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Presse - Page 6

  • Edgar Morin : "Rémi Fraisse, victime d’une guerre de civilisation" (Le Monde)

    Le sociologue et philosophe Edgar Morin, le 20 octobre 2012.

    A l’image d’Astérix défendant un petit bout périphérique de Bretagne face à un immense empire, les opposants au barrage de Sivens semblent mener une résistance dérisoire à une énorme machine bulldozerisante qui ravage la planète animée par la soif effrénée du gain. Ils luttent pour garder un territoire vivant, empêcher la machine d’installer l’agriculture industrialisée du maïs, conserver leur terroir, leur zone boisée, sauver une oasis alors que se déchaîne la désertification monoculturelle avec ses engrais tueurs de sols, tueurs de vie, où plus un ver de terre ne se tortille ou plus un oiseau ne chante.

    Cette machine croit détruire un passé arriéré, elle détruit par contre une alternative humaine d’avenir. Elle a détruit la paysannerie, l’exploitation fermière à dimension humaine. Elle veut répandre partout l’agriculture et l’élevage à grande échelle. Elle veut empêcher l’agro-écologie pionnière. Elle a la bénédiction de l’Etat, du gouvernement, de la classe politique. Elle ne sait pas que l’agro-écologie crée les premiers bourgeons d’un futur social qui veut naître, elle ne sait pas que les « écolos » défendent le « vouloir vivre ensemble ».

    Elle ne sait pas que les îlots de résistance sont des îlots d’espérance. Les tenants de l’économie libérale, de l’entreprise über alles, de la compétitivité, de l’hyper-rentabilité, se croient réalistes alors que le calcul qui est leur instrument de connaissance les aveugle sur les vraies et incalculables réalités des vies humaines, joie, peine, bonheur, malheur, amour et amitié.

    Le caractère abstrait, anonyme et anonymisant de cette machine énorme, lourdement armée pour défendre son barrage, a déclenché le meurtre d’un jeune homme bien concret, bien pacifique, animé par le respect de la vie et l’aspiration à une autre vie.

    Nouvel avenir

    A part les violents se disant anarchistes, enragés et inconscients saboteurs, les protestataires, habitants locaux et écologistes venus de diverses régions de France, étaient, en résistant à l’énorme machine, les porteurs et porteuses d’un nouvel avenir.

    Le problème du barrage de Sivens est apparemment mineur, local. Mais par l’entêtement à vouloir imposer ce barrage sans tenir compte des réserves et critiques, par l’entêtement de l’Etat à vouloir le défendre par ses forces armées, allant jusqu’à utiliser les grenades, par l’entêtement des opposants de la cause du barrage dans une petite vallée d’une petite région, la guerre du barrage de Sivens est devenue le symbole et le microcosme de la vraie guerre de civilisation qui se mène dans le pays et plus largement sur la planète.

    L’eau, qui, comme le soleil, était un bien commun à tous les humains, est devenue objet marchand sur notre planète. Les eaux sont appropriées et captées par des puissances financières et/ou colonisatrices, dérobées aux communautés locales pour bénéficier à des multinationales agricoles ou minières. Partout, au Brésil, au Pérou, au Canada, en Chine… les indigènes et régionaux sont dépouillés de leurs eaux et de leurs terres par la machine infernale, le bulldozer nommé croissance.

    Dans le Tarn, une majorité d’élus, aveuglée par la vulgate économique des possédants adoptée par le gouvernement, croient œuvrer pour la prospérité de leur territoire sans savoir qu’ils contribuent à sa désertification humaine et biologique. Et il est accablant que le gouvernement puisse aujourd’hui combattre avec une détermination impavide une juste rébellion de bonnes volontés issue de la société civile.

    Pire, il a fait silence officiel embarrassé sur la mort d’un jeune homme de 21 ans, amoureux de la vie, communiste candide, solidaire des victimes de la terrible machine, venu en témoin et non en combattant. Quoi, pas une émotion, pas un désarroi ? Il faut attendre une semaine l’oraison funèbre du président de la République pour lui laisser choisir des mots bien mesurés et équilibrés alors que la force de la machine est démesurée et que la situation est déséquilibrée en défaveur des lésés et des victimes.

    Ce ne sont pas les lancers de pavés et les ­vitres brisées qui exprimeront la cause non violente de la civilisation écologisée dont la mort de Rémi Fraisse est devenue le ­symbole, l’emblème et le martyre. C’est avec une grande prise de conscience, capable de relier toutes les initiatives alternatives au productivisme aveugle, qu’un véritable hommage peut être rendu à Rémi Fraisse.

    Edgar Morin (Sociologue et philosophe)

    http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2014/11/04/remi-fraisse-victime-d-une-guerre-de-civilisation_4517856_3232.html

  • Pierre Rabhi : "La planète n’est pas qu’un vulgaire gisement de ressources" (Le Monde)

    Pierre Rabhi, figure de l'écologie et de l'altermondialisme pose, le 11 février 2010, au restaurant le Train bleu à la gare de Lyon à Paris, lors d'une interview pour la présentation du documentaire de Coline Serreau "Solutions locales pour un désordre global" qui sortira sur les écrans français le 07 avril 2010. AFP PHOTO FRANCOIS GUILLOT
     
    Il est incontestable que ce que nous appelons la modernité a permis à une humanité restreinte, qui en est l’auteur et le bénéficiaire, des acquis que l’on peut mettre dans la colonne progrès. Il est aussi incontestable que c’est à ce paradigme, fondé sur la technologie et la puissance de la matière minérale combustible, que nous devons le pire. La bombe atomique devient en l’occurrence le symbole de l’horreur dont cette même humanité est capable.

    En examinant les faits, nous sommes obligés de constater que l’espèce humaine possède de grandes aptitudes, mais l’intelligence pour leur donner sens et cohérence positive manque cruellement. Il est probable que la vision prométhéenne, et donc un être humain imbus de lui-même, ait ravalé notre magnifique planète oasis dans l’infini du désert astral et sidéral, à un vulgaire gisement de ressources à épuiser jusqu’au dernier poisson, au dernier arbre, sous l’injonction du lucre, de l’insatiabilité humaine programmés pour entretenir la chimère de la croissance sans cesse invoquée comme la solution, alors qu’elle est le problème.

    Coupables de toutes les iniquités planétaires, et jusqu’à l’inanition infligée à des milliards d’enfants et d’êtres humains dans un holocauste permanent, comment ne pas ressentir dans son âme, et presque dans sa chair, les blessures et les exactions commises contre cette sphère vivante à laquelle nous devons et devrons, ainsi que les générations futures, notre vie et notre survie, et que nous sommes en train de génocider par notre boulimie ? Après nous le déluge, n’est-ce pas ?

    Belle conscience

    Entraînés par une pseudo-économie comme par un fleuve en crue, nous ne savons où nous allons tout en y allant résolument. Le sacrifice de cette belle conscience habitant le corps du jeune Rémi Fraisse ne peut être vain et ne doit pas être vain. Il nous rappelle que nous avons absolument besoin d’une nature respectée et protégée de cette prédation et de ce véritable pillage, comme l’a exprimé un ouvrage magistral salué par tous les grands esprits de l’époque (Einstein, DeVoto, Huxley, etc.), à savoir La Planète au pillage, du paléontologue américain Henry Fairfield Osborn. Réduire le sacrifice de Rémi à une bavure au sein d’une problématique, même nationale, serait le profaner.

    Nombreuses sont les consciences qui, partout sur la planète, essaient de faire comprendre, de nous faire comprendre, que notre planète est trop belle, trop rare, pour être livrée comme une prostituée aux appétits jamais assouvis des financiopathes et autres prédateurs sans âme, à la gabegie d’un système à la rigidité cadavérique, promettant un bonheur qu’il est incapable d’assurer autrement que par la consommation exponentielle d’anxiolytiques.

    Arrêtons de détruire la vie et nos vies, la félicité sur terre est possible, alors préservons-la, prenons-en soin. Ravaler ces propos à la mièvrerie serait une erreur, car nous avons besoin d’une nature respectée, mais la nature n’a pas besoin de nous. Elle se remettra de toutes nos exactions et poursuivra, comme elle l’a commencé, bien avant notre avènement, son chemin vers sa propre finitude. On pourrait conclure en disant « à bon entendeur salut », et un grand merci à Rémi pour nous avoir alertés.

    Fondé en 2007, le Mouvement colibris promeut un nouveau projet de société par une écologie positive notamment grâce à la réalisation de projets avec des citoyens, des collectivités locales, des élus, des entreprises et des associations. Colibris encourage la création de projets tels qu’une AMAP à Draguignan, un potager à La Ciotat, un café citoyen et une « grainothèque » à Aubagne, un groupement d’achat et un habitat groupé en Seine-et-Marne, une monnaie locale à Strasbourg.

    Pierre Rabhi (Philosophe, agriculteur et biologiste)

    http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2014/11/04/la-planete-n-est-pas-qu-un-vulgaire-gisement-de-ressources_4517831_3232.html

  • Nantes, 5/11 : des agriculteurs filmés en train de martyriser des ragondins

    Capture d'écran : © Télénantes

    Lors d’une manifestation à Nantes (44), des agriculteurs ont brutalisé et enduit de peinture des ragondins vivants. La Fondation 30 Millions d’Amis exprime sa plus grande indignation face à ces comportements inqualifiables et a décidé de porter plainte pour actes de cruauté.

    Ce sont des images d’une extrême violence - que la Fondation 30 Millions d’Amis a choisi de ne pas diffuser - qui sont ce matin au cœur d’une polémique : sur une séquence d’un peu plus d’une minute saisie par la chaîne locale Télénantes, on peut voir des agriculteurs « déverser » des ragondins vivants, leur donner des coups de pieds, et les asperger de peinture rose.

    Le rassemblement, qui s’est tenu hier, mercredi 5 novembre 2014, devant la préfecture de Nantes (Loire-Atlantique) avait réuni 300 agriculteurs à l'appel de la FNSEA* et des Jeunes agriculteurs, dans le cadre de la mobilisation nationale, pour protester contre leur « ras-le-bol des contraintes, écologiques et administratives ».

    Un ragondin mort, placé au cœur d’un rond-point, a été par ailleurs écrasé par un tracteur. Du purin contenant un sanglier mort a également été déversé. Pour justifier son geste, un manifestant s’écrie : « Les ragondins, c'est comme Ségolène [Royal, ministre de l'Ecologie, NDLR], c'est des nuisibles ».

    Sur la twittosphère et sur l’ensemble des réseaux sociaux, la vidéo a rapidement provoqué des réactions indignées et horrifiées.

    La Fondation 30 Millions d’Amis, outrée par ces comportements indignes, a porté plainte contre X pour actes de cruauté. En France, le code pénal prévoit jusqu’à 2 ans de prison ferme et 30 000 euros d’amende (art. 521-1).

    Cette manifestation intervient alors que la FNSEA vient de publier un « recueil rassemblant les actions menées par les filières animales en faveur du bien-être des animaux ».

    Le ragondin est inscrit officiellement sur la liste des animaux susceptibles d'être classés nuisibles.

    *Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles

    http://www.30millionsdamis.fr/actualites/article/8171-nantes-des-agriculteurs-filmes-en-train-de-martyriser-des-ragondins/

  • Agriculteurs de Nantes : la violence des brutes

     
    La CONVENTION VIE ET NATURE, rappelant que tout animal est un être sensible, dénonce les agissements dégradants de certains agriculteurs qui, ce mercredi 5 novembre, ont battu à mort et peint en rouge des ragondins, devant la préfecture de NANTES.
     
    Des faits similaires se seraient produits dans d'autres villes, notamment TOULOUSE, lors des manifestations de la FNSEA dont les tracteurs vinrent déverser fumiers, lisiers, plumes, devant les sièges administratifs.

    La presse régionale qui n'hésite pas à inventer une "violence des associations de protection animale" ne verra dans ces exactions que les témoignages sympathiques et raffinés de la souriante France rurale.

    Ces agriculteurs protestent contre les normes environnementales, les contrôles et les règlements protecteurs de l'intérêt général.

    Le malaise agricole vaut celui de l'industrie, de la fonction publique, de la jeunesse, du monde de la recherche, de la société entière confrontée, non pas à une crise, mais à un défi de mutation.

    Le paysan doit redevenir un homme qui nourrit les hommes et non un exploitant qui pollue la terre, torture la faune sauvage, maltraite les animaux d'élevage dans des usines à viande ou à oeufs.

    L'Union Européenne consacre un important pourcentage de son budget à la politique agricole commune, trop favorable aux gros exploitants et insuffisamment redistributive.

    Il faut changer de politique afin d'orienter les productions en un sens conforme à la préservation de la biodiversité, de la santé publique et d'une meilleure justice sociale au sein du monde agricole.

    En particulier, les aides à l'agriculture de montagne doivent être subordonnées à la présence des grands prédateurs.

    Ceux qui frappent à mort des ragondins, qui fulminent contre les loups, les ours,les lynx, les vautours et tout ce qui vit, font honte à ce pays et nuisent à l'image de l'agriculture qui vaut mieux que cela.

    L'agriculture ne doit plus être une exploitation forcenée mais une alliance avec la nature.

    Gérard CHAROLLOIS

    CONVENTION VIE ET NATURE

    http://www.ecologie-radicale.org/

  • "Les animaux, des "êtres vivants et sensibles": les députés confirment" (L'Express)

    Maintenant il va falloir, au-delà des harmonisations entre les codes, des lois et déclarations purement symboliques, que les actes suivent... y compris chez les "militants" !

    Devenez végans.
    Parce qu'ils nous valent bien.

    **********

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    L'Assemblée nationale a de nouveau adopté une disposition qui vise à améliorer le statut juridique des animaux. Cette décision répond à une pétition lancée il y a deux ans par la fondation 30 millions d'amis. 

    Oui, les animaux sont des "êtres vivants et sensibles", jugent les députés. L'Assemblée nationale a adopté jeudi soir une disposition, déjà votée par les députés en avril, qui reconnaît aux animaux la qualité symbolique "d'êtres vivants doués de sensibilité". Les amendements écologistes pour aller plus loin ainsi que ceux UMP pour restreindre sa portée ont été rejetés. 

    Au terme d'un débat animé mais moins vif que lors du premier passage dans l'hémicycle, les députés ont voté l'article alignant le code civil, qui considère les animaux comme "des biens meubles", sur les codes pénal et rural qui les reconnaissent déjà comme "des êtres vivants et sensibles".

    >> Lire aussi: "Enfin, on ne considère plus un animal comme une chaise" 

    La mesure aura de réelles conséquences sur le droit. Aujourd'hui, "sur environ 1000 cas de sévices animaux, environ 900 sont classés sans suite, expliquait à L'Express Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 Millions d'Amis, en avril dernier. Et dans les 10% restants, seulement un dossier sur cinq aboutit à une condamnation. Cette évolution va conduire les magistrats à appliquer des peines en relation avec la gravité des faits. Ils vont regarder les animaux sous un autre angle."  

    Cette disposition avait en revanche été critiquée aussi bien par certains défenseurs des animaux, qui estiment qu'elle est dénuée de portée pratique, que par la FNSEA, principal syndicat agricole, qui craignait qu'elle "ne remette en cause la pratique de l'élevage".  

    L'Assemblée aura le dernier mot

    Cette évolution législative fait suite à une pétition lancée il y a près de deux ans par la fondation de protection animale 30 Millions d'amis, et qui a reçu le soutien de plusieurs intellectuels. 

    Par la suite, députés et sénateurs ont échoué à se mettre d'accord sur une version commune du projet de loi, le désaccord portant non sur la disposition relative aux animaux mais sur une habilitation donnée au gouvernement pour modifier le droit des contrats et obligations.

    De ce fait, le projet de loi, dans sa version établie par l'Assemblée, doit de nouveau être examiné par chacune des deux chambres, avant d'être définitivement adopté par l'Assemblée, qui aura le dernier mot. 

  • Le Canard Enchaîné vous informe de ce qu'il en coûte de manger les poissons et les crustacés

    Le_canard_enchainé_8_octobre_2014.jpg

    Vous mangez les poissons et les crustacés ?
    Vous tuez donc des êtres conscients et sensibles.
    Et vous vous empoisonnez au plastique par-dessus le marché.

    DEVENEZ VEGANS, PARCE QU'ILS NOUS VALENT BIEN.

  • "Manifeste pour les animaux", de Franz-Olivier Giesbert : un comble d'abjection

    http://www.autrement.com/sites/default/files/couvertures/manifeste-pour-les-animaux_9782746736115.jpg

    Les imposteurs, les pitres, les clowns, les opportunistes et les menteurs ont toujours dominé le monde politico-médiatique.

    C'est grave, mais ça l'est plus encore quand des questions éthiques fondamentales sont en jeu.

    Nous le constatons aujourd'hui avec la question des "droits des animaux" (expression qui ne signifie plus rien à force d'être galvaudée), devenue depuis quelque temps à la mode en France, qui tente maladroitement de combler son retard calamiteux en ce domaine.

    En effet, il ne se passe pratiquement plus un jour sans qu'on tombe sur un article ou une émission qui ne traite du sujet.

    Faut-il s'en réjouir pour les animaux ? Rien n'est moins sûr.

    En effet, que valent les discours vides des opportunistes qui, parce que la question est, justement, à la mode, prennent le train en marche et pondent livre sur livre sans que rien de bon, rien de vrai, rien de cohérent n'en sorte jamais ?...

    Dernière publication en date : le Manifeste pour les animaux dirigé par Franz-Olivier Giesbert, paru aux éditions Autrement. Une perle d'abjection.

    Un beau titre engagé aussi peu en accord avec le contenu réel du livre que ne l'est celui de l'autre ouvrage de M. Giesbert consacré au même sujet, paru chez Fayard de manière simultanée : L'Animal est une personne.

    Monsieur Giesbert, lorsqu'on écrit que l'animal est une personne, la moindre des choses est de traiter l'animal en personne, ce qui suppose d'abord de ne pas le consommer, comme vous le faites, à certaines sauces.

    Que retirera le grand public de vos sombres incohérences, sinon un flou grandiose et dommageable à la cause que de fait vous ne défendez pas ?...

    La liste des intervenants du Manifeste laisse rêveur, à commencer par son auteur : M. Giesbert se prétend végétarien militant quand il n'est donc ni l'un, ni l'autre, goûtant par exemple la chair des poulets pour vérifier s'ils sont "fermiers".

    La suite est à l'avenant :

    Michel Onfray, grand amateur de produits d'origine animale devant l'éternel, et grand essentialiste pour qui la suprématie humaine ne fait aucun doute. Ses prises de position contre la chasse et la corrida sont classiques et consensuelles.

    Boris Cyrulnik, homme de convictions tièdes, qui ose parler de droits des animaux alors qu'il continue de les consommer sous toutes les formes.

    Elisabeth de Fontenay qui, au moyen d'acrobaties philosophiques pitoyables, s'efforce vainement de justifier son manque de courage pour devenir végane. Depuis des années on la voit aligner pieusement les absurdités dans de gros livres savants, comme cette perle parfaitement ridicule éructée lors d'une interview : "Si j’étais végétarienne, je me retrancherais de la communauté des êtres humains". (Source : http://www.elle.fr/Societe/Les-enquetes/Elisabeth-de-Fontenay-Pour-etre-humain-il-faut-aimer-les-hommes-et-les-animaux-2258824)

    Jean-Didier Vincent, biologiste, dont je ne sache pas qu'il soit allé loin dans la cohérence.

    Isabelle Sorente, écrivaine, dont le discours timide et nuancé ne remporte pas l'adhésion, par exemple ici : http://www.vegeshopper.com/2013/10/la-romanciere-isabelle-sorente.html

    Frédéric Edelstein, dompteur chez Pinder et fier de l'être.

    Hugo Desnoyer, boucher et fier de l'être.

    Anne-Marie Philipe, dont je ne saurais que dire étant donné que je ne la connais pas. Ce qui est certain, c'est que le monde militant ne la connaît pas non plus, ce qui augure mal de la suite.

    Le fait que M. Giesbert n'hésite pas à convier, dans son livre, la parole des bourreaux Edelstein et Desnoyer (qui toucheront, en plus, leur pourcentage), est en soi hautement révélateur.
     
    Car l'on ne donne pas la parole aux bourreaux si l'on prétend respecter leurs victimes.
     
    Voit-on des rescapés d'un massacre humain inviter des bourreaux à disserter dans un livre afin d'y exprimer leur "point de vue" ?
     
    Bien sûr que non.
     
    Et moins encore deviser avec eux "joyeusement", comme il est dit dans la présentation de l'ouvrage sur le site de l'éditeur : http://www.autrement.com/ouvrage/manifeste-pour-les-animaux-franz-olivier-giesbert
     
    La mode est dangereuse en ce qu'elle met sur le devant de la scène des imposteurs au discours parfaitement creux et contre-productif - le propre des imposteurs étant de n'avoir pas de convictions réelles, ce qui se vérifie en les lisant : leurs discours ne résistent pas à l'analyse, fût-elle même superficielle. Ils ne trompent personne, sauf les candides, qui sont légion.

    Personne ne doit s'étonner de la présence du boucher Desnoyer et du dompteur Edelstein dans ce livre pathétique : au contraire, cette présence est parfaitement logique.

    Voilà ce que le plus connu des moteurs de recherche fait apparaître lorsqu'on tape "Hugo Desnoyer" :

    "Hugo Desnoyer
    hugodesnoyer.fr/
    d'Hugo Desnoyer. Respect des bêtes, respect des éleveurs, respect de l'environnement, respect de l'antique métier de boucher. "

    Tout un programme décidément.

    Conclusion : absolument rien de bon ne peut sortir de l'incohérence d'un discours ni de l’opportunisme de son auteur.

    Matthieu Ricard, qui vient de sortir lui aussi un Plaidoyer pour les animaux aux éditions Allary, a par exemple parlé jeudi 23 octobre sur France 5, dans l’émission "La Grande Librairie", de « l'extrémisme » (sic) dont faisaient preuve les militants cohérents : http://culturebox.francetvinfo.fr/emissions/france-5/la-grande-librairie/laurent-mauvignier-matthieu-ricard-alice-ferney-et-eric-vuillard-191989

    Il a clairement exprimé son indignation quant au fait que l’on puisse comparer le sort des animaux avec des tragédies humaines comme la Shoah, ajoutant que comparer c'était insulter les victimes.

    Ces gens n’aident pas les animaux ; ils les enfoncent. Par leur lâcheté intellectuelle ou intestinale (Messer Gaster ignore la compassion), leur besoin de gloire, leur absence d’implication réelle, leur spécisme constitutif et leur ignorance.

    Le monde militant ne doit pas relayer les ouvrages de ces individus, mais au contraire en dénoncer l’imposture.

    Le monde militant doit comprendre que la fin de l’esclavage animal passe nécessairement par le véganisme, seul mode de vie cohérent avec le respect des animaux puisqu’il les garantit de l’exploitation.

    Ce n’est que par la radicalité et la cohérence de nos paroles et de nos actes que les droits des animaux seront respectés.

    Le reste n’est que vanité, dans les deux sens de ce terme.

  • France Culture, 13 octobre à 17 h : "Confessions véganes"

    Méryl Pinque, porte-parole de Vegan.fr, sera interviewée le 13 octobre 2014 à 17 h sur France Culture, dans le cadre de l'émission "Sur les docks".

    Intitulé du reportage : "Confessions véganes: l'herbivore que je suis", réalisé par Maylis Besserie et Anna Szmuc.


    L'émission sera ensuite disponible en podcast ou réécoutable sur le site franceculture.fr à la page "sur les docks".

    http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-confessions-veganes-2014-10-13

    Bonne écoute !

  • La moitié des animaux sauvages ont disparu en 40 ans à cause de l'homme (L'Express)

    La moitié des animaux sauvages ont disparu en 40 ans à cause de l'Homme

    Par L'EXPRESS.fr, publié le 30/09/2014 à 07:52

    La population de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons a chuté de 52% en 40 ans, selon un rapport du WWF publié ce mardi. Les humains en sont les premiers responsables. 

    Le WWF lance une nouvelle alerte sur le déclin des espèces animales dans le monde.

    REUTERS/Radu Sigheti

    Plus de la moitié des animaux sauvages ont disparu de la surface de la Terre en 40 ans. Tout ça par la faute de l'espèce humaine. Ce constat brutal est au coeur du rapport Planète Vivante 2014 de l'ONG WWF, dernier état des lieux d'une Terre surexploitée. L'édition précédente de cette étude, publiée en 2012, était déjà alarmante. Le constat est cette fois encore plus sombre. 

    "Les différentes formes du vivant sont à la fois la matrice des écosystèmes permettant la vie sur terre, et le baromètre de ce que nous faisons vivre à notre planète", écrit le directeur général du Fonds mondial pour la nature (WWF International), Marco Lambertini. "Et en nous désintéressant de leur sort, nous courons à notre perte", alerte-t-il. 

    Entre 1970 et 2010, l'Indice Planète Vivante -qui mesure l'évolution de 10.380 populations de 3.038 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons -a chuté de 52 %. "Cette tendance lourde ne donne aucun signe de ralentissement", selon la 10e édition du rapport, pour qui il est encore possible d'agir pour renverser ce déclin et combiner développement et sauvegarde de l'environnement. 

    Les raisons du déclin

    Les zones les plus touchées sont l'Amérique Latine (-83%), suivie de près par la région Asie-Pacifique, et ce sont les espèces d'eau douce qui ont payé le prix fort (-76%) quand les espèces terrestres et marines ont diminué de 39%. 

    Les principales causes de ce déclin sont :  

    • la perte et dégradation des habitats (en raison de l'agriculture),
    • l'urbanisation,
    • déforestation,
    • l'irrigation,
    • les barrages hydroélectriques...),
    • la chasse et la surpêche (y compris les prises accidentelles comme pour les tortues marines),
    • le changement climatique.

    >> Lire aussi: en 240 jours, nous avons consommé ce que la Terre peut produire en 2014 

    Les pays riches, premiers coupables

    A qui la faute? Les pays les plus riches sont globalement ceux dont l'empreinte écologique par habitant est la plus élevée. En 2010, le Koweit arrivait en tête, suivi du Qatar, Emirats arabes unis, Danemark, Belgique, Trinidad et Tobago, Singapour, Etats-Unis, Barheïn et Suède.  

    La France arrivait en 23e position, et en avant-dernière position figurait la Chine, qui détient néanmoins la première place pour son empreinte totale, devant les Etats-Unis et l'Inde. 

    "L'utilisation des ressources et des services écologiques des pays à hauts revenus est cinq fois plus élevée par tête que dans les pays à bas revenus" et donc, pour maintenir leur niveau de vie, les pays riches ont largement recours à la biocapacité des autres, explique le WWF.  

    Si nous vivions tous comme les Qataris, il faudrait 4,8 planètes, 3,9 si nous étions tous Américains, et 1,4 si nous étions tous Sud-Africains, estime l'ONG.

    Glaçant. 

    Avec

    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/la-moitie-des-animaux-sauvages-ont-disparu-en-40-ans-a-cause-de-l-homme_1603025.html?xtor=EPR-181-[20140930083741_40_nl_lexpress_quotidienne_8186_000S17]-20140930-[______________________La_moitie_des_animaux_sauvages_ont_disparu_en_40_ans_a_cause_de_l_Homme___________________002DZBF]-[RB2D106H0014XURQ]-20140930064200
  • 11 milliards de nuisibles à la fin du siècle : le cancer progresse inexorablement

    11 milliards d'habitants à la fin du siècle?

    La population de la planète pourrait augmenter davantage que prévu jusqu'à la fin du siècle.

    La Terre comptera probablement onze milliards d'habitants à la fin du siècle, deux milliards de plus que prévu jusqu'alors, selon une nouvelle projection de démographes et des Nations unies qui montre la poursuite de la croissance démographique principalement en Afrique.

    «Le consensus au cours des vingt dernières années était que la population mondiale, estimée actuellement à environ sept milliards, continuerait à croître pour atteindre neuf milliards à la fin du XXIe siècle avant de plafonner et probablement de décliner», relève Adrian Raftery, professeur de statistiques et de sociologie à l'Université de Washington à Seattle (nord-ouest).

    Il est l'un des principaux co-auteurs de cette recherche publiée jeudi dans la version en ligne de la revue américaine Sciences.

    «Nous avons conclu qu'il y avait 70% de probabilité que la population mondiale ne se stabilisera pas durant ce siècle», précise-t-il, ce qui montre selon lui que «l'évolution démographique demeure une question très importante».

    D'autres problèmes planétaires

    Un accroissement de la population peut exacerber d'autres problèmes planétaires comme le changement climatique, la propagation de maladies infectieuses et la pauvreté, observe-t-il.

    La plus grande partie de la croissance démographique attendue sera le fait de l'Afrique, où la population devrait quadrupler pour passer d'un milliard environ actuellement à quatre milliards d'ici la fin du siècle.

    Cela s'explique surtout par le fait que le taux de natalité en Afrique subsaharienne ne diminuera pas aussi vite que prévu. Ainsi, selon ces dernières projections il y a 80% de chances que la population sur le continent africain à la fin du XXIe siècle se situe entre 3,5 et 5,1 milliards.

    Accès à la contraception

    Ces chercheurs relèvent que l'accès à des moyens de contraception et à l'éducation sont déterminants pour faire baisser le taux de natalité.

    Les autres grandes régions de la planète connaîtront beaucoup moins de changements que l'Afrique.

    L'Asie, avec aujourd'hui 4,4 milliards d'habitants, verra ce nombre plafonner autour de cinq milliards en 2050 avant de commencer à diminuer, selon ces experts.

    En Amérique du Nord, en Europe et en Amérique latine (y compris les Caraïbes), la population devrait se maintenir chaque fois sous le milliard d'habitants.

    La France devrait être le pays le plus peuplé du continent européen en 2100 avec 79 millions d'habitants, contre 66 millions actuellement. Au contraire, l'Allemagne verra sa population nettement se réduire pour passer de 80 millions aujourd'hui à 56 millions, a précisé à l'AFP le professeur Raftery.

    Celui-ci pointe le fait que l'Allemagne comme la France connaîtront un vieillissement de leur population avec un ratio d'actifs par rapport aux retraités inférieur à celui du Japon aujourd'hui, qui est de 1,9.

    Ce rapport sur la démographie mondiale de l'ONU est «le premier qui s'appuie sur un outil statistique moderne combinant toutes les informations et données disponibles permettant de produire de meilleures prévisions», font valoir ces experts.

    (AFP)

    http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/11-milliards-d-habitants---la-fin-du-si-cle--21229987