    Les incitations financières ne représentent sans doute pas la cause déterminante de ce taux de natalité trop élevé.

    Le problème est culturel.

    La prise de conscience écologique tarde à éclairer les esprits ici davantage que dans les autres pays européens.

    Quelle place laisserons-nous aux ours, aux loups, aux oiseaux, aux amphibiens ?

    Voilà une question qui n’effleure même pas l’esprit étriqué des natalistes poursuivant leur course folle au toujours plus, leur logique de cellule cancéreuse de la terre.

    Le gouvernement « centriste » n’a pas osé remettre en cause la politique contre-nature en substituant une aide à la personne à un financement de la prolifération.

    La réforme fiscale annoncée est bien une réforme, dans l’acception perverse que les « libéraux » ont su donner à ce mot depuis trente ans.

    Ces publicitaires du Marché corrompent tout, y compris les mots.

    Autrefois, une réforme annonçait plus de droits, plus de protection sociale, un progrès de la justice et de la liberté.

    Un Réformateur, homme de progrès, voulait élever la condition humaine.

    Désormais, quand vous entendrez le mot réforme, tremblez car cela signifie pour vous une régression.

    Donc, le plafonnement du quotient familial n’est qu’une mesurette financière visant à ponctionner des citoyens, nullement oligarques, en se gardant bien de toucher aux incitations au troisième enfant.

    Il fallait instaurer une dégressivité des allocations familiales et leur suppression pour un couple percevant plus de dix mille euros par mois.

    J’entends nos détracteurs me reprocher d’être un misanthrope voulant sacrifier l’humain au reste du vivant.

    Actuellement, c’est l’humain qui sacrifie le vivant.

    Un biocentriste, en condamnant l’anthropocentrisme, fait œuvre de philanthrope.

    Car nous voulons des humains heureux, prospères, hédonistes mais réconciliés avec les autres espèces et sachant partager la planète avec elles.

    Pour sauver la nature et donc pour sauver l’humain, deux conditions cumulatives doivent être réalisées :

    D’une part, l’homme doit aimer le vivant et cesser de l’anéantir.

    D’autre part, la population humaine ne doit plus croître au point d’occuper tout l’espace et de dégrader son propre cadre de vie.

    En modifiant la composition physico-chimique de l’atmosphère, en colonisant la surface de la planète, en exploitant les ressources au point de les épuiser, en générant des pollutions immenses, l’homme crée une ère nouvelle que les scientifiques appellent « anthropocène ».

    Cette situation inédite exige une mutation de responsabilité incompatible avec les vieilles billevesées du « croître et multiplier ».

    Disons :

    Oui, à l’amélioration

    Constante de la vie, aux vrais progrès, ceux qui font reculer la souffrance, l’angoisse, la mort.

    Non, à la croissance sans autre but que le quantitatif et le profit !

    Gérard CHAROLLOIS

    CONVENTION VIE ET NATURE
    MOUVEMENT D’ECOLOGIE ETHIQUE ET RADICALE
    POUR LE RESPECT DES ËTRES VIVANTS ET DES EQUILIBRES NATURELS.
    www.ecologie-radicale.or

  • Apostasie

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    L'humanité m'appauvrit. 

    L'humanité me fait honte.

    L'humanité me fatigue et m'ennuie.

    Son surnombre m'achève, et son nom est légion.

    Mon humanité m'est un fardeau que je dépose à l'orée du bois ultime où, sauvage à nouveau, je m'enfuis.

    Sun-trail-forest-trees_-_West_Virginia_-_ForestWander.jpg

  • La citation du jour : Jacques Derrida

    http://enemyindustry.net/blog/wp-content/uploads/2012/03/derridas-structure-research.jpg

    "La religion du vivant, n'est-ce pas là une tautologie ?

    Impératif absolu, loi sainte, loi du salut : sauver le vivant comme l'intact, l'indemne, le sauf, qui a droit au respect absolu, à la retenue, à la pudeur [...]

    C'est toujours le sacrifice du vivant, encore et plus que jamais à l'échelle de l'élevage et de l'abattage de masse, de l'industrie de la pêche ou de la chasse, de l'expérimentation animale.

    Soit dit au passage, certains écologistes et certains végétariens seraient les seuls "religieux" de ce temps à respecter l'une des deux sources pures de la religion [le respect du vivant] et à porter en effet la responsabilité de ce qui pourrait bien être l'avenir d'une religion."

    Jacques Derrida, Foi et savoir

  • Stevan Harnad : « J’ai honte d’avoir été végétarien pendant 50 ans »

    J’ai entendu parler de Stevan Harnad pour la première fois l’hiver dernier alors qu’il signait un plaidoyer pour le végétalisme dans la revue Québec Humaniste.

    Le chercheur, qui est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en sciences cognitives à l’UQAM, y faisait une démonstration troublante : plusieurs personnes cultivent une forme de psychopathie en exploitant les animaux pour leur propre plaisir.

    On sait en effet que les psychopathes ne sont pas troublés par la souffrance des autres êtres vivants.

    Pour atteindre leurs buts, ils n’hésitent pas à faire souffrir les autres.

    Puisque manger de la viande n’est pas nécessaire (Harnad, végétarien depuis cinquante ans et devenu végétalien il y a quelques années, en est la preuve vivante), il concluait simplement son article en affirmant son refus de faire souffrir des animaux pour son plaisir gustatif.

    Il n’est pas carnivore parce qu’il n’est pas psychopathe.

    L’article m’avait marquée par la simplicité et la puissance de son argumentation.

    « Si vous mangez de la viande, ce n’est certes pas parce que la viande est nécessaire pour votre survie, ni pour votre santé : c’est pour atteindre un but qui est à votre goût, peu importe la misère gratuite induite à d’autres êtres vivants, souffrants. »

    Il suffit souvent d’avoir réfléchi sérieusement aux conditions d’élevage ou d’avoir vu des images d’abattoirs pour être touché par cette souffrance.

    Par la suite, des pirouettes intellectuelles complexes deviennent nécessaires au maintien du statu quo, pour continuer de manger son steak « comme avant ».

    Je me suis moi-même longtemps protégée en disant ne pas vouloir savoir.

    Mais lorsqu’on sait, la seule façon de chasser la culpabilité, c’est de modifier ses habitudes alimentaires.

    À moins d’être un émule du Patrick Bateman de Bret Easton Ellis.

    Il y a quelques semaines, Stevan Harnad et moi étions tous les deux invités au colloque Animaux : conscience, empathie et justice dans le cadre du congrès de l’ACFAS.

    Je faisais la conférence d’ouverture; il clôturait la session.

    Je lui témoignais mon admiration pour l’intérêt qu’il portait à la cause animale et j’ai été médusée par sa réponse :

    « Tout ce que j’ai fait dans le passé n’a pas d’importance.

    Ce qui compte maintenant, c’est de mettre fin à l’exploitation animale. »  

    Pourtant, la carrière de Stevan Harnad est enviable : maîtrise en psychologie de McGill, doctorat en philosophie de Princeton, fondateur de la prestigieuse revue Behavioral and Brain Sciences, il est aussi l’un des phares du mouvement pour le libre accès (open access) en édition scientifique.

    J’ai voulu comprendre comment un des plus grands chercheurs du Québec en est venu à s’intéresser à la question animale.

    « Tout ce que j’ai dit était de l’hypocrisie »

    Dès le départ, il s’excuse.

    Il est devenu végétarien à l’âge de 17 ans mais a honte d’avouer que ce n’est que depuis trois ans qu’il est végétalien :

    « J’étais végétarien mais j’avais mis de côté la vraie question qui était la question de base : est-ce vraiment nécessaire de faire ces choses cruelles aux animaux?

    Pendant cinquante ans, je me suis permis de croire que je n’avais pas à convaincre les gens.

    J’ai même honte d’avoir répondu “vive la liberté” à des gens qui me demandaient si ça me gênait qu’ils mangent de la viande.

    Tout ce que j’ai dit était de l’hypocrisie.

    Je le vois clairement maintenant et je veux compenser pour ça. »

    C’est une conférence du juriste David Wolfson qu’il a entendue alors qu’il commençait à cohabiter avec les chats de sa mère décédée qui l’a convaincu de modifier son rapport aux animaux.

    Il reconnaît s’être trompé pendant des années.

    Sur les relations qu’on peut développer avec les animaux comme sur les stratégies à adopter pour convaincre nos semblables d’arrêter de les exploiter.

    La question du nombre d’animaux tués revient d’ailleurs constamment dans le discours du professeur Harnad.

    Ses présentations contiennent toutes le kill counter, où le nombre d’animaux tués défile sous nos yeux.

    Il ne manque pas non plus de rappeler que la croissance de la population humaine est exponentielle, que la quantité absolue de mal que l’on inflige aux autres humains, comme aux autres animaux, augmente sans cesse.

    La quantité de souffrance sur Terre est supérieure à ce qu’elle a jamais été.

    « On fabrique pour plaire à nos goûts des quantités faramineuses d’êtres souffrants. Beaucoup plus que jamais. Ce taux de croissance excède le taux de croissance de nos réformes. »

    D’où l’importance de la question et l’urgence d’agir.

    Alors que plusieurs chercheurs de sa génération préparent leur retraite, Stevan Harnad s’est engagé pour la cause animale avec la même fougue que ceux à qui il enseigne.

    Mais comment fait-on le lien entre toute une carrière de recherche en sciences cognitives et la question animale?

    D’abord, Harnad refuse de théoriser sur les questions animales.

    Il préfère la voie de l’activisme.

    Mais ses travaux lui donnent des pistes pour mieux comprendre les humains qu’il essaie de convaincre.

    « Je m’intéresse à la conscience, mais mes recherches portent surtout sur les origines du langage.

    Je cherche à savoir à quoi servait le langage, quel est son avantage évolutif.

    Comment se fait-il que les gens ne tiennent pas compte des horreurs nécessaires pour remplir leurs assiettes?

    C’est qu’on croit que les animaux qu’on mange ne ressentent rien.  

    Je me demande d’où vient cette croyance.

    D’un côté, c’est lié à la conscience.

    D’un autre côté, c’est lié au langage.

    Si ces animaux-là parlaient, on n’en serait pas là. »

    Et maintenant ?

    Stevan Harnad est optimiste.

    La majorité de l’humanité n’est pas psychopathe.

    C’est plutôt l’ignorance et le déni qui expliquent nos comportements carnivores.

    Il est donc possible de convaincre les gens de modifier leurs habitudes en leur montrant les horreurs qui se cachent derrière nos choix alimentaires et en leur rappelant que l’exploitation des animaux n’est pas nécessaire.

    L’ampleur de la tâche ne lui fait pas peur : celui qui est né à Budapest l’année où on mettait fin à la 2e Guerre Mondiale et qui a étudié la psychologie humaine pendant toute sa carrière est bien placé pour savoir que le monde peut changer.  

    On a envie de le croire et de le suivre.