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  • Nouvel Obs (04/07) : la couleur du mensonge

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    [Article approximatif et diffamatoire paru dans le Nouvel Obs de cette semaine (n°2216) sur les militants de la libération animale.

    Il est en outre révoltant, de la part de Jean-Claude Guillebaud (cité), qui nous avait habitués à beaucoup mieux, d'établir un parallèle entre le nazisme et un mouvement d'émancipation.

    Révoltant de songer même à faire ce parallèle tant il est insensé.

    Révoltante, aussi, la manière dont la journaliste bâcle son travail et envoie au casse-pipe, avec une légèreté confondante, les personnes qu'elle cite parfois nommément dans son article, les mettant en relation plus ou moins directe avec l'ALF alors que toutes leurs actions sont légales.

    Révoltant enfin le pouvoir d'une presse qui peut ainsi noyer d'un trait de plume mensonger tout un mouvement qui compte dans ses rangs des noms aussi symboliques que Théodore Monod, Marguerite Yourcenar ou Victor Hugo.]

    *  *  *

    Objet du délit :

    Les enragés de la cause animale- "Bêtes et méchants"

    Après l'Angleterre et les Etats-Unis, la France découvre les actions musclées de ces nouveaux fanatiques prêts à tout pour libérer les animaux du joug humain.

    C'est son fils qui a constaté les dégâts. Michel Grama, lui, dormait encore. « Papa ! Ils t'ont crevé les pneus de ta bagnole ! » Les pneus, ça n'était pas le pire, non. Le plus choquant, c'était la peinture rouge sang, partout, sur la voiture, sur les murs de la maison. Avec ce mot tagué sur la façade en pierre : « Assassin ! » « Vous imaginez la réaction des voisins ? »

    Bien sûr, il a porté plainte. Bien sûr, il s'est fait rembourser les dégâts. Mais la peur s'est installée. Assassin, lui, un modeste artisan fourreur ? Un confrère de Paris l'appelle pour le prévenir que son nom, son adresse et même son numéro de téléphone sont publiés sur un site internet. Il est la victime de fous furieux. Les enragés de la cause animale.

    « Ne venez pas me parler d'écolos, s'insurge-t-il. Pour moi, ce sont des voyous! » Comme lui, d'autres confrères ont été pris pour cible : ils lui racontent les vitrines brisées, les enseignes détruites, le matériel volé... L'un d'eux a même reçu un colis piégé contenant des lames de rasoir.

    La guerre, ces fanatiques l'ont déclarée à tous les « tortionnaires d'animaux » : les fourreurs, les « connards de chasseurs », les bouchers-charcutiers qui vendent des « morceaux de cadavres », les procorridas, les magasins de foie gras, les cirques, les laboratoires de vivisection...

    Chaque fois, la même signature : ALF, pour Animal Liberation Front (Front de Libération des animaux), un groupuscule ultraviolent étroitement surveillé par les branches antiterroristes de Scotland Yard et du FBI (voir encadré).

    Jusqu'ici épargnée, la France est à son tour touchée. Depuis un an, 54 « opérations » ont été revendiquées par l'ALF sur BiteBack, le webzine de l'organisation, dont 9 pour le seul mois de mars.

    Profil de ces enragés ? Plutôt jeunes, actifs et insérés socialement. Chacune de leurs actions est minutieusement préparée : ils s'habillent de noir, enfilent des cagoules, se réunissent dans des lieux secrets, puis attaquent. Objectif ? Libérer les animaux dont l'homme a fait ses esclaves.

    A 17 ans, Guillaume (1), longue tresse fine et rangers noires aux pieds, a déjà effectué plusieurs séjours en Grande-Bretagne dans des camps organisés par des groupuscules radicaux. Là-bas, il a reçu des cours d'autodéfense et a appris les meilleures techniques de « sabotage économique ». De retour en France, il crée dans sa fac de Nanterre un collectif, les Furieuses Carottes. Déterminé, il se dit prêt à aller en prison « si c'est le prix pour faire bouger les choses ».

    Combien sont-ils comme lui ? Vingt, cent ou plus ? Difficile à dire. L'ALF fonctionne comme Al-Qaida, en cellules autonomes : pas de QG, pas de commandement centralisé. Dès lors, n'importe qui peut s'en revendiquer. Pour l'instant, en France, ça reste « gentil » : vitrines cassées, coups de téléphone pour intimider.

    Parfois, ça va plus loin, comme en janvier dernier où un « commando de libération » a pénétré dans un élevage et a relâché 21 ragondins dans la nature. Si beaucoup nient leur affiliation avec l'organisation, tous prônent les actions de vandalisme, seule façon selon eux de faire bouger les choses : « Les mémères à toutous de la Fondation Brigitte-Bardot sont bien gentilles, mais que font-elles concrètement ? interroge Etienne.

    En Grande-Bretagne, les militants d'ALF ont réussi à faire abolir la chasse à courre et à stopper les expérimentations d'un laboratoire de vivisection. » Bandeau noir sur une tignasse brune, cet éducateur de 34 ans a déjà plusieurs années d'activisme derrière lui.

    En 2005, il a fondé avec un copain l'association Droits des Animaux, adepte de « hunt sabotage » : les jours de chasse à courre, ils mobilisent une trentaine de sympathisants et s'interposent entre les chasseurs et les animaux traqués. Leur plus grand succès : l'annulation du championnat du monde de déterrage de blaireaux en 2006.

    « Il faut les prendre très au sérieux, explique Laurent Larcher (2), journaliste à Pèlerin Magazine. Ces groupes pourraient se retourner contre les humains, comme c'est le cas aux Etats-Unis ou en Angleterre. »

    Antoine avoue à demi-mot être « passé de l'autre côté ». Un jour, presque par hasard, cet éducateur et kinésithérapeute visite un abattoir de viande chevaline. Un choc. « Il y avait trois mètres de merde et les cadavres de chevaux gisaient sous les vivants. »

    Révolté, il décide d'enquêter pour « témoigner, faire bouger les élus et les services vétérinaires ». Pendant trois ans, il dresse des chiffres, établit des statistiques. Personne ne bouge.

    Alors, un jour, il décide de faire justice lui-même : « enlèvements » de poulains maltraités. Et tabassages de quelques propriétaires peu scrupuleux des normes. « En dernier recours, jure-t-il. Pour les dissuader de recommencer. »

    « Les animaux sont une cause sociale aussi importante que celle des Noirs ou des femmes », argumente Méryl Pinque, du Collectif antispéciste (3) de Paris. « C'est une idéologie dangereuse pour l'humanité de penser que les animaux ont les mêmes droits que les humains, dénonce Jean-Claude Guillebaud (4), écrivain et journaliste. Il s'agit là d'un antihumanisme qui ramène à la logique du nazisme.»

    Eux se voient comme des libérateurs, des résistants de l'ombre. Ils prônent le véganisme, mode vie qui exclut toute utilisation de produits animaux. Vouent un véritable culte à Barry Horne, premier martyr de la cause, mort en 2001 d'une grève de la faim en prison. Et attendent le grand chamboulement. Ils s'y sont préparés.

    « C'est une révolution éthique, dit Méryl. Nous voulons changer le monde. » Pour eux, ce n'est qu'une question de temps.

    ___________

    Notes :

    (1) Les prénoms ont été changés.

    (2) La Facecachée de l'écologie, Cerf, 2004.

    (3) Doctrine du philosophe utilitariste Peter Singer selon laquelle toutes les espèces vivant sur Terre sont égales et ont les mêmes droits (Animal Liberation, 1975).               

    (4) Auteur du Principe d'humanité, Point, 2001.

    Marie Vaton

    http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2216/articles/a340857-B%C3%AAtes_et_m%C3%A9chants.html

  • Attention : chef-d'oeuvre

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    CLEARCUT (1991)

    Directed by Ryszard Bugajski

    Review/Film; Loggers And Indians At War

    By STEPHEN HOLDEN

    Published: August 21, 1992, Friday

    An aerial view of a forest in northern Canada devastated by the lumber industry "looks like the moon on a bad day," one character in the film "Clearcut" says. To another observer, the same sight "looks like money."

    Those remarks define the bitter regional war that ignites this Canadian film, which opens today at the Gramercy Theater. As the movie begins, a local lumber company that is the area's economic wellspring has just won a legal skirmish against an Indian tribe whose sacred ground has been violated by a road used to truck timber from the forest to the mill. Peter (Ron Lea), the big-city lawyer for the Indians' cause, arrives in time to witness a bloody battle between the police and the Indians, who are trying to prevent the company's logging trucks from entering their territory.

    "Clearcut," adapted from M. T. Kelly's novel "A Dream Like Mine," soon shifts from a political drama into a thriller with a supernatural edge. As a gesture of solidarity with his clients, the lawyer takes part in an Indian sweat lodge ceremony, during which he has hallucinations of blood oozing from trees and other grisly visions. Soon after, he meets Arthur (Graham Greene), an arrogant young Indian-rights advocate with an ominous gleam in his eye and a lust for violent revenge.

    Peter, who underestimates the ferocity of Arthur's rage, becomes a reluctant accessory to kidnapping when the Indian grabs the mill's manager, Bud Rickets (Michael Hogan), at a gas station and takes him hostage. Peter changes from unwilling collaborator to hostage after Arthur transports them by canoe across a lake into a virgin wilderness.

    The bulk of "Clearcut" concentrates on the prisoners' desperate struggle for survival at the hands of a vengeful sadist with magical powers. Arthur knows how to hone the end of a stick and spear a fish with a single thrust into the water. He also possesses second sight. And since he has the ability to be in more than one place at the same time, escape is all but impossible.

    Things become increasingly dire as the three make their way through the wilderness. One morning Peter awakens to find Arthur meticulously flaying one of Bud's legs. When he protests the torture, Arthur replies that what he is doing is no worse than the conduct of American soldiers who used to play catch with the breasts of Navajo women. Ultimately Peter, who has always eschewed violence, is driven to fight for his life.

    "Clearcut" suggests a low-budget Canadian answer to "Deliverance," but heavily streaked with mysticism and environmental politics. Although the film never comes out and says it, Arthur is actually an Indian trickster spirit conjured into human form by Peter's anger. Also known as Wisakedjak, he is the same bloodthirsty spirit who is described to Peter during the sweat lodge ceremony by Wilf (Floyd Red Crow Westerman), the tribe's wise, long-suffering chief.

    The film, directed by Richard Bugajski, is scrupulously fair to its characters and the issues they represent. Arthur radiates the glamour of a survivalist who is so perfectly attuned to nature that he moves through the wilderness with the confidence of a god. But he also kidnaps, tortures and kills with the casual ease of the most dangerous movie psychopaths. In Mr. Greene's riveting portrayal, he exudes a sinister, slightly comic buoyancy.

    Mr. Hogan's burly mill-manager is considerably more sympathetic than Mr. Lea's lawyer. A rugged outdoorsman who is as fiery in his way as Arthur, he argues forcefully that closing the mill would destroy the livelihood of thousands.

    Even if Peter is on the side of the angels, as the film seems to suggest, he is a weak-willed do-gooder who doesn't really understand the people whose rights he is championing. His forced journey into the wilderness is his initiation into a spiritual authenticity.

    These strong, beautifully balanced performances infuse what is essentially an adventure movie with gripping psychological undercurrents. The deepest character is the tribe's chief, a man of few words whom Mr. Westerman imbues with an anguished benignity. All-knowing yet powerless to change the course of events, this elder is the film's grieving spiritual guide.

    "Clearcut" is rated R (Under 17 requires accompanying parent or adult guardian). It includes strong language, violence and a graphic scene of torture. Clearcut Directed by Richard Bugajski; screenplay by Rob Forsyth, based on the novel "A Dream Like Mine," by M. T. Kelly; director of photography, Francois Protat; edited by Michael Rea; music by Shane Harvey; production designer, Perri Gorrar; produced by Stephen J. Roth and Ian McDougal; released by Northern Arts Entertainment. At the Gramercy, 23d Street and Lexington Avenue, Manhattan. Running time: 98 minutes. This film is rated R. Arthur . . . Graham Greene Peter . . . Ron Lea Bud . . . Michael Hogan Wilf . . . Floyd Red Crow Westerman Eugene . . . Raoul Trujillo Louise . . . Rebecca Jenkins Tom Starbuck . . . Tom Jackson.

    http://movies2.nytimes.com/mem/movies/review.html?title1=

    CLEARCUT%20%28MOVIE%29&title2=&reviewer=Stephen

    %20Holden&pdate=19920821&v_id=9955 

  • Tuerie de Virginia Tech : la célébrité au bout du fusil

    http://www.heraldtimesonline.com/stories/2007/05/12/eat_NEWS_vatech_0512+Z.jpg

     

    par Élaine Audet

    Lundi, le 16 avril 2007, le monde apprenait avec stupeur qu’un nouveau massacre de masse venait d’avoir lieu dans une institution scolaire américaine, l’Université de Virginia Tech. Le tueur de 23 ans a abattu 14 femmes et 18 hommes avant de s’enlever la vie. Comme lors d’événements similaires récents, on a eu droit aux mêmes questions en boucle sur les causes d’une telle tragédie : tireur fou, loi laxiste sur les armes feu, culte et culture de la violence, schizophrénie paranoïde, etc. Bien que toutes appropriées, aucune de ces causes présumées ne répond à toutes les questions ni ne permet de mettre sur pied un plan efficace de prévention face à l’épidémie de fusillades en milieu scolaire.

    L’emprise du vedettariat médiatique et toutes les "stars académies" de ce monde font foi que le premier critère de réussite et de reconnaissance à notre époque n’est plus le travail, mais l’image. Ceux et celles qui ne correspondent pas aux critères esthétiques et athlétiques dominants sont rejeté-es par le système. On continue à élever les garçons en respectant les stéréotypes sexistes de virilité masculine et de passivité féminine, quoi qu’on en dise. Jamais pourtant les femmes et les hommes n’ont partagé autant d’intérêts. Les unes et les autres sont victimes d’un même système mercantile qui fait des humains de simples consommateurs consommés.

    Le livre Stiffed, The Betrayal of the American Man (Tétanisé, la trahison de l’homme américain) de Susan Faludi (1) offre une grille d’analyse des plus pertinentes pour comprendre la trajectoire du tueur de Virginia Tech. D’entrée de jeu, la féministe américaine prend acte de la détresse et de la colère grandissante de certains hommes qui s’estiment lésés par le système et constate qu’aujourd’hui « être loyal envers l’entreprise et travailler dur ne garantit plus de conserver son poste ou d’être apprécié à sa juste valeur ».

    Selon l’auteure, dans une telle culture déterminée par la primauté de l’image, le prestige n’est plus fonction du mérite mais de l’apparence. Seules en bénéficient quelques vedettes des médias, du spectacle et du sport. Tous ceux qui n’ont ni leur beauté, ni leur minceur, ni leur force, ni leur séduction ont l’impression de ne plus être dignes de vivre. C’est alors qu’on leur vend mille et une recettes pour devenir le reflet de leurs idoles. Quand ils constatent l’inanité de ces promesses, ils se procurent des armes à feu au magasin du coin, comme le tueur de Virginia Tech, et tirent sur ceux et celles qui, croient-ils, les empêchent de vivre. Et les médias leur donnent raison de penser que la célébrité est, en dernier recours, au bout du fusil en donnant à leur acte haineux le plus de visibilité possible.

    Les jeunes, poursuit Faludi, se sentent trahis par leurs pères qui devaient leur transmettre les postes de commande et les privilèges socio-économiques qui semblaient inhérents à la condition masculine. Au lieu du pouvoir, ils ont reçu pour tout héritage une culture axée sur la consommation et l’argent, fondée sur l’image du « gagnant ». Nombre d’entre eux éprouvent du ressentiment face à l’ascension irrésistible des femmes qui, à leurs yeux, se ferait à leur détriment. Ce que ne manque pas de contredire Faludi qui montre, exemples à l’appui, que les femmes arrivent à peine à avoir accès à la cave de l’édifice à plusieurs étages du pouvoir dont les hommes détiennent toujours les clés, même si certains ont chuté au rez-de-chaussée !

    Une enquête intitulée, "De la moquerie au harcèlement : le climat dans les écoles américaines", menée par Harris Interactive en 2005 (2), constate que 65% des jeunes disent avoir été harcelé-es verbalement ou physiquement agressé-es l’année précédente. Les trois principales causes évoquées par plus de 3 000 étudiant-es interrogé-es sont l’apparence (39%), l’orientation sexuelle (33%) et les stéréotypes sexuels (28%). Ceux et celles qui ne correspondent pas aux critères dominants de beauté, d’hétérosexualité, de virilité et de féminité deviennent fragilisé-es, développent souvent un délire de persécution, réel ou imaginaire, et des idées de vengeance suicidaire.

    Toutefois, comme l’observe finement le journaliste québécois Jean-Claude Leclerc : "Nul ne devient une « bombe à retardement » du jour au lendemain. On ne tue pas ses proches ou de purs inconnus sous le coup d’une peine d’amour, d’un échec aux examens, d’un refus d’emploi, ou même d’un excès d’indignation. Il faut que les mécanismes intimes de l’apprentissage, comme le contrôle des émotions, l’interaction sociale, l’interprétation des événements, aient été déformés au point de faire perdre toute identité propre ou de n’en concevoir une qu’en rejet de son milieu." (3)

    Le dénominateur commun

    En 1998, suite au fémicide dans une école de Jonesboro en Arkansas où deux garçons de 11 et 13 ans tuent quatre filles et leur professeure, Allan G. Johnson (4) tente de répondre à Bill Clinton qui se demande « s’il y a un dénominateur commun qui permettrait d’expliquer semblables violences. » Pour Johnson, le dénominateur commun de toutes ces tragédies réside dans le fait que les auteurs en sont tous des hommes. Johnson reconnaît qu’au départ filles et garçons naissent innocents et non-violents, mais il n’en demeure pas moins que, même si l’incidence majeure de la violence masculine est prouvée universellement, elle n’est toujours pas reconnue et assumée par la majorité des hommes qui continuent à montrer du doigt ce qu’ils appellent des exceptions pathologiques, de Hitler à Cho Seung-Hui en passant par Marc Lépine.

    Le contrôle reste encore la valeur masculine et patriarcale la plus importante dans notre société. « Personne ne me laissera tomber », aurait dit un des jeunes tueurs de Jonesboro que l’une des fillettes abattues avait repoussé. Dès leur plus tendre enfance, la capacité d’exercer le contrôle, plus particulièrement sur les femmes, conditionne la socialisation des garçons et leur reconnaissance sociale. La culture patriarcale n’a jamais cessé de cautionner le recours à la force comme une valeur virile et valorisante, comme on peut le constater dans le cas des militaires envoyés en Irak ou en Afghanistan et de la banalisation de la violence conjugale, du viol ou de la marchandisation du corps des femmes et des filles très majoritairement par des hommes.

    Il y a sûrement à Virginia Tech, comme ailleurs dans la société, des femmes asociales, laides, complexées, violentes, revanchardes, paranoïaques, victimes de sexisme, de racisme, d’homophobie, mais elles ne décident pas pour autant de tirer sur tout ce qui bouge et de se mettre une balle dans le crâne pour résoudre leurs problèmes. On peut donc se demander pourquoi on n’élève pas les garçons comme les filles puisque l’histoire démontre que les femmes ont rarement recours à la guerre ou à la violence pour résoudre les conflits ? Même si tous les hommes ne deviennent pas des tueurs, ne faut-il pas se questionner sur la forme d’éducation donnée aux garçons, qui continue à être très complaisante sur le sexisme, le militarisme et le recours à la prostitution comme des valeurs viriles incontournables. Avec toujours en toile de fond le vieil adage attendri : "Les garçons seront toujours des garçons !"

    L’angle mort des rapports sociaux hommes-femmes

    Comme à l’École polytechnique de Montréal en 1989, il a fallu attendre longtemps pour comprendre que, dans le cas de Virginia Tech, la première "victime" était une femme que le tueur a abattue dans son dortoir, en tuant au passage un étudiant venu à son secours, avant de procéder, deux heures plus tard, dans un autre édifice à la fusillade meurtrière que l’on sait. Les policiers ont considéré que ce double meurtre résultait d’une "simple querelle domestique" et ils n’ont pas jugé nécessaire de déclencher des mesures d’urgence. C’est cependant ce qu’ils n’ont pas hésité à faire quand deux agents de sécurité ont été abattus, en août 2006, sur ce même campus.

    Les autorités policières et universitaires n’ont pas jugé importants non plus les nombreux cris d’alarme sur le comportement inquiétant de Cho Seung-Hui, lancés par au moins cinq de ses professeures, dont la poète Nikki Giovanni, qui avait dû l’exclure de sa classe à la suite des plaintes de harcèlement de sept de ses étudiantes qui refusaient d’assister à son cours si Cho était présent. Pour sa part, l’ancienne doyenne de la faculté d’anglais, Lucinda Roy, a tenté de l’aider en lui donnant des cours particuliers, tout en lui suggérant de consulter un psychiatre et en faisant suivre à la police de l’université et au service de support aux étudiant-es un dossier sur l’inquiétude que soulevaient les écrits violents et le comportement agressif de cet étudiant. Ces plaintes documentées de harcèlement envers des étudiantes n’ont pas été davantage prises au sérieux que le meurtre d’Emily Hilscher qui a inauguré la tuerie.

    À part de rares exceptions (5), il existe un angle mort, une tache aveugle, en ce qui concerne la responsabilité des rapports hommes-femmes, pour expliquer les tueries récurrentes en milieu scolaire. Au lieu de s’apitoyer sur la perte de leur masculinité et de leurs privilèges causée, selon eux, par la montée des valeurs féministes, il faut espérer que les hommes réalisent, comme le suggère Susan Faludi, que "l’essentiel ne consiste pas à se demander comment préserver leur masculinité, mais comment devenir plus humain".

    Notes>

    1. Susan Faludi, Stiffed, The Betrayal of the American Man, New York, William Morrow Co., 1999 et Élaine Audet, "D’une lune à l’autre", l’aut’journal, N° 184 - novembre 1999.
    2. Lire ici.
    3. Jean-Claude Leclerc, "Le drame de Virginia Tech - Peut-on résoudre l’énigme des crimes insensés ?", Le Devoir, 23 avril 2007.
    4. Allan G. Johnson, The Common Element et Élaine Audet, "Place aux hommes !", l’aut’journal, décembre 1998.
    5. Jennifer L Pozner, From Jonesboro to Virginia Tech - sexism is fatal, but media miss the story ; James Ridgeway, "Mass Murderers and Women : What We’re Still Not Getting About Virginia Tech", Mother Jones, 20 avril 2007.

    Mis en ligne sur Sisyphe, le 24 avril 2007.
    http://sisyphe.org/sisypheinfo/article.php3?id_article=99

  • Australie : "The Baby Kangaroo Rescue Centre" à Alice Springs

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    I was on holiday last week in Australia's "Red Centre", visiting Uluru (Ayer's Rock) and the town of Alice Springs (immortalised in Nevil Shute's novel, A Town Like Alice).

    Alice Springs is home to some uniquely Australian institutions, such as the School of the Air (i.e., students in the far flung Australian Outback taught by teachers through radio and now the Internet) and the Royal Flying Doctor Service.

    But one of the unofficial tour attractions that I had the pleasure of visiting was Chris "Brolga" Barns's Baby Kangaroo Rescue Centre.

    For a $5 donation, Brolga lets you into the compound to share a very unique experience - learning to look after baby kangaroos.

    Central Australia is extremely dry, not quite a desert, but a kind of savannah. In this arid country, the exhaust fumes from automobiles, funnily enough, are a major source of moisture, and so there is rich vegetation growing along the sides of the highways here.

    Vegetation attracts grazing kangaroos, and unfortunately, this leads to large numbers of kangaroos being hit and killed by passing vehicles.

    Brolga advises that if you pass a dead kangaroo, don't just drive past, because even dead marsupials may often be carrying live young in their pouches, which could perish without timely rescue and care.

    Stop your vehicle by the side of the road (if it's safe for you to pull over, of course), then examine the dead kangaroo's pouch.

    If you find a baby kangaroo in the pouch, make a bag out of a T-shirt or cushion cover, then help the baby into it.

    (Baby kangaroos often need no encouragement to enter a bag. They somersault into it.)

    Then, holding the bag against the warmth of your body, take it to a nearby town and ask around for a person who looks after baby kangaroos.

    There are such kind souls in almost every town.

    Give the baby kangaroo some water, but avoid giving it cow's milk, as this will not agree with it.

    Also, before leaving the scene, try and move the carcase well away from the road, as otherwise, scavengers like the wedge-tailed eagle also become roadkill in turn.

    Brolga's work is well-known around Alice Springs. The cabbie who drove us into town from the airport told us about him, which is how we walked into his little centre.

    One of our tour guides also turned out to be a friend of his and a regular contributor of rescued baby kangaroos.

    Unfortunately, the Northern Territory government doesn't seem to be very helpful in supporting Brolga's work.

    The nearby national parks, surprisingly, don't have any facilities to look after orphaned baby kangaroos, and unpaid volunteers like Brolga are treated with suspicion by the bureaucracy.

    Brolga says the donations he gets from visitors allow his kangaroo rescue efforts to be self-sustaining, but the effort needs more institutional support, which isn't forthcoming.

    If you're ever in Alice Springs, pay the centre a visit.

    It's very heartening to see the little critters being well looked after, and there's a steady stream of visitors trooping in, having heard of the centre by mere word of mouth.

    Brolga's business card provides his address:

    Melanka Complex
    94 Todd Street
    Alice Springs
    Northern Territory, Australia

    For rescue or enquiries, call 0407 718 409 or 0415 207 703 (from outside Australia, you'd need to call +61-407 718 409 or +61-415 207 703).

    Brolga's e-mail address is brolga72@hotmail.com.

    Donations and mail may be sent to:

    PO Box 4921
    Alice Springs
    NT 0871
    Australia

    Give the man a hand. He's doing great work.

    http://golfcharliepapa.blogspot.com/2007/04/baby-kangaroo-rescue-centre-in-alice.html

  • 24 avril, Journée Mondiale des Animaux de laboratoire : une minute de silence

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    Il est midi en cemardi 24 avril,Journée Mondiale des Animaux de laboratoire.

    Une minute de silence à 12h pour eux SVP.

    Pendant cette minute de silence que vous avez ou allez observer :

    * 5 animaux vont périr et mourir suite à des actes de torture et de barbarie dans les laboratoires d'expérimentation en France.

    * 60 en Europe.

    * 1500 animaux (minimum) dans le monde.

    La communauté antivivisectionniste internationale profite de la reconnaissance officielle de cette Journée par les Nations Unies pour organiser la campagne militante abolitionniste SMAL (WWAIL en anglais) ainsi que, le 24 avril, une minute de silence à 12h (ou au plus près de 12h).

    Cette minute de silence est dédiée à la mémoire de tous les animaux tourmentés et sacrifiés dans les laboratoires du monde entier au nom de la science, de la recherche ; mais surtout du profit et du carriérisme.

    Aussi, merci d'observer et de faire observer à votre entourage et vos connaissances une minute de silence à la mémoire de tous les martyrs de la vivisection, pudiquement appelée expérimentation animale, notamment en réacheminant cet appel à tout votre carnet d'adresses et/ou en envoyant des SMS avec le message suivant :

    "12h, auj. 1 Minute Silence pr Animaux dans les Labos. Merci."

    Dans les laboratoires publics et privés, 24 heures sur 24...

    1 animal meurt torturé toutes les 12 secondes en France

    1 animal meurt torturé toutes les 3 secondes en Europe

    25 animaux (minimum) meurent torturés chaque seconde dans le monde.

    Pour la libération immédiate et inconditionnelle de tous les animaux torturés et prisonniers dans les laboratoires,

    Le succès de cette opération dépend de chacun d'entre vous pour dénoncer la barbarie dans les labos.

    www.semaine- mondiale- animaux-laborato ire.org

  • Foie gras : plainte contre le gavage auprès de la Commission européenne

    http://www.miaou.ch/Images/fichiers_animaux_de_rente/ar_stop_gavage.JPG


    L’association allemande PETA (People for the ethical treatment of animals) et Stop Gavage ont déposé plainte pour maltraitance sur les animaux auprès de la Commission européenne contre les pays de l’Union producteurs de foie gras.

    Les associations Peta et Stop Gavage ont déposé une plainte formelle auprès de la Commission des communautés européennes, à l’encontre de la France, la Hongrie, la Bulgarie, l’Espagne et la Belgique, pour non application de la directive 98/58/CE du Conseil relative à la protection des animaux dans les élevages. « Notre plainte concerne le mode d’élevage pratiqué pour la production de foie gras qui nécessite la suralimentation par gavage des animaux utilisés », expliquent les deux associations qui considèrent le gavage comme incompatible avec l’application de la directive.

    Protestations devant le parlement

    Pour appuyer leur plainte, les associations vont manifester devant le Parlement européen mercredi 25 avril. « Des militants, vêtus des drapeaux de ces 5 pays producteurs et d'un masque portant l'inscription « Foie gras, la Honte ! » dans les langues respectives de ces pays, protesteront devant le Parlement européen à Strasbourg », indiquent Peta et Stop Gavage dans un communiqué.. D'autres militants arboreront une banderole « Europe, Stop au Foie Gras » ainsi que des affiches choc et distribueront des tracts.

    Source : Web-agri

    Auteur : BC

  • 17 avril : Journée internationale de soutien aux prisonniers politiques

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    Barry Horne

     Le 17 avril est la journée internationale de soutien aux prisonnier-e-s politiques. La lutte pour la libération animale est souvent raillée, mais nous voulons rappeler le sérieux de cette lutte et le fait que des hommes et des femmes ont décidé de lutter en dépit des lois et ont souvent fini en prison pour cela.

    Pour ne pas les laisser, eux et leurs actions, sombrer dans l'indifférence générale, nous avons décidé de nous réunir pour tenir un stand d'information et distribuer des tracts. Nous avons commencé vers 14h30 et fini vers 16h30. Des policier-e-s nous ont demandé de partir de notre emplacement initial devant la gare Montparnasse, invoquant des risques en ce moment dans les gares. De plus comme nous n'avions pas d'autorisation, on nous a vivement conseillé de ne pas discuter. Une commerçante à proximité est venue nous voir, nous a proposé de prendre nos tracts pour les poser sur son étalage, elle a trouvé scandaleux que l'on nous demande de partir pour si peu. Nous avons donc fini la distribution et la table d'information un peu plus loin.

    Nous voulons également par cette action dénoncer la criminalisation des mouvements de libération animale. Rappelons que des militant-e-s états-uniens ont pris plus de 5 ans de prison uniquement pour avoir fait un site internet. L'Animal Libération Front est considéré comme une menace terroriste. Il est évident que les terroristes qui tuent des millions d'animaux ne sont jamais inquiétés. De toute façon, Sanofi & co veillent sur eux. http://greenscare. org

    Actuellement encore des militant-e-s (la dernière personne emprisonnée date d'avril 2007) de l'Animal Liberation Front, de SHAC (Stop Huntingdon Animal Cruelty) sont emprisonné-e-s. Il nous est intolérable de voir tous les jours des activistes passer des mois, des années en prison pour avoir sauvé des individus sensibles des mains de leurs bourreaux. En ce jour, nous aimerons rendre hommage à Barry Horne http://www.barryhorne.org mort en prison. Pour nos gouvernants, en réponse à des dégâts économiques, on sacrifie la vie d'un homme.
    Info : http://en.wikipedia.org/wiki/ Barry_Horne

    LIBÉREZ LES PRISONNIER-E- S !

    Le Collectif Antispéciste de Paris : http://antispesite.free.fr

    Les Furieuses Carottes : http://www.lesfurieusescarottes. com

    Groupe de soutien aux prisonnier-e- s ALF : http://alfsg. org.uk/

    Groupe de soutien aux prisonnier-e- s Vegan : http://vpsg. org/

    Des photos ici : http://antispeciste.free.fr/viewtopic.php?t=238

  • Faut-il tuer pour vivre ?

    http://www.ass-ahimsa.net/meatismurder2.jpg

    par Karine Lou Matignon

    C'est bien là que le bât blesse : de volupté et de sensualité, il n’y a plus. La viande n’est plus gaie. Il y a belle lurette que les prières sacrées des fiers chasseurs-cueilleurs adressées en guise de remerciements aux esprits des animaux tués n’ont plus le moindre écho. Festoyer la bonne chère se heurte désormais à l’automatisation de la mort et au débitage hypertechnicisé des carcasses animales désincarnées. Comment en sommes-nous arrivés là ?

    L’histoire commence avec la prévoyance des hommes du Néolithique, qui firent de l’élevage le ressort nécessaire à l’épanouissement économique et démographique humain. Tandis que les animaux permettaient à nos ancêtres de s’humaniser par le partage - et de se régaler d’un sentiment de toute-puissance sur la nature -, les bêtes se sont rapidement vu attribuer des rôles précis, dotées de symboliques puissantes, tantôt déifiées, tantôt honnies. Dès lors, la viande n’était plus un aliment comme les autres, sa consommation réglementée, comme si un risque étrange mais bien réel s’était mis à peser sur l’homme. Pour l’ethnobiologiste Jacques Barrau, cette ambiguïté vient, “ d’une part, de ce sentiment de culpabilité qu’engendrent le sacrifice et la consommation de bêtes avec lesquelles nous nous sentons des affinités et, d’autre part, de ce quasi irrépressible désir de nous approprier leur énergie, leur “souffle vital”, en les dévorant. ”

    Aucune civilisation n’échappe à cette ambivalence, à ce pas de deux permanent entre plaisir et aversion. Alors on s’arrange comme on peut. C’est ainsi que les anciens Grecs ne mangeaient aucune viande de boucherie qui n’ait été sacrifiée sur les autels, toute viande non saignée se révélant immangeable parce que le sang, l’anima, le principe vital, était réservé aux dieux. En Égypte, les fermiers sédentaires de la vallée du Nil étaient friands de cochon, jusqu’à ce que sa consommation diminue, au 2ème millénaire av. J.-C., lorsque cet animal s’est transformé en offrande exclusivement dédiée à Osiris, dieu du Nil et de la végétation - sauf les nuits de pleine lune, où le porc pouvait fugacement flatter les palais humains.

    Les règles en matière de consommation animale ont ainsi pris racine dans le terreau anthropologique de la religion et de la mythologie, puis se sont diversifiées et complexifiées. “ S’interdisant de manger des viandes non saignées, mais refusant de verser le sang des victimes sur leurs autels, les chrétiens de l’Antiquité proscrivirent aussi la consommation des animaux sacrifiés selon les rites païens, note l’historien Jean-Louis Flandrin. À partir de là, on aurait pu imaginer deux attitudes : ou bien renoncer totalement à l’alimentation carnée comme impure, ou bien désacraliser la mise à mort des animaux.

    C’est la seconde que l’Église a officiellement choisie. Jusqu’au XVIIe siècle, on assiste à une lente réification de l’animal - que la théorie cartésienne de l’animal-machine achèvera d’affirmer -, à une banalisation de sa mise à mort et à l’effacement des scrupules chrétiens envers l’alimentation carnée. ” Les écorcheurs ont forte réputation. La boucherie devient un art. Puis s’opère une nouvelle transformation dans les consciences et les modes à partir du XVIIIe siècle : on commence à dénoncer le caractère sanguinaire et barbare de l’alimentation carnée. Tandis que le végétarisme se développe en parallèle avec les mouvements de défense des animaux, les mangeurs de viande délaissent certains abats qui choquent les sensibilités, comme par exemple les yeux de veaux. Pourtant, la chosification de l’animal se poursuit. Au milieu du XIXe siècle, sous l’impulsion du développement industriel, les abattoirs quittent le cœur des villes pour s’installer en périphérie, dans des lieux clos, interdits au public. Les élevages et les abattoirs deviennent géants, automatiques ; la mort de l’animal est euphémisée, les corps ne sont plus que des matériaux inanimés, abattus à la chaîne. Même la préparation et la présentation des morceaux carnés sur les étals des boucheries dissimulent l’animal ; l’odeur est fade, le sang absent, les têtes de veaux exsangues, les fourrures des lapins et les plumages des poulets disparaissent. On veut bien manger de la viande, mais pas l’animal.

    Cette banalisation/occultation de la mise à mort et de l’élevage concentrationnaire, du cadavre, nous amène aujourd’hui à un clivage qui rend finalement le goût de la viande bien amer : d’un côté, nous humanisons les animaux familiers qui partagent nos foyers ; de l’autre, nous méprisons les animaux que nous élevons par milliards chaque année pour les tuer et les manger. Sous nos latitudes, jamais le détachement, la distanciation et finalement la coupure entre l’homme et l’animal n’ont été aussi fortement symbolisées que par l’élevage moderne. On ne sacrifie plus à un dieu mais l’on abat au nom d’une logique agro-alimentaire. L’indécence réside dans l’indifférence. Alors, la société se réveille - la jeunesse en particulier - et s’offense enfin des traitements que l’on fait subir aux animaux. La crise de “la vache folle” a fait ressurgir ce rapport complexe que l’homme entretient avec la viande depuis qu’il s’est mis en tête de peindre l’animal sur les parois des grottes. Dépendant de la diversité, l’homme des origines a été contraint à l’exploration - et, à la symbolisation - et de fait, à la méfiance.

    Cette angoisse, nous la retrouvons aujourd’hui face aux aliments et surtout à la viande.

    À lire :

    Le Sang et la Chair, Noëlie Vialles, éd. de la Maison des sciences de l’homme.

    Les Français et leurs animaux, Jean-Pierre Digard, éd. Fayard.

    Célébration naturelle, Gary Snyder, éd. Le Rocher.

    http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=789

  • Belgique : plus de chiens ni de chats en magasin à partir de 2009

    http://www.chien-guide-paris.asso.fr/ycf682/boutique-peluche2.jpg
     
    13 avril 2007

    Ça y est ! Le combat mené depuis deux mois par les protecteurs des animaux trouve une issue heureuse. Le projet de loi interdisant la détention et l'exposition de chiens et de chats en magasin ainsi que l'achat à crédit a finalement été adopté ce matin en séance plénière à la Chambre par une large majorité : 82 voix pour, 28 contre et 2 abstentions. Le CD&V et le Vlaams Belang ont voté contre. Après sa parution au Moniteur belge, le texte deviendra enfin loi.

    Parce qu'ensemble on est plus fort, GAIA, Animaux en Péril, Veeweyde, Help Animals, la Chaîne Bleue Mondiale, la SRPA de Charleroi et 150 autres associations dont la Société Royale Saint-Hubert s'étaient rassemblés en collectif. Et cette mobilisation a porté ses fruits. Les actions et la pétition qui a rassemblé en un temps record 133 390 signatures ont fait pencher la balance en faveur des chiens et des chats....

    Source/Quelle: Plus de chiens et de chats en magasin à partir de 2009!

    http://www.gaia.be/fra/control.php?&topgroupname=&amp...

    http://www.animauxenperil.be/Chiens-mag/chien-mag-vote-pl...

  • Imagine Earth without people

    Humans are undoubtedly the most dominant species the Earth has ever known. In just a few thousand years we have swallowed up more than a third of the planet's land for our cities, farmland and pastures. By some estimates, we now commandeer 40 per cent of all its productivity. And we're leaving quite a mess behind: ploughed-up prairies, razed forests, drained aquifers, nuclear waste, chemical pollution, invasive species, mass extinctions and now the looming spectre of climate change. If they could, the other species we share Earth with would surely vote us off the planet.

    “15,589 Number of species threatened with extinction”

    Now just suppose they got their wish. Imagine that all the people on Earth - all 6.5 billion of us and counting - could be spirited away tomorrow, transported to a re-education camp in a far-off galaxy. (Let's not invoke the mother of all plagues to wipe us out, if only to avoid complications from all the corpses). Left once more to its own devices, Nature would begin to reclaim the planet, as fields and pastures reverted to prairies and forest, the air and water cleansed themselves of pollutants, and roads and cities crumbled back to dust.

    "The sad truth is, once the humans get out of the picture, the outlook starts to get a lot better," says John Orrock, a conservation biologist at the National Center for Ecological Analysis and Synthesis in Santa Barbara, California. But would the footprint of humanity ever fade away completely, or have we so altered the Earth that even a million years from now a visitor would know that an industrial society once ruled the planet?

    “9.7 Average eco-footprint of a US citizen, in hectares”

    If tomorrow dawns without humans, even from orbit the change will be evident almost immediately, as the blaze of artificial light that brightens the night begins to wink out. Indeed, there are few better ways to grasp just how utterly we dominate the surface of the Earth than to look at the distribution of artificial illumination (see Graphic). By some estimates, 85 per cent of the night sky above the European Union is light-polluted; in the US it is 62 per cent and in Japan 98.5 per cent. In some countries, including Germany, Austria, Belgium and the Netherlands, there is no longer any night sky untainted by light pollution.

    “18.7 Percentage of Earth's surface affected by light pollution”

    "Pretty quickly - 24, maybe 48 hours - you'd start to see blackouts because of the lack of fuel added to power stations," says Gordon Masterton, president of the UK's Institution of Civil Engineers in London. Renewable sources such as wind turbines and solar will keep a few automatic lights burning, but lack of maintenance of the distribution grid will scuttle these in weeks or months. The loss of electricity will also quickly silence water pumps, sewage treatment plants and all the other machinery of modern society.

    The same lack of maintenance will spell an early demise for buildings, roads, bridges and other structures. Though modern buildings are typically engineered to last 60 years, bridges 120 years and dams 250, these lifespans assume someone will keep them clean, fix minor leaks and correct problems with foundations. Without people to do these seemingly minor chores, things go downhill quickly.

    The best illustration of this is the city of Pripyat near Chernobyl in Ukraine, which was abandoned after the nuclear disaster 20 years ago and remains deserted. "From a distance, you would still believe that Pripyat is a living city, but the buildings are slowly decaying," says Ronald Chesser, an environmental biologist at Texas Tech University in Lubbock who has worked extensively in the exclusion zone around Chernobyl. "The most pervasive thing you see are plants whose root systems get into the concrete and behind the bricks and into doorframes and so forth, and are rapidly breaking up the structure. You wouldn't think, as you walk around your house every day, that we have a big impact on keeping that from happening, but clearly we do. It's really sobering to see how the plant community invades every nook and cranny of a city."

    With no one to make repairs, every storm, flood and frosty night gnaws away at abandoned buildings, and within a few decades roofs will begin to fall in and buildings collapse. This has already begun to happen in Pripyat. Wood-framed houses and other smaller structures, which are built to laxer standards, will be the first to go. Next down may be the glassy, soaring structures that tend to win acclaim these days. "The elegant suspension bridges, the lightweight forms, these are the kinds of structures that would be more vulnerable," says Masterton. "There's less reserve of strength built into the design, unlike solid masonry buildings and those using arches and vaults."

    But even though buildings will crumble, their ruins - especially those made of stone or concrete - are likely to last thousands of years. "We still have records of civilisations that are 3000 years old," notes Masterton. "For many thousands of years there would still be some signs of the civilisations that we created. It's going to take a long time for a concrete road to disappear. It might be severely crumbling in many places, but it'll take a long time to become invisible."

    The lack of maintenance will have especially dramatic effects at the 430 or so nuclear power plants now operating worldwide. Nuclear waste already consigned to long-term storage in air-cooled metal and concrete casks should be fine, since the containers are designed to survive thousands of years of neglect, by which time their radioactivity - mostly in the form of caesium-137 and strontium-90 - will have dropped a thousandfold, says Rodney Ewing, a geologist at the University of Michigan who specialises in radioactive waste management. Active reactors will not fare so well. As cooling water evaporates or leaks away, reactor cores are likely to catch fire or melt down, releasing large amounts of radiation. The effects of such releases, however, may be less dire than most people suppose.

    The area around Chernobyl has revealed just how fast nature can bounce back. "I really expected to see a nuclear desert there," says Chesser. "I was quite surprised. When you enter into the exclusion zone, it's a very thriving ecosystem."

    The first few years after people evacuated the zone, rats and house mice flourished, and packs of feral dogs roamed the area despite efforts to exterminate them. But the heyday of these vermin proved to be short-lived, and already the native fauna has begun to take over. Wild boar are 10 to 15 times as common within the Chernobyl exclusion zone as outside it, and big predators are making a spectacular comeback. "I've never seen a wolf in the Ukraine outside the exclusion zone. I've seen many of them inside," says Chesser.

    The same should be true for most other ecosystems once people disappear, though recovery rates will vary. Warmer, moister regions, where ecosystem processes tend to run more quickly in any case, will bounce back more quickly than cooler, more arid ones. Not surprisingly, areas still rich in native species will recover faster than more severely altered systems. In the boreal forests of northern Alberta, Canada, for example, human impact mostly consists of access roads, pipelines, andother narrow strips cut through the forest. In the absence of human activity, the forest will close over 80 per cent of these within 50 years, and all but 5 per cent within 200, according to simulations by Brad Stelfox, an independent land-use ecologist based in Bragg Creek, Alberta.

    In contrast, places where native forests have been replaced by plantations of a single tree species may take several generations of trees - several centuries - to work their way back to a natural state. The vast expanses of rice, wheat and maize that cover the world's grain belts may also take quite some time to revert to mostly native species.

    At the extreme, some ecosystems may never return to the way they were before humans interfered, because they have become locked into a new "stable state" that resists returning to the original. In Hawaii, for example, introduced grasses now generate frequent wildfires that would prevent native forests from re-establishing themselves even if given free rein, says David Wilcove, a conservation biologist at Princeton University.

    Feral descendants of domestic animals and plants, too, are likely to become permanent additions in many ecosystems, just as wild horses and feral pigs already have in some places. Highly domesticated species such as cattle, dogs and wheat, the products of centuries of artificial selection and inbreeding, will probably evolve back towards hardier, less specialised forms through random breeding. "If man disappears tomorrow, do you expect to see herds of poodles roaming the plains?" asks Chesser. Almost certainly not - but hardy mongrels will probably do just fine. Even cattle and other livestock, bred for meat or milk rather than hardiness, are likely to persist, though in much fewer numbers than today.

    “3.3bn Global population of cattle, sheep and goats”

    What about genetically modified crops? In August, Jay Reichman and colleagues at the US Environmental Protection Agency's labs in Corvallis, Oregon, reported that a GM version of a perennial called creeping bentgrass had established itself in the wild after escaping from an experimental plot in Oregon. Like most GM crops, however, the bentgrass is engineered to be resistant to a pesticide, which comes at a metabolic cost to the organism, so in the absence of spraying it will be at a disadvantage and will probably die out too.

    Nor will our absence mean a reprieve for every species teetering on the brink of extinction. Biologists estimate that habitat loss is pivotal in about 85 per cent of cases where US species become endangered, so most such species will benefit once habitats begin to rebound. However, species in the direst straits may have already passed some critical threshold below which they lack the genetic diversity or the ecological critical mass they need to recover. These "dead species walking" - cheetahs and California condors, for example - are likely to slip away regardless.

    “784 Number of species that have gone extinct in the wild since 1500 AD”

    Other causes of species becoming endangered may be harder to reverse than habitat loss. For example, about half of all endangered species are in trouble at least partly because of predation or competition from invasive introduced species. Some of these introduced species - house sparrows, for example, which are native to Eurasia but now dominate many cities in North America - will dwindle away once the gardens and bird feeders of suburban civilisation vanish. Others though, such as rabbits in Australia and cheat grass in the American west, do not need human help and will likely be around for the long haul and continue to edge out imperilled native species.

    “388 Number of species listed on the invasive species database”

    Ironically, a few endangered species - those charismatic enough to have attracted serious help from conservationists - will actually fare worse with people no longer around to protect them. Kirtland's warbler - one of the rarest birds in North America, once down to just a few hundred birds - suffers not only because of habitat loss near its Great Lakes breeding grounds but also thanks to brown-headed cowbirds, which lay their eggs in the warblers' nests and trick them into raising cowbird chicks instead of their own. Thanks to an aggressive programme to trap cowbirds, warbler numbers have rebounded, but once people disappear, the warblers could be in trouble, says Wilcove.

    On the whole, though, a humanless Earth will likely be a safer place for threatened biodiversity. "I would expect the number of species that benefit to significantly exceed the number that suffer, at least globally," Wilcove says.

    On the rebound

    In the oceans, too, fish populations will gradually recover from drastic overfishing. The last time fishing more or less stopped - during the second world war, when few fishing vessels ventured far from port - cod populations in the North Sea skyrocketed. Today, however, populations of cod and other economically important fish have slumped much further than they did in the 1930s, and recovery may take significantly longer than five or so years.

    The problem is that there are now so few cod and other large predatory fish that they can no longer keep populations of smaller fish such as gurnards in check. Instead, the smaller fish turn the tables and outcompete or eat tiny juvenile cod, thus keeping their erstwhile predators in check. The problem will only get worse in the first few years after fishing ceases, as populations of smaller, faster-breeding fish flourish like weeds in an abandoned field. Eventually, though, in the absence of fishing, enough large predators will reach maturity to restore the normal balance. Such a transition might take anywhere from a few years to a few decades, says Daniel Pauly, a fisheries biologist at the University of British Columbia in Vancouver.

    With trawlers no longer churning up nutrients from the ocean floor, near-shore ecosystems will return to a relatively nutrient-poor state. This will be most apparent as a drop in the frequency of harmful algal blooms such as the red tides that often plague coastal areas today. Meanwhile, the tall, graceful corals and other bottom-dwelling organisms on deep-water reefs will gradually begin to regrow, restoring complex three-dimensional structure to ocean-floor habitats that are now largely flattened, featureless wastelands.

    Long before any of this, however - in fact, the instant humans vanish from the Earth - pollutants will cease spewing from automobile tailpipes and the smokestacks and waste outlets of our factories. What happens next will depend on the chemistry of each particular pollutant. A few, such as oxides of nitrogen and sulphur and ozone (the ground-level pollutant, not the protective layer high in the stratosphere), will wash out of the atmosphere in a matter of a few weeks. Others, such as chlorofluorocarbons, dioxins and the pesticide DDT, take longer to break down. Some will last a few decades.

    The excess nitrates and phosphates that can turn lakes and rivers into algae-choked soups will also clear away within a few decades, at least for surface waters. A little excess nitrate may persist for much longer within groundwater, where it is less subject to microbial conversion into atmospheric nitrogen. "Groundwater is the long-term memory in the system," says Kenneth Potter, a hydrologist at the University of Wisconsin at Madison.

    Carbon dioxide, the biggest worry in today's world because of its leading role in global warming, will have a more complex fate. Most of the CO2 emitted from burning fossil fuels is eventually absorbed into the ocean. This happens relatively quickly for surface waters - just a few decades - but the ocean depths will take about a thousand years to soak up their full share. Even when that equilibrium has been reached, though, about 15 per cent of the CO2 from burning fossil fuels will remain in the atmosphere, leaving its concentration at about 300 parts per million compared with pre-industrial levels of 280 ppm. "There will be CO2 left in the atmosphere, continuing to influence the climate, more than 1000 years after humans stop emitting it," says Susan Solomon, an atmospheric chemist with the US National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) in Boulder, Colorado. Eventually calcium ions released from sea-bottom sediments will allow the sea to mop up the remaining excess over the next 20, 000 years or so.

    Even if CO2 emissions stop tomorrow, though, global warming will continue for another century, boosting average temperatures by a further few tenths of a degree. Atmospheric scientists call this "committed warming", and it happens because the oceans take so long to warm up compared with the atmosphere. In essence, the oceans are acting as a giant air conditioner, keeping the atmosphere cooler than it would otherwise be for the present level of CO2. Most policy-makers fail to take this committed warming into account, says Gerald Meehl, a climate modeller at the National Center for Atmospheric Research, also in Boulder. "They think if it gets bad enough we'll just put the brakes on, but we can't just stop and expect everything to be OK, because we're already committed to this warming."

    That extra warming we have already ordered lends some uncertainty to the fate of another important greenhouse gas, methane, which produces about 20 per cent of our current global warming. Methane's chemical lifetime in the atmosphere is only about 10 years, so its concentration could rapidly return to pre-industrial levels if emissions cease. The wild card, though, is that there are massive reserves of methane in the form of methane hydrates on the sea floor and frozen into permafrost. Further temperature rises may destabilise these reserves and dump much of the methane into the atmosphere. "We may stop emitting methane ourselves, but we may already have triggered climate change to the point where methane may be released through other processes that we have no control over," says Pieter Tans, an atmospheric scientist at NOAA in Boulder.

    No one knows how close the Earth is to that threshold. "We don't notice it yet in our global measurement network, but there is local evidence that there is some destabilisation going on of permafrost soils, and methane is being released," says Tans. Solomon, on the other hand, sees little evidence that a sharp global threshold is near.

    All things considered, it will only take a few tens of thousands of years at most before almost every trace of our present dominance has vanished completely. Alien visitors coming to Earth 100,000 years hence will find no obvious signs that an advanced civilisation ever lived here.

    Yet if the aliens had good enough scientific tools they could still find a few hints of our presence. For a start, the fossil record would show a mass extinction centred on the present day, including the sudden disappearance of large mammals across North America at the end of the last ice age. A little digging might also turn up intriguing signs of a long-lost intelligent civilisation, such as dense concentrations of skeletons of a large bipedal ape, clearly deliberately buried, some with gold teeth or grave goods such as jewellery.

    And if the visitors chanced across one of today's landfills, they might still find fragments of glass and plastic - and maybe even paper - to bear witness to our presence. "I would virtually guarantee that there would be some," says William Rathje, an archaeologist at Stanford University in California who has excavated many landfills. "The preservation of things is really pretty amazing. We think of artefacts as being so impermanent, but in certain cases things are going to last a long time."

    Ocean sediment cores will show a brief period during which massive amounts of heavy metals such as mercury were deposited, a relic of our fleeting industrial society. The same sediment band will also show a concentration of radioactive isotopes left by reactor meltdowns after our disappearance. The atmosphere will bear traces of a few gases that don't occur in nature, especially perfluorocarbons such as CF4, which have a half-life of tens of thousands of years. Finally a brief, century-long pulse of radio waves will forever radiate out across the galaxy and beyond, proof - for anything that cares and is able to listen - that we once had something to say and a way to say it.

    But these will be flimsy souvenirs, almost pathetic reminders of a civilisation that once thought itself the pinnacle of achievement. Within a few million years, erosion and possibly another ice age or two will have obliterated most of even these faint traces. If another intelligent species ever evolves on the Earth - and that is by no means certain, given how long life flourished before we came along - it may well have no inkling that we were ever here save for a few peculiar fossils and ossified relics. The humbling - and perversely comforting - reality is that the Earth will forget us remarkably quickly.

    Bob Holmes

    From issue 2573 of New Scientist magazine, 12 October 2006, page 36-41

    http://www.newscientist.com/channel/life/mg19225731.100

  • Florence Burgat : "La question morale de nos rapports avec les animaux"

    medium_Biche_et_faon.2.jpg
    Et si la question d'un sens moral chez l'animal était une manière détournée de poser la question morale de nos obligations envers les animaux ? L'éthique animale est-elle subordonnée à l'ontologie scientifique ?

    La question de la présence - ou de l'ébauche - d'un sens moral chez les animaux est parfois posée non pour elle-même, mais pour répondre à deux autres problèmes :-celui des éventuelles origines naturelles de la morale humaine ; celui d'un lien, jugé requis, entre les impératifs moraux que nous aurions à observer dans nos rapports avec les animaux et leur propre capacité à ne pas se présenter comme de purs êtres de nature, c'est-à-dire à faire eux-mêmes preuve de quelque sens moral.

    Pour ce qui concerne le premier problème, la morale ne se bornerait pas à un fait de culture, mais trouverait ses assises dans la nature. A la recherche des « fondements naturels de l'éthique » correspond celle d'un substrat biologique aux comportements moraux humains ; dès lors, l'organisme animal ne peut être totalement exclu de cette réflexion.

    Si les racines du comportement moral sont biologiques, se profile l'idée que, lorsque l'homme croit agir au nom d'une volonté libre, il n'est en réalité - comme l'animal - que l'instrument d'intérêts servant à faire prospérer son groupe social ou à pérenniser son espèce.

    Quelle conception de la nature et des animaux cette posture engage-t-elle ? Premièrement, l'entreprise de naturalisation de l'éthique prend ses distances avec le schéma classique d'une sauvagerie propre à une nature sans foi ni loi que viendraient contrer l'oeuvre civilisatrice et la puissance organisatrice de la raison.

    Deuxièmement, les présupposés comme la finalité des conduites dites « morales » ne seraient point d'ordre éthique, mais biologique. On reconnaît la thèse dite réductionniste. Exit la morale, supplément d'âme finalement superflu si la nature pourvoit si bien à l'intérêt général.

    On peut enfin mettre en doute la puissance d'une telle nature, et se demander s'il n'existe pas bel et bien des comportements moraux dignes de ce nom dans le monde animal. Mais est-on encore dans la nature, ce lieu par excellence de la répétition ? Ne se voit-on pas alors contraint de dénaturaliser, dans un même mouvement, le sens moral et les animaux eux-mêmes ?

    Les animaux feraient preuve, pour des motifs étrangers au code génétique et de manière aussi mystérieuse que la présence de « la loi morale » dans l'être de raison kantien, de sens moral. Pourquoi ne pas cesser, les concernant, de toujours chercher une explication fonctionnelle ou utilitaire, pour se tourner vers une conception hégélienne - que l'on retrouve chez Hans Jonas - de la vie animale comme liberté et comme inquiétude ?

    A ce point de la discussion, il convient de disjoindre deux aspects : l'assimilation de la nature au biologique, et celle-ci à l'animal. Les questions tapies dans cette assimilation sont de taille : l'animal n'est-il, de l'insecte au mammifère, rien d'autre que cet « être de nature » entièrement soumis aux déterminismes biologiques que d'aucuns convoquent encore afin de réduire à néant l'épaisseur ontologique des animaux et de leur monde ?

    A propos du second problème, on peut se demander s'il ne s'agit pas d'un nouvel argument discriminant repoussant un cran plus loin la véritable question morale celle qui a trait à la manière dont nous traitons les animaux. Après avoir décidé que, pour être dignes d'entrer dans la communauté morale, les animaux devaient faire preuve de quelque intelligence, d'une espèce de langage, d'un semblant de conscience, bref, être des esquisses de l'humain, voilà qu'il leur serait demandé d'être moraux !

    Ce faisant, ne renoue-t-on pas avec l'argument classique - et qui a encore ses défenseurs Luc Ferry, Janine Chanteur, Jean-Marc Varaut... - selon lequel, parce qu'il n'y a ni droit ni morale dans la nature, l'homme ne saurait attribuer aucun droit ni observer de devoirs moraux à l'égard des individus qui la peuplent. Au mieux doit-il, à des fins strictement anthropocentristes, se conformer à certains devoirs : en préservant le mande végétal d'agressions massives ou aveugles, il oeuvre à la conservation de son environnement et sert l'intérêt des générations futures.

    En adoptant le même type de réserve à l'égard de la faune sauvage, il tend à garantir un peu de ce merveilleux qui contribue à la beauté du monde... Sur un autre plan, en ne se livrant pas inconsidérément à la cruauté envers les animaux, il se montre fidèle à l'injonction kantienne - « La cruauté envers les bêtes est la violation d'un devoir de l'homme envers lui-même : elle émousse en l'homme la pitié pour les douleurs des bêtes, et par là affaiblit une disposition naturelle, de celles qui concourent le plus à l'accomplissement du devoir envers les autres hommes. »

    L'idée selon laquelle un semblant de morale existerait chez les animaux, sans que cela leur donne pour autant droit à notre considération morale, est ancienne. On la trouve notamment chez les théoriciens du droit naturel moderne. Ainsi, après avoir mis en évidence la disposition de bienveillance chez les animaux, Richard Cumberland referme le cercle de nos devoirs « au corps entier de tous les êtres raisonnables ». Samuel Pufendorf remarque à son tour que les bêtes présentent des attitudes comparables à celles que l'homme observe lorsqu'il suit les lois de la justice morale, mais il s'empresse d'ajouter que cette similitude n'est qu'apparente.

    Car les mouvements des bêtes ne sauraient être que le produit d'une disposition mécanique de leur nature, d'un penchant qu'elles ne font que suivre aveuglément. Si les effets sont semblables, les causes diffèrent profondément. Ce qui sous-tend cette argumentation est la réciprocité, dont on peut se demander si elle n'est pas d'une certaine manière reconduite avec l'actuelle interrogation sur le sens moral chez les animaux. Selon cette perspective en effet, vis-à-vis de ceux qui ne peuvent rendre la pareille, il ne saurait y avoir rien de juste ou d'injuste.

    Les services rendus par les animaux domestiques (animaux de travail, de consommation...) ne leur donnent au mieux droit qu'aux soins nécessaires à un rendement optimal. La communauté morale ainsi contractualisée trouve ses limites avec la capacité et la volonté de contracter. C'est tout autrement que Darwin aborda les choses. S’il tenta de mettre en évidence la présence d'un sens moral chez les animaux, il n'oublia point la question morale : il appela de ses voeux la réalisation de « l'une des dernières acquisitions morales », c'est-à­-dire la « sympathie étendue au-dehors des bornes de l'humanité ».

    Florence Burgat, philosophe, chercheuse à l'Inra

     

    Hors série Science et Avenir Juin/juillet 2004, p.73.

    A lire : Le Fondement de la morale, Schopenhauer (1841 ; Le Livre de Poche, 1978) ; Espèces et éthique - Darwin : une (r)évolution à venir, Yves Bonnardel, David Olivier, James Rachels, Estiva Reus (Editions Tahin Party, Lyon, 2001).

  • Freud : "Les enfants n'ont aucun scrupule à considérer les animaux comme leurs égaux"

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    À partir de 9 ou 12 mois, le nourrisson prend conscience de la différence entre son compagnon et une peluche, entre un être vivant et les objets. De la même façon, il établit très vite la différence entre l'animal et les adultes alentour. C'est d'ailleurs ainsi que le chat et le chien jouent un rôle important dans les processus d'identification.

    Ce que l'animal fait, l'enfant le fait aussi. Dormir ou manger, se déplacer ou jouer, tout contribue à ce que le petit humain prenne conscience de ses propres actions qui revêtent maintenant une signification dans son environnement.

    Des frères à poils

    C'est en 1937 que Freud s'est rendu compte du bénéfice qu'on pouvait tirer de la relation de l'enfant à l'animal en considérant le processus des identifications. L'enfant s'identifie à l'animal comme à ses poupées. Freud note que « les enfants n'ont aucun scrupule à considérer les animaux comme leurs égaux à part entière. Ils se sentent davantage apparentés aux animaux qu'à leurs parents, qui peuvent bien être une énigme pour eux. Dans un premier temps, la ressemblance est du côté de l'animal, la différence du côté de l'adulte. »

    On oublie souvent, indique Bernard Brusset, « que l'enfant est sans arrêt confronté aux limites de ce qu'il ne peut comprendre. Il est exclu non seulement d'un certain nombre d'activités des parents mais aussi des conversations familiales, de l'intelligence de ce qui se passe autour de lui. » Il partage cette situation avec l'animal. Le fonctionnement psychique de l'enfant est encore infiltré de manifestations magiques. L'animal devient une cible privilégiée pour ses projections identificatrices, libidinales ou destructrices et sert de reflet à l'enfant en lui montrant la vie dans sa réalité quotidienne. Ainsi, le petit homme va, au travers d'une adaptation mutuelle, acquérir un sentiment de confiance et apprendre à prendre ses responsabilités.

    Spontanément, dès l'âge de 3 ans, l'enfant s'identifie à ses amis animaux. C'est au travers d'identifications successives que l'enfant construit sa propre personnalité comme l'analyse Ange Condoret : « Ces identifications à l'animal n'en restent pas moins une sorte de langage qui, tout en déchiffrant le comportement de l'animal, aide les enfants à mieux se connaître, donc à s'accepter, et à capter pour leur propre compte les forces de l'animal : d'où la protection magique exercée par celui-ci. »

    Un confident à quatre pattes

    Au fur et à mesure que l'enfant grandit, l'animal va devenir un refuge, un confident à qui il va confier ses peines et ses joies. Le pédiatre anglais Winicott le formule très bien lorsqu'il écrit : « L'enfant a besoin de faire marcher son imagination, de rêver, de vivre dans un monde à lui. Il doit se distancer de ses parents et plus il est jeune, plus cela est difficile. La présence d'un chien facilite les choses. »

    Le jeune enfant attribue ses propres sentiments et ses réactions affectives à l'animal, qu'il considère, à juste titre, comme parfaitement capable de communication. Il va donc attribuer certains de ses problèmes à son animal et, à l'inverse, assimiler certaines de ses forces. Ces identifications se retrouvent dans les jeux de cet âge (chat, chat perché, etc.) où l'enfant prend la force et l'agilité de l'animal. Ange Condoret a montré que « le sentiment de contrainte qui peut être celui de l'enfant dans ses rapports avec ses parents va s'atténuer. Il pourra, grâce à l'animal, s'élever jusqu'à un pied d'égalité auprès d'eux. Il en naîtra une sécurisation qui ne peut être que favorable à l'épanouissement de sa personnalité. »

    Vers 4 ans, âge moyen de scolarisation, l'enfant rencontre de nouveaux modèles et diversifie ses identifications. Toutefois, son animal familier reste pour lui un élément de référence stable. Vers 6 ans, l'enfant est confronté au monde social des adultes, effarant et peu compréhensible, et se sent seul. La recherche d'une projection de ses besoins affectifs inassouvis est constante. Pour de nombreux enfants, l'animal domestique va jouer le rôle de confident, de refuge.

    Pour l'enfant, L'animal contribue à la socialisation de son jeune maître de 3 - 4 ans. Observant les comportements de son compagnon, l'enfant s'appréhende et s'accepte en s'identifiant à lui. Il lui prête les mêmes sentiments et s'imagine qu'ils passent tous les deux par des moments identiques d'émotion. L'enfant peut même aller jusqu'à rejeter la responsabilité de ses bêtises sur son animal afin de détourner les soupçons. D'autres fois, il veut apprendre des choses à son ami et se transforme en éducateur à l'image de ses parents à son égard.

    A l'âge de la première rentrée scolaire, l'enfant est confronté, en classe, à des épreuves que la présence de son compagnon l’aide à surmonter. Il devient le complice de ses peines et de ses joies, le confident de ses secrets.

    L'aide à un équilibre mental et affectif

    La période pré-pubertaireconditionne et prépare le psychisme de l'enfant. C'est souvent à cette époque, entre 6 et 12 ans, qu'un enfant désire un animal comme si une telle présence s'imposait pour son équilibre mental et affectif. Didier Delrieu l'explique ainsi : « pour édifier les bases de sa personnalité, l'enfant a recours à l'animal comme pour fortifier son expérience d'homme. Cette sollicitude s'accompagne d'un attachement profond. »

    Ange Condoret a montré comment la présence d'un animal modifiait les rapports intra-familiaux : « Dans le cas de relations enfants-parents perturbées, l'animal est désiré comme objet de communication et lieu de projection affective. Son arrivée provoque une décharge affective entraînant le déblocage de certaines inhibition : il déclenche ou favorise le discours. Les relations enfants-parents sont améliorées également du fait de la compétition qui s'instaure vis-à-vis de l'animal. Qui le soigne ? Vers quel membre de la famille se dirige-t-il spontanément ? Qui parvient à lui faire faire "le beau" ? Enfin, l'enfant pourra mieux, à travers ses relations avec l'animal, analyser son propre statut de fils/fille aimé-e, choyé-e. »

    Dr Lyonel Rossant, Dr Jacqueline Rossant-Lumbroso

    http://www.doctissimo.fr/html/sante/bebe/sa_1302_animal_02bis.htm

  • Intelligence animale

    http://www.nationalgeographic.com/ngkids/0407/images/stories_smart_title.gif

     
    ANIMALS ARE SMARTER THAN WE THOUGHT

    Recent research shows some species make tools, or exhibit planning and logic.

    By Robert C. Cowen

    Many animals exhibit smart behaviors. But do any of them show what humans would call "intelligence?" Some recently reported lines of research cautiously suggest that the answer is "yes."

    Chimpanzees have surprised a research team by making wooden spears for hunting. It's the first known example of weaponmaking by a nonhuman.

    Western scrub jays have shown future planning – rather than instinctive actions – in their food-caching behavior. Ravens have demonstrated logical thinking in solving a food-retrieval puzzle.

    Such revelations are beginning to enable scientists to make the crucial distinction between genetically hard-wired behavior or trial-and-error learning and "intelligent" thinking.

    Jill Pruetz of Iowa State University in Ames and Paco Bertolani at England's University of Cambridge reported the chimpanzee's surprising behavior earlier this month in the journal Current Biology. They observed it in southeastern Senegal.

    Chimps have often been seen to use sticks to retrieve insects such as termites for food. This time, a chimp carefully sharpened a stick to make a spear. It then thrust the spear into a hole in a tree to skewer a bush baby – a small primate that chimps regularly eat. The researchers saw 22 instances of such spear hunting. Scientists know that chimps make tools, including stone tools. Now they are seen to be making weapons. The more closely chimps are studied, the more humanlike traits they display.

    So, too, do some birds.

    Reporting their work in Nature last month, Nicola Clayton and colleagues, also at Cambridge University, showed how western scrub jays plan for the future.

    The food caches of these North American birds aren't random. Specific types of food are stored at specific locations to meet specific foreseeable needs. The scientists say their findings "suggest that the jays can spontaneously plan for tomorrow ... thereby challenging the idea that this is a uniquely human ability."

    Bernd Heinrich at the University of Vermont in Burlington and Thomas Bugnyar at St. Andrews University in Scotland go further. They explain in the April issue of Scientific American why they think their studies "have finally offered some hard proof that ravens are indeed intelligent, in that they are able to use logic to solve problems."

    The researchers set different ravens the task of retrieving food suspended at the end of a string that was tied to the bird's perch.

    But instead of dashing about trying to grab the food in midair, a raven would sit and study the situation for a few minutes. Then it would quickly go through the logically correct sequence to retrieve the food efficiently. The steps involve pulling up a loop of string and putting a foot on it to hold it, then pulling up more string, and so forth. Soon the bird had pulled up the entire string and obtained the food.

    In other tests, ravens showed that they could distinguish between individuals – both ravens and humans.

    A raven could then assess whether or not another individual was likely to have observed where that raven had stored food. The raven then knew which other individuals knew enough about its food caches to be potential thieves.

    Humans make such assessments all the time. Drs. Heinrich and Bugnyar note that "in this way, too, they [the ravens] are much like humans."

    http://www.csmonitor.com/2007/0329/p17s01-stss.html